On n’arrête pas le progrès

Pas la peine de revenir sur l’incantation qui vise à convaincre les masses qu’elles peuvent continuer à vivre sans souci, les élus de tout poil se chargeant de prélever sur ceux qui en disposent les fonds nécessaires à cette douce vie.

Au programme en ce moment la lutte contre l’optimisation fiscale. Comme son nom ne l’indique pas, l’optimisation fiscale consiste à payer légalement le moins d’impôt possible.

Chacun comprend que la loi ne peut avoir qu’une seule utilité : faire payer le plus d’impôt possible. Une loi qui permet d’en payer moins est une mauvaise loi, qu’il convient, toutes affaires cessantes, de modifier illico presto.

Voilà donc les gouvernants, tous pays et toutes croyances confondus, aspirés par une valse sans fin qui consiste à faire payer à leurs entrepreneurs le plus d’impôt possibles, tout en essayant de rameuter et de séduire les entrepreneurs des autres en leur faisant payer le moins d’impôt possible, voire en les subventionnant.

En psychiatrie, ce type d’attitude s’appelle de la schizophrénie.

Il résulte de tout cela que l’entrepreneur est à la fois le centre de l’amour fou, du désir absolu, et de la haine la plus viscérale, allant jusqu’à la jouissance causée par l’idée de sa disparition.

Il n’en résulte pas moins que c’est lui qui fait marcher « tout l’bordel ».

Mais qui est donc cet entrepreneur ? Là est la question. Comment pourrait-on fabriquer des entrepreneurs efficaces, mais dociles, qui gagneraient des sous exclusivement dans le but de les donner à ceux qui ne savent pas les gagner mais qui savent si bien les dépenser ? Là est l’autre question.

Ces questions n’ayant pas, jusqu’à ce jour, trouvé de réponse, c’est de façon très empirique qu’il est procédé un peu partout, depuis toujours.

La méthode est la suivante : par une publicité mensongère, on persuade le prédisposé à l’entreprenariat que sa vie va être à la fois passionnante, créative, enrichissante, romantique, compétitive, éternelle, remplie, de telle sorte qu’il utilise sans réfléchir ses facultés particulières à créer de la richesse.

Dès qu’il aura, à force de travail et d’abnégation, en affrontant des situations d’une violence qu’il n’avait pas mesurée, atteint le dixième de ses espoirs, on va tout lui prendre et l’éliminer. Ou, plus subrepticement, on va le ficeler afin qu’effectivement il ne lui reste qu’une infime partie des richesses qu’il crée.

Le plus incroyable est que cela marche.

Il y a bien, ici ou là, quelques gaulois irréductibles qui vitupèrent au moment de se voir confisquer la récompense, mais la masse les digère relativement facilement, leur agonie est brève, leur sursaut parfois violent mais toujours limité.

Les pillards qui sont accrochés aux basques des entrepreneurs sont d’une efficacité redoutable, regardez ceci.

Bercy, haut lieu de la piraterie fiscale, fait semblant de faire confiance aux entrepreneurs et les charge de déclarer leurs bénéfices. En réalité, cela permet à ces escrocs de venir de temps en temps dire à l’entrepreneur, à l’aide d’arguties toujours indignes d’une intelligence même médiocre, qu’il a triché dans la déclaration des dits bénéfices. On comprend que si Bercy calculait ces bénéfices ou participait à ce calcul, ce qui serait logique et plus simple pour tout le monde, ces escrocs ne pourraient pas venir prétendre ensuite que les calculs sont faux et prélever un sur-impôt.

Mais ils viennent, dans cette logique du coup de couteau dans le dos, de faire plus fort encore, très fort.

A l’occasion de la modification de la taxe professionnelle, transformée en cotisation foncière de l’entreprise, l’entrepreneur doit régler la taxe par internet, à l’exclusion de tout autre moyen de paiement.

Pour cela, il faut aller sur le site du gouvernement, là vous remplissez un imprimé qui autorise Bercy à demander à votre banquier le règlement par virement de la somme due. Bercy tente de crédibiliser cet imprimé en vous retournant un numéro officiel d’acceptation, qui ne présente aucun intérêt. C’est le détournement d’attention du tour de magie.

Attention, suivez bien la suite, je ferai réciter.

Muni de ce document, Bercy n’obtiendra le paiement de la part de votre banquier que si vous avez donné l’ordre à ce dernier de réaliser ce paiement.

C’est là que je peux affirmer, sans crainte, que ces gens sont des escrocs.

En effet, ils vous adressent alors un document pré-rempli d’ordre de paiement, en vous incitant à le poster le jour même à votre banquier.

Dans ce document, il est écrit ceci : « J’autorise l’établissement teneur de mon compte à exécuter sur ce dernier, si sa situation le permet, tous les ordres de débit donnés par le Trésor public. En cas de litige sur un débit, je réglerai le différend directement avec le Trésor public. »

Vous saisissez l’escroquerie.

Profitant de l’autorisation que vous donnez à votre banquier de payer, par virement, la somme modique de cette taxe, ils se font délivrer une autorisation globale de présenter à votre banquier toute somme à payer qu’ils jugeraient utile.

Tout entrepreneur qui utiliserait une telle méthode serait immédiatement confondu et condamné pour, au moins, tentative d’escroquerie. Pas eux….

Je vous laisse imaginer les suites de la prochaine notification liée à votre contrôle fiscal, après que vous ayez bêtement; vous ou votre comptable, signé cette autorisation.

Ils sont pires que tout ce que l’on peut dire ou penser d’eux, n’est-ce pas ?

 

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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Une réflexion au sujet de « On n’arrête pas le progrès »

  1. Merci pour cet article… Mais en conclusion que faut-il faire concernant « l’adhésion au téléchargement » ?

    1 – Renvoyer le formulaire à sa banque l’autorisant à « exécuter tous les ordres de débit donné par le TP ?

    2 – Ignorer ce papier ?

    3 – Renvoyer le formulaire à sa banque en mentionnant « j’autorise le prélèvement UNIQUEMENT pour la somme de…. concernant la cotisation foncière de 2014 » ?

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