Perte d’altitude pour les Gilets Jaunes, le crash n’est pas loin, dommage.

Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, les Gilets Jaunes ne sont pas le début d’un événement sociétal mais sa fin.

La fin de l’acceptation par les français de la pression bureaucratique qui les étouffe. Depuis quarante ans la bureaucratie, au motif de nous rendre service, s’est introduite dans notre vie privée à des niveaux jamais atteints, semblable à ceux de l’inquisition.

Cela se traduit à minima pour tous par une réglementation délirante, accompagnée d’un pouvoir exorbitant donné aux fonctionnaires chargés d’appliquer sur le terrain cette bureaucratie. Ce pouvoir est journellement utilisé par eux abusivement

Cela se traduit pour les classes moyennes par la contestation de leur propriété privée socle de leur vie, et la captation de l’intégralité de leurs revenus ne leur permettant plus de s’élever dans l’ordre social ou d’y élever leurs enfants.

Cela se traduit pour les plus pauvres par la fin de l’ascenseur social qui les bloque définitivement au niveau de la misère. Les ponctions faites sur leurs salaires par les charges et les impôts indirects empêchent toute augmentation différentielle, font d’eux une masse homogène dont ils ne peuvent pas sortir, annihilent tout espoir de simple survie.

Cela se traduit pour les plus riches qui acceptent la connivence par un partage festif de ce qui reste du gâteau entre eux, les fonctionnaires et les élus. Mais, avec l’instabilité qui va avec ce type de contrat révocable à l’humeur. Pour ceux qui refusent la connivence ils doivent choisir entre l’exil ou la dépossession fiscale.

Cela se traduit enfin par un outil d’oppression au service de ces folies à mi-chemin entre le KGB et la Stasi : Bercy et ses Services Fiscaux. Une fiscalité qui tue journellement des milliers de personnes impunément.

Un ras le bol

Majoritairement les français ne veulent plus de ces abus technocratiques et fiscaux qui leur gâchent la vie, c’est ce rejet qui leur a fait accepter la violence des Gilets Jaunes.

Mais les français ne sont pas encore arrivés au point où ils pourraient clamer leur souhait de liberté haut et fort, s’associer à la violence des GJ, tant l’engeance technobureaucratique a lessivé leurs cerveaux depuis tant d’années.

Elus, presse, éducation nationale, intimement liés aux fonctionnaires ou fonctionnaires eux-mêmes, rabâchent à longueur de journée que sans la bureaucratie, l’avalanche de lois, le principe de précaution, le nivellement économique, la France serait Bornéo, la jungle.

Ils osent prétendre que l’individu ne doit pas exister en tant que tel, qu’il doit se fondre dans la masse. Être transporté comme du bétail, sauf s’il sait faire de la trottinette ou du vélo. Être Logé « entassé » dans des tours pour économiser la terre, sauf s’il habite un logement de fonction de la république. Dépendre en tout de l’Etat et de ses fonctionnaires qui savent mieux que lui ses envies ou ses besoins. Être esclave de l’Etat, donc d’eux.

Ils prétendent que la nature de l’homme est mauvaise, mais qu’eux sont en mesure par leurs lois abondantes de la canaliser.

Ployant sous cette avalanche de fausse morale technocratique les français doutent de la légitimité de leur propre vie, c’est un comble.

Mais, à force de discuter entre eux sur le net, ils ont fini par comprendre leur situation, ils ne la veulent plus.

Ils ont adoubé les Gilets Jaunes à cause de cela. Ceux-ci ont été la résultante apparente du rejet dominant invisible de la dictature bureaucratique.

Au début tout était parfait, au fil du temps tout s’est détraqué.

Les Gilets jaunes n’ont pas compris deux choses : qui ils représentent et qui ils sont.

Parce que ceux qui les soutenaient ne sont pas naturellement violents ou agitateurs, les gilets jaunes ont fini par les oublier.

Parce qu’ils ont oublié leurs soutiens ou mal compris la pensée qui les portait, ils ont cru que leur réalité du moment était l’intégralité de leur mission.

Ils ont alors pensé que la violence et leurs statuts personnels pouvaient triompher.

Mais triompher de quoi ? De problèmes personnels ? Ce n’était pas l’enjeu du débat.

L’enjeu était sociétal

C’est tout le corps social qui ne veut plus de la technobureaucratie.

Hélas pour les Gilets Jaunes cette dernière a compris le message, elle se fait discrète, elle a senti le vent du boulet. Du coup, naturellement frileuse,  la masse qui soutenait les Gilets Jaunes sans se montrer, ne les soutient plus. Elle est momentanément rassurée.

Mais rien ne change. Ce n’est pas Macron, pape du système technobureaucratique, qui va être en mesure de redonner aux français la liberté qui leur manque tant, qu’ils n’osent pas réclamer mais qu’ils désirent secrètement.

L’idée de rupture portée par les Gilets Jaunes est définitivement installée, la liberté est en route, les fonctionnaires ont perdu, ils le savent.

Les Gilets Jaunes vont rentrer chez eux, pour certains ce sera dur. Notamment pour ceux qui y auront laissé des sous, pour ceux qui vont retomber dans l’anonymat. Pour tous qui avaient trouvé ici l’ambiance fraternelle de l’action et à qui elle va manquer.

Qu’ils ne désespèrent pas, la prise de conscience, cette partie du combat qui grâce à eux a été décisive, en ouvre un autre.

Maintenant que l’envie de liberté est publiquement partagée grâce à eux, il va falloir la conquérir.

Ceux qui comprendront que la liberté ne passe pas par davantage d’Etat, davantage de nivellement, davantage de fausse protection ruineuse, mais au contraire par moins d’Etat, moins de nivellement, moins de fausse protection ruineuse, ceux-là seront du combat à venir. Il va falloir qu’ils oublient les clairons de Mélenchon et de Le Pen, qu’ils entendent le froissement discret du peuple qui les a portés et qui est prêt à les porter de nouveau en son temps.

Nous reverrons les Gilets Jaunes, pas tous probablement.

Bien à vous. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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13 réflexions au sujet de « Perte d’altitude pour les Gilets Jaunes, le crash n’est pas loin, dommage. »

  1. Que vous inspire l’émergence et de la persistance de ce mouvement de contestation des gilets jaunes en France même s’il s’affaiblit peu à peu ?

    Depuis des décennies, la France est engagée dans un processus de dissolution de sa souveraineté et, par conséquent, de son identité et de sa liberté.

    Le pouvoir n’est plus à Paris, il est ailleurs. Il est à Bruxelles et/ou dans les Conseils d’administration des multinationales apatrides, les gens le savent.

    Cela fait des années que nous la France n’est plus maître de son destin et, fait nouveau, les Français commencent de plus en plus à s’en rendre compte. C’est sans doute l’élément révélateur de ce mouvement.

    Ce mouvement marque-t-il, à votre avis, le début d’une rupture avec l’idéologie dominante ?

    Assurément ! Depuis toujours, la gauche et l’extrême gauche prétendaient avoir le monopole des revendications sociales.

    De leur volonté d’imposer « la dictature du prolétariat » au siècle dernier, elles se sont reconverties, pour l’essentiel, dans le sociétal et dans le « mondialisme macronien ».

    Tout cela, bien évidemment, au dépend du peuple français qui est le grand sacrifié de cette reconversion.

    Le gouvernement préfère s’apitoyer sur les migrants africains qui veulent débarquer en Italie que sur les milliers d’entreprises françaises écrasées par les charges et la concurrence déloyale du Tiers-Monde qui sont condamnées à disparaître. Toute cette mascarade ne peut plus durer…

    Les Gilets jaunes sont l’avant garde de cette prise de conscience. Ils défilent derrière des drapeaux tricolores en chantant La Marseillaise et en hurlant « Macron démission ! ».

    Nous sommes très loin du 1er mai 1936… et même de ceux des années 1970/80. En fait les cahiers de doléances de 1789 sont un antécédent plus proche.

    Sans peut-être en être conscients, les Gilets jaunes concilient le « combat social » avec le « combat national ». Ce qui n’est pas pour nous déplaire. Ils renvoient dos à dos les utopies socialistes et l’ultra-libéralisme broyeur de peuples.

    Le Pouvoir semble prêt à toutes les manœuvres pour tenter d’enrayer le mouvement des Gilets jaunes…

    Nous n’avons pas affaire à un monôme printanier d’étudiants et de lycéens, ni à un brouhaha de sans-papiers ou à une vulgaire Gay Pride, mais à un véritable mouvement populaire composé de gens qui ne savent pas, le 10 passé, comment ils vont finir le mois…

    En plus, ces gens ont compris qui étaient les vrais responsables de leur situation peu enviable….

    Cela prendra peut être d’autres formes mais ce mouvement de fond n’est pas terminé, n’en déplaise à la bien-pensance institutionnalisée.

    1. Evelyn@
      « Ils renvoient dos à dos les utopies socialistes et l’ultra-libéralisme broyeur de peuples »
      Est-ce votre analyse de « moins d’impôts et plus de prestations » que l’on entend régulièrement.
      Bien à vous.

      1. L’impôt devrait faire l’objet d’une science économique spécifique permettant à l’Etat d’investir, afin que toutes les personnes du pays puissent s’enrichir et à nos concitoyens de sortir de leurs difficultés.

        Ce n’est, à ce jour, qu’une sorte de mille-feuille administratif tellement complexe et variable que plus personne peut prétendre s’y connaître : plus de 300 impôts, employant plus de 500.000 personnes dans les services fiscaux, chez les comptables, dans les tribunaux administratifs, chez les gestionnaires de patrimoine, chez les agents immobiliers, etc.

        Assez de paperasseries ! Pitié ! Vous n’êtes pas d’accord ?

        1. Evelyn@
          Bien sûr je vous approuve.
          Quant à la science qui permettrait d’investir à coup sûr si elle existait cela se saurait. Tout comme celle qui permettrait de faire des chefs-d’œuvre à coup sûr.
          C’est pour cela que l’Etat est un infirme de l’économie, qui ne peut se développer que lorsqu’il laisse libres ceux qui savent produire des richesses.
          Bien à vous.

          1. @henry

            Henry : « Quant à la science qui permettrait d’investir à coup sûr si elle existait cela se saurait. »

            Cela existe en fait depuis bien longtemps ! Ce qui est certain, c’est qu’il faudra bien trouver des financements pour payer les surplus demandés.

            L’impôt, au lieu d’être une sédimentation de taxes et impôts, cotisations fort nombreuses, un millefeuille inapplicable devrait être un investissement accordé à l’Etat pour investir et créer de nouvelles richesses.

            Les richesses (encore appelés capitaux) peuvent se diviser en deux parties bien distinctes : le capital fixe au service presque exclusif de la jouissance de ses propriétaires, et le capital qui bouge, qui circule, qui entreprend, qui crée. Bref, celui qui est mis à la disposition de l’économie du pays.

            La réforme dénommée l’impôt sur le capital est une très grande réforme qui consiste à taxer uniquement les capitaux fixes improductifs dont le seul but est la jouissance du propriétaire sans considération. Les USA l’ont adopté dès leur fondation : Property Tax !

            Et de procéder, au contraire, à soulager voire à supprimer progressivement toutes les taxes que supportent les capitaux circulants alors qu’ils sont placés dans l’économie dans l’intérêt de tous.

            Ces derniers, en dehors de toute considération de jalousies, doivent être exemptés car ce sont les seules sources de productions, d’embauches, de consommations, d’accumulations par tous de richesses y compris d’ailleurs de capitaux fixes.

            Voilà qui ne modifie en presque rien les droits de l’homme de 1789 à la propriété. Cette liberté est déjà touchée par les impôts fonciers, les droits d’enregistrement, les droits versés dans les successions.

            L’imposition du capital fixe ne nécessite qu’une évaluation extérieure et objective des propriétés et des outils durables par les agents du cadastre recadrés.

            On serait alors imposé sur ses biens inscrits au cadastre ; et non comme de nos jours sur son activité dans le tissu économique.

            Alors que l’impôt sur le revenu du capital circulant oblige les contribuables à de multiples déclarations personnelles sur leurs revenus. Ce sont les personnes qui sont imposées et non leurs biens.

            La simplification du système fiscal par la création d’un impôt unique, calculé au prorata des biens sur le modèle du cadastre, supprimerait les nombreux motifs de mécontentement à l’égard du fisc.

            Surtout, cet impôt permettrait d’affranchir le travail et la consommation de toute taxe et pénaliserait l’oisiveté des propriétaires qui se contentent de vivre de leur richesse acquise sans la faire fructifier.

            On passerait d’un enfer fiscal à un paradis fiscal pour ceux qui veulent investir.

            Ce projet d’impôt unique sur le capital s’inscrit dans une longue lignée de réformes fiscales, depuis les projets d’impôt unique de Sully, de Vauban (Le dixième) celui des physiocrates au XVIIIe siècle (Le vingtième en 1789 qui sera la vraie raison de la transformation des Etats-Généraux en Assemblée Nationale, puis en Assemblée Constituante).

            Toutes ces réformes poursuivent l’objectif de simplifier l’imposition et de la rendre, pour ainsi dire, inoffensive voire agréable.

    2. Il n’y a pas la moindre miette de libéralisme en France et encore moins « d’ultra libéralisme ». Ce pays est encrouté par l’étatisme jusqu’au trognon. Pour savoir ce qu’est le libéralisme, lisez Bastiat, Mises, Hayek, les ouvrages des professeurs Garello et Salin… Allez sur le site ‘Contrepoints’…

  2. Belle analyse Henri. Les politiques avec les administrations Français ont mis des pierres sur notre route. Les gilets jaunes ont décidé d’en faire des ponts, mais les journalistes complices des politiques avec les administrations tous les jours font des mur.
    Il faut en effet dire aux Gilets Jaunes de ne pas N’abandonner car ils risquent de le faire une heure avant le miracle.
    « Les Batailles de la vie, de la liberté , ne sont pas gagnées par les plus forts , ni par les plus rapides , mais par ceux qui n’abandonnent jamais. »

  3. Aucunes revendications de GJ à propos de la remise en liberté des PME/PMI/ETI qui restent prisonnières du système soviétique-carcan peaufiné au fur et à mesure du temps qui s’est écoulé entre les oukazes du CNR de 1945/46 et aujourd’hui.

  4. Très brillante analyse de la situation actuelle. Merci
    Nous assistons effectivement à un début de remise en question de l’État qui étouffe la société civile au profit de ses clercs mais la situation est à la fois explosive et bloquée
    La véritable oppression fiscale avait commencé à la fin de mandat de Sarkozy quand il était paniqué à l’idée de perdre le triple A français
    Mais c’est Hollande qui a porté le coup fiscal fatal au début de son quinquennat et qu’il a tenté vainement de rattraper par la suite
    Macron, fort du soutien de Hulot, a cru pouvoir refaire le coup de Hollande en se drapant de vertu écologique et là, la révolte du peuple
    D’où le recul du pouvoir affolé et noyade du mouvement dans le baratin et la démagogie
    Conclusion : Macron est bloqué dans sa course folle au plus d’impôts et comme il n’est pas bête il a compris la leçon
    La situation est explosive car Macron s’est juré de mettre les finances françaises au diapason des pays de l’Europe du nord pour sauver l’Euro et avec une croissance qui ralentit fortement c’est impossible sans augmenter les impôts ou sans couper dans la dépense publique
    Dans les deux cas, c’est mettre le pays dans la rue
    Que faire ?
    La révolution, mais j’ai le sentiment qu’elle sera conduite et organisée par nos élites qui vont attendre des circonstances favorables et dramatiques pour agir
    Et comme notre constitution donne les pleins pouvoirs à l’exécutif, cela sera d’autant plus facile à réaliser
    Sans compter l’appui des médias
    Pour les gilets jaunes, ils vont passer de Gavroche à Spartacus mais cela sera long et délétère

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