PEUT-ON Y VOIR CLAIR ?

Essai pour une compréhension de la place due à la politique.

D’abord l’homme:

Il est pris entre le bien et le mal dans leurs dimensions universelles, et non au titre d’une morale religieuse ou autre.

Dans ce qu’il a de bien : l’amour, l’altruisme, la curiosité, la capacité à construire à entreprendre, le langage… par exemple, mais bien d’autres choses encore.

Dans ce qu’il a de mal : la jalousie, le pillage, le viol, la haine… par exemple, mais aussi bien d’autres choses encore.

Puis la société:

Ces différentes caractéristiques individuelles, lors de leur mise en commun inévitable du fait que l’homme vit de façon grégaire, créent un bouillonnement « sociétal ». De ce bouillonnement naissent des hiérarchies, des pouvoirs, une organisation sociale qui elle aussi répond aux mêmes notions de bien et de mal que l’individu. Les hiérarchies et les pouvoirs ainsi créés sont innombrables. Ils sont l’objet d’affrontements et d’alliances constamment en mutation.

Dans les différents pouvoirs, qui naturellement voient le jour à l’occasion des regroupements humains, est le pouvoir politique. C’est celui de la force publique et de la justice. Celui qui doit faire en sorte que tous puissent vivre en commun, chacun avec ses spécificités, sans heurt, dans la paix.

Ce pouvoir politique, qui détient le pouvoir des armes, la force publique, est constamment l’objet de tentative de captation de la part des autres pouvoirs qui souhaiteraient disposer de la force publique pour s’imposer plus commodément.

Prenons l’exemple de la Tunisie. Une oligarchie tient entre ses mains le pouvoir politique et le pouvoir économique. La population alertée et encouragée par les nouveaux moyens de communication, le net, se révolte. Résultat, voici le texte en cours d’approbation pour la constitution de ce pays, à majorité religieuse «L’Islam n’a jamais connu, ni dans ses textes ni dans son histoire, de séparation entre la religion et la politique ou entre le temporel et le spirituel. La politique est un catalyseur qui est promu au rang de culte. La religion ne peut être une affaire personnelle, mais une affaire publique et une façon de vivre. La séparation entre la religion et l’Etat contredit le message de l’Islam et tout appel à leur séparation est une atteinte à la pensée islamique» Slate fr. Lundi 5 Mars.

D’une alliance »politique-économie », nous passons à une alliance « politique-religion ».

Dans les faits, la sincérité d’une partie des révoltés a été surprise par la masse des exécutants qui se sont avérés être de simples pilleurs, sans dimension politique. Désorientée, apeurée, la majorité se tourne alors vers la religion.

Nous européens, nous connaissons. Nous avons séparé, avec difficulté et après des siècles, L’Etat de la religion. Ce fut, à l’époque, un immense bon en avant pour nous. Pour la Tunisie aujourd’hui c’est indéniablement un bond en arrière, au mieux du surplace.

Explication:

Le pouvoir politique est un pouvoir altruiste. Qui demande beaucoup, pour donner peu. Dont la finalité bénévole profite aux autres pouvoirs lucratifs. Il n’est pas le plus spectaculaire des pouvoirs, mais il est le plus noble et, in fine, le plus puissant puisqu’il possède la force publique.

Les autres pouvoirs aimeraient résorber, à l’aide de règles ou de lois de monopole que seul le pouvoir politique peut édicter et faire appliquer, les âpres concurrences qu’ils doivent affronter.

C’est pourquoi, ils n’ont de cesse de le posséder, de le pénétrer pour l’utiliser.
Le pouvoir politique a tendance à se laisser faire, à monnayer son bénévolat. En Tunisie, hier le pouvoir financier, aujourd’hui le pouvoir religieux tentent de soumettre le pouvoir politique.

Dans les faits, en ce qui nous concerne:

Chez nous, aujourd’hui, le pouvoir économique a corrompu pour son usage le pouvoir politique. Il y a de grandes similitudes entre Bercy et Le Vatican.

Le Vatican, à partir de l’idée noble et incontournable de Dieu qu’il s’est accaparé, a construit une usine à gaz dont la phase la plus puissante a produit l’inquisition. C’est-à-dire la dénonciation des hérétiques, leur destruction, au seul motif qu’ils transgressaient le dogme.

Bercy, à partir de l’idée noble et incontournable de la solidarité qu’il s’est accaparé, à construit l’usine à gaz de la fiscalité, dont la phase actuelle en pleine puissance produit des « contrôles fiscaux » assassins. C’est-à-dire un sur-impôt mortifère, basé sur la dénonciation arbitraire et la destruction économique des hérétiques, définis comme non solidaires donc transgressant le dogme.

Bercy est Le Vatican du pouvoir économique. Le relais du pouvoir économique prenant en otage le pouvoir politique, comme Le Vatican relais du pouvoir religieux prenait en otage en son temps ce même pouvoir politique.

C’est là que le bas blesse, là que se joue l’avenir de notre liberté, de l’épanouissement de nos enfants ou de leur soumission.

Le pouvoir politique doit être libre et se cantonner à ses prérogatives.

Nous devons donc gagner la bataille de la séparation du pouvoir politique et du pouvoir économique, comme nous avons gagné, en son temps, celle de la séparation du pouvoir politique et du pouvoir religieux. Elle vaut la peine d’être menée et nous sommes, mondialement, les seuls assez avancés pour la mener.

Bercy doit être ramené à sa fonction initiale, la collecte des impôts, point. La forteresse qu’il est devenu doit être rasée, son exorbitant pouvoir annihilé. L’économie n’a nul besoin de cette liaison malsaine avec le politique. Libre l’économie sera tonique, ouverte et remplira son rôle. Liée au politique par le cordon ombilical de Bercy, elle est une dictature.

Bien cordialement. H.Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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