Pourquoi les grands yachts commencent à quitter la Côte d’Azur.

Les armateurs des plus grands yachts du monde supportent de moins en moins les nouvelles taxes sociales et fiscales que l’administration française leur impose.

PAR JEAN NOUAILHAC   

 

Sur la Côte d’Azur, la débandade a commencé : le chiffre d’affaires en escale du célèbre port de Saint-Tropez aurait baissé de 30 % depuis le début de l’année. Quant à la rade de Toulon, elle serait à – 40 %, à tel point que les élus qui président respectivement la région, la métropole niçoise et l’agglomération de Toulon, Renaud MuselierChristian Estrosi et Hubert Falco, ont alerté l’Élysée par écrit au début du mois d’août pour dénoncer une situation qui ne cesse d’empirer.

En cause : une nouvelle taxe sociale très contraignante et l’augmentation déraisonnable d’une taxe fiscale bien connue. Pour le social, il s’agit d’un décret en date du 9 mars 2017, à la toute fin du quinquennat Hollande, qui oblige les armateurs à cotiser pour leurs marins, quelle que soit leur nationalité, lorsque ceux-ci restent plus de trois mois dans un port français. Un véritable péage social ! Cette mesure touche principalement les plus grands yachts, dont les rénovations bisannuelles durent parfois plus d’un trimestre. C’est ainsi que Monaco Marine vient de perdre une commande pour un yacht de 152 mètres parti faire sa révision générale en Espagne.

Pour le fiscal, même attitude de l’administration française et même obsession de « faire payer les riches » : la taxation du gasoil en France est telle que faire le plein dans un port de la Côte d’Azur finit par coûter nettement plus cher qu’en Italie ou en Espagne. Il faut savoir qu’un superyacht, entre 40 et 100 mètres, a une consommation de l’ordre de 500 litres de gasoil à l’heure. Le différentiel entre la France et l’Italie étant d’environ 50 centimes le litre, cela finit par faire beaucoup pour des bateaux de haute mer dont la vocation n’est pas d’être sédentaires.

Conséquence économique pour la région

Le président de la Fédération française des ports de plaisance (FFPP), Serge Pallares, affirme que les armateurs internationaux « sont fatigués par les changements réglementaires fréquents et le prix du carburant trop élevé », ce qui entraîne « une spirale descendante ». De son côté, le directeur des ports à la chambre de commerce Nice-Côte d’Azur, Franck Dosne, se dit « inquiet des retombées de cette baisse sur le tissu économique portuaire azuréen ».

Après avoir fait fuir ces dernières années de si nombreuses grandes fortunes françaises parties avec armes et bagages pour investir sous d’autres cieux, il serait dommage de faire fuir également les plus fortunés de nos touristes étrangers qui viennent, avec leurs grands yachts de prestige, dépenser leurs millions sur la Côte d’Azur. Comme le disait à un journaliste de Nice-Matin le commandant (français) d’un magnifique yacht mouillant à Villefranche-sur-Mer ces derniers jours et en partance pour l’Italie, « les grands yachts sont comme les grandes fortunes : quand on les prend pour des vaches à lait, ils changent de crémerie… » Le raccourci est imagé, mais tellement juste !

Publié le 23/08/2017 à 11:40 | Le Point.fr

Sur le Web:http://www.lepoint.fr/

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3 réflexions au sujet de « Pourquoi les grands yachts commencent à quitter la Côte d’Azur. »

  1. La cause des causes de l’ultra imposition des français et des touristes et cette dette fantoche de 2150 milliards non remboursable.
    Toutefois imaginez ce que les représentants des lobbys qui les ont fait élire ( nos politiciens, élus, et divers intervenant de la vie publique) vont inventer lorsque « la dette » sera de 4000 milliards.

    1. Les yahts peuvent choisir leur port, mais nous, les pauvres, on ne peut pas déménager à l’étranger.

      Et ces nous qui élisons ces imbéciles !

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