Révolution culturelle et autocritique à la suisse

A la suite de la vidéo où nous avons effleuré le problème du rapatriement des fonds placés en Suisse, j’ai été stupéfait par les retours qui supposaient que les détenteurs de fonds en Suisse les ramenaient volontairement en France.

Bon sang, mais c’est…bien sûr.

Sapin la gueule enfarinée, larmoyant de bonheur, qui annonce que les fonds récupérés vont améliorer l’ordinaire des petites gens. Une chance et une aubaine d’équité. Un peu comme s’il remerciait de généreux donateurs.

La presse officielle qui en rajoute, la larme à l’œil, qui s’esbaudit sur cette prise de conscience de ceux qui jusqu’ici étaient d’irréductibles fraudeurs. Pensez donc, 44.000 français qui cette année, soudain socialistes en diable, se précipitent et font la queue dans des bureaux bondés, ouverts à la va-vite par Bercy débordé par tant d’amour du pays. Bercy qui n’en revient pas.

C’est vrai que tout ça prêtait à confusion.

Bien que, il faut l’avouer, il manque deux ou trois séances d’autocritiques publiques.

Mais que font les enfants de ces « rapatrieurs » de fonds, pourquoi ne les dénoncent-ils pas à leurs professeurs d’économie ? Pourquoi  n’incitent-ils pas ces derniers à obliger les parents à confesser leur faute et à exprimer publiquement la joie et le soulagement que leur procure ce retour en France de leurs fonds ?

Quel dommage de passer à côté de l’émotion que susciterait la prise de conscience fraternelle, et pécuniaire, de ces pêcheurs repentis. Quelle chorale sublime les voix de ces 44.000 hommes et femmes à l’unisson chantant leur joie de rapatrier leurs sous et d’en abandonner 30% au passage. Plus fort que les messes du Pape.

Oui mais voilà.

Cet argent en Suisse, rien ne dit qu’il n’était pas propre d’impôt. Souvent déposé il y a fort longtemps, il était là-bas… en sécurité. Aussi bien, il aurait pu être investi en or ou en œuvre d’art.

On peut espérer que s’il était sale, le seul fait de le ramener ne le rendrait pas propre, où alors ce serait à désespérer de la probité de notre Etat.

Que dire d’un Etat qui accepterait comme argent comptant par exemple les bénéfices de la drogue sous prétexte qu’ils seraient rapatriés de Suisse et paieraient une taxe de 30% ? Non soyons en sûr, cet argent est propre, il a payé l’impôt avant de partir.

Alors, que s’est-il passé ?

Ce qui s’est passé n’est pas joli-joli. Les suisses ont été violés par les ricains. Les banquiers suisses ont dû piétiner leur réputation de sérieux, trahir leur culte du secret bancaire, sous la menace de rétorsions américaines.

Le gouvernement suisse a légiféré, les banquiers ont dû dénoncer les comptes de leurs clients, de tous leurs clients.

Je ne voudrais pas être à la place de ces banquiers à qui — après une telle trahison — il ne reste plus qu’à ouvrir une épicerie de nuit. Ils n’ont plus rien à faire dans la banque.

N’oublions pas que ce sont eux qui, depuis des générations, persuadent tout le monde que si l’on veut mettre son argent à l’abri des pillages en tout genre la seule adresse c’est eux : la Suisse.

Pays fort, ou chaque habitant est un guerrier en arme chez lui, où les avions de chasse sont déguisés en vaches et les tanks en crémières.

« Pays-coffre » en quelque sorte, prêt à se sacrifier pour défendre le patrimoine qui lui est confié. Enfin ça, c’était la publicité avant. L’image d’Epinal qu’ils ne sont pas prêts de retrouver.

Car les voilà qui balancent tous leurs clients. Entre nous, c’est plus grave et plus dévastateur que l’affaire VW.

Vous imaginez, vous avez un compte en Suisse parce que votre famille craint les pillards. Elle a été directement touchée par les Nazis. Constamment menacée, par les communistes d’abord, puis aujourd’hui par les socialistes qui lui font savoir que tout ce qu’elle possède leur appartient du fait de l’égalité qui s’impose.

On peut comprendre que le grand-père, ou un autre responsable familial, ait pris la précaution, sans le crier sur les toits, de placer une partie des économies familiales en Suisse, après avoir payé l’impôt.

Peut-être en avait-il un peu marre de l’immobilier, de ses taxes délirantes et de ces locataires pas toujours délicats mais toujours protégés ? Peut-être avait-il peur que son capital mis dans des tableaux parte en fumée en cas d’incendie de sa maison ? Ou tout simplement d’être saucissonné s’il le gardait chez lui ? Dans tous les cas on peut comprendre qu’il se méfiait des banques françaises.

Mais quand-même, ce n’est pas de pot que sa méfiance des banquiers n’ait pas englobé les banquiers suisses. Pas vrai ?

Toujours est-il que 44.000 français, pour l’instant, probablement majoritairement ordinaires, dénoncés par ceux à qui ils avaient fait confiance, ont eu le choix suivant : ils se dénonçaient eux-mêmes ou leurs économies repérées ils devenaient d’authentiques malfrats dont le syndicat de la magistrature allait rapidement s’occuper.

Ils ont foncé acheter l’étoile à  mettre sur leurs économies, qui les critiquera ?

Mais de là à sortir les violons, les trémolos de la citoyenneté, les vertus de l’égalité, il y a un pas que la décence interdit de franchir.

Contrairement à ce qu’apprend aux enfants le catéchisme socialiste, le capital n’est pas sale, ceux qui tentent de protéger le leur des pillards ne sont pas des gangsters, même si le discours et la loi socialiste les mettent hors la loi. D’autant que…ce n’est pas définitif, enfin… il faut l’espérer.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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