Schizophrénie collective (version papier, suite et fin)

Pour ceux qui n’ont pas les quinze minutes nécessaires pour regarder une vidéo, ou à qui ma tête ne revient pas, voici la version papier de la réflexion sur la schizophrénie collective.

L’homme est alternativement solitaire ou grégaire, tout comme l’étourneau qui peut vivre seul ou en groupe.

Dans le premier cas il est libre de son comportement, dans le deuxième cas il est l’otage d’un comportement collectif. Ces deux comportements s’imposent à nous. Ils sont susceptibles de connaître des disfonctionnements.

Une maladie comportementale individuelle répertoriée est la schizophrénie.

Lorsqu’elle touche le comportement individuel, elle comprend trois étapes :

Première étape : une distorsion de la réalité. Le malade, inconsciemment, croit réelles des observations ou des situations qui ne le sont pas. Il construit, à partir de ces faits irréels, un monde imaginaire qui s’impose à lui, qui interfère sur le monde réel que souvent il perçoit aussi.

Deuxième étape : la déstructuration.  A partir de ces fausses appréciations, le raisonnement du malade et ses actions vont perdre toute rationalité. Ou peut-être est-ce l’absence de rationalité qui lui fait distordre la réalité. Je ne suis pas assez compétent pour affirmer l’ordre des choses, mais, quoiqu’il en soit, la déstructuration intellectuelle et cognitive est incontournable.

Troisième étape : l’isolement. C’est la phase négative qui va voir le malade perdre tout contact rationnel avec l’extérieur et entrer dans un processus qui l’entrainera vers la mort.

Cette maladie comportementale individuelle peut-elle toucher un comportement collectif ?

Le livre de Ian KERSHAW « Hitler » m’amène à penser que oui. Je ne me suis pas encore remis du choc. C’est pourquoi j’y reviens, et j’y reviendrai.

Les faits se sont passés en Europe, donc chez nous, il y a peu. Voici ce que j’en ai compris :

Première étape : dès 1920 le DSP et le NSDAP véhiculent les idées complotistes. Le racisme alors n’est pas significatif de la même ignominie qu’aujourd’hui, il fait partie de la pensée commune.

La distorsion par rapport à la réalité sera, d’abord de lier le complotisme au racisme, puis d’imaginer que l’éradication de la race accusée de complot permettrait de régler tous les problèmes que rencontre une Allemagne vaincue et ruinée.

Hitler, s’étant, dès 1920, opportunément mis en avant sur ces sujets, n’aura qu’à les déclamer avec conviction et un certain succès, pour être porté par l’ensemble du pays lorsque celui-ci aura majoritairement fait siennes ces thèses : « Le juif est l’ennemi de l’Allemagne, il l’a ruiné à l’occasion d’un complot mondial, son éradication permettra à la race supérieure allemande d’accéder à l’avenir qu’elle mérite ».  

C’est à ce moment, face à l’irréalité de cette construction intellectuelle adoptée par la majorité, que, de mon point de vue, on peut diagnostiquer  les premiers symptômes d’une schizophrénie du comportement global.

Deuxième étape : Ces pensées imaginaires envahissent majoritairement l’Allemagne. Alors, la distorsion du réel n’a plus de limite, la déstructuration intellectuelle et cognitive de l’organisation politique qui s’en suit amène Hitler au pouvoir.

Celui-ci agressif, violent, mais falot, sera incapable de donner un sens aux folies qui l’ont porté au pouvoir. Evidemment, puisque la folie ne peut pas avoir de sens.

Libre cours est alors donné aux ambitieux, sous la réserve expresse qu’ils s’alignent, voire qu’ils surenchérissent, sur les distorsions cause de la maladie.

L’irréel s’empare de tous les rouages de l’Etat, personne n’en n’a conscience, tous croient aller vers un avenir meilleur. La schizophrénie est de mon point de vue totale.

Troisième étape : L’isolement. Ainsi structuré, l’Etat Allemand perd tout contact rationnel avec le reste du monde démocratique sain.

La maladie va emporter le pays sur la voie du suicide collectif sous la forme d’une guerre avec, tout simplement, le reste du monde.

J’imagine que cette situation pourrait aisément être analysée ailleurs dans le monde. Je crois donc qu’il est possible d’affirmer que le comportement collectif peut parfaitement contracter une maladie, tout particulièrement cette grave maladie comportementale qu’est la schizophrénie.

Cette conclusion permet de regarder les errements actuels de la France sous un nouveau jour. La France serait-elle tout simplement malade. Son comportement global peut-il être suspecté de porter en lui les symptômes de la schizophrénie collective ?

J’ai des soupçons très forts que ce soit le cas. Voyons les faits.

Première étape : Depuis 1970, une idée s’est répandue qui consiste à prétendre qu’un complot des riches viserait à ruiner le pays et à mettre en esclavage sa masse laborieuse. Face à cette situation il suffirait de prendre aux riches leur capital et de le redistribuer à la masse laborieuse, dont la qualité et la prospérité serait ainsi assurée.

L’irréalité de cette construction intellectuelle est affligeante.

C’est mal connaître les riches et leur égo surdéveloppé de les croire capables de s’unir en complot. Chacun d’eux veut tout pour lui, c’est d’ailleurs ce qui fait leur extrême faiblesse.

Par ailleurs, comment déterminer les riches ? Qui sont-ils ? Et surtout, comment déterminer lors de la redistribution ceux qui la mérite et ceux qui, quoiqu’il en soit, la perdront ? Tout cela est hors réalité.

Deuxième étape : Même punition que pour l’Allemagne de 1930.

« Faisons payer les riches, répartissons leur richesse » est aujourd’hui la pensée majoritaire et directrice qui a porté au pouvoir ceux qui la prétendent vraie, opportunément, depuis 1970 : les énarques. Elle est le signe de la maladie.

Cette folle pensée n’ayant pas de sens, ceux qui s’en sont emparés sont incapables de structurer l’Etat dans le sens de cette pensée.

Tout comme à l’époque en Allemagne, les ambitieux n’ont qu’à s’appuyer sur cette irréalité, voire surenchérir sur elle, pour accéder ou conserver le pouvoir politique lucratif.

Mais, ils doivent compter avec la déstructuration intellectuelle et cognitive de l’Etat provoquée par l’adoption de ce schéma irréel comme dogme politique. Les choses se compliquent pour eux.

Ceux qui comme moi, ils sont des milliers, croient pouvoir appréhender rationnellement les difficultés qu’ils affrontent du fait de la déstructuration de la société, se retrouvent face au vide, face au désordre.

La justice ne fonctionne plus, l’administration ne fonctionne plus, c’est le règne des réseaux, des petits chefs, de la chienlit, de la corruption.

Troisième étape : L’isolement. C’est la prochaine étape.

Cette irréalité étant vue comme réelle, il n’est que deux possibilités. Le comportement collectif, aujourd’hui malade, guérit ou s’enfonce dans la maladie. Nous le saurons dans les mois ou les prochaines années.

La guérison étant rarissime, tout porte donc à croire qu’il faudra aller au bout de la souffrance. Les syndromes de l’isolement sont patents, celui-ci ne devrait pas tarder.

Puis, ce sera le suicide collectif. Prendra-t-il la configuration d’une guerre civile ou d’une guerre extérieure, c’est prématuré pour le discerner.

Quel homme ou quelle femme le pays va se donner pour cette terrible issue ?

Où, un éclair de lucidité fera-t-il table rase de cette pensée majoritaire irréelle, et la remplacera-t-il par la vérité et la réalité, laissant espérer une guérison ?

Evidemment je n’en sais rien. Je sais par contre que la raison n’a plus cours aujourd’hui.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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Une réflexion au sujet de « Schizophrénie collective (version papier, suite et fin) »

  1. Bsr,
    Entre les riches et les pauvres, au milieu il y a les parasites qui avec la delation et la propangade se nourrissent des uns et des autres.
    @+

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