Socrate et internet

Il y a environ deux mille cinq cents ans, Socrate prêchait l’idée que se comprendre était pour l’homme le premier devoir : « Connais-toi toi-même« . Aujourd’hui cela est considéré comme essentiel, évident et incontournable.

Cependant c’est une démarche difficile, la réflexion personnelle n’y suffit pas.

Tout le monde peut, à l’intérieur de son propre cerveau, émettre une idée sur ce qu’il croit être, sur ce qu’il croit connaître de lui. Mais, à ce stade, le risque d’erreur est important. Un contrôle de sa propre pensée est donc indispensable.

Ce contrôle ce sont les autres qui nous l’apportent. Encore faut-il décoder les retours dont ils nous gratifient. Faire le tri de leur sincérité, de leurs arrière-pensées, de leurs mensonges en fonction de notre situation dans le système social.

A l’époque de Socrate il n’y avait guère que la parole pour assurer ce retour, chacun sait combien elle est volatile et instable. La difficulté était donc immense.

Puis vint l’écrit, il a permis des retours plus réfléchis, plus durables donc moins instables. A l’aide de ces écrits directs ou indirects, l’homme a pu progresser dans la connaissance de lui-même, globale ou particulière. Mais la lecture prend du temps, bien des hommes, pris par les contraintes de la survie, n’ont pas pu consacrer le temps nécessaire à la lecture pour aller jusqu’au point où elle permet de commencer à « se connaître », un peu.

Puis, vint Internet.

Au premier abord la toile peut apparaître comme un formidable outil de communication vers les autres. Il n’en n’est rien, en réalité la toile est un formidable outil d’introspection.

Pourquoi la toile n’est pas un outil de communication

Parce que la communication suppose que se soit au préalable installée une confiance entre l’émetteur et le receveur. Cette confiance demande de se connaître globalement, presque intimement. Ce que la toile ne permet pas.

Le ciment de la confiance est la fidélité, la toile est un lieu d’infidélité.

Lorsque nous émettons une opinion sur la toile elle rencontre un intérêt ponctuel, limité à la problématique momentanée de celui qui la reçoit. Elle ne crée pas les liens durables nécessaires à la communication.

Pourquoi la toile est un outil d’introspection

Parce que les idées adressées à tout le monde et à personne sur la toile ont cette particularité de générer inévitablement un retour.

Que l’on soit auteur ou simple spectateur, l’idée émise et son retour vont nous construire et nous permettre d’avancer dans la connaissance de nous même, au moins sur le sujet traité.

Comme tous les sujets sont traités, nous sommes naturellement au contact de notre personnalité sur tel ou tel point, mais aussi observateurs de tous les autres, même très éloignés de nos pensées donc de notre personnalité.

Socrate et internet

Sous nos yeux, volontairement ou involontairement, les hommes accèdent à une connaissance d’eux-mêmes jamais atteinte. C’est un tournant de l’humanité dont on ne peut pas distinguer les conséquences réelles.

Nul ne peut prédire le devenir de celui qui arrive à se connaître parfaitement.

Ceux qui, avancés en âge, ont eu l’occasion d’observer tel ou tel de leur relation qui a pris conscience très tôt de sa personnalité, savent que tous les résultats sont possibles. Depuis l’effroyable cynisme jusqu’à la plus grande tolérance, toutes les palettes s’expriment chez ceux qui apprennent rapidement à se connaître.

Il faut probablement intégrer l’idée que se connaître n’est pas toujours valorisant …

Internet, multiplicateur puissance X de la connaissance de nous-mêmes, est sur le point de transformer le monde des hommes.

Le plus extraordinaire est que cette introspection constante, ne touche pas que les individus, elle touche aussi les groupes d’individus. C’est ainsi que nos amis du Moyen-Orient ont pu prendre conscience de leurs formidables pulsions individualistes qui, depuis des siècles, leur impose des dictatures.

Conclusion:

Cette introspection, cette psychanalyse à très grande échelle va bouleverser notre vie. Tant mieux. En ce qui concerne le résultat… on verra bien.

Cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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