Tous les chemins mènent au libéralisme

Il y a deux hypothèses de départ : l’homme naît bon et la société le corrompt ou l’homme naît mauvais et La société l’améliore.

Dans le premier cas, rien ne justifie la présence d’un État. L’homme étant naturellement bon, plus il sera libre plus cette bonté naturelle va s’imposer. Cette évidence est telle que cela en est gênant pour un libéral sincère.

Dans cette perspective la jungle initiale est effectivement le paradis. Toute organisation sociale devient le démon qui pervertit l’homme naturellement bon.

Ce n’est pas ainsi que je vois le problème. Le retour à l’état de nature n’est pas mon truc. Je ne vois pas la jungle comme un paradis, bien au contraire.

Dans le deuxième cas, l’homme est naturellement mauvais, c’est donc légitimement que la société, donc l’Etat, le contraint. Sans cette contrainte la barbarie s’installerait.

Plus la société limite la liberté de l’homme plus elle a des chances d’éradiquer sa nature mauvaise. Ici le collectivisme et son point d’orgue l’égalitarisme s’imposent.

Ce n’est pas non plus ainsi que je vois les choses. L’individu noyé dans la masse pour son salut n’est pas ma tasse de thé.

Je suis cependant plus proche de la deuxième hypothèse que de la première.

En effet mon expérience de la vie — base très modeste de ma réflexion — m’a amené à constater que l’homme est naturellement un pillard et — comme le dit très opportunément Balzac le vol étant toujours suivi du meurtre — aussitôt après il devient un meurtrier.

Ce constat vaut pour un individu, il vaut aussi pour un groupe d’individus.

Pour se convaincre de cette évidence il suffit de regarder autour de nous. Ce ne sont que pillages et guerres, plus ou moins sophistiqués pour seules différences.

Dans cette abomination il est des espaces fugaces de calme, de paix et de sérénité, toujours exclusivement entre deux horreurs.

C’est ce constat qui m’intéresse.

Je vais rester simple n’ayant pas les moyens intellectuels pour faire compliqué.

Prenons l’image du football. Naturellement, enfants nous tapons dans des ballons. Cela ne fait pas automatiquement une partie de football. Pour qu’elle ait lieu il faut des règles.

Ces règles vont-elles être naturellement observées par les joueurs ? Quelquefois oui, quelquefois non. Cela va dépendre de multiples facteurs dont la volonté des joueurs, la hauteur de l’enjeu, etc…

En fait, c’est l’arbitrage qui fait qu’il y aura ou non football.

Sauf à penser que le football n’est pas une amélioration du geste naturel consistant à taper dans un ballon avec ses pieds et que le faire n’importe comment serait largement plus profitable pour acteurs et spectateurs, l’arbitre est donc incontournable.

J’aurais pu prendre pour exemple le golf qui n’est que la mise en règles du geste millénaire des bergers projetant au loin un caillou avec leurs bâtons.

Conséquemment, si l’on n’est pas béatement séduit par l’idée de ramener l’homme à son statut prétendument naturellement paradisiaque de Tarzan des jungles, il faut se poser la question de l’arbitre social avant de jouer à la société des hommes.

La logique imposerait donc de définir d’abord les règles de la vie en société, puis de nommer un arbitre chargé de les faire respecter.

C’est en gros ce qui s’est passé pour toutes les sociétés connues, qui, de façon opportunes, sous la contrainte de la nécessité, se sont données des règles leur paraissant  ponctuellement nécessaires. Puis, elles ont installé un arbitre, que l’on appelle communément aujourd’hui l’Etat, à qui elles ont confié le pouvoir d’arbitrer et la force pour le faire.

 ceci près que, systématiquement, dans un laps de temps plus ou moins long, l’arbitre se met à jouer à la place des joueurs et à modifier les règles à son avantage.

Là est le problème.

Quand l’arbitre tire lui-même les pénaltys ou quand il est le manager d’une des deux équipes on comprend que le jeu est pipé.

Pour résumer ma réflexion.

Naturellement l’homme est mauvais, c’est un animal dangereux pour les autres animaux et pour lui-même. Machine à transformer en énergie ce qu’il dévore, il dévore tout.

Son organisation en société est dictée par la nécessité de plus de puissance évidemment, mais aussi et surtout de protection contre sa prédation par rapport à lui-même. Cela sous contrôle d’un arbitre : l’Etat.

L’arbitre ne peut en aucun cas se mêler de la partie jouée dans les sociétés. C’est la morale du libéralisme.

L’individu acquiert sa sociabilité par l’éducation, le dressage, et la conserve contre vents et marées par sa soumission à l’arbitre. Celui-ci doit être juste évidemment et indépendant de l’action.

L’Etat français actuel est le plus vil arbitre qui soit. Le plus grand tricheur de tous les temps, le plus hypocrite.

En effet, son outil d’intervention Bercy, devenant un joueur, s’est étroitement insinué dans tous les actes de la vie sociale. Il pervertit complètement le rôle d’arbitre de l’Etat, il dénature et corrompt la justice. Il pourrit l’arbitrage de l’intérieur.

La société française n’a plus d’arbitre.

L’Etat s’est insinué dans la partie, dans le jeu social, jusqu’à un point de non retour. C’est en prétendant faire le bien que l’Etat a corrompu son rôle d’arbitre, cela aggrave ses responsabilités et celles de ceux qui prétendent le représenter.

Nous revenons ici au libéralisme, qui est la seule option possible pour laisser les joueurs sociaux s’exprimer et conserver à l’Etat son rôle essentiel d’arbitre.

Donc, quelle que soit l’hypothèse de départ — l’homme naturellement bon ou naturellement mauvais — le libéralisme s’avère être la seule solution possible pour vivre ensemble.

Quand aurons-nous le bonheur de retrouver un de ces espaces libéraux qui permettent d’avoir quelques moments de satisfaction sur cette terre ?

Probablement pas tout de suite. La mise en place d’un arbitre neutre n’est pas pour demain.

Il faut d’abord que les membres de la société prennent tous conscience de la situation, y compris ceux qui profitent actuellement de l’arbitre tricheur. Cela suppose une faillite ou une révolte, rien de facile.

Puis, en suivant, il faut qu’une lumière exceptionnelle éclaire soudainement les méninges de ceux qui vont reconstruire la société actuelle défaillante.

Je ne le verrai pas, je suis donc destiné à vive l’enfer jusqu’à la fin de mes jours. Mais, j’ai la chance d’avoir connu de 1944 à 1970 un monde libéral et les plaisirs qu’il peut apporter — qui faisait suite au carnage du nazisme exemple évident de l’arbitre tricheur —

Je souhaite le liberalisme aux nouveaux arrivants, le plus tôt possible.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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