TRANSPARENCE ET MENSONGE

Il va falloir digérer la transparence. C’est le défi généralisé, dans le monde entier, qu’affrontent les structures sociales face aux générations montantes pour qui la transparence est et sera de plus en plus naturelle. Kadafi est mort de ne pas l’avoir compris.

Premier problème: transparence ne veut pas dire vérité. Certes, il s’agit d’une évidence, mais il ne faut pas la perdre de vue. Le mensonge est parfaitement à l’aise dans la transparence. Seule la dissimulation, qui peut parfois mais pas toujours être une sorte de mensonge, ne peut pas cohabiter avec la transparence. Les structures vont donc être amenées à ne plus dissimuler, de force. Fatalement, elles vont davantage mentir.

Deuxième problème: détecter le mensonge. Le mensonge affiché, paradoxalement, est plus difficile à débusquer que le mensonge dissimulé. Il ressemble plus à la vérité. L’exposition lui donne la vérité du culot.

Je vous propose une tentative simple de réflexion autour du sujet. Dans la crise actuelle deux théories s’affrontent:

Les uns pensent qu’ils sont les victimes des tenants de l’économie, de trop d’économie. Ils souffriraient du fait des riches, des banquiers, des profiteurs. Ils souhaitent que la politique impose à ceux-ci une réduction de leurs revenus, donc de leurs activités, qu’une partie de leur fortune soit redistribuée au plus grand nombre.

Les autres pensent qu’ils sont victimes de la masse de ceux qui, étrangers à l’économie, seraient un poids inutile pour eux. Ils considèrent tous ceux qui n’ont pas le sens de l’économie comme des improductifs. Ils souhaitent que les avantages qui sont accordés à ceux-ci soient limités au maximum.

Les deux camps en sont presqu’à en venir aux mains. En Grèce c’est fait. Ici, c’est probablement pour bientôt. Où est la vérité? Dans quel camp?

Il parait évident qu’elle est un peu dans les deux. Alors, pourquoi cet affrontement, cette violence, aujourd’hui verbale demain physique?

A cause du troisième larron. Menteur et dissimulé, c’est lui qui ne va pas pouvoir rester planqué. C’est lui que la transparence va débusquer. Lui qui se maintient au pouvoir en attisant la haine entre deux camps qui auraient, sans lui, tout intérêt à vivre en bonne intelligence. Lui, ce ne sont pas les banquiers, ce ne sont pas les fonctionnaires, ce ne sont pas les politiques,lui c’est Bercy.

C’est Bercy, entité faite d’une masse dont la tête, issue de la plus haute école du pays, possède tous les pouvoirs et dont les jambes, faites de milliers de petites mains afférées à conserver ce pouvoir, jouissent de la proximité de ce pouvoir.

Bercy, c’est la Stasi. Le pouvoir en France n’est pas entre les mains des hommes d’affaires ou des élus, chacun des deux sait bien qu’il ne peut rien faire, rien décider, qui n’ait eu au préalable l’accord de Bercy. Mais Bercy, pouvoir occulte, dictature assise sur un terreau de haine entre français entretenu  par lui, a un besoin vital d’opacité. C’est là le point de faiblesse de cette sangsue. Finalement, quand je vois comment la transparence peut déplacer les montagnes, je me dis que la prise de Bercy sera peut-être moins longue et moins difficile que je le pensais.

Dans les billets à venir, si vous le voulez bien, nous parlerons de ce qui pourrait être fait d’une part pour terrasser la bête, d’autre part pour que nous puissions tous vivre ensemble, sans haine, après la victoire. N’hésitez pas à donner vos idées.

Cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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