Une agonie bientôt finie

La France, maillon faible de l’Europe,  va faire les frais de la guerre mondiale des monnaies.

Nous savons tous que la monnaie n’est rien d’autre qu’une convention tacite.

Aujourd’hui, la référence monétaire mondiale est le dollar, avec les avantages que cette situation apporte aux américains. Il est aisé de comprendre qu’ils cherchent par tous les moyens à pérenniser ces avantages. Pour cela ils utilisent, sans trop de délicatesse, les pouvoirs classiques de domination : la force et la créance.

L’Europe, plus puissante et plus riche collectivement que les États-Unis d’Amérique, a mis en œuvre l’Euro qui avait vocation à concurrencer la domination du dollar en tant que monnaie de référence mondiale.

Malheureusement, les pays européens n’ont pas l’homogénéité des USA, loin s’en faut. On peut même dire qu’ils sont un ramassis de nations qui se détestent depuis des millénaires et dont la joie suprême est de se foutre régulièrement sur la gueule. Rien ne laisse supposer qu’un changement pourrait intervenir à se sujet.

La faiblesse de la France

Au début des années 1980, le Président Mitterrand a mis en œuvre la décentralisation, dont le but était de donner le pouvoir décisionnel aux élus en lieu et place de l’administration.

L’intention était louable. Malheureusement, Mitterrand était un politique philosophe, hermétique à l’économie. Alors que le corps administratif qui gérait précédemment la France était étroitement encadré par des textes visant à garantir la maîtrise des dépenses publiques, rien de tel ne fut prévu par Mitterrand pour limiter celles des élus devenus décideurs en ce domaine.

Très rapidement, ces derniers découvrirent la joie et la facilité d’acheter les électeurs â l’aide de l’argent public dont ils disposaient sans contrainte.

C’est ainsi que l’ensemble du pays bascula dans la corruption politique, l’achat des voix avec l’argent public devint un sport national, la corruption politique atteignit rapidement la totalité du personnel politique, toutes tendances et tous niveaux confondus. Ainsi est aujourd’hui la France.

Cette situation ne pouvait pas échapper à l’analyse de nos amis américains.

Une stratégie enfantine.

Face à une France devenue structurellement dépensière, les américains n’ont eu qu’à favoriser l’accès au crédit illimité et pratiquement gratuit.

Nos élus, trop heureux de l’aubaine, ont adhéré sans retenue à ces facilités, ils ont avalé l’appât jusqu’au fond de l’estomac.

Il ne reste plus aux américains qu’à tirer sur la ligne pour remonter la pêche miraculeuse. C’est probablement en 2015 qu’ils vont remonter les taux d’intérêts et exiger les créances. Peu probable que les fourmis allemandes paient à notre place.

L’Euro ne survivra pas à notre défaut, bien joué de la part des américains. Il n’y a rien à leur reprocher, nous sommes intégralement responsables de ce qui arrive.

Une parade facile

Il suffirait de supprimer l’impôt progressif sur le revenu castrateur et son imbécile complice l’impôt sur la fortune, de les remplacer par une taxe fixe, proportionnelle aux revenus, payable par tous dès le premier sou.

Puis, de privatiser tout ce qui n’a pas lieu de dépendre de l’Etat, tels que assurances maladie et retraite, enseignement, SNCF, etc… De supprimer le statut des fonctionnaires et d’instituer un contrat de travail universel.

De diminuer de moitié le nombre d’élus, qui devraient ne pouvoir se présenter au suffrage universel qu’avec des propositions dont le coût, qui engagerait leur responsabilité, serait chiffré.

D’augmenter, momentanément, de quelques points la TVA.

Peu de chose en quelque sorte. Très rapidement, notre beau pays sortirait de l’ornière et reprendrait sa place en tète de la compétition.

Hélas, nul parti, nul homme politique n’envisage de si simples propositions. Tous continuent à nous mentir gaillardement au risque de nous dresser les uns contre les autres jusqu’au point où ils déchaîneront la violence, que nous mettrons ensuite des années à éliminer.

Pourquoi tant de sottise ? Pourquoi tant de lâcheté, tant de mensonges ?

C’est un mystère qui me dépasse. J’ai beau en prendre acte jour après jour, je n’arrive pas à me résoudre à l’inertie, je me dresse bêtement face à ces moulins à vent de la bêtise politique au lieu de prendre logiquement la fuite.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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2 réflexions au sujet de « Une agonie bientôt finie »

  1. Parlons de la grande réforme fiscale dont la clef de voûte serait un impôt unique assis sur le seul capital fixe (au contraire de ce que Thomas PIKETTY propose).

    Capital fixe ? Selon MENIER et ALLAIS ? La propriété dont le propriétaire a la possession et la jouissance grâce aux protections régaliennes.

    Une taxe de 3 à 5 % sur les propriétés, y compris celles du domaine de l’ETAT, sans exonération, sans exemption, sans exception aucune, peut collecter assez d’argent pour remplacer TOUS les impôts, TOUS ceux qui pèsent sur l’économie, sur la consommation, sur la production, sur la circulation, bref qui pèsent sur le capital circulant.

    Ces impôts garrottent l’économie et asphyxient l’ETAT provoquant la courbe de LAFFER, comme en 1789, comme en 1872.

    Ah si l’on pouvait transformer l’enfer fiscal que vivent ceux qui travaillent en un paradis fiscal et le paradis fiscal de ceux qui possèdent mais qui ne travaillent pas jouissant sous la protection régalienne de leurs biens en une obligation de transformer leur capital fixe en capital circulant non imposé.

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