Y a un « truc qui merde »

 

Le temps passe, le temps passe…on nous rabâche toujours les mêmes fadaises.

Tout particulièrement celle-ci : « La fraude fiscale est une plaie ouverte responsable de la faillite du pays. Bercy, faisant preuve d’un professionnalisme hors du commun, lutte d’arrache-pied contre cette fraude fiscale. Loués soient ses agents, courageux et désintéressés, qui se sacrifient pour l’éradiquer. Ils vaincront, viendra alors le temps de la prospérité, de l’égalité, du bonheur pour tous ».

De fait, les français, intoxiqués, répètent cette rengaine à longueur de commentaires sur le web ou dans le courrier des lecteurs de leur canard favori.

Hélas, la chanson, pour ceux qui « passent à la casserole », tient plus de l’incantation sacrificielle que de la comptine pour sortie champêtre.

Essayons d’y voir clair

Qu’en est-il de cette fraude fiscale ? Que sait-on d’elle ? Pas grand-chose, juste ce que nous en dit Bercy.

En 1994, nos joyeux contrôleurs fiscaux avaient notifié pour 8,3 Milliards d’Euros de redressement. En 2014, les mêmes, tout aussi joyeux, en notifieront pour 20 milliards. Pas mal. Une hausse de 140%. Quand même…

Surtout que, dans le même temps, l’indice des prix à la consommation passait, lui, de 94 à 126, soit une hausse de simplement 32.6%.

« Magnifique performance » déclament nos hommes de l’Etat.

Tient donc ?

Comment peut-on qualifier de réussite une forme de contrôle et de répression qui aboutit à une augmentation de 140% du fardeau de la délinquance ?

Dans le même temps, 1994-2013, nos pandores et leurs outils de contrôle et de répression routière voyaient les morts, sur la route, passer de 8.050 à 3.250, soit une diminution de 60%.

Qu’aurait dit la presse si, au lieu d’une diminution de 60%, ces contrôles routiers et la répression qui les accompagne avaient enregistré une hausse des morts sur la route de 140%, soit comptabilisé 19.320 morts en 2014 au lieu de 3.250 ?

Y a bien un « truc qui merde ». Quel est ce truc ?

En réalité il y a plein de trucs qui ne vont pas du tout.

D’abord, les agents des impôts et leurs supérieurs sont intéressés, directement ou indirectement, pécuniairement ou statistiquement, aux résultats des contrôles. Mais, et c’est là que la chose devient savoureuse, en fonction des notifications et non des encaissements.

Comme, contrairement à l’auréole dont ils sont affublés à grand renfort de propagande, les contrôleurs fiscaux sont plutôt indélicats, ils notifient à tout va pour faire du chiffre.

Des études très sérieuses pensent pouvoir affirmer que seul 10% des sommes redressées correspondraient à une véritable fraude fiscale (« le piège », par l’IFRAP).

Ensuite, le Syndicat National Unifié des Impôts, véritable Etat dans l’Etat, utilise le volume délirant de ces notifications pour agiter l’épouvantail de la fraude fiscale et obtenir en échange moyens et privilèges. Le cumul des coûts de ces moyens obtenus absorberait, à lui seul, 90% des redressements réellement encaissés. Cependant, les chiffres sont incertains, Bercy…. ne tenant pas de comptabilité à ce sujet. Trop fort.

Quant aux hommes de l’Etat, ces charlots, l’aubaine est trop belle pour eux de faire croire que la fraude fiscale serait la cause de la faillite du pays en lieu et place de leur folle prodigalité à visée électorale.

Tout cela a un arrière goût de « Topaze ».

L’organisation des contrôles fiscaux et la propagande des politiques à ce sujet mériteraient un grand éclat de rire, nos voisins en l’observant ne s’en privent pas, mais la souffrance des français qui sont contrôlés nous l’interdit.

La souffrance

La boulimie de faux contrôles fiscaux, accompagnée de vraies notifications fiscales destinées à gonfler les revenus du personnel de Bercy, ses statistiques, les pouvoirs de son syndicat et la propagande des élus, touchent les contribuables de plein fouet.

Car, une fois leurs notifications lâchées, la vie continue paisiblement pour tout ce petit monde, mais pour le destinataire l’enfer commence.

Comment le système social pourrait-il admettre la réalité de cette situation?

Lui qui n’est pas capable de s’étonner d’apprendre, année après année, sur les ondes et dans les journaux, que la fraude fiscale augmente avec la régularité d’un métronome, que plus la répression s’étoffe, prend de l’ampleur, plus la fraude fiscale augmente.

Comment ceux qui gobent ça, sans éclater de rire, sans mettre en doute un contrôle et une répression fiscaux aussi inefficaces, pourraient-ils comprendre la réalité de la situation ?

Ce qui se passe est donc le contraire de la raison dès le départ, et le reste ensuite.

Le contrôlé redressé va devoir faire face à ce système social qui, à aucun moment, n’est en mesure de faire la part des choses, victime qu’il est d’une propagande grotesque mais puissante, implacable.

Il luttera en vain, avec ses moyens restreints, pour faire entendre sa version des faits, dans l’espoir inutile de démontrer que la notification qui le crucifie est fantaisiste, irréaliste, trompeuse, voire indélicate, mensongère et perverse. Cela sera probablement vrai, mais inaudible.

Inaudible de ses voisins, de ses amis, de ses relations de travail, de son banquier, et, suprême complication pour lui, de la justice.

Ainsi, le « truc qui merde » va le tuer, lui et les 50.000 redressés annuels. Paix à leur misère.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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Une réflexion au sujet de « Y a un « truc qui merde » »

  1. Bjr,
    Mensonges, propagandes, corruptions de la part d’agents fiscaux qui devraient être plus blancs que blancs…et qui sous un vernis qui ne tient pas longtemps sont plus pourris que les fraudeurs eux-mêmes qu’ils sont chargés de contrôler.
    Un triste constat…dire que la justice se fourvoie à de tels sbires….
    Les collabos et sa milice d’êtres visqueux.
    @+

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