Bercy invente la milice fiscale

Naguère il fut un temps, pas si lointain, où Bercy affirmait, juré craché, que les contrôles fiscaux n’étaient jamais initiés suite à une lettre de dénonciation, que, parole de contrôleur fiscal, les missives de ce type allaient directement à la poubelle.

Ceux qui en ce temps là, comme moi, dénonçaient les délations de toutes sortes précédant les meurtres fiscaux étaient traités de dérangés à tendance paranoïaque lourde.

Tout ça pour ça… Et ben mon vieux !!!

Récapitulons.

Bercy dispose déjà d’indicateurs patentés en la personne des banquiers, des experts-comptables, des associations de gestion agréées, des notaires, des entreprises de téléphonie, des loueurs, liste non exhaustive.

L’ambiance est déjà lourde de se savoir ainsi à poil chez tous ces gens.

Ce n’est pas suffisant.

Aujourd’hui, à coup de pots de vin généralisés, Bercy lève les “milices fiscales”, la vache….

Vous vous dites: “alors là, ça va chier”.

Mais non, mais non, dit Bercy, vous broyez du noir. N’allez pas imaginer le pire.

Prenez en compte notre légendaire délicatesse, notre souhait de justice que tout le monde connaît.

Pensez-donc, nous vérifierons la qualité des informations. Pas la probité des informateurs, faut pas pousser non plus.

Rendre publique la liste des miliciens délateurs ? Heu, non, ce n’est pas prévu.

Dommage, le jour férié, à venir, de la Sainte Délation, la population aurait pu les fêter, rendre hommage à leur civisme, à leur sacrifice, au temps consacré par eux à cette courageuse tâche de dénonciation.

Prévoir une décoration type “légion d’horreur” pour les miliciens les plus méritants ? Ce n’est pas encore prévu, mais pourquoi pas ? Il parait que Sapin y pense.

Évidemment, une amicale des miliciens délateurs, et des anciens miliciens délateurs, sera mise en place. Elle sera subventionnée et bénéficiera d’avantages fiscaux, de voyages organisés et d’accès illimités aux magasins en duty free.

Il faut bien comprendre que les miliciens délateurs vont être la force vive de notre pays et seront traités comme telle. C’est sur eux que le pays se reposera.

Ils seront partout, nul n’échappera à leur vigilance.

Les vrais français ce seront eux, nous leur devrons les privilèges qu’accordent habituellement les sociétés à ces rouages essentiels : logements protégés, écoles spécifiques pour leurs enfants, priorité dans les spectacles et les magasins, emplois réservés etc…

Certains, pour de très grosses dénonciations, pourront recevoir des rentes à vie.

Vous voyez, rien d’extraordinaire, tout va bien se passer. Nous n’avons aucune inquiétude.

Sauf, peut-être, un manque de personnel pour la masse colossale d’informations que nous allons recueillir à l’occasion de ce formidable mouvement de civisme.

Alors là, pas de problème, nous embaucherons, et, préférentiellement, des miliciens délateurs.

L’avantage sera double, pour nous la certitude de leur mentalité propice à notre activité, pour eux le confort du statut de fonctionnaire de Bercy — avec tous ses passe-droits — que chacun connaît.

Bercy et la France, en créant la milice fiscale, prennent un avantage déterminant sur les autres pays du monde.

Encore une fois, après la Sécurité Sociale que tout le monde nous envie, nous allons nous retrouver en modèle social pour le monde entier.

Messieurs Cazeneuve et Sapin, qui ont eu conjointement cette idée de milice fiscale, n’en souhaitent aucune gloire. Bien au contraire, ils la dédient à la promotion Voltaire, très modestement.

Gageons que les français sauront quand même se souvenir d’eux et, qu’en son temps, ils feront en sorte de leur renvoyer l’ascenseur que cela mérite.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles (3 votes, moyenne : 5,00 sur 5)
Loading...

4 réflexions au sujet de « Bercy invente la milice fiscale »

  1. Bsr, le gouvernement a tant besoin d’argent qu’il est prêt à toutes les manoeuvres pour tondre les contribuables. Délation payée y compris!
    Comme son précédesseur Tonton dans son temps, François cherche à obtenir s

  2. et savez vous qu’il y a des élus a l’assemble nationale qui portent des bracelets électroniques.. coquetteries … pour raison de sante ?
    non plutôt qu’ils on évité d’aller a la santé et que comme aucun élu (ou ancien premier ministre) n’ont besoin d’un casier vide pour occuper des poste politiques pourquoi se priverait t’ont d’avoir quelques fois des condamnations puisque que de toute façon les 3/4 du temps ils ne subissent pas les mêmes peines de justice .
    par contre que le contribuable lambda qui mort de faim a volé un pomme ou des biscuits a carrouf , s’est fait chopper par un vigile et que lorsque le directeur appelle la police , une plainte ou un rappel a la loi lui est signifié et que pour une petite babiole lorsqu’il voudra rentrer comme fonctionnaire on lui dira mais monsieur vous avez un extrait n°2 … lui sera marqué au fer rouge toute sa vie !

  3. MAIS QUAND ON LEUR SIGNALE UN DETOURNEMENT DE FONDS PUBLICS DE PLUSIEURS MILLIARDS ILS NE FONT RIEN !….

    Lettre à Monsieur Pierre MOSCOVICI du 29 janvier 2014
    Objet : PRIME D’AVISEUR DNEF sur le détournement des indemnités de la guerre du Golfe (7 milliards $ en 1991)

    Monsieur le Ministre,

    Vous trouverez, avec la présente, l’ensemble des courriers que j’ai envoyés à vos prédécesseurs depuis juin 1998 au sujet du détournement des indemnités de la guerre du Golfe 1991.
    Une demande de prime d’aviseur a été effectuée le 29 janvier 2001 à Monsieur Laurent FABIUS, ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.
    J’ai effectué de nouveaux rappels de cette demande de prime d’aviseur à Madame Christine LAGARDE le 20 juin 2008, le 14 août 2009 et le 12 mai 2010.
    (…)
    Par ce courrier, je tiens à rappeler ma demande de prime d’aviseur qui se monte à 1% des fonds détournés, et ce que je désire en faire.
    Je souhaite que la prime d’aviseur demandée, près de 73 millions d’euros, soit, dans sa quasi-intégralité, destinée à créer la « Fondation Division Daguet » qui aura pour objectif d’indemniser nos soldats tués, blessés, ou souffrant de divers syndromes comme le syndrome de la guerre du Golfe ou le syndrome psychique post-traumatique.
    (…)
    Pour moi-même, je ne demande que l’équivalent du salaire annuel d’un inspecteur général des finances, en fin de carrière, majoré de 40% pour la mauvaise foi mise à me répondre, ainsi que de 4% par année de retard.
    (…)
    Jean-Charles DUBOC

    http://euroclippers.typepad.fr/alerte_ethique/prime-daviseur/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *