Archives pour la catégorie Zap du Net

Une selection d’articles choisis sur le net par E. Bolling

Transition énergétique allemande: le fantasme fait place à la gueule de bois

En Allemagne mais aussi partout ailleurs, l’enthousiasme écolo béat des dix années passées cède la place à un examen plus rationnel du rapport coût-avantage de chaque énergie et du bien-fondé de la « transition ». Celui-ci est bien plus douteux qu’on pensait…

Une éolienne en Allemagne.

Une éolienne en Allemagne.

« Travail bâclé in Germany ». Voilà à peu près ce que signifie le titre de couverture du tout dernier numéro du Spiegel, le plus puissant hebdomadaire allemand. En arrière-plan, on voit une forêt d’éoliennes cassées et de pylônes électriques déconnectés. Une image évidemment exagérée, mais qui en dit long sur la conscience qu’a aujourd’hui l’opinion allemande de l’échec de l’ »Energiewende », ce basculement énergétique décidé par notre voisin au début du millénaire et radicalement accéléré en 2011 après l’accident de Fukushima, qui avait amené la chancelière allemande, Angela Merkel, à décider la sortie de son pays du nucléaire. Dès 2018, l’Allemagne avait dû admettre que ses objectifs de réduction d’émission de gaz à effet de serre ne seraient pas tenus dans les délais annoncés –elle avait même ouvert de nouvelles mines de charbon… Aujourd’hui, les experts sont en mesure de dresser un bilan des huit premières années de la transition accélérée voulue par Berlin, et il est à peu près désastreux. « Tout le projet est en train de dérailler », écrit le Spiegel.

Exagéré? L’Allemagne a investi depuis 2010 plus de 30 milliards par an dans le basculement et l’on prévoit une facture globale de plus de 500 milliards à l’horizon 2025 –pour partie constituée de subventions et crédits publics, pour le reste financé par les ménages et les entreprises sous forme de hausse de prix. Une étude chiffre même à plus de 3.000 milliards d’euros (oui, 3.000 milliards!) les investissements requis d’ici à 2050, si l’Allemagne persiste dans son intention d’accroissement de la part du solaire et de l’éolien dans son mix énergétique. Des sommes faramineuses. Or, le résultat est spécialement déprimant: malgré les centaines de milliards déjà mis sur la table, les émissions de gaz à effet de serre de l’Allemagne sont au même niveau… qu’en 2009. L’Allemagne s’est certes hérissée d’éoliennes et elle accueille des milliers de km2 de panneaux solaires. Mais beaucoup ne sont pas reliés au système de distribution, ou pas convenablement, faute que le réseau ait suivi. En outre, là où elles sont connectées, ces installations ne couvrent les besoins que de manière intermittente (pas de solaire la nuit, pas de vent quand il ne souffle pas…) ce qui requiert, en complément et faute que le stockage soit rentable ou même possible, des capacités complémentaires souvent fossiles (affreux charbon et horrible lignite en tête). Une bérézina.

sur le web :  https://www.challenges.fr/energie-et-environnement/allemagne-la-gueule-de-bois-de-la-transition-energetique_655346?fbclid=IwAR03EDgGnrHmRG30cT7InhM5vhrJzbZoJpQf3Iwse3jx-D_XsnZHGcn8K-o

COUP DE GUEULE : EN FRANCE ON ACHEVE BIEN LES PAYSANS!

Trouvé sur Face Book.
Un scandale bien français crée par nos nombreuses et diverses administations parasites.

Mathieu Mauriès, 28 mai 2019

Dimanche 26 mai 2019 dans l’émission SEPT A HUIT de TF1 passe un reportage intitulé « Agriculteurs, des cagnottes pour éviter la faillite » dans lequel 5 minutes sont consacrées à mon cas personnel. Mon cas personnel c’est le harcèlement que me fait subir la MSA (la sécurité sociale des agriculteurs) depuis deux ans avec 14 passages au tribunal et une menace de liquidation judiciaire au prétexte que je devrais pour 27 000 € de cotisations pour trois années pendant lesquelles je n’ai eu aucun revenu agricole en raison d’épidémies ayant dévasté mon cheptel. Trois années pendant lesquelles j’étais par ailleurs assuré dans une mutuelle européenne comme l’autorise l’Europe. Après deux ans de lutte judiciaire cette dette qui n’est ni plus ni moins que du vol, de l’extorsion de fond selon la réglementation européenne, a été ramenée à 15 000 €. Mais comment payer des sommes pareilles quand on n’a pas de revenu ?
Ce très court reportage contient dans son commentaire quelques erreurs me concernant (alors non je n’ai pas fait abattre par deux fois mon troupeau). Mais surtout il n’a pas rapporté les origines du désespoir des agriculteurs français que j’ai pourtant largement abordées avec le journaliste au cours de la journée de tournage.
Aussi afin de partager avec vous ce que je pense de cette situation tellement injuste pour un très grand nombre d’agriculteurs, voici un texte que je viens d’écrire sur ce sujet afin de mettre les points sur les i.

Alors que le suicide dévaste nos campagnes, tout le monde le déplore mais personne ne cherche à en résoudre les causes. Elles sont multiples et je vais vous donner aujourd’hui mon point de vue sur ce sujet très douloureux pour moi et pour tant d’autres.

Trois causes principales sont responsables de cette situation intolérable qui conduit aujourd’hui la justice de ce pays à nous traiter comme des criminels alors que nous sommes des Faiseurs de Vie et que nous nourrissons toute la population et entretenons le jardin France : la rémunération de notre travail ou plutôt l’absence de rémunération, la Politique Agricole Commune et la MSA (Mutualité Sociale Agricole).

QUAND TU TRAVAILLES 10 HEURES PAR JOUR 7 JOURS SUR 7 POUR RIEN

Au premier chef, notre travail n’est pas rémunéré à sa juste valeur. Comment être rentable lorsque les prix de nos productions sont les mêmes qu’il y a 30 ans alors que les charges n’ont pas cessé d’augmenter ? La plupart d’entre nous vendent à perte. Nous sommes soumis au marché mondial mais avec des règles administratives françaises toujours plus lourdes et contraignantes, que ne connaissent pas nos concurrents.
L’agneau de Nouvelle Zélande se retrouve à 6 € le kilo dans les supermarchés. Si je le vends à 15 € le kilo chez moi, je couvre à peine mes charges. Pour sortir un petit salaire il faudrait que je vende ma viande d’agneau à 30 € le kilo, qui me l’achèterait aujourd’hui ? Personne. Je ne gagne pas d’argent mais les 67 000 € de charges diverses et variées que j’ai payées en 2018, elles, font vivre beaucoup de monde dont un bon paquet d’administratifs ! Ce n’est pas parce que l’on ne gagne pas d’argent que l’on n’est pas très productif et que l’on n’enrichit pas la nation.

AU ROYAUME DES TECHNOCRATES, LA POLITIQUE AGRICOLE COMMUNE

Les aides apportées par la Politique Agricole Commune, la fameuse PAC, ne sont pas des cadeaux faits aux agriculteurs. Ces aides visent à compenser les bas prix qui nous sont imposés par le marché et les politiciens. En réalité elles sont maintenant loin de couvrir le différentiel. Qui plus est nous n’avons plus aucune visibilité sur les dites aides. Que va-t-on recevoir ? Quand vont-elles être versées ? On ne sait plus. Pire les services de l’état vont jusqu’à nous demander de les rembourser pour d’obscurs prétextes. Le cas des aides dues aux agriculteurs bio en est un parfait exemple. En 2019 ils attendent toujours le versement des aides de 2016, 2017 et 2018. L’état français n’est pas avare de promesses quand il s’agit de la PAC, pourtant son désengagement fait sombrer bon nombre de fermes et en l’occurrence les plus vertueuses.
Demain il va rester 200 000 agriculteurs en France. 0,3 % de la population pour nourrir 99,7 % des Français. Tous les voyants sont au rouge. Et tout le monde s’en fout.

LES CONTROLES OU LE REGNE DE LA TERREUR

En France un agriculteur peut être contrôlé dans son activité sur 24 domaines différents par 12 entités administratives différentes : DDTM, DDSCPP, ASP, DRAF, MSA, DIRECCTE, ONEMA, ONCFS, DGFIP, AUTORITE COMPETENTE, DGCCRF et les DOUANES. Nous sommes la profession la plus surveillée et la plus contrôlée.

A chacun de ces contrôles sont prévues des sanctions financières, administratives et judiciaires en cas de manquements (Source : Le guide des droits et devoirs en situation de contrôle – Confédération Paysanne). Comment échapper à un tel arsenal répressif ?

Une récente ordonnance du gouvernement Macron augmente la répression et la criminalisation des agriculteurs.
Alors que le climat est particulièrement entre contrôleurs et contrôlés, le gouvernement choisit de jeter de l’huile sur le feu via une ordonnance renforçant de manière démesurée les pouvoirs des agents du ministère de l’Agriculture chargés des différents contrôles dans le secteur agricole.
Ainsi, si auparavant les contrôleurs pouvaient demander la remise d’une copie de tout document professionnel utile à leur mission de contrôle, cette compétence sera désormais étendue aux documents de toute nature, professionnels ou non, quelle que soit la personne les possédant, du moment que ces éléments seront jugés « nécessaires aux contrôles » par le contrôleur. La séparation entre la sphère privée et la sphère professionnelle pourra donc maintenant être complètement ignorée lors des contrôles.
De plus, les prérogatives des contrôleurs sont également fortement renforcées à l’égard des tiers. Alors qu’auparavant il était simplement indiqué dans les textes de loi qu’ils pouvaient « recueillir les observations de toute personne présente », ils seront, grâce à cette ordonnance, en mesure de convoquer et d’auditionner toute personne « susceptible d’apporter des éléments utiles à leurs constatations ».
Ces formulations particulièrement larges laissent ainsi craindre une énième détérioration des relations entre contrôleurs et contrôlés et risquent de rallonger et complexifier les contrôles. On ne peut que profondément déplorer la prise d’une telle ordonnance par le gouvernement qui prouve par ailleurs une nouvelle fois sa méconnaissance du malaise grandissant des agriculteurs se sentant fréquemment traités tels des criminels lors de ces contrôles.

L’ANTI SECURITE SOCIALE DES AGRICULTEURS : LA MSA

Enfin la MSA (Mutualité Sociale Agricole) la sécurité sociale des agriculteurs termine de nous anéantir (Mort Suicide Agonie serait une bien meilleure définition de ce sigle) avec des prélèvements totalement disproportionnés par rapport à nos revenus. La MSA exige des cotisations, de plusieurs milliers d’euro, même lorsque l’agriculteur n’a aucun revenu. Comment les payer quand on n’a pas d’argent pour les raisons précédemment citées ? Ce n’est pas parce que nous n’avons pas de revenu que nous ne sommes pas très productifs. Et nous le sommes, à travailler 7 jours sur 7 pour les éleveurs en particulier, sans compter nos heures, sans jours de repos, sans week end, sans vacances, sans jours féries et sans revenu. Nous sommes d’utilité publique, nous vous nourrissons trois fois par jour et nous mourrons les uns après les autres.

Lorsqu’un agriculteur ne peut pas payer les cotisations de la MSA s’enclenche alors un processus totalement dénué d’humanité : harcèlement téléphonique, menaces, huissiers, contraintes, mises en demeure, pénalités s’ajoutant aux sommes dues, passages au tribunal, et au final liquidation judiciaire qui anéantira toute la famille et sa ferme. J’en suis ce jour à 14 passages au tribunal grâce à la MSA Alpes Vaucluse (TGI Toulouse, TASS Toulouse, TGI Saint Gaudens). Une source de stress immense qui m’a déjà conduit deux fois aux urgences dans un état suicidaire. Quand je vais chercher mon courrier chaque jour j’ai une boule au ventre. Je suis rongé par l’angoisse permanente de perdre ma ferme pour une somme en définitive dérisoire. Le harcèlement de la MSA ne me laisse aucun répit et cela a des répercussions très négatives sur la qualité même de mon travail et ma santé comme sur le bien être de mes animaux.

QUAND LA MSA SOUS TRAITE LE SUICIDE DES AGRICULTEURS

Alors que le suicide ravage les campagnes, la MSA a mis en place un service d’écoute pour les agriculteurs en situation de détresse extrême. Un numéro vert le 09 50 83 15 18 … Quand tu appelles ce numéro tu tombes sur un standard et ensuite un message d’attente en Français et en Anglais !!!! Oui un message en Anglais, on croît rêver, tu es au bord du suicide et on te balance un message en Anglais. J’ai appelé ce numéro d’urgence pour un ami. Je suis tombé sur un standard après de longues minutes d’attente. Il a fallu que je m’énerve vraiment pour avoir accès à un thérapeute qui m’a expliqué qu’il ne pouvait rien faire pour mon ami car c’est lui-même qui devait les contacter. C’est sûr tu es au bout du rouleau, tu as passé un corde sur la poutre et il faut encore que tu fasses un dernier effort avant de te pendre … mais de qui se moque-t-on ? J’ai insisté lourdement en demandant que la MSA soit prévenue de cette situation dramatique et là, surprise totale, le thérapeute m’explique qu’ils n’ont strictement aucun rapport avec la MSA et qu’ils ne peuvent faire remonter aucune information à la putain de MSA ! De la sous-traitance pure et simple. La MSA n’en a rien à faire des agriculteurs qui se suicident, voilà la réalité. Quant aux statistiques du suicide des agriculteurs, cela fait des années qu’il y a un agriculteur qui se suicide tous les deux jours, des années ? Alors que nos situations n’ont de cesse de se dégrader. Mais curieusement la MSA ne donne aucun chiffre récent … Bien évidemment la situation est bien pire et il ne faut surtout pas le dire.

Dans les situations dramatiques que nous vivons, la MSA nous pousse au suicide sans le moindre scrupule, elle nous broie. Elle m’a broyé et envoyé deux fois aux urgences. La MSA qui affiche comme je viens de le dire des mesures de soutien aux agriculteurs en difficulté est l’exemple même du pompier pyromane. Ces mesures ne sont qu’un sparadrap sur une jambe de bois. Elle n’améliore en aucune façon nos vies. Au mieux nous voyons nous accorder un échéancier pour payer, encore payer, toujours payer en contre partie de services d’une rare médiocrité. Mieux vaut ne pas avoir besoin de changer ses lunettes ou d’aller chez le dentiste. Et ne parlons même pas des retraites misérables de nos anciens contraints de vivre dans des conditions indignes après une vie de labeur à nourrir les Français. Ce qui par contre est loin d’être le cas pour tout le personnel salarié de cette même MSA …

La MSA ne nous laisse même pas de quoi manger. Elle saisit les comptes bancaires nous laissant sans rien. Et si nous demandons le RSA, d’une main elle le donne, de l’autre main elle le reprend sous forme de cotisations obligatoires, dans les 3000 € par an.

Dans un contexte totalement dramatique pour les agriculteurs, la MSA nous achève au nom de la solidarité nationale. Solidarité ? Vous avez dit solidarité ? Où ça ? Quand ? Comment ?

Les cagnottes qui apparaissent dans le monde paysan sont le signe d’une nouvelle solidarité entre Paysans et Citoyens. Je ne remercierai jamais assez Valérie, celle qui a mis en place une cagnotte pour moi. Et que dire de tous les contributeurs, hommes et femmes de tout horizons qui m’ont ému jusqu’aux larmes avec leurs encouragements et leurs dons financiers.

Je suis partagé entre la honte et l’émotion. Que dire de plus ? MERCI à vous tous.

Les agriculteurs ne se suicident pas, ils sont assassinés. Citoyens, nous avons besoin de votre soutien. NE RENTREZ PLUS DANS LES SUPERMARCHES. Achetez local, en direct auprès des producteurs, achetez BIO autant que peu se faire. C’est l’Avenir de vos enfants qui est en jeu.

Mathieu Mauriès, 28 mai 2019

On peut trouver un certain parallèle entre les paysans poussés à la faillite et au suicide et les contribuables décrétés « FRAUDEURS » par un dicktat de Bercy, ruinés eux et leurs familles pour les piller.
Pour le Bien Commun.

 

La « fabuleuse » retraite d’une Française au Portugal

Entre avantages fiscaux et soleil, la vie est belle pour nos seniors installés chez notre voisin. Témoignage d’une d’entre eux.
De notre envoyée spécial à Lisbonne, 

Publié le 20/05/2019 à 17:00 | Le Point.fr
Christine Joy et son epoux sillonnent durant dix jours un pays qu'ils ne connaissent pas du tout pour chercher un point de chute.Ce sera finalement la banlieue de Lisbonne, a 20 minutes, en train, du centre de la capitale.
Christine Joy et son époux sillonnent durant dix jours un pays qu’ils ne connaissent pas du tout pour chercher un point de chute.Ce sera finalement la banlieue de Lisbonne, à 20 minutes, en train, du centre de la capitale.

© Ferreira Monteiro/4SEE/REA / Ferreira Monteiro/4SEE/REA pour

La « fabuleuse » seconde vie de Christine Joy, sexagénaire d’origine iséroise, a débuté il y a trois ans grâce à un reportage télé. Elle prend alors connaissance d’une « histoire » qui se déroule au Portugal ; dans son petit écran, des retraités français, comme elle, racontent leur installation chez ce voisin européen et exposent leurs motivations. C’est assez simple : c’est pour payer moins d’impôts. À ce moment-là, Christine Joy, ancienne cheffe d’entreprise dans la construction mécanique – jusqu’à 48 salariés sous sa responsabilité –, est elle aussi irritée par les impôts qu’on lui réclame, bien trop, selon elle, par rapport à sa pension de retraite. Alors, elle est tout ouïe devant sa télé. « J’ai découvert en voyant ce reportage que ce pays propose des avantages fiscaux pour les retraités. Cela a fait tilt », nous raconte-t-elle aujourd’hui.

AVANT QUE BIG BROTHER NE DEVIENNE BIG BERCY…

Un de nos plus fidèle lecteur nous a fait parvenir cet article du Monde sur l’enfance du BIG BROTHER français.
A son adolescence celui-ci il s’est transformé en BIG BERCY, outil parfait d’asservissement du citoyen. Que nous nous connaissons bien.
E.Bolling

Révélations sur le Big Brother français

Enquête. La DGSE collecte et stocke l’ensemble des mails, SMS, relevés d’appels téléphoniques, accès à Facebook, Twitter…, en dehors de tout contrôle.

Par Jacques Follorou et Franck Johannès Publié le 04 juillet 2013 

Comment la Direction générale de la sécurité extérieure espionne.
Comment la Direction générale de la sécurité extérieure espionne.

Si les révélations sur le programme d’espionnage américain Prism ont provoqué un concert d’indignation en Europe, la France, elle, n’a que faiblement protesté. Pour deux excellentes raisons : Paris était déjà au courant. Et fait la même chose.

Le Monde est en mesure de révéler que la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE, les services spéciaux) collecte systématiquement les signaux électromagnétiques émis par les ordinateurs ou les téléphones en France, tout comme les flux entre les Français et l’étranger : la totalité de nos communications sont espionnées. L’ensemble des mails, des SMS, des relevés d’appels téléphoniques, des accès à Facebook, Twitter, sont ensuite stockés pendant des années.

Si cette immense base de données n’était utilisée que par la DGSE qui n’officie que hors des frontières françaises, l’affaire serait déjà illégale. Mais les six autres services de renseignement, dont la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), les douanes ou Tracfin, le service de lutte contre le blanchiment, y puisent quotidiennement les données qui les intéressent. En toute discrétion, en marge de la légalité et hors de tout contrôle sérieux. Les politiques le savent parfaitement, mais le secret est la règle.

> Lire aussi : « Tous les services de renseignement occidentaux s’espionnent »

  • Un dispositif clandestin

Ce Big Brother français, petit frère des services américains, est clandestin. Pourtant, son existence figure discrètement dans des documents parlementaires. Les huit députés et sénateurs de la délégation parlementaire au renseignement rappellent, dans leur rapport du 30 avril, que « depuis 2008, des progrès ont été réalisés en matière de mutualisation des capacités, notamment en ce qui concerne le renseignement d’origine électromagnétique, opéré par la DGSE au profit de l’ensemble de la communauté du renseignement ».

Les parlementaires proposent même d’aller plus loin, de « renforcer les capacités exploitées par la DGSE » et de « consolider l’accès des autres services aux capacités mutualisées de la DGSE ».

  • La cible : les « métadonnées »

Les services de renseignement cherchent non pas le contenu des messages, mais leur contenant. Il est plus intéressant de savoir qui parle et à qui que d’enregistrer ce que disent les gens. Plus que les écoutes, ce sont ces données techniques, les « métadonnées », qu’il s’agit d’éplucher.

La DGSE collecte ainsi les relevés téléphoniques de millions d’abonnés – l’identifiant des appelants et des appelés, le lieu, la date, la durée, le poids du message. Même chose pour les mails (avec possibilité de lire l’objet du courrier), les SMS, les fax… Et toute l’activité Internet, qui passe par Google, Facebook, Microsoft, Apple, Yahoo!… C’est ce que la délégation parlementaire au renseignement appelle très justement « le renseignement d’origine électromagnétique » (ROEM), traduction du Sigint (signal intelligence) de la NSA.

Ces métadonnées permettent de dessiner d’immenses graphes de liaisons entre personnes à partir de leur activité numérique, et ce depuis des années. De dessiner une sorte de journal intime de l’activité de chacun, tant sur son téléphone que sur son ordinateur. A charge ensuite pour les services de renseignement, lorsqu’un groupe intéressant a été identifié, d’utiliser des techniques plus intrusives, comme les écoutes ou les filatures.

  • Un supercalculateur boulevard Mortier

Le dispositif est évidemment précieux pour lutter contre le terrorisme. Mais il permet d’espionner n’importe qui, n’importe quand. La DGSE collecte ainsi des milliards de milliards de données, compressées et stockées, à Paris, sur trois niveaux, boulevard Mortier, dans les sous-sols du siège de la DGSE.

Le directeur technique de la DGSE depuis 2006, Bernard Barbier, a évoqué le dispositif en public à deux reprises, en 2010, lors du Symposium sur la sécurité des technologies de l’information et des communications, puis devant l’Association des réservistes du chiffre et de la sécurité de l’information, des propos rapportés sur de rares sites spécialisés, dont Bug Brother, le blog de Jean-Marc Manach hébergé par Le Monde.

Bernard Barbier a alors parlé du « développement d’un calculateur à base de FPGA » (des circuits logiques programmables), qui est « probablement le plus gros centre informatique d’Europe après les Anglais », capable de gérer des dizaines de pétaoctets de données, – c’est-à-dire des dizaines de millions de gigaoctets. La chaleur dégagée par les ordinateurs suffit à chauffer les bâtiments de la DGSE…

La France est dans le top 5 en matière de capacité informatique, derrière les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, Israël et la Chine. M. Barbier estimait à 4 milliards le nombre d’objets connectés en 2013, avec un débit de l’ordre de 1 milliard de communications simultanées. « Aujourd’hui, nos cibles sont les réseaux du grand public, indiquait le directeur, parce qu’utilisés par les terroristes. »

La DGSE, à la tête de « la plus forte équipe de crypto-mathématiciens »de France, pénètre les systèmes informatiques – et collecte évidemment des millions de données personnelles.

  • Un renseignement « mutualisé »

Les autres services de renseignement français ont accès en toute discrétion à cette gigantesque base de données, sobrement baptisée « infrastructure de mutualisation ». Il s’agit de la direction du renseignement militaire (DRM), la direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD), la direction centrale de la sécurité intérieure (DCRI), la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), de Tracfin et même du petit service de renseignement de la préfecture de police de Paris.

Selon le Sénat, 80 % des moyens de la direction technique de la DGSE sont utilisés par ces autres services. Chacun donne le nom de la cible visée à son interlocuteur de la DGSE, qui répond « hit »(touché) ou « no hit » selon qu’elle figure ou non dans la base de données. Puis les services de la DGSE rendent intelligibles les métadonnées, en y ajoutant du renseignement classique.

Les demandes de consultations sont loin de se limiter au seul terrorisme ou à la défense du patrimoine économique. Le libellé très flou de la protection de la sécurité nationale permet notamment d’identifier les entourages de personnalités au plus haut niveau de l’Etat, quelles que soient leur qualité et la nature des liens espionnés.

  • Absence de contrôle

Le dispositif est parfaitement illégal – « a-légal », corrige l’un des patrons d’une des agences de renseignement. « Le régime juridique des interceptions de sécurité interdit la mise en œuvre par les services de renseignement, d’une procédure telle que Prism, assure la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL).Chaque demande de réquisition de données ou d’interception est ciblée et ne peut pas être réalisée de manière massive, aussi quantitativement que temporellement. De telles pratiques ne seraient donc pas fondées légalement. » La CNIL ne peut infirmer ou confirmer l’existence du système français – elle n’a d’ailleurs pas accès aux fichiers de la DGSE ou de la DCRI.

La loi encadre certes strictement les interceptions de sécurité, autorisées par le premier ministre, sur avis de la Commission nationale consultative des interceptions de sécurité (CNCIS), mais n’a en rien prévu un stockage massif de données techniques par les services secrets. « Voilà des années que nous sommes dans l’autorisation virtuelle, confie l’un des anciens patrons des services. Et chaque agence se satisfait bien de cette liberté permise grâce au flou juridique qui existe autour de la métadonnée. »

Un parlementaire confirme « qu’une grande part des connexions électroniques en France est effectivement interceptée et stockée par la DGSE ». Mais officiellement, « l’infrastructure de mutualisation »n’existe pas.

Je vous conseille toujours vivement de lire « 1984 » de George Orwell.
Un homme averti en vaut deux…

Sur le web: https://www.lemonde.fr/societe/article/2013/07/04/revelations-sur-le-big-brother-francais_3441973_3224.html