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Une selection d’articles choisis sur le net par E. Bolling

Contrôles fiscaux 2019 : le jackpot à 12 milliards pour l’État par Guillaume Maquinay.

La perte d’efficacité, de temps, d’argent, d’un dispositif si complexe doit être bien supérieure à ces 12 milliards d’euros.

L’État récolte 12 milliards d’euros suite aux contrôles fiscaux des particuliers et des entreprises pour l’année 2019, soit 50 % de plus qu’en 2018. Faut-il se féliciter de cette nouvelle ? La réponse est non.

Premièrement, on parle systématiquement de lutte contre la « fraude ». C’est partir du principe que le contrôlé, personne morale ou physique est de mauvaise foi et qu’il est forcément coupable.

Or en droit fiscal la charge de la preuve est renversée : une fois le contrôle effectué, c’est à vous de prouver l’absence de fondement, la contestation de tout ou partie du contrôle. Ce mécanisme ne constitue pas la norme dans la législation française et crée un profond rapport d’inégalité entre l’administration et le contrôlé.

Ainsi, pour contester le jugement qui suit le contrôle, il vous faudra quand même payer les pénalités, engager des procédures très longues, payer les frais juridiques et en face… c’est l’État.

Face à un arsenal légal ultra complexe, une administration fiscale surpuissante, ce chiffre de 12 milliards parait alors bien faible !

LE CODE DES IMPÔTS EN QUESTION

Il est même insuffisant selon la Cour des comptes, qui souligne une inefficacité du dispositif de contrôle, sans toutefois admettre l’évidence : le Code des impôts est d’une complexité ahurissante.

Il ne suit pas un ordre précis, faisant l’objet de modifications très fréquentes. D’autres annexes ont été créées séparément pour ne pas alourdir ce manuel de milliers d’articles. Cela fait 20 ans qu’il est censé être réformé, cela ne semble toujours pas être une priorité aujourd’hui. La perte d’efficacité, de temps, d’argent, d’un dispositif si complexe doit être bien supérieure à ces 12 milliards d’euros.

Une modification à apporter serait d’évoquer l’erreur fiscale plutôt que la fraude. De responsabiliser le contribuable et d’intégrer la complexité des règles en cas de contrôle, avec la différence entre omission et volonté manifeste de frauder.

Une deuxième réflexion : pourquoi le législateur est également celui qui contrôle ? Celui qui établit les règles, les modifie, maîtrise au plus proche le guide des impôts, est en rapport de domination évidente en cas de contrôle.

( voir: https://www.temoignagefiscal.com/le-tribunal-administratif-linquisition-au-service-du-fisc/)

 Considérablement simplifier le Code des impôts puis confier le contrôle à des organismes extérieurs ne serait-il pas plus efficace, un peu comme les commissaires aux comptes ? La sanction serait toujours présente, également un accompagnement du contribuable plus prégnant, avec une optimisation du temps et de l’argent de chacun par rapport à ce que nous connaissons aujourd’hui. Avec ce risque que ces 12 milliards d’euros soient toujours perçus comme une rente d’État, vers la volonté d’aller chercher toujours plus.

sur le web:

Contrôles fiscaux 2019 : le jackpot à 12 milliards pour l’État

Racisme, esclavage, colonies : et si on revenait à la vérité historique ? par Yves Montenay

Si le problème autour de la question noire est très réel aux États-Unis, ce n’est pas une raison pour inventer une fausse histoire du monde.

À partir du meurtre d’un Noir américain par un policier blanc aux États-Unis, une déferlante a gagné le monde entier. Or si le problème noir est très réel aux États-Unis, ce n’est pas une raison pour inventer une fausse histoire du monde.

Certains utilisent ce problème américain pour semer la haine et détruire les relations entre l’Europe et l’Afrique, au détriment de cette dernière à qui l’on répète que ses problèmes de développement économique et humain sont dus à l’esclavage et à la colonisation.

Allons bon, direz-vous, voilà un suprémaciste blanc qui veut nier l’évidence !

Pas du tout. Un peu de chronologie paraît nécessaire pour revenir à la vérité historique.

RACE ET ESCLAVAGE, LA CHRONOLOGIE

Dans l’Antiquité, l’esclavage était général dans l’empire romain, chez les Grecs et ailleurs. Il ne concernait que les Blancs, seuls habitants de ces régions. Je mets de côté l’Égypte pharaonique puis grecque et romaine, qui était au contact des populations noires dans son extrême sud.

Au Moyen Âge l’esclavage a disparu en Europe occidentale.

En Afrique subsaharienne esclavagistes et esclaves étaient noirs, avant comme après l’arrivée des Européens dans les comptoirs africains, tout simplement parce qu’il n’y avait pas de population blanche.

Dans l’empire ottoman, qui comprenait l’Algérie mais pas le Maroc, les esclaves étaient européens et subsahariens.

De même au Maroc, dans la péninsule arabique, et j’en oublie.

Les Blancs étaient des prisonniers de guerre (principalement pris par les Turcs en Europe orientale et dans le Caucase) ou des populations civiles razziées (principalement sur les côtes espagnoles, françaises et italiennes par les pirates  barbaresques maghrébins).

Les Noirs étaient dans un premier temps achetés par les marchands arabes aux Africains en échange des biens manufacturés. Puis, au fur et à mesure des progrès arabes en armement, ces échanges devinrent des razzias de populations entières et certaines populations africaines étaient en cours de disparition à l’arrivée des armées coloniales. À ce sujet vous pouvez vous reporter à l’étude d’Olivier Pétré-Grenouilleau : La traite oubliée des négriers musulmans.

Plus tard, au XVIIIe et XIXe siècle les reculs des armées musulmanes, notamment turques, en Europe et en Asie occidentale et centrale tarirent la source d’esclaves blancs dans le monde musulman, où le mot arabe pour esclaves se confondit avec le mot noir, comme le rappelle Alban Dignat dans Des origines au XXe siècle L’esclavage en Afrique.

REVENONS CHEZ LES CHRÉTIENS

Quand les Européens ont commencé à occuper les Amériques, ils ont entrepris une colonisation agricole et ont réduit les Indiens en esclavage. Mais Charles Quint en 1526, puis le pape en 1537, le leur a très vite interdit (Controverse de Valladolid).

Les nouveaux propriétaires fonciers se sont alors tournés vers le marché aux esclaves existant en Afrique subsaharienne et en ont acheté aux autorités locales. Ces propriétaires des deux Amériques étaient en très grande majorité des Blancs, mais certains étaient Africains ou mulâtres.

En Afrique, pour les Européens, cette époque était non pas celle de la colonisation, qui date de la fin du XIXe siècle, mais des comptoirs. Les premiers datent de la Renaissance et se sont installés avec l’accord de l’autorité africaine locale. C’étaient des lieux de commerce où étaient échangés les produits européens et les produits africains, dont les esclaves.

Quand les Européens ont colonisé l’Afrique à la fin du XIXe siècle, ils avaient aboli l’esclavage dans leurs colonies américaines et l’ont donc aboli également en Afrique.

Ainsi prirent fin la traite intérieure (entre Africains) et la traite génocidaire arabe, bien décrite par l’anthropologue sénégalais Tidiane N’Diaye.

La traite arabe perdit aussi ses débouchés en Afrique du Nord avec l’arrivée des Français.

C’est au Maroc que l’esclavage a disparu le plus tardivement (en 1922) puisque les Français n’ont vraiment administré le pays qu’à partir de 1919 du fait de la guerre, même si le début du protectorat date de 1911.

Donc grâce à la colonisation européenne en Afrique et à la guerre civile américaine, qui se termine en 1865, l’histoire de l’esclavage se termine. À chacun d’apprécier si, cinq à sept générations plus tard, cela détermine encore les trajectoires professionnelles et familiales.

DE L’ESCLAVAGE AU RACISME, UN PHÉNOMÈNE AMÉRICAIN

Il y eut toutefois une exception importante : le sud des États-Unis.

À contre-courant de l’évolution intellectuelle en Europe, illustrée notamment par Montesquieu, les États-Unis institutionnalisent le racisme sur tout leur territoire, notamment avec la loi de « naturalisation » du 26 mars 1790, qui la réservait aux Blancs.

C’est en 1865 que le gouvernement américain supprime l’esclavage. Le Sud fait sécession. Il est battu en 1865 et l’esclavage y est alors supprimé.

Mais les États-Unis étant un pays très décentralisé (États, municipalités…) beaucoup d’autorités locales mirent en place des politiques racistes qui ont considérablement réduit les droits des Noirs, y compris sur le plan électoral.

Ces politiques ségrégationnistes ont été démantelées depuis plus de 50 ans, mais leur souvenir est resté et certaines mentalités « blanches » en sont encore imprégnées. Remarquons qu’il ne s’agit plus de l’esclavage, même s’il existe une évidente continuité historique.

C’est dans ce contexte que le déboulonnage des statues d’hommes politiques vivant à l’époque de l’esclavage se répand aux États-Unis, dont une statue de Louis XVI. Ce dernier est pourtant l’acteur principal de l’indépendance américaine avec la création d’une flotte qui a permis de neutraliser celle de la Grande-Bretagne, notamment à Chesapeake, permettant aux Américains et à Lafayette leur victoire sur terre.

ON SE FOCALISE AUJOURD’HUI SUR LES DIFFÉRENCES SOCIALES

Les statistiques montrent en effet un très réel retard économique et scolaire de la population noire américaine.

Une parenthèse pour dire que jusqu’à récemment, était considérée comme noire toute personne « ayant une goutte de sang noir ». La définition a changé et le président Obama a fait savoir qu’il avait coché la case du recensement « origine mixte ».

Mais quel est le lien entre ce retard économique et scolaire et le racisme au sens courant du terme ?

Une partie de la différence raciale ainsi statistiquement apparente s’explique par la proportion élevée des mères célibataires dans la population noire (55 %), avec leur conséquence sur les revenus et les difficultés d’éducation des enfants.

On peut discuter à l’infini de l’origine esclavagiste de cette différence, et des mesures à prendre pour la faire disparaître, en gardant à l’esprit que des allocations préférentielles peuvent générer des effets pervers : par exemple, cela a eu pour conséquence imprévue de faire des mères célibataires la cible de séducteurs parasites, ce qui n’arrange pas leur situation.

Et puis, une corrélation statistique ne dit rien de plus que ce qu’elle indique.

Les mères célibataires blanches sont plus nombreuses que les noires (7, 5 millions contre 3,4), même si elles forment une partie plus faible de la population blanche (14,6 % contre 55,5 % chez les femmes noires). Voir à ce sujet l’étude sur les Familles monoparentales aux États-Unis de Sylviane Diouf-Kamara.

Et leurs problèmes sont également graves bien que non raciaux, ce qui affaiblit le lien de cause à effet entre la race et leur situation.

Enfin le phénomène n’est devenu massif que dans la deuxième moitié du XXe siècle, donc longtemps après la fin de l’esclavage.

Cette histoire américaine est très loin des généralités sur l’esclavage ou le colonialisme, surtout quand elles visent la France ou la Grande-Bretagne pour leurs actions en Afrique.

POLICE ET RACISME

En France, comme aux États-Unis, la police est pluri-ethnique. C’est une promotion sociale d’y entrer. Dans les colonies anglaises et françaises, c’était également le cas, comme pour l’armée.

Bien sûr, les policiers ne sont pas des anges, comme dans beaucoup d’autres professions. Leur métier comprend l’usage de la force, comme d’autres métiers comprennent l’usage de l’argent et il y a dans les deux cas des dérapages dont la justice est saisie. Là aussi on peut tirer des corrélations mais qui ne disent pas où est la cause et où est l’effet.

Plusieurs solutions ont été envisagées. La plus simple est que toute interpellation soit automatiquement filmée. On a également envisagé de donner « un reçu » de contrôle policier des papiers pour éviter leur multiplication « au faciès »… mais qui suppose un nouveau contrôle pour être certain qu’il n’a pas été passé à un copain…

Les manifestants voudraient peser pour cela sur le pouvoir politique. Mais dans un État de droit, ce n’est pas le politique qui rend la justice. C’est au juge de dire si tel policier est abusivement violent, ou raciste.

N’oublions pas qu’en Afrique la brutalité policière est beaucoup plus répandue qu’en France, ainsi que la corruption et l’extorsion de fonds, notamment aux automobilistes. Donc, s’il y avait des statistiques locales et si on utilisait là aussi les corrélations, la police française croulerait sous les félicitations de la population africaine !

ET LA COLONISATION ?

L’Afrique est en effet un continent où la violence dans certains États est infiniment plus grande qu’en Europe et en Amérique du Nord, alors que l’ordre public était bien plus calme à l’époque coloniale. Et ceux qui disent que c’était à cause d’une pression policière et militaire ne savent visiblement pas que la police et l’armée étaient alors largement indigènes.

Un livre fondateur pour ceux qui s’intéressent aux grandes synthèses anglo-saxonnes est Civilization, the West and the Rest (La civilisation, l’Occident et le reste du monde) de Niall Ferguson. Auteur qui par ailleurs est marié avec Ayaan Hirsi Ali, réfugiée aux États-Unis après les menaces islamistes reçues aux Pays-Bas, où elle était députée.

L’auteur raille la classe intellectuelle qui affirme que tous les malheurs du monde sont le fruit du colonialisme disparu depuis plus d’un demi-siècle, colonialisme devenu un alibi commode pour les pires dictateurs. Sa position rappelle celle de Raymond Aron pendant la guerre froide.

Il estime que la civilisation occidentale a un bilan globalement très positif pour l’ensemble du monde. Notamment en ayant apporté, ou tenter d’apporter, « la propriété et l’État de droit », donc la prospérité en économie (voir l’Asie de l’Est et du Sud-Est), et la médecine dans le domaine scientifique.

Par ailleurs, les métropoles ex coloniales sont généreuses, ayant accueilli tous les réfugiés « indigènes » même ceux qui avait pris les armes contre elles avant d’être purgés par ceux qu’ils avaient aidés à prendre le pouvoir.

Enfin, avant d’attaquer les sociétés occidentales, on pourrait, par exemple se souvenir de la mise en esclavage actuelle par les Libyens des migrants subsahariens ou moyen orientaux qui transitent par ce pays.

LA FRANCE CONTAMINÉE PAR LES ÉTATS-UNIS

Comme souvent, les modes américaines sont saisies avec empressement par une partie des intellectuels français.

On a exigé le déplacement d’une statue de Colbert, notamment parce qu’il a été un des rédacteurs du « code noir » qui réglementait les rapport maître/esclave pour éviter les pires abus… ce qui illustre aux yeux des « décoloniaux » qu’il connaissait le système et ne s’y opposait pas.

Devra-t-on aussi déboulonner les statues de Socrate ou de Cicéron qui, eux, avaient des esclaves chez eux et non dans des îles lointaines ?

L’œuvre de Colbert, dont je ne suis pas un admirateur, a été par ailleurs très importante et il mérite amplement sa statue. Le problème pourrait se résumer à quelques lignes sur le socle de la statue décrivant les aspects positifs ou non de son œuvre.

MAIS LES INTELLECTUELS ARRIVENT PARFOIS À INFLUENCER LES GOUVERNANTS

Ainsi, la loi Taubira du 10 mai 2001 a fait de la traite européenne, et elle seule, un crime contre l’humanité, et son anniversaire est devenu une « Journée de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions », réinjectant dans les esprits des drames qui ne correspondent plus aux situations sociales d’aujourd’hui, mais permettant à certains d’utiliser la corde sensible de la victimisation.

Pourtant, la France n’a eu aucun rôle moteur dans cette histoire universelle.

Depuis, se sont multipliées les manifestations d’une pensée « décoloniale » ou « indigéniste » au vocabulaire marxiste.

On voit ressurgir le vocabulaire de la race dans le milieu universitaire et chez les jeunes.

Le groupe le plus en vue dans ce domaine est le Parti des indigènes de la République (PIR) qui proclame « le racial d’abord ».

En filigrane, il y a la conviction que la France a construit sa richesse sur son empire colonial et la division raciale. C’était la vieille conviction de Lénine, qui a poussé les partis communistes locaux à agir pour l’indépendance des colonies, pensant que la France et la Grande-Bretagne s’effondreraient. Ce qui n’est pas arrivé et montre l’incompréhension communiste du système de développement libéral.

COMBATTRE « LE PRIVILÈGE BLANC »

Sans faire de Piketty un marxiste au sens précis du terme, remarquons cette obsession du colonialisme dans sa tribune dans Le Monde du 13 juin 2020 : « La vague de mobilisation contre le racisme pose une question cruciale : celle des réparations face à un passé colonial et esclavagiste qui décidément ne passe pas ».

Même obsession chez Françoise Vergès qui, dans son ouvrage Un féminisme décolonial estime que les féministes occidentaux n’ont pas tenu compte du racisme dans l’oppression des femmes et cherchent à imposer aux femmes du Sud un mode de vie occidental.

La confusion avec le problème américain est manifeste dans Le Monde de 12 juin : « Avec le mouvement Black Lives Matter, le Royaume-Uni et la Belgique s’interrogent sur leur passé colonial ».

La synthèse de ces mouvements et analyses peut être résumée par la formule : « le privilège blanc », qu’il faut évidemment combattre.

Bref, suivez la mode, repentez-vous, bien que vous-même et la quasi-totalité de vos ascendants lointains n’y soient pour rien.

Pour Sartre, être anticommuniste c’était « être un salaud », aujourd’hui parler de l’époque coloniale comme étant un objet historique à étudier, c’est être « un réactionnaire blanc » à faire taire.

Rien ne pourrait faire plus plaisir aux dictateurs africains pour faire oublier leur police politique, leur violence et les catastrophes économiques et sociales qu’ils ont suscitées !

LE NOYAUTAGE DES UNIVERSITÉS FRANÇAISES

Aux États-Unis il y a maintenant quelques décennies que des groupes d’étudiants réussissent à faire renvoyer des enseignants pour avoir tenu des propos non acceptés par telle ou telle minorité raciale, sexuelle ou politique.

Le mouvement gagne des universités françaises.

En 2016 se lancèrent les groupes en « non-mixité racisée » de Paris VIII.

En 2017 les ateliers de même étiquette ont été organisés par le syndicat d’enseignants Sud éducation 93, et dénoncés par Jean-Michel Blanquer, la Licra et SOS racisme.

Et les universitaires prennent le train en marche, toujours en suivant les États-Unis.

J’ai noté l’annonce suivante sur une « liste » internationale d’historiens : « Je suis en train de monter un projet décolonial sur le genre, la race et violence sexuelle dans la littérature française. Pour l’instant, j’ai une documentation sur Fanon, Camus, Sartre et Guyotat, mais je voudrais les contributions de femmes auteurs. Envoyer les suggestions à… »

Nous sommes donc passés d’une conception d’un racisme qui serait le fait d’acteurs individuels déviants, et donc de groupuscules ou de partis secondaires, à la proclamation d’un racisme généralisé anti-Blanc en représailles à leur héritage colonial, qui n’a pourtant pas touché la masse des Français, et dont une partie des acteurs étaient des personnes dévouées aux populations locales.

J’en connais qui sont morts bouleversés de se voir traiter de monstres sanguinaires par des ignorants de leur travail concret.

Naturellement, ce « racisme par l’antiracisme » déclenche des réactions.

LA RÉACTION DES « VIEUX BLANCS »

Jean-François Revel avait écrit dès 1999 dans La fin du siècle des ombres : « l’antiracisme fabrique plus de racistes qu’il n’en guérit […] L’antiracisme idéologique, qu’il faut soigneusement distinguer de l’antiracisme effectif et sincère, attise les divisions entre les humains. »

De même, Pascal Bruckner remarque les slogans lancés le 6 juin 2020 lors de la manifestation « antiraciste » à Paris : « Sibeth traître à sa race », « mort aux Blancs », et conclut : « On réinvente l’apartheid, on revient aux années 1930 tout en prétendant les combattre ».

De même, dans L’Express du 18 juin Élisabeth Badinter note : « La race partout, c’est la naissance d’un nouveau racisme ».

Enfin, je citerai deux références hors de France :

L’une dans le domaine universitaire, celle d’Andrew Sobanet Generation Stalin: French Writers, the Fatherland, and the Cult of Personality (Génération Staline : les écrivains français, la patrie et le culte de la personnalité).

C’est la conversion à un stalinisme total et qui paraît aujourd’hui caricatural des plus grands écrivains français des années 1930 : le prix Goncourt Henri Barbusse, Romain Rolland, Paul Éluard et Aragon.

L’autre d’un homme de terrain non universitaire, Kakou Ernest Tigori, dont les deux bisaïeules ont été vendues comme esclaves à d’autres africains. Cet écrivain ivoirien est l’auteur de L’Afrique à désintoxiquer : sortir l’Europe de la repentance et l’Afrique de l’infantilisme (2018).

MON AVIS PERSONNEL

Et maintenant je vais aggraver mon cas en persistant et signant.

D’abord, je suis « a-raciste » par éducation, et ce n’est que peu à peu que j’ai constaté, à ma surprise, que le monde entier était raciste : j’ai entendu les Asiatiques et les Maghrébins traiter les Noirs de (censuré) et des Noirs faire de même en visant leurs voisins. Dire que c’est du tribalisme ou de la xénophobie ne change pas le résultat : des remarques désobligeantes d’abord, puis la répression et les massacres. C’est une première raison de trouver le débat actuel ignorant, voire hypocrite.

Ensuite avec mes bientôt 80 ans et ayant été plongé très jeune dans la vie historique et politique, j’ai rencontré des témoins dont certains avaient vécu la fin du XIXe siècle. Ils étaient de toutes origines ethniques et politiques dans ce qui était alors l’empire français.

Par exemple mon grand-père était communiste au Vietnam.

J’ai également vécu la guerre froide, et le débat actuel me rappelle dramatiquement cette époque où beaucoup d’historiens et d’intellectuels francophones, français ou non, ont trahi leur mission en suivant, après les célèbres exemples ci-dessus, la mode soviétophile de l’époque.

Certains se sont rendu compte qu’ils avaient été manipulés et ont changé de cap quelques années plus tard, à commencer par le président Senghor avec qui j’ai beaucoup discuté.

Comme aujourd’hui, les universitaires des années de l’après Deuxième Guerre mondiale brandissaient l’argument d’autorité en citant tel livre et plus généralement « le dernier état de la recherche » pour s’opposer au système politico-économique français et orienter les esprits vers « la grande lueur qui se lève à l’Est ». Qui s’exprimait autrement n’était qu’un réactionnaire qui serait bientôt ridiculisé.

Sartre, Simone de Beauvoir et Philippe Sollers sont ainsi allés en Chine sans s’apercevoir que les gens y mouraient de famine et de persécution. Mais c’était la « mode Mao ».

François Furet, Edgar Morin, Régis Debray, Annie Kriegel, Michel Foucault, Jean-François Desenti, Alain Besançon, Étiemble et bien d’autres ont suivi la mode marxiste, voire soviétophile de leur temps et s’en sont repentis ensuite dans des livres à succès, dont je vous recommande vivement l’instructive lecture.

D’où ma grande réserve envers ceux qui suivent une mode intellectuelle, actuellement décoloniale, et mon message : « ne recommencez pas, ne suivez pas les modes, l’histoire se décante petit à petit au fil des discussions contradictoires et non des condamnations du passé ».

N’allez pas maintenant suivre aveuglément la mode décoloniale !

sur le web:

Racisme, esclavage, colonies : et si on revenait à la vérité historique ?

Clients disparus après le déconfinement : la désillusion pour les producteurs locaux par Christine Borowiak

Et pourtant, quelques semaines après le début du déconfinement, la désillusion est grande pour tous ces producteurs de proximité : leurs nouveaux clients se sont évaporés.

Catherine Chartier, agricultrice au Jardin des Galinettes à Cerfontaine, avait pourtant quadruplé ses ventes durant ces 3 mois. Même chose pour Valentin Roulin, producteur laitier de la ferme des Monts à Nalinnes : des ventes multipliées par 3 durant le confinement.

Avec une quinzaine d’autres producteurs locaux, ils collaborent avec la plateforme citoyenne Commun’halle. Vous commandez vos produits via le site internet, vous allez les retirer dans l’un des 5 points de distribution (Nalinnes, Montigny-le-Tilleul, Montignies-sur-Sambre, Châtelet, Tarciennes).

Ils ont été submergés de demandes de nouveaux clients. Des clients enthousiastes se rappelle Fabrice Maqua, le gestionnaire de la plateforme. “Ils trouvaient ça génial, nous disaient qu’ils avaient enfin une solution pour changer de mode de fonctionnement. Ils y songeaient mais avec le confinement, ils avaient franchi le pas : acheter local, faire vivre les petits producteurs, s’engager”.

Les gens ne sont plus là, mais nos légumes sont en train de pousser

Pourtant, dès la fin du confinement, ces nouveaux clients ont déserté, raconte Catherine Chartier : “Nous avons toujours les mêmes clients, les fidèles ‘d’avant’, mais les nouveaux ont disparu dès la semaine qui a suivi la fin du confinement”.

Valentin Roulin confirme : “À la halle de Nalinnes, j’ai gardé 10% de ces nouveaux clients. Mais à celle de Montigny-le-Tilleul par exemple, c’est la catastrophe”. En gros, les producteurs sont plus ou moins revenus à la situation d’avant confinement.

Mais pour répondre à cette énorme demande temporaire, ils ont dû produire plus. Alors aujourd’hui, c’est la grimace pour Catherine Chartier : “On a planté plus pour répondre à cette demande. Maintenant, les gens ne sont plus là, mais nos légumes sont en train de pousser, eux !”.

L’amertume est générale, et une question, lancinante, reste sans réponse : pourquoi ? Catherine Chartier s’interroge : “Oui, je leur demande pourquoi ! Qu’est-ce qui a changé ? La qualité est la même, les prix aussi, le mode de livraison aussi… D’accord, les gens ont repris le travail. Mais ils ne mangent plus ?”.

sur le web:

https://www.rtbf.be/info/regions/detail_clients-disparus-apres-le-deconfinement-la-desillusion-pour-les-producteurs-locaux?id=10531561&fbclid=IwAR3PlKovMk9rgoQ5CxU4onScSGYBoPAm1YPu3sKj1As

Baisse du QI, appauvrissement du langage et ruine de la pensée par Christophe Clavé *

Christophe Clavé

L’effet de Flynn du nom de son concepteur, a prévalu jusque dans les année 1960. Son principe est que le Quotient Intellectuel (QI) moyen ne cesse d’augmenter dans la population. Or depuis les années 1980, les chercheurs en sciences cognitives semblent partager le constat d’une inversion de l’effet Flynn, et d’une baisse du QI moyen.

La thèse est encore discutée et de nombreuses études sont en cours depuis près de quarante ans sans parvenir à apaiser le débat. Il semble bien que le niveau d’intelligence mesuré par les tests de QI diminue dans les pays les plus développés, et qu’une multitude de facteurs puissent en être la cause.

A cette baisse même contestée du niveau moyen d’intelligence s’ajoute l’appauvrissement du langage. Les études sont nombreuses qui démontrent le rétrécissement du champ lexical et un appauvrissement de la langue. Il ne s’agit pas seulement de la diminution du vocabulaire utilisé, mais aussi des subtilités de la langue qui permettent d’élaborer et de formuler une pensée complexe.

La disparition progressive des temps (subjonctif, passé simple, imparfait, formes composées du futur, participe passé…) donne lieu à une pensée au présent, limitée à l’instant, incapable de projections dans le temps. La généralisation du tutoiement, la disparition des majuscules et de la ponctuation sont autant de coups mortels portés à la subtilité de l’expression. Supprimer le mot «mademoiselle» est non seulement renoncer à l’esthétique d’un mot, mais également promouvoir l’idée qu’entre une petite fille et une femme il n’y a rien.

Moins de mots et moins de verbes conjugués c’est moins de capacités à exprimer les émotions et moins de possibilité d’élaborer une pensée.

Des études ont montré qu’une partie de la violence dans la sphère publique et privée provient directement de l’incapacité à mettre des mots sur les émotions.

Sans mots pour construire un raisonnement la pensée complexe chère à Edgar Morin est entravée, rendue impossible. Plus le langage est pauvre, moins la pensée existe.

L’histoire est riche d’exemples et les écrits sont nombreux de Georges Orwell dans 1984 à Ray Bradbury dans Fahrenheit 451 qui ont relaté comment les dictatures de toutes obédiences entravaient la pensée en réduisant et tordant le nombre et le sens des mots. Il n’y a pas de pensée critique sans pensée. Et il n’y a pas de pensée sans mots. Comment construire une pensée hypothético-déductive sans maîtrise du conditionnel? Comment envisager l’avenir sans conjugaison au futur? Comment appréhender une temporalité, une succession d’éléments dans le temps, qu’ils soient passés ou à venir, ainsi que leur durée relative, sans une langue qui fait la différence entre ce qui aurait pu être, ce qui a été, ce qui est, ce qui pourrait advenir, et ce qui sera après que ce qui pourrait advenir soit advenu? Si un cri de ralliement devait se faire entendre aujourd’hui, ce serait celui, adressé aux parents et aux enseignants: faites parler, lire et écrire vos enfants, vos élèves, vos étudiants.

Enseignez et pratiquez la langue dans ses formes les plus variées, même si elle semble compliquée, surtout si elle est compliquée. Parce que dans cet effort se trouve la liberté. Ceux qui expliquent à longueur de temps qu’il faut simplifier l’orthographe, purger la langue de ses «défauts», abolir les genres, les temps, les nuances, tout ce qui crée de la complexité sont les fossoyeurs de l’esprit humain. Il n’est pas de liberté sans exigences. Il n’est pas de beauté sans la pensée de la beauté.

* Professeur de stratégie & management INSEEC SBE

sur le web:

https://www.agefi.com/home/acteurs/detail/edition/online/article/baisse-du-qi-appauvrissement-du-langage-et-ruine-de-la-492129.html?fbclid=IwAR1sxo1eqBf9IGJYtVg7Y7xKDt32wZ6eoydb_QlrEQ0WAb

Dette, dépenses : la faillite sereine de la France par philippe Lacoude.

En ordonnant un confinement parmi les plus stricts du monde et donc en mettant à l’arrêt notre économie, l’État a détruit l’économie et il sera difficile de revenir à notre niveau de vie de 2019.

UNE HAUSSE INEXORABLE DE LA DETTE PUBLIQUE

Au premier trimestre 2020, la dette publique a grimpé à 101,2 % du PIB. Le plafond des 100 % du PIB est donc franchi pour la quatrième fois, après les 100,3 % du troisième trimestre 2019.

Pourtant, cette fois, il ne suffira pas d’effets de calendrier – comme la forte saisonnalité des comptes publics – ou d’artifices comptables – comme les primes d’émission – pour la faire repasser en dessous de 100 %.

Il s’agit de la plus forte évolution trimestrielle depuis la crise de 2009. En valeur, elle s’élève désormais à 2438,5 milliards d’euros, en hausse de 58,4 milliards par rapport au trimestre précédent.

L’État est le principal contributeur à cette hausse vertigineuse. La dette négociable à long terme augmente de 52,8 milliards d’euros.

La contribution des administrations publiques locales à la dette augmente dans une moindre mesure (+3,3 milliards d’euros), notamment du fait de la Société du Grand Paris (+2,5 milliards).

De leur côté, les régions, les départements et les communes sont plus frugaux et n’accroissent leur endettement que de 0,9 milliard d’euros.

ET AVEC LE COVID-19 ?

Toutes ces dépenses extravagantes ont essentiellement eu lieu avant la crise du Covid-19.

Comme la publication en France de l’état des finances publiques a un retard considérable dans le temps, il convient donc d’ajouter les éléments supplémentaires d’avril, mai et juin pour esquisser la situation actuelle réelle.

Les 58 milliards d’euros de dette publique additionnelle ne comprennent qu’une toute petite fraction du plan d’urgence de plus de 110 milliards déjà « débloqué » depuis le début de la crise. En effet, ce plan date de la mi-avril.

À ceci, s’ajoutent les plus de 300 milliards d’euros de garanties de prêts pour les entreprises qui seront remboursés ultérieurement. Peut-être.

Il convient aussi d’inclure le nouvel effort de 40 milliards d’euros du gouvernement qui a décrété soutenir plusieurs secteurs particulièrement touchés par le confinement (automobile, tourisme, aéronautique…).

Ces 40 milliards tombés de l’arbre à pognon gratuit de Bercy s’ajoutent aux 18 milliards d’euros pour le tourisme8 milliards d’euros pour l’aéronautique et 8 milliards d’euros pour l’automobile (« débloqués » à la mi-mai).

Comme Air France était en grande santé, on lui a donné 7 milliards pour échapper à une faillite qui aurait probablement eu lieu tôt ou tard, même sans le Covid-19… Heureusement, les écologistes veillaient au grain et ont tout fait pour que cette manne soit la moins utile possible en y ajoutant des stipulations aussi prévisibles que parfaitement sottes comme les conditions environnementales (ici et ) et l’interdiction de certains vols intérieurs ().

En plus, le projet de la troisième (!) loi de finances rectificative (PLFR3) pour 2020 – et nous ne sommes qu’en juin ! – va vraisemblablement ajouter 13 milliards d’euros de crédits budgétaires et 12 milliards d’euros de garanties publiques supplémentaires (même si cette enveloppe compte probablement des dépenses déjà annoncées). Par exemple, le dispositif de chômage partiel, qui va être progressivement réduit, sera toutefois doté de 5 milliards supplémentaires par rapport au plus de 25 milliards déjà prévus.

Tout ceci est évidemment l’occasion d’amendements plus ou moins farfelus destinés à arroser les amis des députés. Une recherche des 1486 amendements par mots-clefs, disons « culture », « sport » ou « solidarité », est cocasse.

Fait amusant, le mot « vaccin » n’apparaît qu’une fois dans les 1486 amendements dans la phrase « deux ans après le début de l’épidémie en France, un vaccin pourrait être trouvé et que le port du masque serait moins indispensable. »

RECETTES EN CHUTE LIBRE

Inévitablement, après la chute de 5,3 % du PIB au premier trimestre selon l’INSEE, et le plongeon attendu de 20,0 % au deuxième, les recettes issues des prélèvements obligatoires – TVA, impôt sur les sociétés, cotisations… – sont en berne. Des mesures ridicules comme l’interdiction de verser des dividendes n’aideront pas les finances publiques.

Selon la PLFR3, ces recettes vont encore fondre de 27 milliards d’euros par rapport à la prévision du précédent budget rectifié.

DÉFICIT ET DETTE EN HAUSSE

Manque de recettes, explosion des dépenses. En conséquence, le déficit public pourrait se creuser à 11,4 % du PIB (contre les 9,1 % prévus à la mi-avril) et la dette publique s’envoler à 120,9 % du PIB d’ici à la fin de l’année.

Un tel niveau de dette augure mal du futur. Comme nous l’avions vu dans un précédent billet, dans leur papier controversé puis corrigé de 2010, les économistes Carmen Reinhart et Ken Rogoff de l’université de Harvard ont montré que les pays dont le ratio de dettes publiques rapportées au PIB était compris

  • entre 0% et 30% croissaient à 4,1% en moyenne,
  • entre 30% et 60% croissaient à 2,8 % en moyenne,
  • entre 60% et 90% croissaient à 2,8% en moyenne,
  • et au-delà de 90 % croissaient à peine à 2,2% en moyenne,

en tenant compte des corrections de Thomas Herndon, Michael Ash et Robert Pollin.

Les autres études similaires mènent aux mêmes conclusions : plus la dette publique d’un pays est élevée, moins l’économie croît. La dette est un boulet.

La France risque donc de connaitre des années de croissance encore plus atone. La réponse économique inadaptée du gouvernement à la crise va pousser à d’innombrables faillites. Les nouveaux impôts vont rendre la France toujours moins attractive, freiner l’investissement, accélérer l’émigration des plus entreprenants et conduire à des conflits sociaux très durs.

DETTE AU-DESSUS DE 100 % ET PIRE CROISSANCE DU G7

Contrairement à la pensée magique keynésienne, une forte relance de la dépense étatique ne conduit jamais à une hausse de la croissance : selon des recherches de la Banque centrale européenne lors de la dernière crise, lorsque le niveau de la dette d’un pays se situe entre 44 et 90 % du PIB, le multiplicateur fiscal sur l’activité économique est positif, mais probablement inférieur à un. Lorsque la dette dépasse 90 % du PIB, les multiplicateurs budgétaires tendent vers zéro : aucune activité économique n’émerge de la dépense.

Dans ces situations, une augmentation des déficits aujourd’hui réduit les dépenses privées demain, d’au moins le même montant.

De fait, les trois États les plus dépensiers – la France, l’Italie, et l’Espagne, tous largement au-dessus de 100 % de dette en pourcentage du PIB – vont connaître les trois pires récessions au monde en 2020, selon le FMI.

Notablement, la France est le pays où la croissance estimée par le FMI pour 2020 a connu la plus forte révision négative entre avril et juin.

Comme l’explique fort bien Politico« l’une des principales victimes de la pandémie de coronavirus en Europe a été son adhésion à l’économie de marché. La pandémie a ébréché les pierres angulaires de l’architecture économique du bloc, telles que les limites de la dette publique et des règles strictes en matière d’aides d’État, alors que les pays […] ont injecté des milliards dans leurs économies pour les maintenir à flot. »

Comme en 2009, la France sera l’un des pires élèves pendant la récession et pour les mêmes raisons…

Il est impossible de se remettre d’une chute de 12,5 % du PIB rapidement. Même si le scénario favorable du FMI se produisait en 2021, la France ne retrouverait pas son niveau de vie de 2019 avant l’année 2025. Avec ses déficits primaires considérables, sa dette en pourcentage de ce PIB amoindri exploserait : ceci conduira inévitablement à des arbitrages budgétaires qui ressembleront à de la boucherie.

UN DES PIRES CONFINEMENTS AU MONDE

Selon l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) le confinement de près de deux mois en France devrait coûter au pays quelque 120 milliards d’euros de pertes de revenus.

« Pendant le confinement, le produit intérieur brut (PIB) a été réduit de 32 %, ce qui correspond à cinq points de PIB pour l’ensemble de 2020. » L’observatoire a ajouté que « près de 60 % de la baisse du revenu national a été absorbée par les administrations publiques » et 35 % par les entreprises.

En clair, le secteur privé a tenté de bosser tant bien que mal pendant que le gouvernement lançait la police à ses trousses pour le verbaliser, réalisant un record mondial d’amendes.

Pendant que le gouverneur de Virginie de l’ouest conseillait à ses administrés d’aller à la pêche même sans permis, pendant que le gouverneur de l’Ohio autorisait la chasse à la dinde et que les Suisses partaient en randonnée, les Français étaient assignés à résidence avec des contraintes plus strictes que celles que l’État applique habituellement aux petits criminels qui pourrissent la vie des banlieues « festives ».

Selon les données de téléphonie cellulaire d’Apple (iPhone) et de Google (Android) agrégées par l’IHME, seuls deux pays dans le monde ont plus confiné leurs citoyens : Maurice et l’Équateur.

La France et ces deux pays sont les seuls au monde où la mobilité des citoyens a baissé de 85 % ou plus à un moment durant la période de janvier à aujourd’hui !

Et tout cela a très bien fonctionné. Ou, disons, a fonctionné comme le prévoit la science économique : l’État a prouvé qu’on ne peut pas à la fois créer de la valeur ajoutée et rester devant la télévision.

Pour des raisons de centralisme parisien – tout se décide à Paris – l’État a choisi le confinement total : son inefficacité (ici et ) a été aggravé par son caractère universel. Comme le montre l’INSEE, la mortalité n’a non seulement pas augmenté dans certains départements mais elle a même baissé comme dans l’Ariège, le Cantal, le Finistère, ou le Tarn-et-Garonne.

La carte des décès prouve clairement que les décisions politiques n’étaient pas appropriées à la situation du terrain à part dans certains départements d’Île-de-France et du Grand Est.

Avec son confinement indifférencié ubuesque, l’État a détruit l’économie.

Il ne peut même pas s’enorgueillir d’avoir sauvé des vies : à l’heure où j’écris ces lignes, la France est au triste sixième rang mondial en nombre de morts dus au Covid-19 avec 456 décès par million d’habitants contre seulement 386 pour les États-Unis, 226 pour la Suisse et le Canada, 108 pour l’Allemagne et 8 pour le Japon…

D’OÙ VIENT LE PROBLÈME ?

En temps de crise, la France ou, pour être plus précis, les hommes de l’État français ont toujours les résultats les plus déplorables.

Pourquoi ? Je pourrais en discourir longtemps mais je préfère conclure en forme de question.

Parmi ceux-ci, quel ministre des Finances ou du Budget, de gauche ou de droite,

  1. François Baroin
  2. Gérald Darmanin
  3. Bruno Le Maire
  4. Emmanuel Macron
  5. Arnaud Montebourg
  6. Pierre Moscovici
  7. Michel Sapin

a prononcé chacune de ces citations grotesques :

  1. « Il y a une phase où nous investissons beaucoup d’investissement public (sic) […] et nous excluons toute augmentation d’impôt pour financer cette dette. »
  2. « Une dette [publique] à 120% du PIB n’est pas en soi une catastrophe. »
  3. « La question des comptes publics est accessoire. »
  4. « La croissance zéro, ce n’est pas grave. »
  5. « Ces rumeurs sont totalement infondées et les trois agences, Standard & Poor’s, Fitch et Moody’s ont confirmé qu’il n’y avait pas de risque de dégradation » de la note AAA de la dette française.
  6. Il faut « une Europe davantage intégrée » avec « une relance keynésienne au niveau européen, via un budget investissement élaboré au niveau de la zone euro. »
  7. « C’est parce que nos finances publiques étaient saines, […], c’est parce que nous avions fait des efforts économiques, […] que nous pouvons dépenser […] sans compter. »

C’est impossible à dire : ces moulins à parole sont aussi ineptes qu’interchangeables.

Tout le problème est là.

sur le web:

Dette, dépenses : la faillite sereine de la France