Gilets jaunes, la fin ou seulement fin du premier acte ?

Le pouvoir est satisfait, le mouvement des gilets jaunes est en train de s’essouffler ; il devrait péricliter prochainement et tout devrait finalement rentrer dans l’ordre !

E Macron et son gouvernement sont absolument persuadés que ce sont les mesures, annoncées le 10 décembre, qui ont permis de dynamiter le mouvement de contestation populaire.

Ce faisant, c’est possible, mais il y a été aussi bien aidé, de manière fortuite, par l’attentat de Strasbourg qui a légitimement choqué la population et l’a involontairement détournée de ses idées revendicatrices !

Le pouvoir, évidemment jamais au bout d’une idée et de l’exploitation cynique d’une situation aussi dramatique soit-elle, y a vu l’occasion de faire un coup de comm’ destiné à améliorer son image au sein du public en partant du principe selon lequel “ce qui est bon pour nous sera forcément mauvais pour les gilets jaunes” … même si pour l’instant cela ne semble pas être franchement le cas puisque E Macron vient d’atteindre un nouveau plus bas dans les sondages.

Le problème de fond de l’affaire des gilets jaunes est que ce mouvement pratiquement spontané, sans coordination et sans leader, n’avait pas de revendications structurées hormis la question initiale du prix du carburant. Il se développe ou s’affaiblit au gré des circonstances ou de facteurs eux-mêmes sans contrôle.

E Macron, dont il n’est pas exagéré de dire qu’il a découvert l’existence de cette France profonde plus ou moins rurale qui utilise sa voiture pour aller travailler tout en ayant des revenus extrêmement modestes (cette France « qui fume des clopes et roule au diesel »), a essayé de désamorcer cette crise, après avoir résisté pendant 15 jours d‘abord en utilisant le dénigrement et la force, en distribuant 10 à 15 milliards d’argent que … nous n’avons pas !

Cette distribution aura donc lieu en creusant un peu plus un déficit qui n’avait pas besoin de ça puisque nous nous approchons des 100% de dette par rapport au PIB avec 2.300 milliards €.

Il s’agit évidemment d’une technique traditionnelle en matière de politique française que de calmer la population en lui faisant quelques cadeaux avec … son propre argent !

Le problème est qu’il s’agit là d’une politique à court terme ayant pour but officiellement de rétablir la paix républicaine et officieusement de sauver le système mis en place par l’élite et mis en danger par un mouvement complètement incontrôlable n’émanant ni de partis ni de syndicats.

Evidemment, les problèmes de fond ne sont nullement réglés à savoir :

– des dépenses de l’Etat beaucoup trop élevées,

– une dette abyssale,

– une fiscalité la plus élevée des pays de l’UE !

Ces mesures ne peuvent donc être que transitoires et temporaires car l’Etat va continuer sa course folle entre dette et pression fiscale ; jusqu’à la prochaine révolte.

Car soyez assurés que, même si le mouvement des gilets jaunes disparaît, de nouveaux mouvements de même nature feront leur apparition car ils sont la conséquence d’un système complètement dévoyé au sein duquel certains (les bobos parisiens bénéficiant de tous les avantages subventionnés par les impôts des autres) vivent très bien et d’autres (la France profonde périphérique) vivent de plus en plus mal tout en bénéficiant de moins en moins d’avantages …

Il s’agit évidemment d’une situation explosive !

Or, la situation de cette population de la France profonde ne peut que se dégrader car la situation du pays se dégrade elle-même sans cesse malgré les camouflages rassurants d’une élite au pouvoir qui cherche d’abord à préserver ses acquis et ses avantages ; même si cela se fait au détriment d’une France périphérique censée, dans l’ordre des choses conçu par l’élite, comme devant obéir et être soumise.

La fiscalité énergétique en est d’ailleurs le meilleur exemple puisqu’à force de matraquage écolo-idéogique la population était censée accepter une fiscalité confiscatoire destinée à sauver la planète, rien de moins !

Seulement, cette « urgence climatique » est quand même apparue pour ce qu’elle était réellement : Un prétexte à une spoliation fiscale destinée à sauver un système étatique à bout de souffle et au bord de l’implosion alors que cette urgence climatique n’est qu’un caprice de pays développés.

Il n’est pas inutile de rappeler que, pour les trois quarts de la planète, cette urgence climatique n’a aucune raison d’être face à la nécessité de gagner sa vie !

C’est d’ailleurs à partir d’un raisonnement de même nature que les gilets jaunes, du moins au début, ont délibérément procédé à un arbitrage entre leur train de vie (aussi faible soit-il) et la sauvegarde d’une planète qui n’a rien demandé !

Ces crises réapparaîtront et seront de plus en plus graves au fur et à mesure que la situation du pays se dégradera car elle va se dégrader comme elle le fait d’ailleurs avec constance depuis au moins 25 ans.

En effet, seul un inconscient ou un fou peut penser, qu’avec tous les comptes dans le rouge et surtout sans l’engagement d’aucune mesure d’aucune sorte pour rétablir la situation, les choses pourront s’arranger puisque qu’aucune réforme de l’Etat, ni dans son organisation ni dans ses missions ni dans son fonctionnement, n’est envisagée !

Le pouvoir, depuis mai 2009, a bénéficié d’une période particulièrement faste : celle de l’argent gratuit distribué par la BCE (2.600 milliards € de création monétaire). (ici)

La France en a reçu sa part mais elle n’en n’a rien fait car l’élite de nos hauts fonctionnaires a délibérément refusé de toucher à notre modèle étatique dispendieux ; notamment parce qu’ils en sont les premiers bénéficiaires !

Alors, pour l’instant, on continue à distribuer mais arrivera un jour où cette pratique devra se modifier c’est à dire que les distributions se réduiront ; certes pas d’un seul coup mais progressivement et de manière ciblée en essayant de gratter l’argent là où le pouvoir est susceptible de faire face à un minimum de contestation (le « coup » de l’augmentation de la CSG sur les retraités ressort très clairement de cette technique).

En effet, cette politique de l’argent gratuit inépuisable (qui nous ramène d’ailleurs à nos anciennes pratiques d’émission monétaire et d’épisodes de forte inflation) va prendre fin un jour ou l’autre et probablement de manière très progressive ; la BCE ayant annoncé la fin des opérations d’émission monétaire pour le début de l’année prochaine (ici) et ce même si les taux d’intérêts (taux de base de la BCE) seront encore très faibles.

Les facilités financières deviendront alors plus rares et de sérieuses tensions se feront alors jour dans la mesure où l’Etat devra faire face à des dépenses excessives qu’il ne pourra plus financer par la dette !

Le meilleur exemple de cette situation, qui apparaît inéluctable, est l’Italie qui vient de rencontrer de sérieux échecs à lever des fonds ; même auprès de sa propre population ! (ici)

Ne resteront alors que deux solutions :

– faire des économies c’est à dire essentiellement diminuer les distributions sociales ; étant entendu que l’élite prendra d’abord des mesures impactant les français de la France périphérique par application du vieux principe : « plutôt eux que nous ! »

– augmenter les impôts avec évidemment la question de l’acceptation de l’augmentation de la pression fiscale par une population qui a l’habitude de subir mais qui vient de comprendre qu’elle est la véritable détentrice du pouvoir !

Autrement dit, les marges de manœuvres vont se réduire jusqu’à devenir inexistantes ; c’est à dire qu’à ce moment là nous n’aurons plus le choix !

Soyez néanmoins assurés que le pouvoir et l’élite, entre eux et vous, ont clairement choisi de vous sacrifier parce que vous êtes remplaçables alors que eux se perçoivent comme absolument indispensables !

Ils feront donc tout, absolument tout, pour vous sacrifier à leur place !

Reste à savoir si les français l’accepteront …

Bien cordialement à tous !

Dominique Philos

A propos Dominique Philos

Navigateur, né en 1958, après un DEA de droit commercial de l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, je suis devenu Conseil Juridique, spécialisé en droit des affaires et fiscalité. L'Etat ayant décidé l'absorption des Conseils juridiques par les avocats, j'ai poursuivi mon activité en tant qu'avocat en droit fiscal et droit des sociétés spécialisé ... en divorces ; jusqu'à ce que je sois excèdé par les difficultés mises à l'exercice de mon activité professionnelle. J'ai démissionné du Barreau en 1998 et partage désormais ma vie entre la France et la Grèce. Européen convaincu, persuadé que le libéralisme est la seule option possible en matière économique, soucieux du respect des libertés individuelles, je suis un libertarien qui déteste l'Etat et son administration tentaculaire.

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9 réflexions au sujet de « Gilets jaunes, la fin ou seulement fin du premier acte ? »

  1. Evidemment, Dominique philos a raison de dire que les problèmes de fond de notre pays ne sont nullement réglés à savoir :

    – Que les dépenses de l’Etat sont beaucoup trop élevées. La réforme fiscale proposée, ici, réduira au moins de 90 % les dépenses exorbitantes des administrations fiscales, celle inacceptables des tribunaux administratifs qui protègent l’administration des administrés mécontents, les frais innombrables des personnels de tous ces bureaux qui produisent des conseils pour payer moins d’impôts, pour défendre les vrais fraudeurs du fisc, de tous ces comptables honnêtes ou malhonnêtes, de tous ces gestionnaires qui vivent des moyens de ne pas payer une partie des 360 impôts. Ils seront tous supprimés.

    – Qu’une dette abyssale de cette nature ne peut pas être laissée à nos descendants. Mais qu’au moins ils soient dispensés de payer les IPV, les droits de succession, un partie des droits d’enregistrement, etc. En attendant qu’une réévaluation de la dette soit possible. La capital oui ! mais les capitaux pour payer des intérêts non !

    – une fiscalité la plus élevée des pays de l’UE ! Alors que nous pourrions renverser la table et être le paradis des entrepreneurs.

    Ne pas adopter une réforme c’est accepter que l’Etat va continuer sa course folle entre la dette et la pression fiscale bien entendu pour favoriser les bobos et appauvrir les ruraux.

    Jusqu’à la prochaine révolte.

    Allons les imaginatifs au boulot !

  2. Certains patrimoines immobiliers sont en piteux état, je le sais bien et pour ma famille déjà ! C’est pourquoi cette taxe unique pour remplacer 360 impôts doit être et ne peut être qu’un impôt déclaratif.

    Ce qui veut dire que ce ne sont pas les agents du fisc qui en contrôlent le montant des déclarations. Mais alors qui ? Les acquéreurs qui auront le droit suspensif de payer le double du montant déclaratif. Une mesure simple qui va dissuader les tricheurs sans même faire intervenir des agents administratifs.

    Soit dit en passant, de très nombreuses personnes du fisc n’auront plus d’autre boulot que celui d’aider les personnes à mieux gérer leurs biens immobiliers.

    Quand un terrain est à construire il a une valeur A. Quand les maçons y construisent une maison cela augmente l’économie du pays : A +B + C. Quand la maison est construite, elle peut changer de valeur déclarative en plus ou en moins: C+ou -. En plus, grâce à l’activité de son propriétaire ou du fait des décisions des collectivités locales qui servent le bien ou le desservent. En moins quand les propriétaires ne savent pas le rendre utile au bien commun.

    Quant aux oeuvres d’art et aux métaux précieux, chacun sait qu’ils passent la frontière facilement les mettant hors de portée des agents du fisc. L’immobilier lui est au sol et n’est pas transportable.

    La suppression de tous les impôts comprend aussi celle des droits de succession. Vous n’êtes pas sans savoir que les partages des actifs successoraux sont à l’origine de brouilles dans les familles. La disparition de ces disputes va simplifier les vies de chacun et diminuer le nombre des agents qui en vivent : juges, conseillers, avocats fiscalistes etc.

    Ouf aussi pour les innombrables CERFAS. Voilà quelques week-ends du beau mois de mai regagnés !

    Maintenant la critique est facile. Les propositions ne se pressent pas au portillon. Nous pouvons en dresser la liste ici : pas encore une !

  3. L’arbitrage annoncé n’est pas une révélation…nous le vivons depuis 20 ans et 2008 n’a fait que traduire le caractère illusoire de toutes ces fariboles destinées à calmer et repousser l’heure H

  4. Les Gilets Jaunes sont ou étaient le dernier espoir pour sauver la France , les mois qui viennent nous le dirons. Il s a trop de privilégiés et d’administrations gargantuesques inutiles qui ont le pouvoir de faire peur en France. C’est comme cela depuis des siècles, Les gilets jaunes ont donc une lutte difficile contre des moulins à vent . La France n’a jamais été un pays qui rassemble le peuple , être français n’a aucun sens en France c’est ainsi depuis des siècles :
    – Petit poème du 16 -ème siècle qui démontre la réalité française ,Pierre de Ronsard (1524 -1585) ,France de ton malheur tu es cause en partie, Je t’en ai, par mes vers, mille fois avertie. Tu es marâtre aux tiens, et mère aux étrangers, Qui se moquent de toi quand tu es au danger, Car la plus grande part des étrangers obtiennent, Les biens, qui à tes fils, justement appartiennent. Vous pouvez vérifier : ces vers datent bien du XVIème siècle !

  5. Vous terminez votre exposé clairvoyant par : “Soyez néanmoins assurés que le pouvoir et l’élite, entre eux et vous, ont clairement choisi de vous sacrifier parce que vous êtes remplaçables alors que eux se perçoivent comme absolument indispensables ! Ils feront donc tout, absolument tout, pour vous sacrifier à leur place ! Reste à savoir si les français l’accepteront.”

    Seule un refus révolutionnaire et une nouvelle structure représentative de tous les français, par exemple à la suite des cahiers de doléances en cours de rédaction dans les mairies des villages, peut trouver des hommes capables de proposer des idées nouvelles. Une sorte de TIERS-ETAT pourrait ainsi peut-être se constituer et trouver un bon moyen.

    Pour moi le seul moyen de trouver de l’argent supplémentaires est de produire plus pour nourrir les besoins de tous. Pour obtenir un tel résultat, il nous faut modifier complètement la fiscalité de manière à ce que l’impôt ne soit plus une charge pour ceux qui produisent, mais un investissement afin d’augmenter le nombre des entreprises françaises, afin d’augmenter le nombre de personnes au travail et, seulement ainsi, de pouvoir augmenter les salaires et ainsi les pouvoirs d’acheter de chacun.

    Seule la suppression de tous les impôts fondés sur la production, sur la consommation, sur la circulation peut faire de notre pays un paradis fiscal alors qu’aujourd’hui c’est un enfer fiscal et pour les travailleurs, et pour les entrepreneurs.

    En échange de la suppression de tous les impôts qui garrottent notre économie, il faudra faire payer aux privilégiés (dont les hauts fonctionnaires en particulier), ceux qui ont un patrimoine immobilier supérieur à 500.000 euros investi dans le capital qui ne prend pas de risques, une taxe cadastrale du % nécessaire pour avoir un budget équilibré, disons peut-être 5 % annuels.

    C’est à calculer et à instaurer progressivement.

      1. Attention , pour ceux qui bossent ce seront des impôts en moins. Ce qui va leur permettre de s’acheter une petite maison. Ce qu’ils ne peuvent plus se payer en ce moment. Pour les rentiers qui ont reçu un héritage et la protection de l’Etat régalien; c’est le moyen de garder leur maison sans devoir payer un gardiennage privé.

        Maintenant si vous voyez un autre moyen, dîtes-le nous ! Ne vous génez pas !

        1. Vous n’êtes pas sans savoir que l’on peut recevoir en héritage des patrimoines qui renferment bien des problèmes : Domaine avec des travaux conséquents pour résoudre des problèmes d’insalubrité avant même de pouvoir envisager vivre dans un immobilier BBC (Bâtiment Baise Couillons). Il peut y avoir aussi une ou des entreprises en difficulté qu’il faut restructurer complètement pour les redresser.

          “L’heureux détenteur” de tels patrimoines, devra faire un choix entre son activité gagne-pain et celle de s’atteler à la tâche, s’il en a les moyens, financiers, la capacité de travail et les ressources intellectuelles. Je lui souhaite bien du plaisir pour faire du Carlos Ghosn en tant que n’importe quel patron de PME ou TPE avec des salariés anciens qui se dressent sur leurs ergots quand il s’agit de revoir leurs méthodes de travail ou de les virer avec notre droit du travail de près de 4000 pages.

          Vous n’êtes pas sans savoir aussi que les droits de succession en France montent très vite en flèche en fonction de l’évaluation de l’actif net qui est faite, avec un échéancier qui a été raccourci de 10 à 3 ans au 1er janvier 2015. De plus l’administration fiscale a pendant 3 ans la possibilité de rectifier les évaluations initiales à compter du 31 décembre de l’année de l’enregistrement de la déclaration, selon son humeur, qui peut être étendue à 6 ans sur certaines matières.

          Il y a certes, le Pacte Dutreil qui permet de s’affranchir de la taxation des parts de sociétés détenues, dans le cadre de l’ex-ISF et des droits de succession, mais à condition de conserver lesdites parts pendant 6 ans. Et cela peut être très long si l’affaire n’est pas viable. Alors il y a le dépôt de bilan, me direz-vous. Mais quid de l’évaluation initiale par l’administration ?

          Il n’y a aucune protection régalienne des rentiers en France, du moins ceux qui ont les pieds dans la glaise, comme vous dites. Je vous invite aussi à vous intéresser comment sont traités les héritiers, ne serait-ce qu’en Italie et bien ailleurs.

          Les schémas pour réformer notre société : Réduire l’Etat à ce qui lui incombe dans ses prérogatives régaliennes qui doivent être améliorées. Le reste est de libérer les énergies pour créer et avancer.

          La transition pour aller de ce que nous avons vers ce que nous voulons, est de nous donner progressivement le choix entre ce qui existe et l’autre solution, un peu comme quand nous au allons au restaurant, avec les menus et la carte.

          A défaut, comme le murmure Philos, la destruction de notre société est en marche, et cela ne va pas bien se passer du tout. Et ce n’est pas dans très longtemps.

    1. L’immobilier fait vivre les maçons ne l’oublions pas. Investir dans l’immobilier ce n’est donc pas de l’argent qui dort comme certains voudraient le faire croire. L’argent qui dort est dans les oeuvres d’art, les diamants, l’or mais cela touche une certaine communauté dont il ne faut pas parler.

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