LA REALITE DEPASSE LA FICTION

Je suis tiré de ma somnolence par l’arrêt soudain du train.
Les portes du wagon à bestiaux dans lequel je me trouve sont ouvertes avec fracas. Des cris et des aboiements nous accueillent. Il fait un froid mortel, le quai est recouvert de givre. Mon mince manteau de mohair ne me protège pas d’un vent coupant. Le jour ne s’est pas encore levé et des énormes projecteurs nous éclairent.
-Allez descendez, vite, vite, courrez. Nous aboie-t-on.
Les gens qui sont avec moi dans le wagon se pressent vers les portes en se bousculant.
Qui sont-ils ? Aucune idée
Nous étions environ une centaine, pressé les uns contre les autres pour garder un semblant de chaleur, dans un silence irréel.
Personne ne parlait. Nous nous regardions tous, les uns les autres, pétrifiés.
Je ne savais pas ce que je faisais sur ce quai et comment j’avais atterri là.
Des gardes tout habillés en noir, armés de LBD, casqués, la visière abaissée, gantés, bardés de protection genre soldats de l’Empire du mal,  donnaient des coups appuyés de tonfa sur qui passait à leur portée. Gratuitement pour nous montrer que nous n’étions plus rien, que le numéro d’un dossier.
Par moment, ils lançaient leurs chiens, d’énormes molosses sur des retardataires qui criaient de douleur.
Qu’est-ce que je faisais dans ce monde. Je ne me rappelais de rien.
Etais-je  passé dans une autre dimension ? Dans un monde parallèle genre 1984 ? Qu’avais-je pu faire pour me retrouver sur ce quai parmi tous ces gens qui suaient de peur et tremblaient de froid ?
Un violent coup de matraque dans le dos me ramena à la réalité et j’accélérais le pas en titubant.
Le troupeau puant et crasseux que nous formions après ces deux jours enfermés dans ces wagons sans eau passait devant une haie de miliciens hurlant des ordres, avant de s’engouffrer dans un énorme hangar béant surmonté d’immenses cheminées qui crachaient une fumée épaisse, noire et collante qui par moment nous enveloppait, poussé par une rafale de vent tourbillonnant.
J’arrivais devant un milicien qui portait des étoiles sur son gilet pare-balle.
Il me regardait m’avancer vers lui. Je m’arrêtais et lui criais :
-C’est une erreur. Je n’ai rien à faire ici. Je n’ai pas été jugé. Je veux un procès !
-Un procès ? Rien que ça. Tu te crois où ?
Un coup de crosse dans le creux des reins me fit hurler.
Je me réveillais.
J’étais en train de cauchemarder.


Mon cauchemar devait être prémonitoire car hier au courrier j’ai reçu la réponse à ma demande de médiation avec le fisc du Gard comme me l’avait proposé le Tribunal Administratif suite à une plainte que j’avais déposé devant lui.

 

Voici la réponse toute nue.


ET pour rappel:
https://www.temoignagefiscal.com/carine-hugotinspectrice-assermente-de-bercy/
et
https://www.temoignagefiscal.com/mon-redressement-bidon-acte-3/

Comme vous pouvez le constater cette histoire de médiation est encore de la poudre aux yeux comme en son temps « la charte du contribuable ».
De l’enfumage pur et dur.

Pour un redressement bidon, que je peux aisément démontrer (même un enfant en CM1 comprendrait) portant sur une petite somme, 1500€, ce n’est pas le redressement du siècle.
Juste un petit abus du quotidien entre la poire et le fromage, comme ça en passant.
Ces messieurs du fisc refusent donc la médiation.
Ils ne sont pas habitués à ce qu’un contribuable se rebelle.
Ce n’est dans leurs gènes.
Ils ont horreur des procès civils, ceux où ils peuvent perdre et, de plus, ils ne doivent pas être équipés pour une médiation. Le cerveau de leur personnel ne doit pas être formé à transiger.
Il fonctionne que dans un sens…

E.Bolling

Ce récit n’est que fiction.
Toute ressemblance avec des réalités ne seraient que coïncidences non voulus par l’auteur…

Bolling Emmanuel

A propos Bolling Emmanuel

Emmanuel Bolling a été condamné le 12 janvier 2016 par jugement contradictoire à l'égard d'Anne Béot, inspectrice des impôts de Paris 18eme et partie civile. Emmanuel Bolling a été relaxé du chef de diffamation publique. Il a été reconnu coupable du chef d'injure publique envers fonctionnaire publique pour son article du 15 décembre 2014 sur le site témoignagefiscal.com intitulé "certain de leur impunité, rien n'arrête les agents du fisc". Il a été condamné à verser à Madame Anne Beot 500€. Emmanuel Bolling était un des créateurs et des dirigeants de la Discothèque LA LOCOMOTIVE à Paris. Ouverte fin 1986, décédée asphyxiée par le fisc fin 2009(RIP). Elle subira en huit ans trois contrôles fiscaux. 1992, 1996, 2000. E.Bolling contestera le deuxième (1996). Cette contestation justifiée entraînera immédiatement de la part de Bercy une série sans fin de saisies diverses étranglant son entreprise pour finir par la ruiner. Relaxée de l’accusation de « dissimulation de recettes » par le tribunal correctionnel de Paris en 2002, le fisc n’en continuera pas moins à poursuivre LA LOCOMOTIVE et ses dirigeants de son acharnement, pour les mêmes motifs, comme si de rien n'était... En 2014, après 18 ans de procédure, de procès et d’appels (gagnés ou perdus) dont la liste serait des plus ennuyeuse, E.Bolling et ses associés, ruinés, se battent toujours pour que l’on reconnaisse ce redressement pour ce qu’il est : un abus fiscal caractérisé. Il a initié deux nouvelles procédures devant le T.A.

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5 réflexions au sujet de « LA REALITE DEPASSE LA FICTION »

  1. Cher Emmanuel non seulement il faut du courage en France pour se défendre contre l’abus de pouvoir des administrations , mais il faut surtout de l’humour. Comme je dis souvent une injustice faite ne fût-ce qu’à une seule personne est une menace pour nous tous. Alors merci pour votre combat !
    “Les lois seront comme des toiles d’araignées: elles arrêteront les faibles et les petits; les puissants et les riches les rompront et passeront au travers”. Cette phrase, citée par Plutarque, aurait adressée à Solon par un “philosophe barbare Scyte” du nom d’Anacharsis, au 6ème siècle av JC. Phrase naïve ou dépassée, car nous savons que les auteurs des lois d’aujourd’hui les rédigent de sorte que les puissants et les riches n’aient même plus à traverser de vulgaires toiles d’araignées.

  2. Bonsoir M. Bolling,
    J’ai l’impression que la messe est dite :

    Pas de médiation pour les agents de fisc, le comique dans cette réponse c’est qu’à la base si j’ai bien compris, vous n’avez rien demandé 🙂

    On vous la propose et dans votre immense mansuétude vous l’acceptez….et c’est l’administration qui la refuse.

    On nous rabache à tout va que pour désengorger les tribunaux, on va mettre en place des médiateurs, des conciliateurs pour trouver des solutions appropriées à l’enjeu du litige et surtout économique pour les parties.

    Résultat des courses : si on compte le temps, l’énergie et les éventuels couts de la procédure si l’une des parties va en appel, tout le monde a déjà perdu…

    Avec l’administration, c’est toujours et je l’ai appris à mes dépends un deal PERDANT – PERDANT.

    J’ai essayé le conciliateur et le défenseur des droits, j’ai perdu mon temps…

    Je m’étonne (ou plutôt ne m’ étonne plus) qu’avec le fisc français mais plus globalement avec le système judiciaire français que l’on passe systématiquement à coté du bon sens.

    Courage et merci pour votre témoignage (au moins, on sait à quoi s’en tenir quelque soit le montant du litige)

    Maréva

  3. Le cauchemar est intéressant : au début, en cette veille du 11 novembre, j’ai cru que c’était un train de soldats qu’on envoyait au front en 1916 … on s’y serait cru !

    Pour ce qui concerne la demande de médiation : je vous avais prévenu … pas de médiation pour Bercy … juste le poteau d’exécution !

    L’Etat français sur-endetté n’a pas les moyens de perdre son temps à discuter avec ses débiteurs …

    amicalement

  4. Emmanuel, bravo.
    La dénonciation de la perversion des hommes de l’Etat, à travers Bercy leur outil de terreur au service de leurs pillages, est une oeuvre salutaire.
    La médiation, pour les autres… pas pour Bercy.
    Bercy pille et tue sans discussion préalable.
    La résistance est dure mais c’est un sacrifice indispensable, même si on le croit parfois inutile.
    Amicalement.

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