Le crédit : une drogue dure

En règle générale, une drogue est un produit dont l’absorption procure un plaisir immédiat suivi, à plus ou moins long terme, de conséquences dévastatrices.

Face à toutes les drogues les sociétés sont systématiquement divisées tant ces produits sont séduisants et difficiles à gérer. Les drogues entraînent les hommes dans la fameuse posture de “je t’aime moi non plus”.

Prenons l’exemple du vin. Il ne se passe pas une année sans qu’une équipe de scientifiques au dessus de tout soupçon, après une enquête décisive, nous déclare qu’un verre de vin par jour est bon pour la santé.

Évidemment ces gens ne s’adressent qu’à des surhommes.

En effet, les difficultés de ne boire qu’un verre de vin par jour sont insurmontables pour le commun des mortels. Car, n’ayant alors que le goût sans l’ivresse, le consommateur est cantonné exclusivement aux grands vins, mais ceux ci sont hors de prix et ne se conservent pas une fois la bouteille ouverte. Pendant que les vins ordinaires sont si pénibles à boire que se priver de l’ivresse compensatoire qu’ils procurent revient à boire journellement un verre de mauvais médicament, dans ce cas un simple cachet est préférable.

Il n’y a donc que deux postures raisonnablement accessibles avec le vin pour les hommes ordinaires que nous sommes : ne boire que de l’eau ou se péter la gueule avec insouciance.

Le crédit a sur l’économie les mêmes effets, il apporte une satisfaction immédiate suivie la plupart du temps de conséquences terriblement néfastes. Conséquence, on n’y touche pas ou on en devient addict.

Malheureusement, non seulement tous en abusent, tous sont dépendants, mais l’organisation sociale, à tous les niveaux, est complice de cette dépendance.

La crise

Les plus grands économistes s’interrogent sur la crise, sur ses causes, sur les responsables. Tous passent par la case “crédit impliqué”, mais uniquement parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement.

Très rapidement, selon leurs sensibilités, ils accusent les banques privées ou les Etats d’avoir édité de la fausse monnaie pour s’enrichir sur notre dos, de trop intervenir ou de ne pas assez intervenir.

Ils passent à côté du vrai problème qui est bien plus simple, bien plus prosaïque.

Enivrés par l’essor fabuleux de l’économie libérale, les occidentaux, consommateurs et producteurs réunis qu’ils sont à tour de rôle, ont refusé le rythme lent de l’économie. Ils ont souhaité la doper à l’aide de la drogue dure du crédit.

Cette volonté a été portée par tous, industriels, hommes de l’Etat, consommateurs, il n’est pas utile de stigmatiser ceux qui se sont enrichis en jouant la partition, ils n’ont abusé personne, tous étaient consentants.

C’est alors que la société s’est formatée pour répondre à ce souhait universel.

Bercy et ses tueurs portent la principale responsabilité. Que dire d’une fiscalité qui favorise à outrance l’emprunt, en refusant la déduction globale immédiate des investissements pendant qu’elle accepte la déduction des intérêts accompagnant les crédits consacrés aux dits investissements ? Que c’est de la folie bien sûr.

Que dire d’une administration de l’Etat, responsable de sa comptabilité, qui laisse ce dernier emprunter dans des proportions qui le mettent en cessation de paiement, sauf à devoir fabriquer de la fausse monnaie ou des impôts insoutenables ? Que cela est une honte, une immense responsabilité que la chasse aux sorcières, aux boucs émissaires, aux soi-disant “fraudeurs fiscaux” ne pourra pas longtemps dissimuler.

Les banquiers, accusés indéfendables. Ils ont bafoué, dans cette folle course aux crédits, toutes les règles universelles de l’économie. Ils ont prétendu que la “main invisible” autorisait toutes les dérives mafieuses, ils se sont affranchis des règles universelles. Force est de constater que la “main invisible” existe bel et bien, car elle leur est revenue en pleine poire.

Les hommes de l’Etat. Leur incompétence économique ne peut pas être une surprise. Par contre leur cupidité en est une. Ne prétendent-ils pas être au service des plus humbles, ce que d’ailleurs personne ne leur demande, n’avons nous pas déjà pour cela les Évêques et le Pape ? Au nom de cet apostolat, ils lèvent des impôts disproportionnés, dont paradoxalement, in fine, les plus humbles ont la charge.

En réalité.

La moindre des objectivités serait d’abord d’accepter, tel l’alcoolique qui veut s’en sortir, de regarder en face son vice, sa drogue : “le crédit”, d’en parler. Mais non, cela ne parait pas possible.

Tous cherchent un responsable alors que ce sont eux qui sont tous responsables pour s’être aveuglément adonnés à la drogue dure du crédit.

Le crédit emportera tout puisqu’il est arrivé au niveau ou nul ne peut plus le rembourser.

Parlons d’après.

Après le fond du trou dont je vous laisse le choix prévisionnel : ruine totale de la monnaie, du pays, mort programmée des plus faibles, guerre civile, guerre extérieure, vous avez le choix….

Donc, après le trou, mettons dans dix ans, je propose ces choses simples.

-1°- Le crédit est autorisé sans limite aux individus. Après tout, nous sommes des hommes libres et responsables, celui qui s’endette trop et ne peut pas payer peut toujours assumer par sa ruine totale, sans que les autres n’en pâtissent plus que ça.

-2°- Les entreprises, à partir d’un certain chiffre d’affaires ou un certain nombre de salariés qui les rend collectivement responsables n’auront plus le droit d’emprunter au delà du montant global du patrimoine de leurs actionnaires.

-3°- L’Etat, les collectivités ou les entreprises dans lesquelles l’Etat est actionnaire n’auront pas le droit d’emprunter. La trésorerie de ces organismes sera limitée aux impôts qu’ils seront en mesure de lever avant tout investissement.

Evidemment, finis les enrichissements sans cause des banquiers ou des hommes de l’Etat, ils seront face à la réalité de la vie et non face au mirage de l’argent facile dont les traites sont à payer par leurs enfants.

Sûr que le rythme va changer, il va falloir s’armer de patience, mais c’est à ce prix que la vie peut redevenir possible.

Recueillement :

Je vous propose d’y réfléchir en silence, Jeudi prochain 11 Septembre de 18H à 19H, tout en nous recueillant, comme tous les deuxièmes jeudi du mois, devant la “Bercyenne” tombe gigantesque de nos économies disparues. 

Bien cordialement. H. Dumas

 

Une lueur d’espoir avec le lien suivant qui nous vient d’Eric David d’ObjectifEco.

http://www.objectifeco.com/riche-rentier/fiscalite/impots/usa-comment-tout-un-peuple-s-est-fait-escroquer-par-son-gouvernement.html

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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