Le goulag fiscal : enfin on en parle

Félicitons Jean NOUAILHAC pour son courage. Dans “le point.fr” il signe un papier intitulé “Fisc : salauds de contribuables”, il termine son ouvrage par l’idée que la France est devenue un “camp de concentration fiscal”.

En ce qui me concerne, je préfère l’idée d’un “goulag fiscal”, mais bon.

Les auteurs de ce blog et la plus grande partie de ceux qui le lisent sont actuellement prisonniers de ce goulag. Nous savons donc de quoi nous parlons et sommes prêts à tuyauter M. Nouailhac, bien au-delà du simple questionnement intellectuel.

Commençons par le début

Pour qu’il existe un goulag ou des camps de concentration il faut certaines conditions.

-1°- Une société dogmatique répressive

-2°- Une propagande définissant, sans le définir vraiment, l’interdit qui va justifier la répression.

-3°- une police et une justice soumises ou convaincues, dites staliniennes, qui organisent la répression sans tenir compte des droits des accusés.

Une fois ces conditions remplies, le reste se met en place tout seul.

Un groupe s’empare du pouvoir, en partage les fruits. La population, convaincue par la propagande et anesthésiée par cette particularité humaine qui fait que le malheur des autres rassure, laisse faire, voire approuve pensant y trouver son intérêt.

Depuis bien longtemps

Nous avons en France le dogme : c’est l’égalitarisme et la haine des riches. La propagande est journalière. Bercy et les Tribunaux Administratifs sont les outils soumis et convaincus.

Avec tout le respect que nous lui portons pour son ouvrage, nous devons dire à  M. Nouailhac qu’il se trompe : la France ne va pas devenir un camp de concentration fiscal, elle l’est depuis longtemps.

Pour bien comprendre où on en est, pour pouvoir évoquer ce sujet, il faut d’abord admettre un paradigme essentiel : Ce n’est pas l’esprit des lois qui fait la société, c’est au contraire l’esprit de la société qui fait les lois.

La société française porte en elle, pour des raisons historiques que chacun connait, une haine profonde de la richesse, alors que par ailleurs elle vénère le pouvoir. L’alliance de ces deux pulsions est explosive. C’est elle qui génère cette idée économiquement suicidaire que le pillage des possédants par ceux qui ont le pouvoir, au profit, soi-disant, des pauvres, serait un acte d’égalité et de justice sociale.

Rien n’est plus stupide, mais c’est ainsi.

Dans les faits

La nouvelle loi évoquée par M. Nouailhac ne fait qu’entériner et légaliser les méthodes de travail journalières des Services Fiscaux et des Tribunaux Administratifs.

Ceux qui vivent le goulag fiscal résultant de ces méthodes peuvent témoigner sur Le Point ou ailleurs, mais cela serait-il utile ?

Rappelons-nous Soljenitsyne, sa dénonciation du goulag n’a eu aucun effet. Sans la banque route, l’URSS aurait continué à embastiller ses ressortissants indéfiniment. On ne sort pas de la terreur par la raison. Tout particulièrement dans ce type de terreur dogmatique qui s’est justement installée par la raison, même si le raisonnement initial est faux.

Le pillage ne s’arrêtera pas

Les lois liberticides qui scandalisent M. Nouailhac ne scandalisent que lui, malheureusement.

Leur application, disons par anticipation depuis des années, a fait des dégâts irréversibles, a détruit des hommes et des familles qui ne le méritaient pas, sans remord, de personne.

La preuve, s’il en fallait une, serait justement que le fait de rendre officiel ce fonctionnement fiscal n’a été l’objet d’aucune remarque dans la pesse l’année dernière.

Si aujourd’hui on en parle

Ce n’est pas par humanisme, ce n’est pas en considération des victimes passées innocentes, ce n’est pas par souci de justice.

C’est tout bêtement parce que le pillage devient inopérant. La bête est trop maigre, il n’y a plus rien à manger. Il n’y a plus de riches, demain nous serons tous pauvres.

C’est le résultat incontournable de la haine du riche. Tout comme la haine de celui qui est en bonne santé n’apporterait rien au malade, sauf que si tout le monde est malade il n’y a plus personne pour soigner, la haine du riche n’apporte rien au pauvre, son pillage ne fait que détruire le tissu économique et rend le pauvre encore plus pauvre.

Mais, cette réalité n’apparait qu’après que le dernier des riches ait été ruiné. Le goulag fiscal a encore de beau jour devant lui.

Nous remercions sincèrement M. Nouailhac pour son coup de projecteur, nous sommes à sa disposition s’il veut aller voir un peu plus loin dans ce marigot de non-droit qu’est le contrôle fiscal.

Peut-être alors comprendra-t-il que la folie des contrôles fiscaux est l’acte extrême de mort et de malheur qui va entraîner notre société dans la misère la plus totale.

Hélas, il est peu probable qu’aujourd’hui il puisse se lever des esprits qui comprennent cette problématique, tous en sont encore aux impossibles économies d’Etat, à l’idée absurde d’un sauveur politique, à celle encore plus absurde de faire payer les voisins, alors que la seule issue est le respect des entrepreneurs, des riches dont ils ont besoin, et leur épanouissement. Nous en sommes loin.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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Une réflexion au sujet de « Le goulag fiscal : enfin on en parle »

  1. Mon cher DUMAS,

    Je ne parviendrais pas à vous convaincre malgré l’excellent ouvrage de JUSTIN MENIER ? Malgré le prix NOBEL de l’économie MAURICE ALLAIS ? Malgré le dernier ouvrage de THOMAS PICKETTY ?

    J’écris pour les lecteurs de votre blog. A vous lire ce goulag serait sans aucune solution. Je ne suis pas d’accord. Le seul moyen de mettre un terme à ce goulag, vous avez raison, installé depuis belle lurette, vous avez raison, consiste à rendre inutile la loi du 6 décembre 2013. Et avec cette abolition, la suppression de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales.

    Et petites économies supplémentaires, les frais du poste de procureur financier à compétence nationale de Mme Éliane Houlette. Ainsi que les frais afférents aux 45.000 agents du fisc, ceux de leurs pseudo-adversaires les avocats fiscalistes, ceux de leurs alliés les tribunaux des affaires fiscales, ceux de leurs parasites les conseillers en optimisation fiscale.

    Comment parvenir à un tel résultat qui produirait une relance du PIB d’au moins trois points? De façon brutale, comme en 1789, avec l’adoption des préconisations des cahiers de doléance, à l’exception des guillotines appliquées aux fermiers généraux. L’un d’eux est peut-être un grand savant comme le chimiste LAVOISIER.

    De nos jours, ce serait par une réforme fondamentale de la fiscalité. Laquelle ?

    Abolir le Code général des impôts de 3.642 pages pour remplacer la totalité des impôts au nombre de 350 par un seul impôt en deux lignes : valeurs cadastrales que vous déclarez, et pourcentage demandé par le gouvernement.

    Il resterait un emploi parmi les agents du fisc : celui des agents du cadastre, probablement 5 % du nombre total. A l’aide d’une calculette vous effectuez la multiplication, pour vous de votre valeur cadastrale déclarative, pour le gouvernement la multiplication des valeurs cadastrales déclaratives de toute la France, domaine de l’ETAT compris, par le % (par exemple 3 % qui varierait chaque année) dont l’Etat a besoin pour réaliser les fonctions publiques, une fois les abus de dépenses éliminés.

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