Les escrocs de la souffrance

Complètement dépourvu face à une souffrance chronique qui assaillait l’homme d’avant le 19ième siècle, depuis ses dents jusqu’à toutes les formes de maladies microbiennes, celui-ci a trouvé un palliatif psychologique en s’inventant un monde paisible, sans souffrance, après la mort, dont la définition et l’accès a peu différé pour toutes les sociétés : le paradis.

La religion

La puissance du désir d’éviter la souffrance est telle que ceux qui s’emparent de ce thème en prétendant y être autorisés, d’une façon ou d’une autre, ont un pouvoir certain sur les autres.

En ce qui nous concerne, c’est l’église catholique qui s’y est collée. Probablement de la façon la plus sincère qui soit.

Les choses ont commencé à se gâter lorsque ce pouvoir moral, compassionnel, c’est associé au pouvoir mercantile des hommes de l’Etat.

C’est ainsi que de compromis en compromis, de corruptions en corruptions, cette alliance a abouti à une paralysie structurelle de la société où les tenants du pouvoir avaient organisé la pérennité de ce pouvoir à l’aide de réseaux faits de corporatisme et de charges d’Etat qui les obligeaient tous entre eux, tout en tenant le reste de la population à l’extérieur du système.

A son apogée, ce système a fonctionné. Avec le recul, ses excès tels que l’inquisition nous paraissent inacceptables et à mettre sur le compte de fous sadiques. Il n’en n’est rien, les inquisiteurs n’étaient que les serviteurs zélés d’une philosophie à laquelle ils croyaient dur comme fer, persuadés d’être utiles aux hommes de ce temps là et responsables de leur salut. N’oublions pas que, dans le même registre, Hitler était persuadé que le monde le remercierait un jour de ses assassinats.

Le virage

Ce qui a eu raison, dès le début du 19ième siècle, de cette organisation entièrement tournée vers l’idée de la suppression de la souffrance uniquement après la mort, ce sont, d’une part la division du travail, d’autre part les découvertes sanitaires.

Le 19ième siècle a démontré que la confiance en chaque homme et la liberté entre tous les hommes étaient les seuls vecteurs d’organisation économique assurant richesse et progrès.

Pendant qu’à travers Marx une empoignade avait lieu sur la répartition des richesses créées et sur la propriété des outils de production, la société occidentale avançait. Par ailleurs, les essais grandeur nature des hypothèses de Marx firent long feu. Au milieu du 20ième siècle nul ne doutait que le libéralisme était la bonne solution.

Puis, en Occident, après la deuxième guerre mondiale, les progrès de la médecine ont été tels, que la souffrance physique a été éradiquée pour le plus grand nombre, n’intervenant plus qu’en phase finale de la vie, ou à l’occasion d’accidents minoritaires.

Nous sommes alors passés de la souffrance physique constante éradiquée, à la souffrance morale, souvent sous forme d’envie insatiable, qui s’est invitée dans toutes les vies en remplacement de la souffrance physique.

La souffrance morale et ses haruspices

La souffrance morale, et les vestiges de souffrance physique accablant quelques minorités, ne pouvaient qu’éveiller des vocations.

Pendant que les tenants de l’hypothèse paradisiaque ramaient désespérément pour se maintenir à flot, ils furent débordés par les philosophes de la lutte contre la souffrance morale qui prônait comme remède l’égalité pour tous : les socialistes.

Dans le même temps que le libéralisme enrichissait mécaniquement le monde occidental, il perdait tout crédit sur le front de la souffrance morale, tout particulièrement du fait que les efforts qu’il demandait paraissaient être les vecteurs de cette nouvelle souffrance.

Ainsi, une nouvelle fois, les hommes de l’Etat s’associèrent aux marchands du temple, aux prêtres de la nouvelle religion annoncée par les haruspices : les socialistes.

La situation engendrée

Les socialistes ont la prétention d’abolir les souffrances, tout comme leurs prédécesseurs. Mais, pas au paradis, ici et maintenant, sur terre.

Il y a deux problèmes :

– Ils le croient vraiment, la plupart d’entre eux sincèrement.

– Ils sont très actifs à ce sujet, cette activité leur parait si essentielle qu’elle occulte à leurs yeux tout le reste.

Les conséquences

Il n’est pas d’hommes de l’Etat qui ne soient pas socialistes, qu’ils se qualifient de droite ou de gauche, les plus ultras étant les Lepénistes.

Seule l’action d’abolition des souffrances morales les occupe, au point qu’ils n’en pèsent ni n’en calculent le coût, pas plus qu’ils n’en mettent en question la réalité.

La conséquence à cela est qu’ils s’agitent tant et si bien qu’ils n’aboutissent qu’à un déplacement des souffrances et non à leur éradication.

C’est-à-dire que, prenant à un tel, qu’ils considèrent comme privilégié, pour donner à tel autre qu’ils considèrent comme souffrant, il n’est pas acquis qu’ils suppriment la souffrance de celui qui reçoit, mais il est certain qu’ils la créent chez celui qu’ils dépossèdent.

Cependant, pour eux, la souffrance de celui qu’ils dépossèdent n’existe pas. A tout le moins, elle leur parait quantitativement et qualitativement marginale. Ils n’en font pas cas.

Exemple

Ma profession m’a amené à fréquenter, plus sans doute que je ne l’aurais souhaité, les hommes de l’Etat, du pouvoir, je puis affirmer qu’ils sont majoritairement sincères. Ils croient faire le bien, c’est la gratification de leur engagement colossal en temps et en énergie, ils ne peuvent pas remettre cette idée en question.

Aussi ne se posent-ils jamais la question de savoir combien ce qu’ils entreprennent pour lutter contre la souffrance qu’ils voient, ou qu’ils croient voir, coute en termes de prix ou de souffrances nouvelles ouvertes par leurs actions.

Constater cela, le voir de près, est effrayant.

Conclusion

La souffrance, pas plus que l’économie, ne peut s’accommoder de l’interventionnisme de l’Etat.

Le libéralisme doit prendre en compte cette nouvelle situation et s’attacher à démontrer que lui seul, à travers la prise en charge de chacun par lui-même, peut atténuer, voire éradiquer, ce nouveau type de souffrance : la souffrance morale.

Cela passe par la démonstration pour la souffrance de la théorie de Frédéric Bastiat pour l’économie : “Il y a ce que l’on voit, et il y a ce que l’on ne voit pas“.

Un énorme travail reste à faire pour démontrer ce que chacun de nous pense et constate : l’action des socialistes, par sa sincérité et son aveuglement, est le plus grand danger rencontré par la France du fait des transferts illégitimes de souffrance qu’elle organise.

Elle tue, aussi surement que la guerre, mais de façon invisible telle le pire des virus. Le drame est que, comme l’inquisiteur, le socialiste agit de bonne foi, convaincu de faire le bien.

Aujourd’hui, tous les combats qui tournent autour de qui doit posséder quoi sont stériles. La menace est bien plus profonde, elle est une croyance erronée, mais répandue à tout les niveaux, donc totalement invisible parce qu’occupant la totalité du champ de vision.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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