Les hôpitaux français emploient presque 34% de personnes n’ayant aucune tâche médicale par J.B Boone

Voici un problème propre à la France : un système très centralisé, d’une lourdeur bureaucratique intenable, qui explique que les plans qu’on enchaîne depuis des décennies ne fonctionnent pas.

C’est même 54 % de plus que les établissements allemands, équivalent temps plein. Pour un groupe comme l’APHP, cela représenterait 1,54 milliards d’euros, ou une source d’économie d’un demi-milliard d’euros environ si l’on en revenait au taux observé en Allemagne.

REVOIR LE BUDGET DES HÔPITAUX À LA HAUSSE ?

Alors que l’épidémie éprouve le monde, les hôpitaux sont particulièrement sollicités. Le personnel hospitalier est loué pour son dévouement, et même applaudi tous les soirs. Il faut dire que le manque criant du matériel le plus élémentaire rend parfois leur travail assez acrobatique, voire dangereux.

Et ce sont des entreprises n’ayant souvent rien à voir avec le domaine médical qui pallient ces manques : pensons à Décathlon et son masque de plongée qui nous plonge justement dans l’absurde d’un système à bout de souffle. On entend donc déjà des appels à revoir largement à la hausse les budgets des hôpitaux.

Le gouvernement va même jusqu’à limoger un responsable d’ARS qui avait l’outrecuidance de dire qu’il poursuivrait la mise en œuvre… des mesures du gouvernement.

Bref, tout va mal. Mais est-ce bien l’argent qui manque, alors que les dépenses de santé représentent 11,3 % du PIB, soit le plus haut niveau de l’UE (9,8 %) avec l’Allemagne ? Que ce taux a augmenté de 1 point en 10 ans ? Et qu’enfin, 32 % de ces dépenses sont concentrées sur l’hôpital contre 29 % en moyenne en Europe ?

La théorie selon laquelle le problème se trouverait plutôt dans une mauvaise allocation des ressources n’est donc pas à négliger.

À ce propos, l’OCDE nous donne la répartition des emplois hospitaliers par fonction, dont « autre personnel employé en hôpitaux ». On se rend compte que l’importance de ces emplois en France est exceptionnelle, largement supérieure à ce qui se fait ailleurs.

Taux de personnel autres que médical ou paramédicalSource : OCDE (Autre personnel employé en hôpitaux)

LA BUREAUCRATIE, LE FARDEAU DES HÔPITAUX

Ce que ne cessent de dire les professionnels soignants, mais aussi de nombreux observateurs, à commencer par l’IREF, ne peut plus être négligé : la bureaucratie est un fardeau insoutenable, si ce n’est carrément un boulet. Même le président de fédération des hôpitaux français (FHF) en fait le diagnostic dans Les Échos du jeudi 9 avril.

Selon l’OCDE toujours, dans les hôpitaux français, 405 600 personnes (ETP) œuvrent à des tâches autres que médicales, soit 54 % de plus qu’en Allemagne, dont la population est pourtant près de 25 % supérieure à celle de la France.

Avant donc de parler de plan d’hôpital, qui ne serait que l’énième des versions que chaque gouvernement a proposées depuis plus de 20 ans, il convient de se saisir de ce problème propre à la France, à son système aussi extrêmement centralisé que complexe, de redonner aux hôpitaux leurs capacités à respirer par eux-mêmes.

Avant que de réclamer à cor et à cri plus de moyens, il faut être capable de bien allouer ceux dont on dispose, dans un pays aux finances délabrées. Et fermons d’ores et déjà une mauvaise piste : non ce n’est pas de personnel soignant dont manquent les hôpitaux français qui en comptent 765 000, 25 000 de plus qu’en Allemagne malgré sa plus forte population.

sur le web:  https://fr.irefeurope.org/Publications/Les-chiffres-cles/article/Les-hopitaux-francais-emploient-presque-34-de-personnes-n-ayant-aucune-tache-medicale

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3 réflexions au sujet de « Les hôpitaux français emploient presque 34% de personnes n’ayant aucune tâche médicale par J.B Boone »

  1. Avant toute chose, déterminons l’absentéisme, en tant normal, mais surtout en ce moment. Combien sont réellement en poste en ce moment? C’est cela le grand scandale, et pas seulement pendant le « covid », le reste de toute façon, on pourra plus rien changé, depuis 35 ans, l’état n’a eu de cesse de truquer les comptes du chômage , avec des « emplois, des formations, des statuts , fictifs »

  2. les bullshits jobs de toute la fonction publique et territoriale cumulée
    si on prends les meme ratios –>je vous laisse faire le compte des économie avec un 2260€ salaire moyen mensuel
    et les économies a payer les retraites

    ex ..un chômeur coute entre 18et 20k€ et de subventionner un emploi pas cher en EBE coute 26ke
    bon on perds 6ke par emploi et on fait une catégorie de travailleur pauvre par rapport aux riches fonctionnaires le cul colle a leur chaise mais on dégraisse le mammouth /diminue le chômage et l’économie tourne en économisant sur l’assistanat ..

  3. La moitié des 34% sont des “touristes” et donc à commencer par les postes les plus coûteux des séparations (douloureuses) s’imposent !

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