Les libres penseurs

Au milieu du 19ème siècle, il semblerait que Victor Hugo ait été l’inventeur de ce qualificatif.

Il regroupait les personnes qui, impactées par le développement des applications de la science dans l’industrie naissante, ne supportaient plus l’obscurantisme religieux et considéraient que rien ne pouvait être cru qui ne soit prouvé.

Les libres penseurs mettaient le constat, la vérification, au départ de tout. Ils étaient les laborantins des théories des lumières.

Ils luttèrent sous différentes formes, par différents canaux, pour finalement arriver à la séparation de l’Etat et du clergé. Séparation pour eux entre le dogme, la vérité avérée, et l’Etat qui représentait la connaissance, le doute sans elle, la science.

Pouvaient-ils imaginer qu’un siècle plus tard l’Etat deviendrait une croyance, un Dieu que vénèreraient ses servants et ses esclaves, donc tout le monde ?

Hélas les libres penseurs ont disparu, leur structure mentale, leurs réseaux se sont éteints par manque d’usage pendant un siècle.

Aujourd’hui, ils nous manquent terriblement.

Leur absence laisse en présence toutes sortes de croyances qui ne demandent qu’à en découdre. Religions, capitalisme, communisme, Etat, Anarchie, la liste est longue.

Or, si comme le prétend Yuval Noah Harari, la croyance est le ciment qui a permis à l’homo sapiens des regroupements illimités qui lui ont donné la supériorité sur les autres humanoïdes, il y a une autre chose remarquable avec la croyance.

La croyance aveugle, elle annihile l’empathie, l’humanité.

Le croyant, par ailleurs souvent normal, devient facilement dangereux armé de sa croyance. Il peut alors détruire et tuer sans limite.

Quand il n’y a plus de refuge hors la croyance, notamment quand l’Etat, c’est-à-dire le collectif qui regroupe les individus d’un même site, devient lui-même un Dieu adulé, l’affrontement total n’est pas loin.

L’autre problème que pose la croyance est que celui qui est envahi par elle n’en n’est pas conscient.

Elle transforme l’esprit au point qu’il ne peut plus réfléchir qu’à partir d’elle.

Si vous demandez à votre voisin s’il a bien compris que l’Etat n’existe pas, qu’il n’est qu’une croyance à laquelle il est libre de ne pas croire, il est possible qu’il vous dénonce comme malade mental.

Nous en sommes là, c’est dire que la situation est grave.

Si grave que l’échec de l’Etat-Dieu dans sa configuration actuelle ne va pas automatiquement nous apporter une situation meilleure, c’est-à-dire la conscience que croire en lui est l’erreur.

Il est probable qu’au contraire le reflexe des croyants en l’Etat-Dieu sera d’en adorer un plus fort, plus puissant, qui les entrainera plus loin dans l’illogisme de toute croyance.

Faire revivre la libre pensée ?

Un travail de titan, qui pour l’instant ne pourrait se raccrocher à rien, à aucune structure, à aucune raison, à aucune philosophie, puisque tous ne pensent qu’à modifier l’Etat-Dieu selon leur intérêt personnel.

Nous sommes au plus profond de la grotte de Platon. Celui qui sort ne peut plus revenir, la haine qui lui est portée l’obligerait à dissimuler ses observations.

Que dire ? Que faire ? Aucune idée.

Une seule chose est sure, rien ne peut être fait seul. Alors… réunissons-nous.

Bien à vous. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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2 réflexions au sujet de « Les libres penseurs »

  1. La vraie faute , c’est celle que l’on ne corrige pas disait “Confucius”.
    La politique en France est l’ensemble des procédés par lesquels des hommes sans prévoyance mènent des hommes sans mémoire et la corruption et l’extrémisme sont le médicament de confort d’une société qui s’achemine vers sa propre fin . Enfin quand une République a les mains sales la Démocratie est en danger.
    Nous avons hérité d’un paradis gratuit, Les dirigeants français en particulier dans ce monde en ont fait un enfer payant !
    Celui qui n’évolue pas disparaît!

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