OU VA L’ARGENT?. 1 et 2 par Nathalie MP

Où va l’argent ?-1-
«
 Mais qu’est-ce que vous faites du pognon ? » interrogeait Jacline Mouraud le mois dernier, mettant ainsi le feu aux poudres d’un ras-le-bol fiscal(1) devenu révolte des Gilets jaunes. Mais, chère Madame, s’exclament alors automatiquement Gérald Darmanin et tous les tax lovers façon Marlène Schiappa, on paie des professeurs, des hôpitaux, de la sécurité, de l’égalité homme femme… Que du beau, du bon, du bonheur, voyons !

Ils sont beaucoup trop modestes – l’Etat, c’est tellement plus que ça ! Et si l’on parlait aussi de ses nombreuses bourdes, erreurs, retards, connivences, paresses, hypocrisies et autres incompétences ? Si l’on parlait de Notre-Dame-des-Landes, de la taxe à 3 % sur les dividendes, des pénuries de médicaments, des horaires de travail des fonctionnaires territoriaux, du système Louvois de paie des militaires, de la SNCF, d’Orano ex-Areva ?

Prenez simplement le Grand Paris Express (GPE). Un nom qui fleure bon l’aventure et la conquête de l’Ouest et qui en possède au moins l’une des caractéristiques : en tant que contribuables, vous serez à coup sûr détroussés en chemin.

Non pas que le GPE manque d’envergure et d’un certain héroïsme technique (vidéo,03′ 03″). Réputé plus grand projet urbain en cours en Europe, il consiste en la construction de 68 nouvelles gares et de 200 km de lignes de métro automatiques autour de la capitale par création de 4 nouvelles lignes souterraines (15,16,17 et 18) et le prolongement de la ligne 14 au nord et au sud, le tout devant être progressivement mis en service d’ici 2030.

Et non pas que les Franciliens s’en désintéressent. Toujours plus contraints de délaisser leur voiture personnelle par les normes, taxes et plans de circulation imposés par les « nécessités » de la transition énergétique, ils attendent avec impatience ce jour béni où ils pourront utiliser les transports en commun sans subir la vétusté, les retards, les grèves, les fermetures temporaires et l’inconfort du réseau actuel, notamment dans les RER A et B, lignes très empruntées et particulièrement renommées pour la déplorable qualité de leur service.

Un jour béni qui s’annonce de plus en plus comme un jour lointain pour un projet qui s’annonce, lui, comme un cas d’école de tous les dérapages possibles d’une gestion étatique aussi pharaonique que mal maîtrisée. En comparaison, Notre-Dame-des-Landes, c’était gentillet.

Un rapport de la Cour des Comptes publié en début d’année nous donne un joli petit aperçu des dégâts :

Evalué en 2013 à 22,6 milliards d’euros, le budget du projet a été révisé plusieurs fois. Il atteint maintenant 38,5 milliards, soit 35,1 milliards pour le périmètre initial et 3,4 milliards supplémentaires pour tenir compte de nouvelles infrastructures (prolongement de la ligne 11 et RER Eole, notamment) rajoutées par la suite aux obligations financières de la Société du Grand Paris (SGP), établissement public à caractère industriel et commercial spécialement créé en 2010 pour porter et piloter le Grand Paris Express.

A ce jour, le dérapage est donc de 55 % à périmètre initial et de 70 % avec les ajouts ultérieurs. Commentaire de la Cour des Comptes :

« Ces réévaluations successives des coûts du projet pourraient remettre en cause sa pertinence socioéconomique, qui n’a été initialement acquise que par la prise en compte de coûts d’investissement initial peu fiables et sous-estimés, ainsi que par la valorisation d’avantages socioéconomiques ‘non classiques’. » (p. 10)

.
La Cour souligne par ailleurs que le financement de la SGP repose très massivement sur l’emprunt, lequel est extrêmement sensible à de petites variations du coût des travaux, des taux d’intérêt et du rendement des taxes qui contribuent aussi au financement du projet. Selon le plan initial, cette dette devait être remboursée intégralement en 2059 et les intérêts se montaient à 32 milliards d’euros. Mais avec la nouvelle dimension du budget, on passe à un amortissement complet en 2084 et à des frais financiers de 134 milliards.

La situation actuelle apparaît cependant tellement tendue que la Cour des Comptes redoute un alourdissement supplémentaire de la charge financière et un recul de la dernière année de remboursement à 2100, voire l’entrée de la SGP dans une situation de dette perpétuelle – avec toutes les incidences défavorables que cela représente sur la trajectoire des dépenses, déficit et dette publics.

Parmi les nombreuses raisons évoquées pour expliquer cet ensemble de dérapages incontrôlés – complexité des chantiers, gouvernance médiocre de la SGP, exigences particulières et désordonnées des élus locaux concernés, évaluation trop basse des risques et aléas – la Cour des Comptes insiste sur l’attention privilégiée donnée aux délais de livraison au détriment de la rigueur budgétaire.

Il se trouve en effet que la promesse de voir les nouvelles infrastructures du GPE opérationnelles dès 2024 a joué en faveur de Paris pour l’obtention des JO de 2024. Certaines lignes visent spécifiquement à relier le village olympique avec les aéroports et les infrastructures sportives ainsi que les aéroports entre eux. D’où l’impératif d’avancer. Mais même là, plus rien n’est certain.

D’une part, le programme des travaux a été ré-échelonné afin d’alléger la charge financière, et d’autre part, les contraintes techniques ont induit des retards, tout ceci faisant que les principales lignes ne seront pas livrées en 2024 mais en 2026. Pour la Cour des Comptes,

« à ce jour, la maîtrise des délais et des coûts semble très compromiseet il est très peu probable que les objectifs définis jusqu’à présent par le Gouvernement soient tenus. » (page 13)

En septembre dernier, le nouveau patron de la SGP se voulait confiant pour livrer ce qu’il faut en temps et en heure pour les JO, mais il ajoutait qu’il se donnait jusqu’au printemps 2019 pour finaliser le calendrier et il modulait sa promesse en précisant : « il ne faut pas qu’il y ait de mauvaises surprises. » Le pire est donc, sinon certain, du moins tout à fait plausible.

Où en est-on aujourd’hui ? On en est comme d’habitude à chercher de nouvelles taxesun peu partout pour combler les failles béantes de ce nouveau mastodonte étatique.C’est ainsi que dernièrement, lors de l’examen de la loi de Finances pour 2019, les députés ont voté deux taxes spéciales pour renforcer les comptes de la SGP :

D’abord une taxe additionnelle de 15 % à la taxe de séjour pour les communes d’Île-de-France, ainsi que le souhaitait Valérie Pécresse (LR), jamais en reste d’avoir de bonnes idées pour taxer. Il est vrai que le tourisme est un secteur parfaitement anecdotique qu’il faut assommer d’impôts, surtout à Paris. La seconde consiste en un « aménagement » (à la hausse, faut-il le préciser) de la taxe sur les bureaux et autres locaux professionnels appliquée en Île-de-France.

Considérées avec beaucoup de désinvolture comme « indolores » par les députés, ces taxes supplémentaires inquiètent le secteur du tourisme et le Medef. Ce dernier dénonce :

« une fiscalité instable et en constante augmentation (…) une propension à s’attaquer aux atouts majeurs de notre économie, tout particulièrement l’immobilier et le tourisme. »

.
Une mise en garde qui ne risque pas d’effleurer le gouvernement tant il est aux abois pour tout et tant la SGP est très loin de l’équilibre, même avec ces nouvelles ressources. Maintenant, la ministre des Transports Elisabeth Borne aimerait bien pouvoir piocher dans les droits de mutations qui reviennent aux départements et elle a justement convoqué les Présidents des départements à cette fin hier.

Ceux-ci utilisent les droits de mutation pour financer leur part de la politique sociale, notamment le RSA. Or le niveau élevé du chômage comme la détérioration de la croissance économique et la baisse des dotations de l’Etat aux collectivités rend leur situation financière tout aussi délicate que celle de la SGP. Donc « pas touche à nos droits » ont-ils expliqué en substance à la ministre.

En revanche, pourquoi ne pas en rajouter une couche du côté de la « petite surtaxe indolore » à jolie tendance écologique ? Pour le Président du Val de-Marne Christian Favier (PC) :

« Il y a encore des marges, on peut accroître davantage la taxe sur les parkings des centres commerciaux, ce serait une fiscalité écologique. »

Il faut vraiment avoir un fameux culot, un aveuglement colossal et un sens des réalités complètement dévoyé pour oser faire une telle proposition en plein mouvement des Gilets jaunes. Comme si la taxe sur les parkings des centres commerciaux, déjà absurde(2) en elle-même, n’était pas répercutée sur le prix final payé par les consommateurs, comme si la repeindre hâtivement en vert pouvait la rendre plus acceptable et résoudre quoi que ce soit, fiscalement ou socialement !

Il est aisé de renvoyer les Gilets jaunes – qui ont le soutien ou la sympathie de plus de75 % de la population française, rappelons-le – à leurs contradictions comme l’a fait Emmanuel Macron en déclarant : « On ne peut pas avoir dans un même slogan baissez les taxes et créez des crèches. » L’un des problèmes(3) de sa formule étant qu’elle suppose que chaque euro prélevé est dépensé avec efficacité et lucidité.

Or ce n’est pas le cas, on en a des exemples nouveaux tous les jours. Les projets mal goupillés et les gaspillages s’accumulent, mais dans la sphère publique, jamais personne ne siffle la fin de la récré, jamais personne n’est sanctionné.

Aussi, derrière la fronde contre l’impôt, il serait stupide de ne pas lire également toute la réprobation des gens qui comptent leurs deniers à l’encontre du laxisme de décideurs politiques trop peu scrupuleux de l’argent des autres et toujours prêts néanmoins à nous donner des leçons de conduite.


(1) Je ne le réécris pas dans l’article, mais je le redis quand même : on a eu confirmation cette semaine que la France était bien la championne européenne des prélèvements obligatoires, 48,4 % du PIB en 2017 d’après Eurostat.

(2) Destinée à l’origine à lutter contre la désertification des centres-villes, rendus déserts parce que les voitures en sont chassées !

(3) Du point de vue des libéraux, un autre problème crucial consiste à se demander si l’Etat doit s’occuper des crèches, mais c’est un autre sujet que celui que je soulève ici.
https://leblogdenathaliemp.com/2018/12/01/ou-va-largent-plongee-dans-les-abimes-du-grand-paris-express/#more-47170

Où va l’argent ?-2-

Sale coup pour Gérald Darmanin ! Tout récemment, il nous assurait (tweet ci-dessous) que l’argent des contribuables était judicieusement utilisé par l’Etat pour apporter aux Français les meilleurs services possibles, notamment en matière de sécurité – ceci pour tenter de répondre à la désormais fameuse question initiale des Gilets jaunes « Mais qu’est-ce que vous faites du pognon ? » Depuis, les Gilets jaunes se sont laissés envahir par des groupes violents et des revendications « vénézuéliennes » façon CGT, mais d’un point de vue libéral, la question reste très pertinente.

Vidéo intégrée

RMC

@RMCinfo

▶▶ @GDarmanin : “Qu’est-ce qu’on fait avec le budget de l’Etat ? On paie des professeurs. des hôpitaux, de la sécurité.”

📻📻 https://bit.ly/2keJLQ4 

08:54 – 16 nov. 2018

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Or le tout dernier rapport Cadre de vie et sécurité portant sur 2017 et publié hier 6 décembre 2018 par l’Observatoire national de la délinquance et de la réponse pénale (ONDRP) sous l’égide de l’INSEE (rien que du très officiel, donc) a dû tomber comme une douche froide de plus sur le gouvernement. Car oui, hélas, les résultats sont… Comment dire ? Préoccupants.

En fait, ils sont franchement médiocres – à tel point que le journal Le Monde, en général plutôt pudique sur ces sujets « sécuritaires », titre carrément sur la « forte hausse » des cambriolages et des violences. De plus, ils confirment si besoin était que non, le « sentiment d’insécurité » des Français n’est pas qu’un sentiment éthéré formé via des légendes rurales ou urbaines et autres fake news scandaleusement répandues à dessein par de sombres agitateurs du peuple irresponsables.

Il n’y a guère lieu d’être étonné. Un sondage Odoxa réalisé en octobre 2018, c’est-à-dire il y a 2 mois à peine, nous apprenait que 64 % des Français se sentent souvent (16 %) ou de temps en temps (48 %) en insécurité, soit un niveau très proche du record enregistré par ce baromètre.

Ce sentiment, dans lequel la part du terrorisme diminue nettement, est essentiellement lié au fait que 60 % d’entre eux ont été victimes à un moment ou à un autre d’un des faits suivants : menaces et agressions verbales, cambriolages, agressions physiques, vol à l’arraché, agressions sexuelles.

Et sur tous ces points qui empoisonnent la vie quotidienne, seulement 21 % des personnes interrogées font confiance au gouvernement pour les combattre, score le plus bas du baromètre. En 2016, ce score était de 24 % pour Hollande, puis il était remonté à 40 % au début du mandat d’Emmanuel Macron. Encore une dégringolade brutale pour le Président…

Le rapport de l’ONDRP vient mettre des éléments concrets sur tout ceci. Ni sondage sur un échantillon représentatif de 1 000 personnes, ni comptage des dépôts de plaintes, il consiste en une vaste enquête menée auprès de 16 000 ménages métropolitains dont les membres (de 14 ans ou 18 ans et plus, selon les questionnaires) ont été interrogés en face-à-face au cours du premier semestre 2018 sur les événements de 2017.

Appelé « enquête de victimation », ce type de suivi de la délinquance qui existe en France depuis 2006 nous vient des Etats-Unis d’après le constat que toutes les victimes ne déposent pas plainte et que toutes les plaintes ne subissent pas le même traitement administratif d’un lieu à un autre et d’une année à une autre. Il permet donc de prendre en compte toutes les victimes afin de dresser un bilan complet de la délinquance.

Les résultats de cette année tranchent négativement avec ceux des années précédentes car le nombre d’indicateurs toujours en hausse ou repartis à la hausse après une période de baisse est nettement plus élevé que d’habitude (voir page 6 du PDF, soit page 4 de la numérotation du document) :

· Les vols de voitures et de deux-roues à moteur sont en baisse, notamment parce que les systèmes de sécurité des constructeurs sont de plus en plus performants.

· Les injures, les vols de vélos, les vols sans effraction dans les résidences principales, les débits frauduleux sur comptes bancaires (tweet) et les vols avec violence ou menaces sont plutôt stables par rapport à 2016.

ONDRP@ondrp

Débits frauduleux sur compte bancaire : 4,2 % des ménages possédant un compte victimes en 2017 (1,2 million ménages). Stable par rapport à 2016 mais niveau le + élevé depuis 2010 https://bit.ly/2QwrT4X 

Voir les autres Tweets de ONDRP

· En revanche, du côté des grandeurs à la hausse, les cambriolages atteignent leur plus haut niveau depuis 2006 et l’augmentation observée entre 2016 et 2017 est de 21 %. Les vols sans violence augmentent fortement en 2017 (+ 46 %), ainsi que les violences physiques hors ménage. Voir tweets ci-dessous :

ONDRP@ondrp

: 2 % des ménages victimes en 2017 soit 569 000 ménages. Forte hausse en un an et niveau le + élevé sur 2006-2017. Enquete victimation https://bit.ly/2QwrT4X 

Voir les autres Tweets de ONDRP

ONDRP@ondrp

physiques hors ménage : 1,3 % des 14 ans et + victimes en 2017 (672 000 personnes), en hausse de 2016 à 2017 après une baisse de plusieurs années https://bit.ly/2QwrT4X 

Voir les autres Tweets de ONDRP

Les violences sexuelles hors ménage sont également en très forte augmentation, tout comme les violences physiques ou sexuelles au sein du ménage. Mais l’ONDRP signale qu’il convient de prendre ces deux derniers résultats avec prudence en raison d’une reformulation des questions en 2017 et de l’impact possible du mouvement #MeToo (dit aussi en France #BalanceTonPorc) créé dans la foulée de l’affaire Harry Weinstein, du nom de ce producteur hollywoodien accusé d’agressions sexuelles.

L’enquête suit par ailleurs deux indicateurs de perception de l’insécurité : celle ressentie à son domicile (17 % des personnes de 14 ans et plus, soit 8,7 millions d’individus) et celle ressentie dans son quartier ou dans son village (22 % des personnes de 14 ans et plus, soit 11,5 millions d’individus). L’une comme l’autre sont en augmentation de 1 point en 2018, atteignant leur point le plus élevé depuis 2006.

La tendance générale est donc des plus préoccupantes, car elle révèle non seulement que certains crimes et délits n’amorcent pas de baisse, mais également que certains autres dont on avait observé le retrait sont de nouveau orientés à la hausse.

Dans le premier article « Où va l’argent », je prenais l’exemple de l’infrastructure de transport dite Grand Paris Express pour mettre en évidence combien l’Etat était peu scrupuleux de l’argent des contribuables, combien il se lançait dans des projets stupidement pharaoniques pour la seule gloire de certains élus, combien ces projets étaient mal budgétés à dessein au départ pour mieux passer dans l’opinion, puis combien ils étaient mal gérés ensuite. Toutes raisons d’avoir des doutes intenses sur l’efficacité des prélèvements obligatoires, une fois engloutis dans la machine infernale de la dépense publique.

Avec ce second opus concernant la sécurité, on touche à un domaine qui ne figure pas en tant que tel dans les revendications des Gilets jaunes, mais il n’en demeure pas moins qu’il a un coût en échange duquel les Français voient leur sécurité mal assurée, avec une dégradation entre 2016 et 2017. Les réponses données dans le sondage Odoxa de 2018 ne laissent pas présager d’amélioration.

C’est grave, car si l’Etat ne devait faire qu’une seule chose, ce serait bel et bien d’assurer la sécurité des personnes et des biens à travers une police bien organisée, une justice indépendante et un système pénitentiaire convenable.

Or l’on sait que le budget attribué au ministère de la Justice (judiciaire et pénitentiaire confondus) est invraisemblablement inférieur à celui du ministère de la Culture (7,3et 10 milliards d’euros respectivement en 2019). Les moyens humains et matériels font défaut face à un nombre de dossiers en augmentation permanente. Résultat, les délais de traitement sont devenus légendairement longs et les Français sont 75 % (en 2014) à estimer que la justice fonctionne mal.

Quant aux forces de police et de gendarmerie qui nous occupent plus particulièrement ici, elles souffrent moins d’un manque de moyens humains que d’une organisation qui défie le bon sens et les met en permanence sous pression.

La profession est en effet en plein malaise : entre la mauvaise coordination des différentes unités entre elles, les missions d’un intérêt second telles que surveillance routière et protection des VIP,  le temps passé à des tâches purement administratives au lieu d’être sur le terrain, la déception de voir que bon nombre de petites peines prononcées ne sont pas appliquées, l’encadrement de manifestations violentes, sans compter le manque de repos et l’absence de considération de la part de la hiérarchie, les conditions de travail sont devenues telles que le taux de suicide est 3 fois plus élevé chez les forces de l’ordre que dans la population française générale.

Ainsi, en dépit des sommes astronomiques qu’il nous prélève – plus de 1 000 milliards d’euros en 2017 soit 48,4 % du PIB, on constate que l’Etat français est incapable d’assumer correctement son rôle régalien de protecteur des personnes et des biens, le seul qui justifie fondamentalement son existence.

En plus de toute la gloriole qu’il met à être stratège et providence, mille missions improbables l’appellent, de la fabrication d’objets en porcelaine via la Manufacture de Sèvres jusqu’au développement d’une appli mobile pour aider les taxis à « concurrencer » les VTC, tandis que la mission sécurité, accomplie par des forces de l’ordre au bord de la rupture, peine à s’extraire de l’échec que les Français lui reprochent avec de plus en plus d’insistance.

Seul accomplissement remarquable, sa capacité à saboter dans l’incompétence et la débâcle financière toutes les missions auxquelles il se consacre, qu’elles soient absolument nécessaires, complètement superflues ou totalement loufoques.


Sur les effectifs de police et gendarmerie, le nombre de crimes et délits ayant fait l’objet d’un dépôt de plainte, les taux d’élucidation et les comparaisons internationales, voir l’article : « Mais que fait la police ? » (05/11/2016).

Où va l’argent ? (II) : Plongée dans les chiffres de la délinquance

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4 réflexions au sujet de « OU VA L’ARGENT?. 1 et 2 par Nathalie MP »

  1. A lyon, il me semble que le « musée Confluence », initialement 100 millions ~, finalement 500million~. Le président du grands lyon, c’est pas « grave », le stade de lyon gerland n’ayant couté que 250 millions ~. Et en plus ce musée est trop moche, et à mon avis va couter une fortune en entretien. Mais bon pourront toujours augmenter l’entrée…

  2. Que l’Etat utilise mal, en général, tout l’argent qu’il prélève par les très nombreux impôts et taxes diverses en vigueur n’est pas nouveau ..
    Cela dure depuis des décennies et empire actuellement malgré les très nombreuses remontrances écrites de la Cour des comptes….Rien n’y fait..;ils restent insensibles aux injonctions pressantes.
    Le véritable scandale est bien là…car tous nos énarques, et assimilés, sont de bien piètres gestionnaires….malgré de salaires et avantages conséquents.
    Le gaspillage d’Etat est une honte et il serait grand temps de le faire cesser…car ceux qui sont en charge de “notre” argent usent d’artifices et de ficelles un peu grosses pour justifier certaines dépenses, dont le nombre croît avec le temps…
    Qui pourrait les prendre . au sérieux.?
    Il faut appeler un chat un chat…
    .Nous avons un grand nombre d’incompétents au gouvernement..mais le pire c’est que trop souvent il s’agit une incompétence voulue…..
    Le mépris du peuple s’exprime tous les jours par la voix de personnes qui savent fort bien qu’ils commettent des actes de gaspillage que le moindre petit gestionnaire digne de ce nom n’oserait commettre…de peur de finir en prison.
    Les remboursement de dépenses pharaoniques de prestige dont les promesses de lendemains glorieux composent les seuls justificatifs, ne leurrent plus personne…
    Il est grand temps de mettre de l’ordre et de nettoyer à fond les écuries d’Augias gouvernementales…Reste à trouver un Hercule capable d’un tel exploit.,car le temps presse.
    La faillite nous guette….tant notre dette grossit dangereusement et lamine de plus en plus nos espoirs de redressement..qui se réduisent au fil du temps. .
    Notre sécurité financière est en grand danger….il semblerait que personne en haut lieu ne s’en soucie. vraiment …comme si cela n’avait qu’une importance. secondaire….
    Alors …aveuglement inconscient ou lucidité perverse?*

  3. Merci Nath, superbe article précis.

    Aujourd’hui, nos “clampins” du gouvernement font machine arrière sur la taxe d’habitation.
    20% des français vont être exclus de l’exonération. Croyez bien qu’il y a des maires qui vont faire flamber le pourcentage de la base d’imposition servant au calcul de cette taxe.

    En clair, ça veut dire que les maires, intercom, Conseil Généraux et Régionaux vont savoir que nous n’en sommes pas exonérés, et, de ce fait, vont connaître de cet état de fait et vont en déduire la tranche de salaire dans laquelle nous sommes, ce dont ils n’ont pas à connaître C’est abject.

    C’est une mesure discriminatoire et anticonstitutionnelle…
    S’ils le font… Presse, Proc et Conseil Constitutionnel.

    Affaire à suivre…

    A propos des forces de l’ordre, ils se plaignent du manque de moyen, et notamment de ne pas avoir des Equipements de Protection Individuels (EPI) en quantité suffisante, quand on leur demande d’intervenir et qu’ils se trouvent en insécurité.

    Le code du travail s’applique aussi aux fonctionnaires de police.

    S’ils n’ont pas d’EPI, ils se retrouvent certes en insécurité.

    Dans ce cas de figure, ils n’ont qu’à saisir mes homologues Inspecteur Santé Sécurité. Il y en a au Ministère de l’intérieur, comme il y a des Inspecteurs du Travail des armées pour la Gendarmerie.

    Toujours, dans ce cas de figure, au lieu de se plaindre, il n’ont qu’à utiliser leur “DROIT DE RETRAIT” et l’Etat sera alors obligé de réagir afin qu’ils se retrouvent, dans le cadre de leurs missions, dans des conditions de sécurité, conformes au code du travail.

    Certes en la matière l’état et défaillant.

    Charge aux fonctionnaires concernés de réagir.

    Quant aux syndicats de la police, je m’abstiendrai de commenter leur compétence. S’ils ne savent pas comment faire, ils n’ont qu’à me contacter.

    Car quand un fonctionnaire à un accident de service… qui paye?…

    Le Con Tribuable.

    A+ Bernard

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