Raoult et les parisiens

Encore un bel exemple des dysfonctionnements de notre société et du gaspillage de temps, d’opportunités et de vies, la guéguerre que livrent les pontes médicaux parisiens, bavant de tout leur ego surdimensionné, au professeur marseillais Didier Raoult.

La critique à priori de ses essais du traitement associant hydroxychloroquine et azythromicine est chose facile car il n’y a pas de groupe témoin et qu’en médecine, pour apporter la PREUVE qu’un traitement est mieux qu’un autre ou que rien du tout, il faut un groupe témoin, ou bien utiliser le principe de la cohorte qui nécessite beaucoup trop de temps et n’est pas applicable en l’occurrence.

Reste à savoir si les essais du Pr Raoult sont mieux que rien ou pas, et si une étude « randomisée » avec groupe témoin, était envisageable. Celle-ci nécessite que parmi des malades porteurs du Covid-19, l’on propose à une moitié choisis au hasard, de ne prendre qu’un placebo. L’essai est en double aveugle, c’est-à-dire que ni le malade ni l’examinateur en fin d’étude ne savent qui a pris le traitement ou le placebo. Les résultats sont ensuite analysés et on peut savoir si le traitement est plus efficace que le placebo avec toute la rigueur scientifique possible.

Très bien mais il y a un mais. D’une part, il faut une autorisation administrative pour faire un tel essai humain, et en France, une autorisation administrative, c’est l’arlésienne. D’autre part, il faut un consentement des « cobayes » humains malades, en leur expliquant qu’ils ont une chance sur deux de ne recevoir qu’un placebo ! Allez faire comprendre à un malade qu’il va servir à une expérience alors qu’il vient se faire SOIGNER ? Jamais il ne signera ce papier alors que l’on dit depuis un mois que le traitement proposé par le Dr Raoult est efficace.

Personnellement, j’ai baigné dans la recherche bio-médicale pendant vingt ans et je peux confirmer la célèbre tirade de Charles de Gaulle, « on trouve des chercheurs qui cherchent, mais on cherche des chercheurs qui trouvent ». La différence que j’ai pu noter chez les « bons » chercheurs, est d’abord une connaissance encyclopédique de son domaine, une grande capacité à mener une équipe, un sens pragmatique en airain, une énorme attention au détails. Une expérience, cela ne marche jamais du premier coup. Mais le bon chercheur dans son microscope ou ses stats va détecter les petits éléments positifs qui vont lui permettre de penser qu’il est sur le bon chemin, éléments qui échapperont complètement à bien d’autres.

Le Pr Raoult, référence mondiale de son domaine, a constaté sur un peu plus de 20 cas que le traitement associant hydroxychloroquine et azythromicine faisait chuter la charge virale en 6 jours, au lieu de trois semaines habituellement, et évitait beaucoup de complications et de transmissions. Malgré le faible nombre de malades, son expérience l’a convaincu de l’intérêt de cette solution pour lutter contre la pandémie et il en a parlé, au risque d’être critiqué par les scientifiques typés ayatollahs, mais en conformité avec l’urgence de la situation, les drames associés et le serment d’Hyppocrate. Ses essais successifs sur une centaine et un millier de malades n’ont fait que confirmer. Certes, ce ne sont toujours pas des preuves absolues, mais on peut commencer à les comparer sérieusement à d’autres études qui peuvent servir de témoin.

Est-ce raisonnable d’imaginer comme le préconisait avant hier le Pr Yves Buisson de l’académie de médecine, ou le Pr Karine Lacombe, rétribuée par des laboratoires pour certaines de ses activités, que le Pr Raoult aurait dû et aurait pu prendre un groupe témoin avec un placebo. Imaginons un tel essai avec les 1000 malades déjà vus dans son étude récente. 500 traités avec deux décès, 500 avec placebo et 35 décès (pourcentage de décès des contaminés en France actuellement) ! Le professeur Yves Buisson aurait été content de disposer d’une étude « evidence based ». Qu’en serait-il des familles des 35 « morts pour la science » qui n’ont pas bénéficié du traitement considéré comme opportun ? C’est un cas typique de non-assistance en personne en danger.

L’hydroxychloroquine était en vente libre il y a trois mois. Comment peut-on maintenant la déclarer dangereuse ? Bien sûr il n’est pas question d’auto-médication en la circonstance, avec en particulier des risques de surdosage. L’azythromicine est un antibiotique parmi les mieux tolérés. Sur une période courte, le risque de réaction adverse est négligeable. De plus le coût de ce traitement est très faible, surtout si on compare avec les conséquences économiques catastrophiques de la gestion française actuelle de l’épidémie.

La moindre des logiques serait de permettre aux médecins généralistes de les prescrire après un test covid+, et avant que les symptômes s’aggravent. Mais la logique gouvernementale n’est pas la même :
1. les citoyens doivent rester chez eux tant que les symptômes ne sont pas trop graves;
2. si les symptômes deviennent graves, ils vont directement à l’hôpital;
3. seul l’hôpital dispose d’hydroxychloroquine actuellement;
4. le traitement à l’hydroxychloroquine n’est efficace qu’avant que les symptômes ne deviennent graves.
Chercher l’erreur !

Donc le traitement du Pr Raoult est INTERDIT actuellement en France !

Y a-t-il interférence de laboratoires pharmaceutiques qui voudraient proposer un traitement beaucoup plus onéreux ? Je ne sais pas mais les conflits d’intérêt dans le marigot de l’élite ne manquent pas.

De plus, vu le conflit médical et la notoriété exponentielle de Didier Raoult, son traitement va avoir un effet psychologique comme un « bon » placebo qui va très certainement potentialiser son effet purement médical.

Nous verrons bientôt, mais les « décideurs gouvernementaux » prendront probablement la décision de la possibilité de ce traitement trop tard, comme pour le reste, les masques, les tests, les gants, les tenues de protection, le gel hydro-alcoolique, les respirateurs, le personnel hospitalier, le recours aux cliniques privées, l’interdiction des réunions, les précautions sur les transports, notamment venant de Chine, etc… Comment mieux démontrer que l’on est des incapables, inorganisés, incompétents, irresponsables, j’m’enfoutistes, …

La France est devenue un grand désert médical. Cette épreuve majeure, surtout pour ce qui reste de nos soignants, permettra peut-être de remettre en cause une organisation dramatiquement défaillante, dépassée. Les Français ont-ils droit à un service de santé réactif, évolutif et moderne, pour les 11,4 % du PIB qui y sont consacrés ? Cela me parait impossible tant que l’administration commande aux médecins. Vu les 100% de chute de la charge virale par le traitement hydroxychloroquine plus azythromycine, si leur prescription était accessible aux médecins généralistes et aux pharmaciens, on devrait stopper le confinement tout de suite, sauf pour les personnes vulnérables, car il est maintenant inutile. On peut dire que TOUT le personnel médical est ou a été contaminé (et immunisé) et diffuse le virus malgré les masques, qualifiés d’inefficaces au début et c’est vrai. Et dans la population, il est devenu impossible d’empêcher que tout le monde finisse par être touché. Le traitement défini par l’équipe du Dr Raoult est la seule porte de sortie rapide de cette crise.

Dr Philippe Gault

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11 réflexions au sujet de « Raoult et les parisiens »

  1. 100 % d’accord. Merci de montrer les contradictions et incohérences liées aux études cliniques en cours sur le covid et au comportement de certains pontes médicaux – nous perdons du temps alors qu’il faudrait (et vite !) généraliser les tests de détection covid et le traitement chloroquine + azithromycine qui marche. Les études cliniques se font suivant des protocoles précis (avec cohortes, groupe témoin etc…) et en général sur plusieurs mois, là on dispose d’une association médicamenteuse qui n’a pas été testée suivant les formes mais qui fait baisser la charge virale en 6 jours et diminue le nombre de formes sévères du covid. Ceux qui soignent avec ces produts le constatent qutodiennement. On ne devrait même pas hésiter à l’adapter à grande échelle pour sortir rapidement de la crise covid-19. Pour le déconfinement (excepté pour les personnes atteintes, avec ou sans symptômes, et celles particulièrement vulnérables) on pourrait y procéder ensuite avec l’assurance que les persponnes testées négatives au covid-19 et restées confinées peuvent sortir du confinement – en se protégeant. Et retester à intervalles réguliers les personnes sorties du confinement et les malades “guéris” (risque de réapparition du virus en dépit d’une “guérison” apparente chez certains malades)

    1. Bien d’accord, j’ai fait une réponse équivalente 2 posts en dessous. Cependant il est illusoire à mon avis de dire que des personnes qui n’ont jamais été contaminées par ce virus le restent. Sa transmissibilité est plus grande que ce que l’on en dit. Des exemples en Chine sont surprenants. Comme toute épidémie de grippe, tout le monde finit par être touché et immunisé, et sans traitement, il y a ceux qui s’en sortent et ceux qui trépassent. On sera tranquilles quand tout le monde aura fait ses anticorps, et en protégeant avec le traitement les personnes vulnérables. Tant qu’il y aura une partie de la population abritée du Covid19, il y aura un risque de redémarrage, quelque soient les précautions, et cela peut durer très longtemps.

    2. Voilà. Nous avons entendu Macron. Le confinement continue. Il félicite ceux qui assurent les missions sanitaires et alimentaires.

      Les délais donnés restent inquiétants. Encore un mois pour disposer de masques en quantité suffisante mais seulement pour ceux qui s’exposent. Des promesses pour les tests. Encore 15 jours pour savoir si un traitement émerge des recherches en cours, donc sa visite chez le Pr Raoult ne semble pas l’avoir illuminé, à moins que les stocks de Plaquenil et de Zythromax soient trop faibles. L’évocation d’un vaccin activement recherché comme seule solution thérapeutique valable semble inspiré par les laboratoires pharmaceutiques. Bref, rien de nouveau et de convaincant.

  2. Il faudra bien que la vérité éclate au grand jour….car les morts s’accumulent…et on décrie toujours le traitement qui semble réduire fortement cette accumulation de décès….Impensable
    Nous revivons longtemps après, une guerre de religion ‘médicale”..
    Peut-on accepter une sorte de Saint Barthelemy à notre époque ?
    Nos élites ne seraient donc pas du niveau que l’on croit?
    Le doute s’installe ,grandit…de plus en plus et laisse place à la suspicion… ce qui risque de provoquer ce que nos gouvernants redoutent le plus….une vive réaction d’ une société moins malléable , et mieux informée, qu’ils ne le pensaient…Aie aie aie…

    1. Nous allons écouter le “président” ce soir. Prendra-t-il le virage ou pas ?

      Les solutions sont de plus en plus claires. Le problème est de savoir si la France dispose du matériel et des médicaments pour adopter une stratégie conforme aux données actuelles.

      C’est-à-dire, pour clarifier mes propos précédents :

      1) avoir des tests Covid (> 100 000 000) et tester si possible de maison en maison, d’immeuble en immeuble, de véhicule en véhicule, comme en Corée;

      2) ouvrir la consultation des médecins généralistes à tous les patients dès l’apparition de symptômes, et autoriser leur prescription si Covid+ et confirmation du diagnostic, sauf contre-indications;

      3) assurer la disponibilité de l’hydroxychloroquine et de l’azythromycine dans les pharmacies pour tous les infectés, contrôler les familles;

      4) confiner ceux qui sont en traitement et Covid + sans symptômes, et toutes les personnes vulnérables, âgées, obèses, en immuno-déficience, etc…

      5) libérer les autres, car pour la grande majorité des gens, l’affection au Covid19 est bénigne, et traitable. Il y aurait probablement un petit pic de consultations et de traitements médicamenteux sans hospitalisations, mais la population s’immuniserait rapidement, et ce serait beaucoup mieux que d’attendre que les symptômes soient graves pour saturer pendant des mois les services de réanimation. Cette conclusion ne peut pas être considérée comme valide sans la mise en oeuvre de tous les points précédents.

  3. ce que jean dit !!
    “mieux vaut rester silencieux et passer pour un imbécile que parler et n’en laisser aucun doute”.

    aux experts /médias & politiques de tout bords .. a bon entendeur sal..d comme dirait notre regrette colluche

  4. Docteur, je suis surpris que vous parliez encore du manque d’un groupe de témoins dans l’expérimentation du traitement du Professeur RAOULT alors que nous avons les statistiques nationales qui permettent aisément de comparer l’efficacité du traitement du Pr RAOULT sur plus de 1 000 personnes avec celles – ci. Alors que les experts critiquent le professeur pour un manque de méthodologie, que penser de la validité de l’étude DISCOVERY quant à la représentativité de ses échantillons. En effet, afin de tester 4 traitements sur 3 200 patients dans 7 pays européens, avec deux groupes, revient à avoir des groupes de 60 patients. Ce chiffre permet uniquement de dégager des tendances et risque d’amener des bias importants. Je regrette que vous ne parliez pas comme d’ailleurs, la plupart des experts, de l’analyse chiffrée des profils des patients en réanimation dont le risque d’une évolution trop forte par rapport à la capacité hospitalière a imposé la mise en place du confinement. Hors, les obèses représentent 87 % des patients en réanimation. De ce constat, des hypothèses de déconfinement ne pourraient – elles mises au point?

    1. Il ne s’agissait pas de publier une thèse sur une situation et des informations qui évoluent quotidiennement.
      Le Pr Raoult a bien dit que la méthode d’essai clinique en double aveugle “randomisée” n’avait pas vraiment d’intérêt en infectiologie. Le résultat est acquis quand vous avez au départ un groupe “malade” positif au covid19 aux tests disponibles, et que six jours après le même groupe est devenu covid négatif au test. L’agent infectieux n’est plus détectable et de plus les symptômes évoluent favorablement et rapidement.
      L’argumentation critique de ses opposants ne tient pas devant les résultats.
      L’expérimentation “DisCoVeRy” teste plusieurs traitements en comparaison aveugle, dont l’hydroxychloroquine seule, sans azythromycine, donc une approche différente de celle préconisée par Raoult. Combien de morts avant d’avoir les conclusions de cette étude qui ne tient pas compte de l’avis du plus “émérite” infectiologue au monde. C’est consternant.
      Je n’ai pas développé dans mon texte les populations “vulnérables”, qu’il convient de garder dans le plus rigoureux confinement possible. Les obèses en font partie évidemment.

      1. J’ai oublié de dire que l’essai DisCoVeRy prenait en compte des malades hospitalisés avec un groupe à symptômes “modérés” mais déjà avec un déficit respiratoire, et un autre groupe avec symptômes graves nécessitant une assistance respiratoire. L’essai est donc largement à coté de l’indication proposée par le Dr Raoult.
        Il faut des tests à large échelle et traiter dès apparition de symptômes.

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