S’il vous plait… dessine moi un magistrat.

Ça tombe bien, cet après-midi j’étais à la Chambre Correctionnelle de La cour d’Appel de Montpellier, j’en ai rencontré un : typique, plus vrai que vrai.

Malheureusement, je ne dessine pas très bien. C’est dommage, il aurait été un excellent modèle. Un ogre, avec chaque partie de son visage surdimensionnée, l’ensemble organisé de façon relativement harmonieuse, mais prenant tout l’espace. Une voix forte, un regard franc. Le genre droit au but, mais uniquement le genre, en réalité provocateur déstabilisant, enfin le joue-t-il ainsi.

Sûr de sa puissance, de sa condition, de son privilège, mais sans affectation. S’il fallait résumer en un mot : dangereux. La prétention de l’efficacité, donc expéditif.

Convoqué à 14h, je passe le dernier, à 17h30, parce que je n’ai pas d’avocat. Je rappelle le litige : en première instance, alors que je poursuis par citation directe pour concussion le cadre supérieur des Services Fiscaux Flory, qui tente de me piller, la magistrate m’a dit lors de l’audience de consignation : “C’est grave ce que vous faites M. Dumas” et m’a collé une consignation de 4.000 € pour me dissuader d’aller au bout de ma citation. D’où l’appel.

Après avoir brièvement résumé la situation, le magistrat me donne la parole.

Je commence en essayant d’expliquer qui je suis et pourquoi je suis là. Le magistrat m’arrête immédiatement en m’informant que je ne suis pas là pour raconter ma vie. Que je suis là, suppose-t-il, parce que je trouve la consignation trop élevée. Allons droit au but, dit-il.

J’explique donc que la consignation habituelle pour ce type d’affaire est de l’ordre de 500 à 800€.

Il me demande combien de citations j’ai engagées dans mes conflits fiscaux. Je lui réponds une dizaine sans doute, mais parfois de mon fait parfois de celui des agents fiscaux.

Voilà donc la première explication pour lui, cette consignation élevée serait due à ma situation de plaideur compulsif. Pas mal non ?

Si le fisc vous tue, si vous demandez à la justice de se pencher sur la question, une fois ça va, mais n’y revenez pas, vous dérangez. Alors que cette même justice a mis vingt ans et des dizaines de procédures pour admettre que le fisc tentait de me voler à l’occasion de la succession de ma mère.

J’explique au cours du débat, où le magistrat parle plus que moi, que le fisc est au-dessus de tout soupçon. Il m’arrête immédiatement : “personne n’est au-dessus de tout soupçon, pas même moi”. Mais il fait une exception pour le fisc “qui est une administration respectable”

Je ne vais pas engager le débat sur ce point, je me contente d’affirmer qu’au moins un contrôle fiscal sur deux est abusif, et je suis gentil. Alors le magistrat, positionnant son coude comme un bras de fer, me dit que les chances que j’ai de gagner la partie sont nulles. Pas mal… alors que mon avenir dépend de lui…

Fin de la partie, frustration maximum, délibéré au 12 Juin.

Mais quand même.

Il n’habite pas la même planète que moi cet homme. Il n’assiste pas aux mêmes drames que moi. Il est dans sa bulle.

Quand, pour finir, je lui ai dit qu’en ces temps de folie fiscale ayant détruit tout le tissu économique, il se pourrait que sous peu son salaire ne lui soit plus payé pour cause de ruine de cet Etat glouton, il m’a demandé si je me considérais comme paranoïaque.

Cela alors qu’il a refusé que je lui expose ma vie, qui je suis.  Il me juge à partir de ses aprioris, en me déniant au préalable le droit de me présenter.

Enfin, rien de nouveau sous le soleil. Toujours la même misère, le déni de justice dès qu’il s’agit du fisc, le financier de leurs salaires…les magistrats sont tous les mêmes.

Pourtant celui-là n’était objectivement pas si mal…

Résister est inutile, sauf pour l’histoire, quand la fin sera connue, il sera temps de comprendre pourquoi, peut-être y aiderons-nous un peu.

Le petit Prince a eu bien raison de demander le dessin d’un mouton.

Bien à vous.

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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6 réflexions au sujet de « S’il vous plait… dessine moi un magistrat. »

  1. Ces juges, ces fonctionnaires, sont souvent de jemenfoutistes, aux compétences parfois (souvent ?) douteuses.. Ils ne sont de toutes façons responsables de rien ! Votre vie ne les intéresse pas, les nuisances qu’ils peuvent provoquer, ils s’en fichent totalement… Ils sont payé en fin de mois, carrière assurée, et aucune responsabilité..
    J’en sais quelque chose, ayant eu affaire (et ayant toujours affaire) avec cette “institution” qu’est la justice, qui prétexte qu’elle n’a pas de moyen, mais qui est en fait gangrénée par la fainéantise, la démotivation, la mauvaise gestion, le rien à foutre, l’irresponsabilité totale…
    Un jour je vous parlerai peut-être des “saisies pénales”.. C’est pas mal non plus : un matin, sans vous prévenir, on vous prend tous vos biens “provisoirement”, et après seulement on vous dit pourquoi. Le fisc, à côté, c’est presque de la rigolade…

  2. Ce portrait de la justice de notre pays fait écho à ce que j’ai vécu durant ces dix dernières années :

    Un combat contre un prédateur du fisc et contre un fisc prédateur avec comme seule arme une justice repliée sur elle-même, qui agit à son rythme, assassin pour les plaideurs et qui n’accorde de crédit qu’à ses pairs : avocats, greffiers etc…

    Pour ne pas être abimée, mieux vaut ne pas avoir à faire avec elle
    ou alors être dans la situation du coupable avec un bon avocat.

    Selon que vous serez puissant ou misérable, vous serez jugé. LAFONTAINE

    Alors s’il fallait choisir entre lutter contre le Covid19 ou aller défendre ses droits en justice ou être confronté avec l’administration fiscale :

    Je préférerais attraper le virus (plus pragmatique) et me battre contre la maladie.
    il y aurais à mon sens plus de chance de s’en sortir et le dénouement serait bien plus rapide : Vivre ou tirer sa révérence.

    Car je sais qu’avec le fisc ou la justice, au mieux c’est la survie qui m’attend, au pire c’est l’esclavage à perpétuité !

  3. L’a-justice rendue au nom du peuple français qui se voit interdit d’assister aux procès en vertu d’une urgence sanitaire sans aucun fondement juridique ni médical.

  4. Je ne suis pas étonné, j’ai déjà été confronté à ce genre de personnage caractériel et borné dont l’aplomb n’ a d’égal que l’aveuglement. Dire qu’il y a peu encore ils disposaient de la peine de mort, certes les individus qui la méritent amplement ne manquent pas mais combien de têtes innocentes coupées sur la base d’enquêtes bâclées, de témoins peu fiables et de jurés influençables ?

    Quand on a été confronté une fois dans sa vie au théâtre judiciaire, on en sait le danger.

    Notons trois avancées quand même, l’ADN qui permet d’éviter les jugements obtenus à la suite d’aveux forcés, l’examen psychologique des futurs juges et la possibilité d’appel aux assises, mais il y a encore beaucoup à faire et rien n’est acquis définitivement, on le vérifie actuellement avec le fameux coronavirus, les droits fondamentaux se sont évaporés en deux temps trois mouvements sans protestations aucunes de nos ténors du barreau spécialistes des droits de l’homme ou autres philosophes.

    Juste pour l’anecdote, mon facteur n’a rien trouvé de mieux que de déposer une LRAR dans ma boîte aux lettres la semaine dernière en mon absence, supposant de lui-même mon acceptation en la paraphant d’un “procédure covid 19”, le plus fort est qu’il a aussi inscrit comme date de distribution celle à laquelle la lettre a été expédiée ! Trop fort à la poste, le courrier arrive désormais à J+0. Heureusement aucun délai ne court contre moi et il ne s’agit pas d’une missive fiscale. Cela dit tant que durera l’état d’urgence pas question pour moi d’effectuer la moindre commande par correspondance, le colis expédié en recommandé au prix fort jamais reçu et soi-disant délivré sur le seuil de porte sans contre signature et avec la parole du postier : très peu pour moi.

    Autre anecdote, je me suis octroyé un après-midi de fainéantise au bord de mer aujourd’hui, une fois n’est pas coutume. C’est très rigolo ce concept de plage dynamique, du bleu uniforme partout, des annonces menaçantes faites au haut-parleur, l’interdiction de poser sa serviette sur la plage et de faire bronzette à distance respectable de ses congénères potentiellement contagieux, mais plein de petits vieux (sans masques bien entendu) agglutinés sur les bancs publics de la digue et des longues longues files d’attente bien serrées, bien compactes devant les glaciers. Il n’y a pas à dire avec l’administration on est et on sera toujours dans le grand n’importe quoi.

  5. En conclusion, Face à l’irresponsabilité des administrations françaises, deux manières de résoudre les problèmes en France, car la colère génère un besoin de justice =
    -On peut obtenir beaucoup plus avec un mot gentil et un révolver, qu’avec un mot gentil tout seul. Al Capone
    -Le plus grand mal , à part l’injustice, serait que l’auteur de l’injustice ne paie pas sa faute. PLATON
    Pour ma part j’ai choisi la 1ere solution celle que ma famille a utilisée pendant la résistance de 1940 à 1945!
    Ma famille des résistants de la 1ere heure, décorés en particulier de la Grand-croix de la légion d’Honneur des noms de rues et avenue témoignent du sacrifice, m’ont appris que si quelqu’un te jette une pierre , jette lui une fleur…. Mais n’oublies pas le pot avec ! On peut pardonner, mais oublier non !

    RAPPEL = Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin et Si vous ne pouvez pas éliminer l’injustice, au moins racontez-la à tous disait Mr Ali Shariati, sociologue iranien (1933-1977). » C’est donc ce que je fais !
    La France n’est plus capable de faire régner la justice, l’injustice est devenue un métier. Je vous prie donc de lire la supplique MAJ en deux volets que j’aie adressée « Monsieur Le PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, accordez moi une audience » = Vous pouvez voir à l’adresse suivante sur MEDIAPART :
    https://blogs.mediapart.fr/edition/critique-raisonnee-des-institutions-judiciaires/article/030419/monsieur-le-president-de-la-republique-emmanuel-macr

  6. Cher Henri quand la vérité n’est pas libre la liberté n’est pas vraie disait « jacques PREVERT » et tu l’a vérifié comme le Lanceur d’alerte, le magistrat Georges Domergue, nous explique au travers de son affaire les dysfonctionnements du système judiciaire français. Entretien avec le magistrat Georges Domergue : L’intégrale, Cliquez pour écouter= https://www.youtube.com/watch?v=VvioXoPv31Y&feature=share&fbclid=IwAR2NWOaWaLjwJ9YBkauEqVUMTP8V-sIhUeqY8TGCJZuFFoZF8ylhneevIB8

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