BERCY LA MATRICE DE LA VIOLENCE

La violence s’est emparée de notre société, ses champions sont sur le ring. Chaque camp a choisi le sien.

D’un côté Christophe Castaner, ancien voyou, motive les flics garants du système en place, de l’autre Eric Drouet, qui n’est pas un bisounours mais dont on connait encore peu de choses, motive les révoltés prétendant aspirer à un autre système.

Les deux ne sont pas très regardants sur leurs troupes. Qui demande un CV à ceux dont il a besoin pour faire le coup de poing ? La majorité des flics aiment la castagne face visible du pouvoir, il en est de même de la majorité des gens qui manifestent dans la rue, les autres restent chez eux.

Flic ou voyou, l’alternance n’est pas une question de morale, c’est avant tout une résultante structurelle de l’organisation sociale qui se soucie relativement peu de la morale, qui est faite de conquêtes de pouvoir peu regardantes.

Mais me direz-vous pourquoi soudain la violence ?

Remontons un peu dans l’histoire.

Louis XIV, dit le roi soleil, fut un roi superficiel aux besoins financiers délirants qui malheureusement exerça le pouvoir fort longtemps et laissa le pays dans une ruine totale. Pour satisfaire ses besoins il installa une société d’initiés complices avec qui il partagea le gout du secret et l’indifférence face à l’abus de pouvoir et à l’injustice, dont les lettres de cachet étaient un des symboles.

La souffrance générée par ce roi ne mit pas immédiatement en danger la royauté, la population conditionnée et tenue à l’écart de la réalité par le secret subissait sans révolte significative.

Il fallut 75 ans et le poids de la misère par la ruine fiscale pour que la population descende dans la rue et casse tout, après que les intellectuels dits des lumières aient démystifié le secret, cassé la croyance divine dans le roi et conquis une minorité agissante. La majorité restant dans l’ignorance et la soumission la plus totale.

Revenons à nos soucis

Notre classe politique depuis les années 1970 est prise d’une folie initiatique et dépensière tout à fait équivalente à celle de Louis XIV, où elle et ses initiés se vautrent dans le pouvoir au mépris de toutes prudences financières et morales.

Elle cultive le secret, elle est indifférente à l’injustice, tout en affectant le contraire.

Malgré cela la majorité du pays lui fait encore largement confiance, mais la misère générée fait le lit d’une violence qui cherche à s’exprimer sans but précis ou constructif.

L’outil de Louis XIV était l’aristocratie ses prébendes et ses obligés, celui de notre classe politique est Bercy.

Bercy à elle seule regroupe toutes les tares d’un pouvoir en folie.

D’abord le secret et les lettres de cachet. Aucune information non maîtrisée n’émane de Bercy. Le secret y est la règle, ses employés le respectent tous, on peut supposer que dans le cas contraire ils savent que les sanctions encourues seraient pour eux insoutenables.

Les lettres de cachet sont les notifications fiscales qui suivent ou non un contrôle fiscal et qui sont un arrêt de mort sans possibilité de contestation, inconnues du public, elles aussi sont effectivement secrètes.

Bercy est l’outil qui prélève la dîme au profit des dirigeants sur l’énergie de la population. Sous couvert d’une répartition, dont personne ne voit la couleur, tous ceux qui travaillent perdent 80% de la valeur qu’ils créent, détournée par Bercy.

Bercy met les fonds ainsi volés à la population à la disposition de la classe politique pour conforter son pouvoir ou s’amuser au Monopoly mondial des affaires pour lequel elle est particulièrement peu douée.

Tout cela marchait très bien jusqu’à l’avènement d’internet.

L’ignorance entretenue par le secret, la délation accusant les acteurs économiques du vol en lieu et place de Bercy, permirent ce pillage à grande échelle sans que la population perçoive la réalité. Elle souffrait en silence, persuadée que c’est son destin.

Ceux qui percevaient la vérité étaient dévalorisés, ridiculisés par la justice, décrédibilisés par la propagande, jusqu’au jour ou internet s’est placé en observateur global pour tous.

L’intrusion sans précédent d’internet dans la vie publique et privée a mis au jour beaucoup choses, dont par exemple :

        – que l’exception française si vantée n’a pas que des qualités mais plutôt que des défauts,

            – que les favorisés de la république ont une vie sans aucun rapport avec les autres.

           – que le poids extrême de la fiscalité n’est pas une fatalité, d’autres y échappent.

          – que l’inversion des avantages liés à l’inactivité par rapport à ceux liés au travail n’est pas une règle mondiale.

         – Que des services publics en panne, des municipalités obèses, une justice aux abonnés absents n’est pas la marque d’une société moderne.

          – Que des hôpitaux à la ramasse, une population médicale en vrac payée au prix de l’ouvrier spécialisé après quinze ans d’étude ce n’est pas le fait du hasard.

          –  Qu’une éducation nationale qui fabrique principalement des illettrés, au sens large du mot, n’est pas respectable.

          – Que le monopole d’Etat sert principalement les employés de l’Etat, au détriment des assujettis.

          – Qu’une fiscalité délirante ruine les forces vives qui partent ailleurs.

          – Que la propagande ne remplace qu’un temps la réalité, qui a tendance à revenir au galop.

          – Que la propriété privée est l’ossature de notre société, la massacrer déstructure gravement la société, le lien social, l’objectif social, sans compensation crédible.

Ces constats et bien d’autres ont dans un premier temps découragé les français, brouillé leurs repères, les ont mis en état de sidération laissant la porte ouverte à tous les sectarismes, aux prédicateurs de malheur, aux complotistes et autres dérangés du cerveau.

De cette pagaille générée par Bercy sort aujourd’hui une violence qui n’a rien d’autre à proposer qu’elle-même.

Pendant ce temps Bercy, comme Louis XVI, se planque, fait semblant de mollir alors qu’il n’en est rien, n’imagine pas un seul instant revenir en arrière, s’excuser, rendre d’une façon ou d’une autre ce qu’elle a pris.

Bercy laisse la violence s’installer, se réjouit à l’idée que celle-ci, aveugle comme il se doit, finira par se mettre à son service, tant Bercy s’imagine le centre royal de tout, la légitimité divine, l’ordre et l’égalité, le droit, la légitimité.

Bercy ne mérite pas plus que Louis XVI, mais pas moins.

Bercy est la responsable de nos malheurs, de nos discordes, des violences actuelles, Bercy se cache, mais Internet voit Bercy, Bercy devra payer.

L’observation est la force qui modifie l’ordre des choses, Bercy est observée par le net, Bercy sera modifiée. Aujourd’hui ou demain, qu’importe ses jours sont comptés, M. Castaner n’y peut rien et M. Drouet pas grand-chose.

Bien à vous. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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12 réflexions au sujet de « BERCY LA MATRICE DE LA VIOLENCE »

  1. Je cherchais par combien diviser les 1.035 milliards de prélèvements obligatoires. Fallait-il prendre les foyers fiscaux (36.231.000 en 2011), les ménages au sens de l’INSEE (28,8 millions en 2014). Rendez-vous compte comme quoi ces deux administrations sont en retard de livraison de leurs data ! Si l’on prend le nombre de contribuables le chiffre MOYEN est de 28.567 € de contribution moyenne, rendez-vous compte !

  2. Je me suis retrouvé samedi dernier place de la Bastille, et j’ai essayé d’entamer le dialogue avec quelques GJ. Ils sont obtus, ils veulent renverser le pouvoir, mais ils cherchent d’autres appuis. Ce sont des rouges et non des extrémistes de droite comme dit à la TV. Je leur ai proposé de mettre de l’ordre dans leurs revendications pour être plus crédibles. Ils refusent. Ils sont rudement déterminés.Ils savent que la Bastille a déjà été prise et que les prochains bastions sont justement Bercy et l’ENA.

  3. En médecine quand la gangrène est trop avancée on ampute le patient et tout le monde trouve cela normal….car il s’agit de sauver de la mort ledit patient.
    En politique il faut faire même….sinon le pire est à craindre…et nous allons bientôt nous trouver face à ce problème…amputer ou pas ?
    Excessif ? La suite risque fort de nous prouver que non…
    D’ores et déjà le grand débat est une illusion et cela se ressent un peu partout déjà……il ne va déboucher que sur des réponses a des question posées surtout par le Président dans sa fameuse lettre…….les questions primordiales posées par le peuple n’auront pas de réponse ..ou au mieux des promesses lointaines…
    Quand le peuple va se rendre compte que le Président a cherché uniquement à gagner du temps, faisant surtout campagne en vue des élections européennes…si importantes pour lui…et qu’il n’entend pas changer fondamentalement sa politique,,ne donnant que des miettes finalement a un peuple affamé…alors que va -t’il se passer?
    C’est la seule question qui vaut d’être posée…tant les conséquences d’une colère peuvent alors nous emporter fort loin…en terrain inconnu…y compris vers un régime dictatorial ,demandé en outre par une partie de l’opinion apeurée(la France sera divisée en deux camps)….et soutenu par l’armée et les forces de sécurité.
    « Impossible » répondront les politiciens.(on comprend pourquoi)…et d’autres aussi..
    Ce mot est à manier avec d’infinies précautions…tant il est lourd de conséquences.
    Beaucoup pensaient cela à propos du Mur de Berlin par exemple …et pourtant il est tombé….
    Méfions nous donc des réactions dont nous ne sommes pas certains de maîtriser les effets…sans faire appel à l’usage de la force!
    Gardons nous surtout de nous prendre pour ce que nous ne sommes pas….
    car même de nos jours  » Arx tarpeia Capitoli proxima » ….la Roche Tarpéienne est proche du Capitole.!

  4. Cette critique de l’Ancien Régime est simplement nulle. C’est vraiment une manie pour paresseux et dogmatiques de balancer de la débine pareille….Vous écrivez tous les jours, soyez à la hauteur!

    1. Cher Monsieur Gug,
      Je me demande ce que vous faîtes sur ce site.
      Un site de peep show serait plus à même de satisfaire votre inculture.
      Soyez à la hauteur de vos fantasmes.

  5. Bercy est un nid de vipères qui élimine toutes les oppositions en son sein pour garder son venin à la mortalité maximale envers la population assujettie.

  6. Oui, oui, et encore oui. Que tous ceux qui comme moi partagent cette analyse prennent leurs armes (pour le moment nos plumes ou du moins nos claviers) pour dénoncer, dénoncer, dénoncer encore.
    En comptant sur l’effet papillon. Ce que nous pouvons dire les uns et les autres ne semble pas grand chose. Mais les battements d’ailes des papillons que nous sommes les uns et les autres peuvent plus tard, ailleurs…
    Continuez, Monsieur Dumas, continuons tous !

  7. « La réponse à la grogne des citoyens doit passer par la valorisation de solutions basées sur l’innovation, les économies de gestions à réaliser et non par le traditionnel ‘nouvelles taxes’ et arrosages de subventions fiscales. Le temps long doit primer sur les solutions de court terme »
    Mais quel exemple nous ont donné les élus qui ont dirigé la France depuis 1970 . Continuons à réfléchir , car pour ces politiques réfléchir pour le pays est très difficile , impossible , c’est pour cela qu’ils n’ont regardé que leur intérêt à court terme et ils agissent par conséquence hâtivement .
    Mais donner l’exemple n’est pas le principal moyen d’influencer les autres , c’est le seul moyen . Et quel exemple nous montre ceux qui dirigent la France et ceux qui veulent la diriger. On ne peut demander des efforts à ses concitoyens que si l’on est exemplaire et si l’on a le goût de l’absolu.
    Le populisme que certains dénoncent n’est pas une génération spontanée. Il nait de l’impuissance du système politique existant à satisfaire aux besoins exprimés par le peuple.
    Il y a une vision globale à intégrer . La France est le pays où il y a le plus de taxes au monde , les prélèvements dépassent en 2018 les 1000 milliards d’€ par an et la dette française est de + de 2100 milliard d’€ qui augmente chaque année. En 1970 la situation était 3 à 4 foins moins taxée et très peu de déficit voir pas du tout.

    Les Politiques continuent à dépenser sans compter , ils ne veulent pas réduire non seulement les privilèges mais les déficits. Trop de gabegie pas la peine de vous les rappeler..

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