Bus, démagogie, mégalomanie et grosses pépètes.

La semaine dernière j’étais à La Rochelle.

Une ville étonnante, courageuse, industrieuse, moderne, sérieuse, protestante, qui allait jadis de l’avant avec un élu, Michel Crépeau, véritable entrepreneur, qui avait fait croire, pour prendre le pouvoir avec la complicité des Rochelais, qu’il était socialiste alors qu’il était en réalité humaniste. Malheureusement, cet homme est décédé à l’assemblée nationale d’une crise cardiaque. Ce fut un grand choc pour la cité et une opportunité d’invasion pour les socialistes purs et durs, staliniens, qui prirent sa suite et depuis ravagent la cité. Elle n’est plus que l’ombre d’elle-même.

Mais bon, nous ne sommes pas là pour faire de la cuisine politique de proximité. Les Rochelais vont, comme tout le monde, avoir sous peu l’occasion de rétablir la situation et de se doter de dirigeants entreprenants et compétents. C’est tout ce que nous leur souhaitons.

Ainsi donc j’étais à La Rochelle pour assister à une de ces concertations bidons dont raffolent nos élus et que leur vendent à prix d’or des officines de communication politico-publicitaires. Ici, il s’agissait de s’esbaudir sur les résultats du SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale), mis en place il y a deux ans, qui pose de terribles problèmes à tout le monde, jusqu’aux« décideurs-concepteurs » eux-mêmes.

Ces concertations se déroulent de la façon suivante. Dans une salle remplie (30 présents environ) de quelques vieilles personnes qui s’ennuient, d’encartés du pouvoir en place et de cadres de l’administration locale, un ou plusieurs consultants extérieurs richement payés présentent un diaporama fait de textes et de croquis plutôt hermétiques. Ensuite ils interrogent le « public », enfin les deux ou trois vieillards présents qui se limitent dans leurs interventions à un ou deux problèmes personnels. Le consultant répond en souriant. Et voilà, la démocratie est passée. Les 150.000 habitants de l’agglomération sont restés chez eux. Les opposants, s’il y en a sur place, ne sont évidement pas écoutés, leurs remarques directement dirigées vers la poubelle, la démocratie new- look est à ce prix.

Ce soir là, le sujet était : les transports dans l’agglomération. Alors là, tenez-vous bien. La Rochelle est sillonnée de bus, tous plus beaux les uns que les autres, certains à rallonge avec des soufflets, carburant à je ne sais quel produit miraculeux qui dégage les bronches et facilite la respiration (enfin ça, ce n’est pas sûr, c’est moi qui improvise). Pour l’observateur extérieur, un étonnement, ces bus, la plupart du temps, n’ont pas ou peu de passagers. Nous apprendrons, au surplus, qu’un trajet en bus prend, à La Rochelle, en moyenne deux fois plus de temps qu’en voiture.

Pas de surprise, premier chiffre révélé, seuls 5% des transports sont le fait de ces bus rutilants. A la question de savoir si, face à ce fiasco, l’agglo envisage de se remettre en question ou au contraire de contraindre les habitants à utiliser ces bus de force, il n’y a pas de réponse franche. Mais, on sent bien que c’est la deuxième solution qui est souhaitée. La niaise réunion continue, et là, on apprend que la farce coûte la bagatelle de 25 millions de perte par an. Entendez 31 millions de frais pour 6 millions de rentrée billetterie. Evidemment, dans le public, l’encartée de service demande la gratuité des bus.

Que sont 6 millions de recettes par rapport à 25 millions de perte ? Très doctement le consultant aux manettes, aidé de l’élue responsable qui vient de rentrer dans la salle pour se montrer et va repartir aussitôt, déclare que la question mérite d’être étudiée…. Une vieille rengaine de bastringue disait « à chaque bouchon qui pète, y’a cent sous pour Ginette », à la Rochelle on peut chanter « à chaque bus qui passe, y’a 3,5 € pour tous les passagers ».

Plus sérieusement, il y a environ 200 agglomérations comme La Rochelle en France. Il n’est pas stupide d’imaginer que la facture bus y est identique. Soit à l’échelle du pays 5 milliards d’€, pour 5% de personnes transportées. Si vous faites part de votre étonnement, vous vous faites remonter les bretelles, grave. Premièrement, la voiture, ce n’est pas bien, un point c’est tout. Vous imaginez les élus améliorant les routes et les parkings pour que vous puissiez agréablement circuler, non mais ça va pas la tête. Et l’effet carbone, hein…??? Ah oui, l’effet carbone, parlons-en. Donc, à La Rochelle, les entreprises financent, par l’impôt, 25 millions de pertes bus. A un taux de prélèvement de 30%, cela représente un bénéfice préalable à réaliser de 83 millions d’€. Soit, pour tirer cette marge, un chiffre d’affaires de, mettons en étant large, 830 millions d’€. Les élus socialistes de La Rochelle ont-ils une idée du coût carbone d’un chiffre d’affaires de 830 millions d’€ ? C’est une incitation directe au consumérisme tant décrié et un aller simple vers l’étouffement général que de circuler en bus. Mais alors, pourquoi tous ces bus qui ne servent à presque personne, qui coutent la peau du cul, qui encombrent les voies de circulation et dont les chauffeurs sont mal embouchés ?

Pour une seule et unique raison, pour que les élus les voient passer et qu’ils constatent ainsi de visu leur pouvoir. C’est malheureusement aussi simple que cela.

Bien cordialement. H. Dumas

PS : Si regarder passer les bus n’est pas votre activité préférée, venez Jeudi 12 Décembre, de 18H à 19H, devant Bercy, vous recueillir et prier pour vos économies qui y sont sacrifiées.

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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