Capitalisme, démocratie et libéralisme

Si en lisant ce billet vous avez l’impression que j’énonce des lieux communs, que j’enfonce des portes ouvertes, tant mieux, c’est que tout est encore possible.

Les similitudes entre la démocratie et le capitalisme sont tellement évidentes que l’on finit par ne plus les voir ou au moins par les oublier, tout particulièrement leur point commun : le marché.

Le marché est un espace où les hommes échangent des biens ou des services selon une valeur définie ponctuellement entre eux au moment de l’échange et librement consentie.

Pour le capitalisme, cela suppose le droit de posséder accompagné de celui d’échanger librement.

Pour la démocratie, cela suppose le droit de voter accompagné de celui d’en disposer librement.

Ces deux formules débouchent sur deux « marchés libres ».

Marché économique libre pour le premier où le consommateur est le maître, marché politique libre pour le second où l’électeur est le maître.

Dans les deux cas, cette liberté de marché, et elle seule, suffira à garantir l’harmonie de fonctionnement issue du théorème souvent appelé « la main invisible », que je préfère définir par « l’équilibre naturel des marchés ».

Mais ces deux espaces, capitalisme et démocratie, mécaniquement parfaitement semblables, vivent des cycles ou paradoxalement leur rapprochement est rare du fait qu’ils concernent des environnements totalement différents.

L’un détermine l’économie, l’autre détermine la politique. Ce sont les deux piliers de la société. Chacun d’eux se croit plus important que l’autre, alors qu’ils sont globalement égaux dans leur nécessité, seulement différents dans leur urgence.

Cette différence de tempo les masque l’un à l’autre.

Conséquemment, le plus souvent les démocrates rêvent de soumettre le capital pendant que les capitalistes rêvent de soumettre la démocratie.

C’est ainsi que, par exemple, vit une Chine capitaliste infirme de sa démocratie et une Europe démocratique pour partie infirme de son capitalisme.

Cela s’explique par le fait que le marché, qui suppose le libre consentement entre opérateur et bénéficiaire, est systématiquement attaqué par un virus mortel pour lui : le pouvoir et son arme la force.

L’usage de la force, incompatible avec le consentement, peut atteindre le marché en provenance de l’intérieur ou de l’extérieur.

De l’intérieur ce sera le monopole pour l’un, la dictature pour l’autre, de l’extérieur ce sera la lutte de l’un contre l’autre.

Le pouvoir, ce poison, n’aurait objectivement aucune raison d’exister si le consentement était la règle absolue et respectée. Mais, pour de multiples raisons, toutes liées à l’imperfection humaine, ce n’est pas le cas.

Donc le pouvoir existe, ainsi que la force qui l’accompagne. Dont acte.

Les seuls contre-pouvoirs possibles sont les libres marchés économiques et politiques, nous devons les réclamer, les exiger, lutter pour les préserver.

De nombreux obstacles se dressent face à la liberté indispensable à nos deux marchés.

Ce billet n’a pas la prétention à lui seul de tous les répertorier, seulement d’établir leur fonctionnement.

Pour le marché économique on trouve par exemple, entre autre, la publicité, ou pire le protectionnisme.  Pour le marché politique ce sera la propagande, ou pire là aussi la délation, le bouc émissaire.

Chaque fois, le principe est d’instiller un discours qui discrédite le marché en prenant appui sur l’insatisfaction chronique des acteurs du marché qui, in fine, soupçonnent toujours le juste prix de ne pas l’être.

Le marché suppose le consentement, mais il n’implique pas la satisfaction. C’est son problème.

Paradoxalement, la satisfaction peut parfaitement surgir au détour d’une action de pouvoir incompatible avec le marché, ou avec la raison.

Le marché est toujours raisonnable, efficient, rarement satisfaisant. C’est son point faible.

Alors que le pouvoir et la force, ennemis du marché, ne sont jamais raisonnables, mais presque toujours satisfaisants, au moins dans l’instant.

Nous sommes ici au cœur du dilemme des hommes et de leurs sociétés.

Nous pouvons conclure en affirmant que le libéralisme, qui prône le marché, est la seule solution économique et politique performante, constructive. Il est la raison, mais il n’est pas la satisfaction ni la jouissance, que l’on trouve plus facilement dans le pouvoir et ses excès.

Voilà pourquoi le libéralisme ne déplace pas les foules.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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5 réflexions au sujet de « Capitalisme, démocratie et libéralisme »

  1. Bjr Henri,
    Ce que je retiens c’est que le libéralisme offre des avantages si on se retrousse les manches… ce qui mettrait sur la paille tous les parasites d’Etat qui profitent du détroussage actuel des contribuables!

  2. Explication simple et convaincante de ce qui fait que le libéralisme est un corpus de principes très séduisants !

    « Une économie est libérale, nous dit Milton Friedman, quand l’Etat prélève environ 30 % des richesses produite. Au-delà, elle devient socio-démocrate. Nous sommes aujourd’hui à 60 % de prélèvements !  »
    Par contre une question que je me pose : Quel est le niveau optimal d’Etat-Providence ? (pour la France, entre libertarianisme/minarchisme et capitalisme d’Etat)
    http://goo.gl/JxcmjP

    1. Bonjour,
      Un État est libéral s’il laisse au marché toute sa place.
      Sa mission régalienne ne peut pas se regarder en pourcentage. Elle s’apprécie en besoin ponctuel, par exemple en temps de guerre le budget de l’armée peut faire exploser les pourcentages.

  3. le marché… ( l’offre et la demande ) qui font que l’on accorde de la valeur a un bien ou a une personne que l’on pense bien sous tout rapport.

    le marché comme le monde s’autorégule.
    trop de spéculation , une bulle ,un krach et c’est fini on repart pour un tour!
    trop de fiscalité , un marche parallèle, on légifère , un régulation et on invente une autre parade.
    trop de pouvoir, le peuple se soulève, une tête salvatrice apparait, un espoir se crée et on se fait enfler jusqu’au prochain tour.

    le troc entre gens, un marché de change basé sur une valeur or qui malgré les siècles reste fixe , une fiscalité basée sur l’indice du bonheur trop de libéralismes .. bref le monde des bisounours , ca ne marche pas!!! .

    une autarcie, un regroupement communautaire qui fait que l’humain a la différence de ses semblables, se rassemble par affinité de race ,d’opinion de pensée et de besoin et revenir aux éoliennes de don quichotte et aux voitures a pédales …. ca ne fonctionne pas non plus

    puis de la mêlée car il y a toujours un chef qui émerge , se prend pour Alexandre le grand et il faut se dire que quoique soit le pouvoir d’une personne, son règne politique, financier ou tyrannie d’une quelconque confrérie fait qu’inéluctablement cela s’arrête un jour , nous sommes tous égaux face à notre destinée.

    effectivement pour certains qui nous quittent avant la fin ce ne peux qu’être un maigre réconfort de se dire que le méchant va y passer mais c’est comme un long film , souvent c’est le gentil qui gagne a la fin !

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