Cette grave crise du capitalisme qui nous menace tous

Etes-vous, comme beaucoup de ces français, persuadés que les difficultés économiques actuelles sont dues aux méfaits et aux excès du capitalisme ?

Les politiciens de la gauche moralisatrice le répètent sans arrêt : «tous les problèmes viennent du capitalisme » ; sans omettre d’incriminer l’impérialisme américain , cet antre du capitalisme sauvage qui exploite les pauvres travailleurs ! D’ailleurs, selon eux, le capitalisme est immoral !

Ce faisant, ils opposent capitalisme à socialisme en faisant intentionnellement une confusion entre socialisme et humanisme et en présentant le capitalisme comme un système redoutable qui n’est que l’évolution de l’esclavagisme !

A cette occasion, ils font aussi une confusion avec le libéralisme pour le qualifier d’  « ultra » ; histoire de le rendre encore plus terrifiant !

Il faut donc commencer par définir le capitalisme !

Le capitalisme est un système économique fondé sur la propriété privée des moyens de production et l’accumulation du capital permettant de créer des outils de production, des biens de consommation et de la croissance.

Ce n’est pas une idéologie (contrairement au socialisme), ce n’est pas une doctrine, c’est une pratique des affaires qui est née en Angleterre, au 18ème siècle, lorsqu’il y a eu à la fois une libéralisation de l’économie et une sécurisation juridique de la propriété privée permettant d’accumuler du capital sans risquer de le voir confisqué au gré des besoins d’un monarque ou d’un État.

Compte tenu de ce qui vient d’être dit, il faut en revenir aux origines de la crise actuelle, laquelle remonte aux années 2008 ; le point de départ étant la crise des subprimes dont l’épicentre est situé aux USA.

Dans les années 2000, il a été décidé dans les hautes sphères administratives américaines que toutes les familles devaient être propriétaires de leur maison et un vaste programme de financement a été engagé par le biais de 2 agences spécialisées dans le prêt hypothécaire Fannie-Mae (Federal National Mortgage Association) créée en 1938 et Freddie Mac (Federal Home Loan Mortgage Corporation) créée par Nixon en 1970.

Leur but était d’émettre des obligations à taux bas en vue d’alimenter en liquidités le marché des prêts immobiliers à taux réduits et, en vertu de leur tutelle publique et de leur rôle social, elles bénéficiaient d’une garantie implicite du Trésor américain.

La cible de cette opération était principalement les populations pauvres et particulièrement les afro-américains. Or, comme cette catégorie sociologique n’a pas les moyens de financer l’acquisition d’une maison, les prêts consentis devaient permettre de financer la totalité de l’acquisition.

L’idée de base était de relancer l’économie américaine par le biais de la consommation.

Toute l’astuce de l’opération partait du principe que l’ouverture massive du crédit allait doper le marché de l’immobilier, faire monter les prix et que les acquéreurs pauvres qui ne pourraient pas payer leur crédit revendraient leur maison, avec bénéfice, quelques années plus tard.

L’emprunteur soldait le crédit, la banque récupérait son prêt et l’immobilier était florissant !

Dans ce schéma, F&F fournissaient une assurance de remboursement, voire même achetaient les crédits immobiliers aux agences de crédits en vue de les titriser puis de les revendre à des investisseurs. En 2008, F&F possédaient ou garantissaient environ pour 5 000 milliards de dollars du marché américain des hypothèques (2 fois le PIB de la France !) et pratiquement un crédit hypothécaire sur deux était financé par F&F avec la garantie de l’État fédéral US !

La crise financière a débuté en 2007 et a principalement pour origine la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (la Fed) au cours des années 2000 car rien de tout ce qui s’est passé n’eut été possible sans une politique monétaire « accommodante ».

En effet, sur ordre de l’Administration Bush (père), la Fed a baissé son taux directeur près de onze fois, le faisant descendre de 6,5 à 1,75% en 2001, avant qu’il n’atteigne la barre symbolique des 1% en juin 2002, soit le plus bas niveau depuis 1954.

L’afflux de liquidités fut sans précédent et le succès considérable : l’administration Bush avait réussi à accroître le nombre d’accédants à la propriété de 69 %.

Si on en est arrivé à la crise de 2008, c’est que, vous vous en doutez bien, il y a quelque chose qui s’est coincé dans ce petit montage !

En effet, il en est résulté une bulle immobilière.

La croissance des prix de l’immobilier fut supérieure ou égale à 10 % en Californie, Floride, et dans les États du Nord-Est au cours de l’année 2002 et des hausses de prix de plus de 25 % par an ont été observées dans l’Arizona, Hawaï et le Nevada sur la période 2004-2005.

En parallèle de cette bulle immobilière, l’inflation a varié entre 4 à 8%. Par voie de conséquence, la Fed a décidé de rehausser ses taux directeurs au delà des 5% dès 2006.

Or, contrairement aux habitudes françaises de financer les acquisitions immobilières avec des prêts à taux fixes, les prêts aux USA sont à taux variables et l’augmentation des taux directeurs a entraîné une hausse des taux des emprunts immobiliers ainsi que des mensualités des accédants à la propriété immobilière !

Pris à la gorge en raison de mensualités devenues trop élevées, des millions d’américains se sont mis alors à revendre leurs biens immobiliers afin de rembourser leurs dettes.

Or, à demande constante, toute hausse brutale de l’offre se traduit mécaniquement par une baisse des prix : la bulle a éclaté en même temps que les défauts de paiement se généralisaient.

Le marché du crédit immobilier s’est arrêté net, si bien qu’en août 2006, l’indice de la construction neuve était en baisse de 40 % par rapport à l’année précédente.

En août 2007, plus d’un million de défauts de paiements furent constatés et deux tiers des foyers menacés de saisies (soit 4,3 millions) durent solliciter un plan de refinancement.

Au total, plus de 2,4 millions d’expulsions ont été mises en œuvre, touchant ainsi plus de 5 millions de personnes !

Evidemment, les quantités phénoménales de crédit nécessaires avaient été obtenues en s’adressant au marché et plus particulièrement aux banques par le biais d’une titrisation des emprunts immobiliers qui devenaient alors des produits de placement et de spéculation !

La titrisation n’est pas autre chose que l’agglomération des dettes des emprunteurs en vue de leur placement sur les marchés financiers en les présentant comme des produits sûrs, sans risque et à haut rendement .

Or, l’évolution de la situation a fait que non seulement les prix de l’immobilier ne montaient plus mais les ménages endettés se retrouvaient insolvables et les crédits consentis et titrisés devenaient irrécouvrables !

Les banques, gavées de ces produits, ont aussitôt cherché à s’en débarrasser en les mettant sur le marché … ce qui a provoqué un effondrement de la valeur de ces actifs devenus pourris !

Comme un virus, la panique s’est alors répandue et les banques de la planète entière se sont retrouvées en difficulté. Tout ce qui avait un rapport avec l’immobilier était devenu suspect ; spécialement dans certains pays où la spéculation avait connu des débordements invraisemblables tels que l’Espagne et l’Irlande (En Espagne, ce sont les caisses d’épargne, proches des pouvoirs régionaux et à vocation sociale, qui ont le plus financé l’immobilier et les projets des régions, qui se sont retrouvées difficultés).

La crise a connu son apogée avec la faillite de la banque Lehman-Brothers par un phénomène bien connu d’assèchement du crédit car, à la crise financière, s’est ajouté une crise de confiance c’est à dire que les banques ne se prêtaient plus entre elles ; chacune ayant des doutes sur la solvabilité des autres !

Evidemment, les deux agences F&F se sont retrouvées en difficulté et pour donner une idée du désastre, il faut savoir de l’État Fédéral les a renflouées à hauteur de 350 mds de $ soit autant que le montant des aides accordées à la Grèce !

Pour éviter une crise systémique, les banques centrales, Banque centrale européenne et Réserve fédérale des États-Unis, ont été obligées de procéder à des injections massives de liquidités sur le marché interbancaire afin de permettre aux établissements de refinancer leur activité et les États ont dû intervenir et sauver de nombreuses banques ; ce qui a provoqué une crise de la dette publique et une récession touchant l’ensemble de la planète.

On n’a pas manqué, à cette occasion, de vilipender les excès de la finance internationale dérégulée mais la réalité n’est pas tout à fait celle-là … car cette crise trouve son origine dans le dégonflement de la bulle immobilière américaine et on voit que ce sont les intrusions de l’État dans des domaines économiques où il n’a rien à y faire qui ont provoqué la catastrophe !

La crise des subprimes n’est pas une crise du capitalisme ou de la finance internationale dérégulée mais le résultat d’une politique économique étatique visant à faciliter l’accès à la propriété immobilière via l’abaissement des standards de solvabilité des emprunteurs.

Et on retrouve, de manière constante, ce type d’interventions en France !

S’il n’y a pas assez de logements, c’est que l’État et ses affidés sont partis du principe que l’habitat devait être social et a tout fait pour bloquer les investissements privés (des particuliers par des contraintes aussi nombreuses que pénalisantes – blocage des loyers, loi SRU …)

S’il n’y a pas assez de travail et d’emplois c’est que les entreprises ne peuvent pas embaucher car les charges sont trop lourdes et qu’elles ne peuvent pas licencier quand ça va mal car les procédures administratives sont pénalisantes !

Si les entreprises publiques (AREVA, EDF, SNCF …) sont toutes plus ou moins au bord du précipice, cela est dû exclusivement à des décisions politiques prises par l’État et son administration !

A cela vous ajoutez que les banques ne sont plus désormais que la courroie de transmission du Trésor public ; elles sont chargées de collecter l’épargne pour la remettre à l’État et lui permettre de faire face à son train de vie dispendieux !

Et d’une manière plus générale, pensez-vous sérieusement qu’un système dans lequel les banques centrales émettent de la monnaie dans le cadre de leurs QE, le prêtent aux banques à taux zéro qui le reprêtent aux États surendettés à taux zéro a quelque chose voir avec le capitalisme ?

Les États anticipent d’ailleurs la prochaine crise en prévoyant le blocage des dépôts bancaires, des contrats d’assurance vie et le renflouement des banques mal gérées …

Dès lors, si vous voyez une économie capitaliste dans un pays où le gouvernement est incapable de réduire le train de vie de l’État et ses dépenses, où les dépenses publiques s’élèvent à 57% du PIB, où les budgets de l’État sont en constant déficit de 30% par an moyenne depuis 30 ans, où le taux de prélèvements obligatoires s’élève à 46% du PIB, où l’État s’endette pour plusieurs générations, c’est que vous faites bien partie de ces français qui croient que nous sommes dans une crise du capitalisme !

Or, tout ça, ça n’est pas du capitalisme car, contrairement à l’opinion dominante, les causes principales de la crise de 2008 proviennent bien de l’interventionnisme étatique  et les politiques économiques des États sont la principale source d’instabilité économique .

C’est donc à tort que les crises actuelles sont dites « crises du capitalisme » et/ou imputables au libéralisme du fait que l’époque contemporaine n’est ni libérale, ni capitaliste au sens du « capitalisme de libre-marché ».

L’économie n’est pas quelque chose de figé et d’immuable, la mondialisation des échanges a créé de nouvelles règles, les entreprises s’adaptent ou disparaissent.

Le seul qui ne s’adapte pas est l’État et son administration pléthorique ; c’est à dire tous ceux qui vivent de l’argent public puisqu’ils réparent leurs erreurs avec votre argent par le biais des impôts et de la contrainte nécessaire à leur recouvrement.

Nous sommes en fait en face d’une crise d’un modèle d’organisation étatique qui n’arrive pas à s’adapter à l’évolution du monde !

Cette crise est tout simplement celle de l’interventionnisme, de l’étatisme et du collectivisme insidieux !

Or, si 2008 était une crise de surendettement et de solvabilité, dix ans plus tard l’endettement a été multiplié. La planète n’est plus qu’un immense monceau de dettes et un jour il faudra bien que toutes ces dettes s’annulent les unes les autres …

Mais ce jour-là, gare au effets collatéraux !

Bien cordialement à tous !

Απο την Ελλαδα (de Grèce).

PHILOS

A propos PHILOS

Né en 1958, titulaire d’un DEA de droit commercial de l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, je suis un ancien avocat fiscaliste et partage ma vie entre la France et la Grèce. Européen convaincu, persuadé que le libéralisme est la seule option possible en matière économique, très à cheval sur les libertés individuelles, j’ai un ennemi : l’étatisme rampant qui détruit le tissus économique et social.

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5 réflexions au sujet de « Cette grave crise du capitalisme qui nous menace tous »

  1. le capitalisme ? le baudet de la fable !
    la vérité ( peut-être) :
    1980 = 2 millions de fonctionnaires
    2015 = 6,5 millions !
    à 3,6 millions d’€ le fonctionnaire et 2 à 3 millions en surnombre, je vous laisse calculer le chiffre aberrant (absurde extravagant irrationnel saugrenu?)
    7200 milliards d’€uros au minimum c’est au dessus de nos moyens et parfaitement inutiles (sauf régaliens de terrain)
    nota bene : ne pas oublier les élus qui sont jusqu’à 10 fois trop nombreux.

  2. Merci pour ce rappel et l’extrême justesse de la crise des « subprimes » ( bulles après tant d’autres telles que télécom , internet etc )
    Tout à fait exact aussi que la réalité actuelle est ce « monceau » de dette tout autour de la planète ( le Japon étant le champion je crois)

    Il est vrai que tous les ans , la France et tous les autre pays ne cessent d’accroire leur taux d’endettement par rapport au PIB
    Un imbécile de pseudo économiste avait écrit un article il y a peu de temps en disant qu’une dette publique n’était pas fait pour être remboursée .
    Les particuliers eux sont sans cesse soumis à l’évidence contraire « un emprunt vous engage et doit être remboursé » .
    Qui a tort qui a raison ?
    Bien évidemment toute dette a un coût son taux d’intérêt .
    La France n’est qu’un épiphénomène dans cette course au gouffre et la RFA ( le seul Etat du monde avec un équilibre budgétaire) a pris le chemin inverse

    En 2007 lorsque SARKO a accédé au pouvoir la dette publique représentait 60 % du PIB .
    Aujourd’hui 105 % et la même explosion dans tous les pays de l’OCDE .
    Rassurez vous le gouffre n’est pas devant nous puisque nous lui tournons le dos.

    Il faut bien avouer que la charge de la dette publique sommes toutes « assez légère » actuellement eu égard au niveau des taux a un grand risque à terme de devenir insupportable même si on ne veut ou on ne peux rembourser ladite .
    A terme personne ne doute que doute que rien ‘étant immuable , les taux évolueront en positif .
    Imaginez leur quadruplement ( en France actuellement les emprunts d’Etat ont un taux quasi nul et en tous cas inférieur à 1 % soit 30 milliards de frais financiers sur 300 milliards de budget ?
    Ainsi en passant à ce taux « non déraisonnable de 4 % , ce n’est pas moins du tiers des ressources publiques qui seraient affectées a_ service de la dette qui resterait constante en volume et que tous savent évoluer , encore à un taux plus élevé .
    Ne parlons pas de cet minable petit « hexagone » , mais faites le calcul macro économique mondial .

    Rassurez vous tout est prévu . Déjà la CEE a mis en place un système déjà testé en Italie , à Malte et ailleurs de main mise sur les avoirs bancaires des citoyens de s Etats pour faire face à la « banqueroute » des banque ( mais pas à celle des épargnants qui nous foutrons la paix car nombre d’entre eux voyant les économies de toute une vie confisquée , se suiciderons et dégagerons donc le terrain pour que cela continue .

    Préparez vous , cet évènement inéluctable est proche et si vous n’êtes pas encore trop idiot , n’ayez plus d’avoirs bancaires en épargne et autre ( car leur saisie est proche) , dépensez tout et transformez votre monnaie en biens matériels , ce sera le moindre mal .

  3. Un rappel historique intéressant le Traité des devoirs de Cicéron Il y a + de 2000 ans= Tous ceux qui seront à la tête de l’Etat doivent se souvenir des deux préceptes de Platon: veiller aux intérêts des citoyens en y rapportant tous leurs actes et en oubliant les leurs propres; avoir souci du corps entier de l’Etat en ne favorisant pas une partie aux dépens du reste. ….Ceux qui s’occupent d’une partie des citoyens en négligeant les autres introduisent dans la cité un mal qui doit la perdre, la sédition et la discorde; il arrive que les uns se dévouent pour le peuple; d’autres n’ont de zèle que pour les grands; bien peu songent à tous; de là sont nés à Athènes de grands conflits, et, dans notre république, non seulement des séditions mais des guerres civiles désastreuses.
    « Date et lieu de naissance de Ciceron : Auteur latin et homme d’État romain né le 3 janvier 106 av. J.-C. à Arpinum en Italie, Cicéron fut assassiné le 7 décembre 43 av. J.-C. à Gaète, ville située en Italie. Il meurt à l’âge de 62 ans, sa tête et ses mains furent exposées à la vue du pleuple sur ordre de Marc-Antoine. »

    Veritas Thesaurus est ! La vérité est un trésor,
    « Ad augusta per angusta » signifie en français : « Vers les sommets par des chemins étroits ». Il faut comprendre que la gloire ne s’acquiert …

  4. effectivement très beau article
    –> remarquablement décrit  » l’état Français se reconnaitra »

    d’où l’intérêt ( si on croit en les ration de bale III) 🙂 chacun reconnaitra qu’il vaut mieux avoir ses fonds mêmes déclares au lux ou chez les p’tits suisses qu’au crédit lyonnais!!!

    non bref , comme on n’a pas le chapitre 13 comme nos amis ricains, les français vont moins ricaner quand sa va sentir le SAPIN roussi et que l’on va raser gratis les comptes des épargnants !!

    maintenant vous comprenez pourquoi les hommes politiques, Show bises , bobo& co , n’ont rien dans leur déclaration de patrimoine ou auprès de la HATVP.

    comme disait MULDER, la vérité est ailleurs !!!

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