El-Khazzani, soliste ou choriste

Les informations qui nous parviennent de cet événement démentiel sont sujettes à caution.

Si j’ai bien compris, le bonhomme prend le train armé jusqu’aux dents, pas loin de quinze kilos de matériel. Cela parait incontestable mais objectivement surprenant.

Son matos est complètement périmé : un pistolet Luger centenaire, une kalachnikov sans doute accompagnée de munitions incompatibles qui s’enraye au premier tir –  la police scientifique n’a retrouvé qu’une douille — et un cutter.

Les hommes de l’Etat prétendent qu’il est un intégriste dirigé par une organisation mondiale, lui affirme qu’il n’est qu’un délinquant ordinaire.

A leur version s’oppose le médiocre armement et l’impréparation d’El-Khazzani, à la sienne l’invraisemblance de la découverte de cet arsenal d’opérette dans une valise abandonnée comme il le prétend. Match nul pour les deux, énigme pour nous.

Saurons-nous un jour la vérité ? Rien n’est moins sûr.

Par contre nous pouvons analyser les impacts  politiques et sociologiques de cette folie ou, plus modestement, donner notre ressenti.

El-Kazzani est un choriste

Aux ordres d’un Islam intégriste, il apporterait la preuve que nous n’avons pas les moyens humains et matériels pour endiguer ce genre d’attaque, que notre avenir sera donc ponctué de ces tentatives de carnage.

Evidemment, cela légitimerait les lois liberticides déjà en place et celles à venir, pour le plus grand bénéfice de, suivez mon regard : la junte de Bercy.

A contrario l’Islam intégriste, sur ce coup, se décrédibiliserait tant l’incompétence militaire d’El-Khazzani est flagrante. Qu’est-il allé apprendre en Syrie ?

Comment ce fait-il que le monde n’arrive pas à se débarrasser d’une bande de terroristes aussi minables ?

Il est clair que notre Président adhère à l’hypothèse « choriste ». Le voilà obligé de donner à cet évènement une ampleur mondiale.

Pas si facile. Deux points gênants : les fiches dénonçant El-Kazzani comme un dangereux terroriste n’étaient pas suffisamment explicites pour l’empêcher de circuler, ses voyages aux sources syriennes restent une interrogation, cela fait deux grands vides informatifs.

Est-il possible que la police européenne, d’une part établisse des fiches inutiles parce que peu ou mal renseignées, d’autre part — aujourd’hui en possession de ses téléphones et du bonhomme — ne puisse pas résoudre ces interrogations ? Ou, sont-elles sans fondement ?

La précipitation du président Hollande à se mettre sur le devant de la scène pour récompenser ceux qui ont neutralisé El-Khazzani — dont le courage n’est pas à mettre en doute quand bien même ce fou était désarmé du fait de la vétusté ou de l’inadéquation de son matériel de mort – fait peine à voir et l’oblige à nous vendre son hypothèse de terrorisme.

Soit, puisqu’il le dit, donc terrorisme, mais cette affirmation envenime lourdement l’ambiance entre français, marginalise un peu plus les musulmans, fait le bonheur des racistes. Est-ce bien raisonnable ?

El-Khazzani est un soliste

Il s’est procuré son matériel avarié chez des petites crapules belges, marginaux trafiquants de drogue comme lui. Il s’est persuadé qu’il pouvait vraiment cambrioler un train. C’est un peu étonnant, mais les motivations des malfrats ne sont-elles pas toujours étonnantes ?

Cette hypothèse n’est pas imaginable pour notre Président. En effet, elle induit que notre société, pourtant parfaite puisque socialiste, laisserait sur le bord du chemin des hommes dans une telle désespérance qu’ils en arriveraient à imaginer ce type de plan incroyable pour exister.

Déresponsabilisée, désocialisée, désespérée, ostracisée, dévalorisée, ignorée, déconsidérée, la masse des jeunes magrébins chouchoutée par le socialisme serait donc à la dérive, impliquant inévitablement ses protecteurs socialistes.

Peut-on imaginer que face à leurs responsabilités d’hommes, face au respect qu’ils doivent comme chacun de nous aux règles de notre république, traités d’égal à égal et non maternés par les biens pensants socialistes, ils seraient de bons français et non des « à tendance terroriste »… « à se méfier »… à ficher »…. ? Que, traités sans concession, comme devrait l’être chacun de nous, nous pourrions cohabiter normalement ?

Que libres et responsables, dans une société libérale, ils s’accepteraient tels qu’ils seraient, compétents ou incompétents, travailleurs ou fainéants, sans reporter sur les autres leur destin au point d’imaginer possible de cambrioler un train ?

Autant d’hypothèses qui resteront sans réponse.

Choriste ou soliste, je ne sais pas, mais, objectivement, on peut affirmer qu’El Khazzani n’a pas compris la chanson.

Il nous restera de cette affaire la morale suivante.

Trois hommes élevés dans une société libérale dont l’individualisme forcené est journellement dénoncé par notre presse bien pensante : l’Amérique, n’ont pas hésité à sauter à la gorge d’un assassin qu’ils croyaient lourdement armé.

Pendant que, dans le même temps, immergés dans une société socialo-communiste entièrement vouée à la solidarité, vantée journellement par notre presse bien pensante, les employés, probablement cégétistes, de la SNCF s’enfermaient à double tour dans un bureau qu’ils pensaient protecteur pour eux, sans s’occuper des passagers dont ils avaient la responsabilité.  CQFD.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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