FRANCE TELECOM

La justice poursuit la société France Télécom pour harcèlement. C’est une bonne chose. Certains croient y voir le bon vieux conflit des classes sociales entre le patronat et le monde ouvrier, entre le capital et les salariés. Il n’en n’est rien. Ils se trompent lourdement.

Il s’agit ici pour la justice, du moins je l’espère, de sanctionner simplement et à juste raison un abus de pouvoir. Cela n’a rien à voir avec l’économie et le libéralisme.

Les dirigeants de France Télécom n’en sont pas les propriétaires. Les propriétaires sont virtuels, disséminés en porteurs d’actions anonymes et multiples. Ces porteurs d’actions souhaitent probablement des résultats financiers. Mais, rien ne peut laisser supposer que leur souhait passe par le harcèlement des salariés. Bien au contraire, l’intérêt du patron est, incontestablement, de s’occuper étroitement du bien-être de ses salariés, au point que les reproches de « paternalisme » sont monnaie courante, lorsqu’il existe un patron identifiable.

Donc, l’affaire France Télécom est tout simplement un problème d’abus de pouvoir de vilains« kapos », de provocations entre salariés, les uns en bas de l’échelle et les autres en haut leur faisant « suer le burnous ».

Il serait complètement stupide d’en faire un exemple des nuisances du libéralisme, alors que cette affaire ressemble davantage aux violences générées par les systèmes planifiés où le pouvoir est confié à des individus non impliqués à travers un capital personnel. Celui qui détient un capital n’a aucun intérêt à s’en servir pour se mettre à dos ses employés en les harcelant ou ses clients en les volant.

C’est, au contraire, quand le capital est masqué, appartenant à une multitude non identifiable ou encore à l’Etat, que ses serviteurs peuvent devenir pervers, violents ou voleurs, en toute impunité.

Il semblerait qu’un changement soit en route, que la justice enfin se soucie du harcèlement au-delà de son simple aspect sexuel. Bravo.

C’est un grand bonheur, la justice a du pain sur la planche. Notre justice, fraternelle et égale, va donc, probablement dans les jours qui viennent, mettre en examen le Ministre des Finances et la plus grande partie des contrôleurs fiscaux.

En effet, existe-t-il une entreprise pratiquant davantage le harcèlement que les services fiscaux ? Existe-t-il un taux de suicide plus important que celui lié aux contrôles fiscaux ? Existe-t-il un carnage humain plus lourd, dans notre pays, que le carnage fiscal ?

En toute impunité, jusqu’à ce jour, les contrôleurs fiscaux pratiquent le harcèlement. C’est pour eux une méthode de travail, qui va objectivement jusqu’à la torture fiscale tant ils ne se donnent aucune limite.

Ce temps est terminé, la notion de harcèlement professionnel et financier existe, l’affaire France Télécom en est l’annonciatrice, « re-bravo ».

Personne ne peut raisonnablement imaginer que la justice se fourvoierait. Que, poussée par je ne sais quel dogme ou idéologie,  elle s’imaginerait, au lieu de rendre la justice, s’ériger en justicier de l’économie, confondant alors celle-ci avec la bureaucratie, ce qui n’a rien à voir, vous en conviendrez.

Une telle erreur serait de nature à laisser croire que la bêtise aurait totalement pris le pouvoir, jusqu’en ces lieux qui nous sont si chers : les Tribunaux.

Non, ce ne peut pas être le cas. Gardons confiance, les mises en examen des contrôleurs fiscaux pour harcèlement ne vont pas tarder.

En attendant, je vous conseille un bon pastis, à l’ombre des platanes, sur la place des lices.

Bien cordialement. H. Dumas

Anecdote :

Entendu dans un bar:

– Tu comptes sur tes copains ou sur ton patron pour payer ton salaire à la fin du mois ?

– Ben, sur mon patron, couillon.

– Alors, pourquoi tu votes pour tes copains, connard ?

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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