Il n’y a pas de marche arrière, ni pour nous ni pour les éleveurs.

Depuis plus de quarante ans je constate l’extension de la planification collectiviste de notre économie, comme tout un chacun peut le faire sous réserve d’avoir le poids des ans qui correspond.

Aujourd’hui, 57% de notre PIB dépend de l’Etat.

Le coût induit de cet effrayant pourcentage se retrouve en taxes et charges qui s’accroissent année après année, avec une accélération exponentielle. Evidemment, une cohorte de textes liberticides encadrent et tentent de justifier ces contraintes.

Qu’ils soient ou non sincères, un certain nombre de responsables politiques participent à la dénonciation de cet état de fait, puis, parvenant au pouvoir, ils continuent, voire augmentent cette folie.

Inutile de revenir sur l’explication connue de tous. Nul n’ignore que l’économie ainsi entravée, contrainte, perd de vue sa propre réalité et tombe de Charybde en Scylla.

Croyant maîtriser la concurrence, organiser le marché, gérer l’égalité et humaniser la compétition, la planification collectiviste de l’économie enchaine dysfonction, ruine et pauvreté.

Le vrai problème tient au fait que cette planification agit comme une drogue, qu’elle dissimule ses carences sous l’apparence de la justice, de la sagesse, de la protection du plus grand nombre.

Ceci au point que, lorsque les symptômes catastrophiques des conséquences de ses erreurs apparaissent, le désir de tous n’est pas de retrouver la liberté qui seule permettrait à l’économie de reprendre ses droits, mais au contraire d’amplifier la planification collectiviste.

Ce paradoxe est lié au fait que la planification n’est pas une réalité mais une projection imaginaire, et que le rêve est toujours plus séduisant que la réalité.

Occultant la réalité, l’utilisant même pour effrayer ses contradicteurs, la planification collectiviste prétend déjouer les crises, les faillites, les aléas de l’économie alors même qu’elle les amplifie à travers ses dénis.

Le placebo miracle qui occulte les travers de la planification collectiviste s’appelle le crédit ou la subvention.

C’est-à-dire le moyen d’obtenir de la trésorerie sans rapport direct avec la réalité économique de son activité. Comme tout placebo, il ne soulage que celui qui y croit et laisse la maladie se développer en silence.

Au terme des crédits et subventions diverses vient toujours la facture finale liée à une économie hors de ses réalités. Un temps celle-ci est payée par les autres à travers la fiscalité. Puis, l’effondrement du système ne connaissant pas de limite, il arrive un moment où tout s’écroule.

Mais, avant cet instant de vérité, qui signe la mort et la disparition d’une société planificatrice inutilement dévoreuse de liberté au profit d’un fantasme d’égalité qui cache en réalité la captation du pouvoir économique par le pouvoir politique, le chemin de la souffrance est long, c’est un enfer pavé de décisions toutes aussi stupides les unes que les autres, mais si prévisibles.

Eleveurs, industriels de la viande et grande distribution sont aujourd’hui dans l’œil du cyclone.

Ils paient toute une série de pseudo-avantages qui les avaient précédemment ravis. Ils applaudirent, en son temps, les « Safer » pour maîtriser la terre, les réglementations pour limiter la concurrence, les subventions pour arrondir les fins de mois, les crédits pour croître plus vite que la réalité.

Aujourd’hui ils sont face au mur. Ailleurs, la liberté fait mieux, ils sont hors marché.

Doivent-ils disparaître, puis revenir plus tard, à la force du poignet, plus solides, ancrés dans le réel, ou doit-on les prendre encore plus en charge ?

Il n’y a pas l’ombre d’une hésitation, c’est la deuxième solution qui va s’imposer.

Donc, leur faillite doit être payée par d’autres. Ce ne seront pas les industriels de la viande qui paieront, ils sont logés à la même enseigne que les producteurs, que tout « mono-acteur ».

Ce sera donc la distribution. Pas n’importe laquelle, celle qui pourra faire un transfert de perte sur un autre produit. Ce sera donc la « grande distribution ».

Ainsi sollicitée, la grande distribution va monnayer son intervention, peut-être des ouvertures le dimanche, ou encore plus d’entraves à la concurrence, à l’implantation de nouvelles enseignes, peu importe.

Cela ne lui coutera rien, elle négociera des remises sur ses fournisseurs moins spectaculaires, moins politiques, qui les absorberont et en mourront probablement, mais dans l’indifférence générale.

Cependant, ce cycle apparemment vertueux aura à se reproduire, pour le lait, le vin, le fromage et je ne sais quoi encore, jusqu’au jour, pas si lointain, où pour le pouvoir politique la tentation sera grande de nationaliser la dite « grande distribution ».

« C’est pour mieux te planifier mon enfant » dira le loup.

J’en ai déjà parlé et j’y reviens, tant la chose me parait inévitable.

Est-il un seul employé de ces monstres qui ne se verrait pas, avec ravissement, dans la peau d’un fonctionnaire ? Les familles possédant ces commerces sont si riches, pourquoi s’accrocheraient-elles à un truc devenu si complexe qu’il leur crée plus de soucis que de satisfactions ?

L’Etat planificateur en rêve évidement, faisant abstraction de toute réalité économique il ne voit que le pouvoir immédiat qu’il s’octroierait.

C’est donc vers cet avenir que la planification collectiviste nous entraine inexorablement, avec la complicité aveugle des producteurs et industriels de tout poil qui espèrent ainsi échapper à la concurrence et se gaver en profitant de l’irresponsabilité et de l’incompétence des fonctionnaires qui gèreront ces monstres, comme c’est le cas lors de toute nationalisation.

Pour nous ce sera, à terme, quand nos impôts, subis ou extorqués, ne seront plus en mesure de payer la catastrophe, la danse devant les rayons vides, remake moderne de la danse de nos ancêtres devant les buffets vides.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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6 réflexions au sujet de « Il n’y a pas de marche arrière, ni pour nous ni pour les éleveurs. »

  1. Pour le secteur « économique » du soin humain,
    le mouvement aura été similaire puisque avec les complicités
    de l’Ordre des médecins ( grand garant de l’éthique du soin, et surtout de l’intérêt du consommateur de soin / versus la pérennité économique de l’exercice professionnel ),
    et des syndicats médicaux ( et autres soignants ) croupions,

    jointes à la servitude volontaire des médecins et soignants libéraux,
    et à la complaisante inertie des usagers-cotisants,

    le pouvoir « central-collectiviste » aura réussi à concentrer
    entre les mains des assureurs français, déguisés sous la cape universellement bienveillante et apparemment unifiée de la mère Sécu,
    les puissances financière et décisionnelle ( canonisées sous la blanche bannière de la « protection sociale » des faibles et des impécunieux ) ,
    désormais responsable de la « désertification médicale libérale» qui s’annonce
    avec son corollaire hospitalo-centrique que le monde entier ne nous enviera bientôt plus du tout .
    Et, non content d’avoir promu la consultation à 23 € indépendamment de sa durée, de sa complexité, de sa qualité et de sa portée sanitaire individuelle et sociale,
    le « pouvoir central-collectiviste de nuisance » fomente un « tiers-payant-généralisé-et-obligatoire » pour la totalité des citoyens impécunieux et irresponsables de cette pauvre sous-France !
    Grâce à quoi la consommation de soin pourra s’emballer pendant quelques semaines à la plus grande satisfaction des usagers et des prestataires de proximité (en mal de recettes supplémentaires pour payer leurs charges exponentielles). . . avant la vague de fermetures de cabinets et d’officines pour cause de mauvais paiements par le grand-tiers (la « Sécu » en faillite programmée) qui nous voulait tant de bien commun.
    Tout ce cirque ne nous rappelle-t-il pas celui de la « dette » Grecque ?
    Le « centralisme » collectiviste dont se targuent les politiciens de l’ère dite moderne n’aura été que la « légalisation » totalitaire du processus industriel qui,
    sous le mirifique prétexte de l’accès du plus grand nombre aux biens et aux services, n’aura servi que l’ambition cumulative de quelques cupides oligarques sur fond d’avidité consumériste des « masses populaires »
    si chères au regretté Georges Marchais .
    Il nous reste à construire quelques règles plus simples et jouables de coopération économique de proximité à échelle humaine, c’est à dire inter-INDIVIDUELLE !
    Et pour cela, il nous faudra faire le deuil du fantasme de l’illimité,
    tant pour les prétentions de « croissance » collective (communiste ) ,
    que pour l’accumulation individuelle ( capitaliste ) ;
    Le philosophe contemporain Jean-Luc Nancy révélait il y a peu l’imposture des collectivistes de tous poils qui ont « gauchi » la pensée de Marx qui voulait en réalité « une propriété qui ne soit ni collective, ni seulement individuelle . . . » ;
    Notre pensée économique a encore du pain sur la planche, et des chausse-trappes à esquiver !
    N’attendons plus de penseur ni d’homme « providentiel » pour sauver notre « modèle » de précarité sociale !
    C’est à chacun de créer les conditions d’un libre-échange inter-individuel responsable et durables puisque non truqué:
    le modèle anglo-saxon du « contrat » pourrait bien nous inspirer,
    puisque la tricherie ne commence qu’avec l’arrivée d’un tiers prétendant-garant, qu’il soit institutionnel, central, médiateur ou médiatique;
    Fabriquons quelques lois simples, équitables, lisibles et applicables,
    et nous n’aurons plus besoin de pyramides hiérarchiques pour en travestir la transgression !

  2. Le problème de nos concitoyens paysans provient essentiellement du fonctionnement oligarchique de notre République qui favorisent les connivences avec la Grande Distribution et autres multinationales. Rien n’y changera si le fonctionnement reste le même. Les aides sont des emplâtres sur une jambe de bois. Une démocratie qui n’évolue pas, est soumise à la médiocrité des Hommes =
    http://www.temoignagefiscal.com/une-democratie-qui-nevolue-pas-est-soumise-a-la-mediocrite-des-hommes/

  3. 57% de PIB collectivisé, ça veut dire que pour 100€ de valeur produite, 57 est prise par l’Etat, au delta de l’endettement, arrondissons donc généreusement à 50%.

    Mais c’est une moyenne ! Or à l’évidence, certains contribuent beaucoup moins que 50% de leur valeur ajoutée. Un smicard par exemple, paie peu d’impôts ou de taxe foncière, et sa TVA se limite à l’alimentaire à taux réduit. Pire encore,un chômeur ou cassos qui ne produit rien mais reçoit des allocs est débiteur net.

    Donc si certains paient moins, pour obtenir cette moyenne (assimilée médiane), il faut que certains paient plus. Un revenu à peine au-dessus de la moyenne va casquer au moins 60%. Un « haut » revenu atteindra facile 70-80%. Un artisan sera dans ces eaux-là si tout va bien. Au moindre dysfonctionnement du RSI, il passe au delà de 100%. Il est créditeur net, il donne plus qu’il ne produit.

    Il ne peut le faire que par :
    – spirale d’endettement
    – spoliation de son patrimoine (l’argenterie de pépé ou la maison)
    – prélèvement sur salaire de son épouse
    – travail au noir pour financer les charges légales !

    Plus vite il arrête et mieux ça vaut. Il devient cassos et augmente considérablement son niveau de vie (vécu Inside).

  4. Bonjour tous les jours une nouveauté bravo pour votre prose. Autre nouveauté
    La honte 30cts par litre de lait pour le producteur c est comme 23€ pour le medecin generaliste consultation après 8 a dix ans de formation??!!! Pauvre Tsipras la grece ne s en sortira qu en sortant de l euro??!!! Mais voilà certains veulent encore plus de pouvoir donc gouvernement européen !! Dans l air?
    Génocide continue tous les matins 4 suicides agriculteurs et petits patrons malgré
    Cela félicitations au congres des mandataires pour les services rendus plus ça tombe mieux ça vaut comme ça on pourra accueillir un peu plus de migrants
    On regrette 23€ pour un medecin. Le lait c est pitoyable mais on ne regrette pas
    Cmu gratos. C est drôle? On ne regrette pas 3000€ un repas par tête a l élysée?
    On ne regrette pas la légion d honneur a celui qui a participé de pres ou de loin
    Au mediator servier 2100 deces??!!! Tout a l avenant je pourrais continuer encore
    Longtemps génocide de l ivg ???? 225000 par an comptez ce que ça donne pour
    40ans??!!!! En finance mais surtout en manque de peuplement pour la France
    C est pourquoi il faut faire rentrér des migrants notre population est vieille ??!!!
    Pensez donc ??!! Enfin je crois que je ne suis déjà plus de ce pays ou de ce monde
    En mon âme et conscience quand je vois partout dans le monde l horreur
    Le goulag moderne pour les jeunes russes??!! Je ne sais plus comment réagir !!??
    Bonne soirée a bientôt.

  5. Le fait que 57% de notre PIB dépend de l’Etat démontre la destruction de nos entreprises en particulier les TPE-PME innovantes . Un rappel La France a 4 fois moins de TPE-PME innovante que l’Allemagne actuellement alors qu’il y a 40 ans nous étions au même niveau . La France suit peu à peu le chemin de la Grèce , c’est inévitable.. Rappel de mes publications :
    La France ne peut être sauvée que par les insoumis =
    http://www.temoignagefiscal.com/la-france-ne-peut-etre-sauvee-que-par-les-insoumis/
    Une démocratie qui n’évolue pas, est soumise à la médiocrité des Hommes =
    http://www.temoignagefiscal.com/une-democratie-qui-nevolue-pas-est-soumise-a-la-mediocrite-des-hommes/
    Bien cordialement

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