La banque et le capital

Il y a en gros deux mille cinq cents ans, Socrate exposait son intelligence, sa philosophie, marquant à tout jamais le monde occidental.

Il se trouve que cet homme remarquable n’a jamais rien écrit. Tout aussi bien d’autres hommes remarquables de son époque, ou avant ou après, on dit des choses pareillement remarquables dont il ne nous reste rien.

Mais Xénophon et Platon ont raconté Socrate, ainsi sa pensée vit encore.

En réalité ces deux hommes ont capitalisé Socrate.

Ce qui nous importe donc, ce qui compte, ce qui a permis à l’humanité de progresser, ce n’est pas tant la pensée de Socrate que sa capitalisation par Xénophon et Platon.

L’intelligence actuelle de l’homme prend sa source dans la capitalisation par l’écrit des intelligences passées. Notre science n’est pas le fruit du génie des hommes ou d’un Dieu, mais tout simplement de l’accumulation, de la capitalisation par l’écrit, des progrès dont chacun ne fut en lui-même que modeste et éphémère.

Le livre — l’écrit — est le capital qui, fructifiant, a permis l’avènement de l’homme d’aujourd’hui, qui a peu de rapport avec celui de Neandertal.

Ce sont les bibliothèques, banques du capital intellectuel, qui sont le socle de notre monde.

La particularité d’internet, sa prodigieuse universalité, est de démultiplier à l’infini l’accès aux bibliothèques, l’accès au capital intellectuel.

L’économie fonctionne exactement de la même manière.

Sa force, sa potentialité de développement, n’est pas liée à tel homme ou telle idée mais au capital que ces hommes ou ces idées sont susceptibles de générer, qui servira de socle au prochain développement de l’économie.

Si l’on souhaite l’épanouissement de l’économie, si l’on est convaincu que son progrès profite à tous, par l’emploi, la richesse, ce ne sont pas les acteurs économiques qu’il faut protéger ou favoriser, c’est le capital.

Les opérateurs existent naturellement, ils naissent et disparaissent au fil du temps, le capital lui, socle de l’économie, se construit pas à pas, se perd plus vite qu’il ne se créer, alors qu’il est, sous toutes ses formes, la base essentielle de l’économie, celle sans qui rien n’est possible ou ne perdure.

La question n’est donc pas de favoriser les opérateurs, mais de favoriser le capital.

Trois dangers le menacent directement :

– Les hommes de l’Etat

– Ses propres serviteurs

– Ses phases de fragilité

Les hommes de l’Etat utilisent depuis toujours le capital dans le seul but de favoriser leur pouvoir, que ce soit en levant des armées ou en s’assurant par la redistribution la soumission des plus pauvres qui sont les plus nombreux. Ce faisant ils le détournent de son utilité, de sa mission de socle permettant le progrès de l’économie.

C’est ainsi qu’il est aisé de prédire les pires maux aux chinois, peuple qui a fait de tout temps la preuve de par le monde de sa capacité à produire des richesses, qui le fait aujourd’hui de façon remarquable, mais dont le capital issu de son labeur est entre les mains de l’Etat, qui ne peut que le perdre.

Ses propres serviteurs utilisent le capital qu’ils savent créer grâce à la concurrence pour, devenant riches, s’en protéger par le monopole. Le monopole tend à limiter les compétitions nécessaires à la création de l’économie au profit de celui qui, par la contrainte, s’approprie exclusivement un flux de richesse. L’exemple le plus frappant est la grande distribution en France qui, du fait de l’insondable sottise de M. Royer, s’est vue octroyer un monopole d’implantation, qui perdure et dénature complètement l’économie de la distribution.

Les phases de fragilité du capital sont larvaires. Entre deux états existentiels, en phase d’échange ou de recherche, le capital se conserve à l’état de monnaie. Celui qui affaiblit cette monnaie, volontairement ou involontairement, détruit l’avenir du capital.

Dans cette phase de fragilité, à l’état de monnaie, le capital parait malheureusement particulièrement disponible, facile à capter, à voler ou à falsifier. Ceux qui prennent cette responsabilité devraient être sévèrement condamnés. Il serait bon qu’ils perdent leur nationalité dans un Etat qui souhaiterait favoriser son économie (enfin, je dis ça, façon de parler, je ne vise personne, enfin si….mais…bon.).

Il existe une solution pour protéger le capital source vitale de l’économie.

Deux conditions sont à remplir :

– Trouver une tierce personne

–  Répartir le risque

Trouver une tierce personne, digne de confiance, gardienne du capital, est fondamental. Nous avons vu que les hommes de l’Etat ne le respectent pas et que ses propres serviteurs tendent à le pervertir au service de leurs seuls intérêts monopolistiques. Cette personne est le banquier évidemment. Il est le personnage clef de l’économie. Sa dévalorisation actuelle, dans laquelle il porte lui-même la plus grande part de responsabilité, est catastrophique. La réhabilitation de la banque et du banquier est fondamentale, si l’on veut que l’économie prospère.

Répartir le risque est la deuxième urgence. Peu d’auteurs se sont penchés sur la stupéfiante richesse des Etats-Unis de la fin du 19ème siècle à la moitié du 20ème, tout particulièrement sur la place essentielle des banques de villes ou de villages dans cet évènement, puis sur le tarissement de cette richesse dans le même temps que ces banques disparaissaient.

Le banquier de proximité, sous réserve que sa faculté de prêter soit limitée au capital déposé chez lui, moins ses créances douteuses, est la tierce personne nécessaire à la constitution et à la pérennité du capital.

Pour résumer ma pensée, j’affirme que le capital est le socle matriciel et vital de l’économie. Toute atteinte portée au capital est suicidaire. Sa conservation et sa prospérité sont une activité qui doit être confiée à des personnes indépendantes, intègres, encadrées, multipliées au plus près des opérateurs économiques : ce ne peut être que les banquiers.

Pour relancer l’économie de ce pays, il suffit de libérer le secteur bancaire, de favoriser l’implantation de banques dans toutes les villes de France et de défiscaliser le capital, sous toutes ses formes.

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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4 réflexions au sujet de « La banque et le capital »

  1. Bsr,
    sauf qu’actuellement les banquiers sont tenus par les « coronès » via le FICOBA et ils sont aux ordres de l’Etat et du fisc puisqu’ils doivent dénoncer leurs clients pour la moindre peccadille!

    Sans omettre que les contribuables remboursent les dilapidations des banques (exemple: le Crédit Lyonnais= Gros EscrocS…)
    @+

  2. Tout à fait d’accord, HENRI, que, pour relancer l’économie de ce pays, il suffirait de …. défiscaliser le capital. Mais attention de défiscaliser celui qui est mis au service de l’économie et non celui qui est gardé pour le profit de quelques-uns. La perte pour le fisc qui garrotte le capital qui circule doit être compensée en dehors de la solution de diminuer les dépenses. Mais par quoi remplacer les rentrées perdues de cette défiscalisation ?

    1. Il faudrait d’abord que le pouvoir sache que le peuple est courant que: rien ne peut être obligatoirement volontaire, et rien ne peut être volontairement obligatoire sans que cela soit de la dictature. Un acte est soit volontaire, soit obligatoire.

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