LA SACEM UN RACKET DE CONNIVENCE BIEN FRANÇAIS (que le monde entier nous envie)

 Voici un 5eme extrait de mon livre « La Locomotive ou la fin des années rock ».
Ce livre qui fait 377 pages est en recherche d’un éditeur qui doit se faire une certaine idée de la Justice. Celle que moi, j’avais avant la visite de Monsieur M.Mace http://www.temoignagefiscal.com/m-mace-linspecteur-verificateur-assermente-qui-assassina-la-discotheque-la-locomotive-en-1996/.
En effet, ce livre retrace l’aventure de la Locomotive, qui fut la plus grande discothèque de Paris, mais il est aussi le récit détaillé et véridique d’un assassinat fiscal dans la discrétion la plus absolue.
H16 a publié un article sur le racket de la SACEM  (http://h16free.com/2018/05/23/61044-sacem-remuneration-equitable-et-monopole-de-connivence), pour conforter son papier, je vais vous livrer le récit (humoristique) de ma bataille (perdue) contre la SACEM.
Je vous livre, dans les quelques lignes qui vont suivre, du vécu.
Du vrai, du saignant.

Le nuage Sacem était autrement préoccupant.
Tout le monde croit connaître la Sacem.
Schématiquement, on pense qu’elle collecte l’argent de la musique dans divers lieux et qu’elle la reverse quasi intégralement aux auteurs en déduisant ses frais de gestion.
Un organisme intègre et honnête, dévoué aux artistes dans sa mission. C’est l’image qu’elle veut donner d’elle auprès du grand public. Opération réussie sur toute la ligne grâce à une communication aux petits oignons. La réalité est tout autre.
Mais qui en France cherche à connaître la vraie vérité ?
Je vais vous raconter notre combat, combat que nous avons perdu, évidemment contre cet organisme parasite, qui vit et survit grâce à l’aide complaisante de l’État, à travers le ministère de la culture.
La « redevance » que devait payer les discothèques, à l’époque, à la Sacem était grosso modo de plus de 7,5% du chiffre d’affaire H.T.
Cela parait peu, mais en réalité c’est énorme.
Pour nous, sur un C.A H.T de 5 millions d’€, la note s’élevait à 375.000€ chaque année (sur 10 ans, ça fait 3,75 millions d’€). Et alors, me diriez-vous, une discothèque fonctionne grâce à la musique, c’est normal de la payer.
OK, OK ! Mais 7,5% sur le CA correspond à une amputation de 30% sur le bénéfice. Ca fait mal.
Fin 88, début 89, des patrons de discothèques se réunissent sous l’impulsion de Poupardin qui avait créé pour ce combat le Bemim.
Le SND  dont nous faisons partie (syndicat National des discothèques)  devant la grogne montante de ses adhérents est obligé, en traînant les pieds, pour ne pas se faire dépasser par Poupardin, à prendre le train en marche.
Le SND fonctionne grâce à la Sacem. En effet pour bénéficier d’une « réduction » (minime) sur le montant à payer à la Sacem, vous devez obligatoirement faire partie d’un syndicat de votre profession.
Le SND, comme d’autres, vivent des cotisations des gens qui sont obligés d’adhérer chez eux.
Donc en résumé, les syndicats « défendant » la profession ne souhaitent pas entrer en conflit avec la Sacem qui les nourrit. Malin, non ?
Pourquoi ce soudain mécontentement contre la Sacem qui vivait, extrêmement bien de cette rente monopolistique accordé par l’État français depuis des dizaines d’années ? Sans aucun contrôle, bien évidemment, comme tous les trucs et machins que crée l’État français pour placer des potes, ou les potes de leurs potes. Coutume bien française qui perdure et qui a, encore, de magnifiques jours devant elle.
Poupardin avait fait une étude sur les pourcentages  payés par les discothèques de chaque pays faisant partie de l’Europe à leurs organismes nationaux similaires à la Sacem.
Cette étude mettait le feu aux poudres.
La moyenne européenne était de 0,80%. Et nous, nous étions rackettés, car il s’agit à ce taux là d’un rackett avec la complicité active de l’État, par notre bien aimée Sacem à 7,50%.
Poupardin prouvait aussi que les frais généraux de la Sacem représentaient (toujours à cette époque) 40% de leur CA. Leurs concurrents étrangers entre 8 et 10%.
Nous avions donc la certitude d’être tondu pour engraisser un petit groupe de sangsues bien grasses qui avait su inventer et faire perdurer un beau gros gruyère avec la bénédiction des ministres de la culture successifs. Toute cette petite élite, tranquillement, sans complexe, buvaient notre fric. Au nom, bien sûr du bien commun.
Le bien commun est l’argument massue, imparable, qui rallie à sa cause 90 % des français.
Et là, c’était pour le bien commun des artistes, soi-disant protégés par la Sacem.
Mieux qu’ailleurs, disaient-ils.
A mourir de rire quand on connaît les chiffres réels et ce qu’ils reversent à quelques artistes (les autres sont de la baise ou reçoivent quelques miettes) une fois qu’ils ont déduit leurs frais de fonctionnement, qui sont, n’oubliez pas 4 fois plus élevé que la moyenne européenne! Leur propagande est un véritable tour de force, même auprès des artistes qui au lieu de leur rentrer dans le lard, prennent leur défense.

Nous décidâmes de suspendre les règlements Sacem et d’organiser des manifestations. Devant leur siège à Neuilly (en mars 89, je crois) et devant le domicile de leur PDG.
Il faut visiter leur siège, pour avoir un aperçu (comme pour Bercy) de la somptuosité de leurs bureaux. Siège et antennes parisiennes.
Leur siège est situé à Neuilly dans une tour ultra moderne et luxueuse. Leurs bureaux, salles de réunions et tout le reste, toilettes comprises, ne respiraient pas la pauvreté. On était propulsé en Arabie Saoudite, sans les jets d’eau et les robinets en or.
Exactement, aussi, comme à Bercy.
La Sacem eut une communication intelligente et avec l’appui des médias, nous fit passer pour une bande d’excités, voulant mettre en péril un modèle français, que le monde entier, encore une fois, nous « enviait ». Toujours la même rengaine, qui, avec la complicité bienveillante des médias, fonctionne à merveille. Le français, dont le cerveau, lavé par des dizaines d’années de communication mensongère, ne sait plus distinguer la vérité.
Il est massivement pour la tonte du voisin.

La Sacem forte de sa position de défenseur de l’exception française, ne voulait rien lâcher. Le conflit s’enlisait dans une guerre de tranchées. Mais l’argent de plusieurs dizaines de discothèques (je ne connais pas le chiffre exacte) ne rentrait plus dans ses caisses. C’était, pour eux, inacceptable. Il leur fallait réagir et d’une façon définitive et qui fasse rentrer tous ces merdeux de patrons de discothèques dans le rang. Et qu’ils la ferment définitivement.

Un  après midi, on m’appelle affolé de la Loco.
« Manu, il y a un huissier à la porte avec des camions de déménagements ».
Ce brave huissier (est-ce qu’un huissier peut être qualifié de brave?) venait saisir et emporter tout notre matos lights et son, sur ordre de la Sacem, autorisé par un tribunal quelconque.
Branle-bas de combat pour arrêter ce hold-up.
Nous sommes donc obligés de baisser notre froc,( ce ne sera pas la dernière fois dans la vie de la Loco)  et contraint d’accepter le diktat de la Sacem si nous voulons ouvrir la Loco ce soir et les jours suivants. Nous ne pouvions nous permettre financièrement d’entamer un conflit qui, selon toute probabilité, sera long, coûteux et dont le résultat serait  plus qu’incertain, pour nous.
L’argent pour financer ou casser un conflit, pour la Sacem n’était pas un problème. Elle croulait sous l’or. Sous l’or de tous les gogos qui devaient passer à leur caisse.
Elle avait de plus l’appui de notre gouvernement et du ministère de la culture avec le beau Jack Lang, jamais en retard pour défendre une gamelle. C’est sûr que pour les discothèques ce n’était pas gagné.

Quant à nous, dans l’immédiat, il nous fallait en plus payer le déplacement de l’huissier et celui des camions. Quand on aime, on ne compte pas…
Pourquoi un tel régime de faveur pour nous ?
Il faut se replacer dans le contexte de l’époque.
La Loco est la plus grande boîte de Paris, elle fonctionne à fond et sa notoriété est au plus haut. Pour casser le mouvement de revendications et amener les vilains récalcitrants à la table des négociations dans de « bonnes dispositions », il leur faut faire un exemple saignant.
Quoi de mieux que faire saigner la Loco ?
Donc, machine toute sur la Loco.
Après de longues réunions avec le SND et les autres syndicats fantoches, un accord est trouvé.
La Sacem réduit son taux d’imposition à 5% et des brouettes.
Super Victoire ! On est encore loin des 0,80% de la moyenne européenne, mais bon, et l’exception culturelle française ?
Quasi simultanément, nos énarques toujours en mal de bidules pour caser quelques copains, nous inventent et pondent un nouveau machin à aspirer la différence perdue par la Sacem.
Cet aspirateur à fric  nouvelle génération, s’appellera la SPRE.
Société pour la Perception de la Rémunération Équitable.
Équitable pour leurs dirigeants !
Cette usine à gaz, typiquement française, collecte pour je ne sais qui et je m’en fous complètement.
Le seul résultat qui compte, c’est qu’elle nous pompe plus de 2%.
Je me demande toujours pourquoi, au lieu de m’escrimer à monter une entreprise, génératrice d’emmerdements et de nuits blanches pour la faire fonctionner, je n’ai pas mis mon énergie dans le grenouillage politico combinard.
Je serai bien arrivé à attraper une place peinarde, très bien rémunérée avec plein d’avantages à vie, payée par ceux qui travaillent.
A un croisement, je n’ai pas enquillé le bon chemin. C’est vrai qu’il faut aussi en avoir la mentalité.
La création de la SPRE fut un joli tour de passe-passe, dont une fois de plus nous étions les dindons. Avec la bénédiction de Jack Lang. Bravo l’artiste !
Toute nouvelle velléité de révolte était étouffée dans l’œuf. Chacun retourna à ses affaires, il fallait bien vivre…

E.Bolling

mes autres extraits sur ce blog:  http://www.temoignagefiscal.com/mon-passage-en-correctionnel-a-la-demande-de-bercy/

et aussi  http://www.temoignagefiscal.com/la-loco-au-prudhomme-kafka-au-quotidien/

et notre best seller qui est en début de cet d’article:  http://www.temoignagefiscal.com/m-mace-linspecteur-verificateur-assermente-qui-assassina-la-discotheque-la-locomotive-en-1996/ 

Et pour terminer une pépite:   http://www.temoignagefiscal.com/ma-perquisition/

Bolling Emmanuel

A propos Bolling Emmanuel

Emmanuel Bolling a été condamné le 12 janvier 2016 par jugement contradictoire à l'égard d'Anne Béot, inspectrice des impôts de Paris 18eme et partie civile. Emmanuel Bolling a été relaxé du chef de diffamation publique. Il a été reconnu coupable du chef d'injure publique envers fonctionnaire publique pour son article du 15 décembre 2014 sur le site témoignagefiscal.com intitulé "certain de leur impunité, rien n'arrête les agents du fisc". Il a été condamné à verser à Madame Anne Beot 500€. Emmanuel Bolling était un des créateurs et des dirigeants de la Discothèque LA LOCOMOTIVE à Paris. Ouverte fin 1986, décédée asphyxiée par le fisc fin 2009(RIP). Elle subira en huit ans trois contrôles fiscaux. 1992, 1996, 2000. E.Bolling contestera le deuxième (1996). Cette contestation justifiée entraînera immédiatement de la part de Bercy une série sans fin de saisies diverses étranglant son entreprise pour finir par la ruiner. Relaxée de l’accusation de « dissimulation de recettes » par le tribunal correctionnel de Paris en 2002, le fisc n’en continuera pas moins à poursuivre LA LOCOMOTIVE et ses dirigeants de son acharnement, pour les mêmes motifs, comme si de rien n'était... En 2014, après 18 ans de procédure, de procès et d’appels (gagnés ou perdus) dont la liste serait des plus ennuyeuse, E.Bolling et ses associés, ruinés, se battent toujours pour que l’on reconnaisse ce redressement pour ce qu’il est : un abus fiscal caractérisé. Il a initié deux nouvelles procédures devant le T.A.

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4 réflexions au sujet de « LA SACEM UN RACKET DE CONNIVENCE BIEN FRANÇAIS (que le monde entier nous envie) »

  1. « Pourquoi ce soudain mécontentement contre la Sacem qui vivait, extrêmement bien de cette rente monopolistique accordé par l’État français depuis des dizaines d’années ? Sans aucun contrôle, bien évidemment, comme tous les trucs et machins que crée l’État français pour placer des potes, ou les potes de leurs potes. Coutume bien française qui perdure et qui a, encore, de magnifiques jours devant elle. »

    Et oui tout comme l’APEC, l’AFNOR, RSI et quantité d’autres organismes privées chargées d’une soi-disante mission de service public, en position de monopole absolu et exerçant la contrainte. Une issue peut-être pour en venir à bout : le défaut d’appel d’offres européen?

    En tout cas, croustillante à souhait votre histoire, mais je doute fort que vous puissiez trouver un éditeur en France. Sans doute devriez vous essayer auprès d’éditeurs contestataires : les éditions Ring entre autres qui avaient publiées « la France orange mécanique » ou bien auprès d’éditeurs francophones étrangers belges ou suisses comme les éditions Favre. Sinon pourquoi pas la solution de l’autoédition, sur Amazon par exemple?

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