La triste histoire du Lieutenant-Colonel de Gendarmerie

Dans une société pas assez liberticide ou trop liberticide, c’est au gout de chacun, un petit voyou acculé par la vie, désespéré pour des raisons que l’on ignore, décide de se suicider.

Motivé par la propagande de Daech — en d’autre temps et d’autre lieux cela aurait pu être le communisme et les bridages rouges, plus loin encore le fascisme et les chemises noires, etc… —  le bonhomme décide de tuer avant de mourir.

Comme c’est le cas en tout, journellement, il veut que son problème devienne celui des autres. Il veut que ce qu’il considère sans doute comme son échec dans la vie, ne soit pas de son fait. Il veut clamer haut et fort que ce sont les autres qui l’empêchent d’être le génie qu’il croit sans doute être.

S’il savait à quel point il est ordinaire, combien sont nombreux ceux qui pensent comme lui, qui pourraient eux aussi devenir facilement des meurtriers si les circonstances devenaient favorables, qui en rêvent, qui tentent de provoquer ces circonstances.

Dans sa folie ordinaire, il croise la route de personnes qui vont y laisser la vie, complètement par hasard.

Ils auraient aussi bien pu être écrasés par un camion fou, être atteints d’une maladie mortelle subite. C’est le lot absurde de la vie, de l’injustice qui nous entoure de toute part dès que nous mettons le pied sur cette terre imbécile.

Mais, et c’est le paradoxe, la meute communicante, presse et personnes autorisées, nous oblige à ne regarder que la mort du Lieutenant-Colonel de Gendarmerie, dernier exécuté par le forcené.

Et pourtant, cet officier dans la force de l’âge, brillant en tout nous dit-on, est mort bêtement

A-t-il sauvé une vie ? Nul ne le sait, il faudrait être dans la tête du tueur pour savoir s’il aurait abattu son otage.

Il a évidemment soulagé immédiatement la personne que celui-ci retenait en otage.

Mais, qu’a-t-il imaginé lorsqu’il a proposé, lui le Lieutenant-Colonel de gendarmerie, de prendre la place de l’otage ?

Comment s’est-il projeté dans cette affaire ?

Il fournissait un tableau de chasse exceptionnel à un désespéré en phase finale, qui ne devait pas en espérer autant. Pensait-il pouvoir raisonner ce fou ? N’a-t-il pas compris que celui-ci avait dépassé le cap du retour en arrière possible ?

Comment une intelligence aussi brillante peut-elle se mettre, et nous mettre, dans cette situation sans issue ?

Evidemment l’émotion, bonne récolteuse de lecteurs et de voix, va avoir le dessus dans les jours qui viennent.

Mais ensuite ? Qui de ces fous reprendra le flambeau pour tuer encore plus haut dans la hiérarchie ?

A-t-il pensé à ça notre haut gradé ?

Est-il possible qu’il ne savait pas que nous sommes en guerre civile dans ce pays ?

Que, comme pour toutes les guerres, chaque camp est persuadé d’avoir raison, mais que la violence est là. Que dans cette violence il y a des règles, notamment que le chef ne se donne jamais à l’ennemi. Même, comme Pétain, en feignant de se sacrifier.

Or, notre Lieutenant-Colonel s’est donné à l’ennemi global que le forcené prétendait représenter, ce que les plus hautes autorités accréditent.

Nous allons devoir admirer et verser notre larme à l’occasion de cette faute professionnelle grave.

Attention, mon jugement n’implique pas une absence de compassion pour la mort de cet homme, même si je considère qu’il s’est lourdement trompé et que je n’ai pas de raison de faire semblant de ne pas m’en apercevoir.

La mort reste la mort, avec tout ce que cela comporte de révoltant. Je suis triste pour lui en premier, pour tous les siens, pour tous ceux qui avaient pour lui de l’amour ou de l’amitié, de l’estime. Je suis sûr que son intelligence et probablement son dévouement vont manquer à l’Etat.

Il ne m’arrive jamais de penser que telle ou telle personne méritait la mort, quelque soit la responsabilité qu’elle peut avoir à ce sujet.

Figurez-vous que j’ai voté une fois dans ma vie pour les socialistes, c’était pour Mitterrand, parce qu’il avait promis de supprimer la peine de mort. Il l’a fait. Je n’ai pas eu à recommencer.

Dans le concert de louange qui ne va pas manquer de s’abattre sur nous au sujet de ce brillant militaire, je serai, je l’espère pas tout seul, du côté de ceux qui regrettent cette évidente faute professionnelle, qui s’est mal terminée pour lui, dont nous devrons hélas payer probablement les conséquences dans l’avenir.

Je ne pense pas que les chefs de la coalition contre Daech iraient se proposer en échange de la population que cette organisation prend régulièrement en otage.

Malgré cette erreur flagrante, une dernière pensée pour cet homme, en espérant qu’il n’a pas eu le temps de se reprocher son erreur.

Cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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19 réflexions au sujet de « La triste histoire du Lieutenant-Colonel de Gendarmerie »

  1. Un rappel : Cette Phrase date de 1920 =
    Elle provient de la Philosophe Russe et Américaine Ayn Rand ( une juive fugitive lors de la révolution Russe qui a débarqué aux USA dans les années 20) et nous montre une vision des choses en tout état de cause :
    Quand vous vous rendez compte que pour produire , vous avez besoin de l’autorisation de quelqu’un qui ne produit rien…..
    Quand vous vous rendez compte que l’argent , c’est pour ceux qui font des affaires non pas avec des biens mais avec des faveurs…..
    Quand vous vous rendez compte que beaucoup sont devenus riches avec des pots-de-vin et une influence plus que pour leur travail , et que la loi ne nous protège pas de ces individus , mais quelle les protège à eux……
    Quand vous vous rendez compte que la corruption est récompensée et que l’honnêteté mène au sacrifice de soi-même……
    Alors vous pouvez dire , sans avoir peur de vous tromper , que la société est condamnée.

  2. SEULS CEUX QUI RISQUENT , en particulier DE DIRE LA ou sa VERITE, SONT LIBRES !
    Cher Alain DUMAS , vous avez exprimé votre pensée et cela est utile au débat pas besoin de s’insulter , les arguments doivent être soulevés et critiqués . Quant à Mr Jean Pierre Antoine , la haine de vos propos me dépasse , je vous invite à lire la réalité de ce Pays La France pour votre curiosité et sagacité =
    « La démocratie pour certains , c’est la dictature de la loi. » « La justice, c’est la dictature des magistrats »=
    Je vous invite à satisfaire votre curiosité et sagacité sur la médiocre réalité judiciaire française=’Anéantissement de l’Etat de droit en France’ Vous pouvez voir la suite à l’adresse suivante : https://www.linkedin.com/pulse/an%C3%A9antissement-de-letat-droit-en-france-richard-armenante?trk=v-feed&lipi=urn%3Ali%3Apage%3Ad_flagship3_detail_base%3B06y5e%2BNh9OdEXSPta2AyQw%3D%3D
    -En conclusion : Dans un monde où il faut penser global et agir local le comportement est plus important que les objectifs. La France a tous les atouts pour être un pays d’excellence démocratique et économique. Alors pourquoi ne l’est-elle pas ? Soyez un Battant ou mourrez lentement = Vous pouvez lire la suite à l’adresse suivante en cliquant :
    https://www.linkedin.com/pulse/soyez-un-battant-ou-mourrez-lentement-richard-armenante

    Enfin Le bruit des bottes fait mal ,mais par contre celui des pantoufles est pire encore.!!!
    Avant tout, soyons l’arme ….. Car ; le danger ne vient pas de celui qui mord , mais par celui qui lèche !
    Ce n’est pas un signe de bonne santé que d’être bien adapté à une société profondément malade. Et Les peuples une fois accoutumés à des maîtres ne sont plus en état de s’en passer à court terme ..

  3. Monsieur,

    La réponse à vos réflexions de comptable à l’esprit étriqué se trouve ici:
    http://www.christianvanneste.fr/2018/03/25/arnaud-beltrame-ou-le-don-de-soi/

    Les chefs de Daesh n’agiraient pas ainsi? Quelle idée de nous donner leurs agissement en modèle alors qu’un homme qui vient nous rappeler qu’il vaut mieux qu’eux, et par son exemple, nous exhorte à nous relever nous-mêmes.

    Mais pour vous, son acte ne se traite qu’à l’aune des principes du « libéralisme », catégorie dans laquelle vous avez placé votre biller sur Objectif eco!

    Vous ne comprendrez pas qu’il ait rendu de l’honneur à un peuple qui souffrait de le voir perdu.
    Vous ne comprendrez pas que son acte puisse marquer les esprit, et faire germer chez d’autres des actes d’un courage nécessaire et aujourd’hui étouffé.
    Vous ne comprendrez pas le sens du sacrifice par amour, de la sainteté.

    Je plains la pauvreté de votre vision étouffée par l’apparence et le matériel.

    1. « Les chefs de Daesh n’agiraient pas ainsi? Quelle idée de nous donner leurs agissement en modèle…  »
      Je ne comprends pas comment vous avez pu lire ceci sur mon billet.
      Vous devriez le relire, puis réfléchir, et après donner votre sentiment.
      Ce serait beaucoup mieux, plutôt que jeter l’anathème sur les gens avant même d’avoir compris leur raisonnement.
      Pourquoi créer une confusion qui n’existe pas. Quel est votre intérêt ?

      1. Relisez-vous plutôt vous-même:
        « Je ne pense pas que les chefs de la coalition contre Daech iraient se proposer en échange  »
        Quel intérêt à opposer le comportant de ce gendarme à ce qu’auraient dait les chefs de Daesh.

        Mais je n’insisterai pas puisque vous prenez de haut ceux qui ont perdu leur temps à vous lire.

        1. Cher Monsieur,
          J’ai écrit : « les chefs de la coalition contre Daech », comme vous le rappelez.
          Il ne s’agit donc pas des chefs de Daech mais de nous, les occidentaux et leurs alliés, regroupés autour des américains, c’est à dire « la coalition contre Daech ».
          Ce contresens de lecture mis à part, vous m’attaquez bille en tête et vous me reprochez de le « prendre de haut » lorsque, tout simplement, je suis amené à me défendre de votre attaque.
          J’ajouterai que le drame humain de la mort de cet officier, qui nous touche tous, n’autorise pas à sanctifier son action inexplicable.
          Hors une intention de suicide, ce que je ne crois pas, force est de constater qu’il a imaginé une conclusion à son action non conforme à ce qui s’est passé.
          Que cette erreur a, entraîné sa mort, peut-être sauvé une otage mais nous savons pas si le terroriste l’aurait abattue, il ne l’avait pas fait depuis 45 minutes.
          Dans tous les cas, c’est la victoire pour les fous de Daech de l’assassinat d’un haut gradé. Victoire qui sera clamée par eux, urbi et orbi, lors de tous les honneurs qui seront rendus à ce soldat.
          On ne peut pas s’empêcher de partager la souffrance de ce soldat et de ses proches, mais force est de dire que ce n’est pas en s’exposant inutilement que l’on peut vaincre un ennemi redoutable.
          Je n’oblige personne à partager mon avis. Je crois démocratique, et effectivement libéral, d’avoir le droit de l’exprimer.
          J’accepte, évidement, que ma position soit contestée, mais avec de vrais arguments et en ne trahissant pas mes écrits.
          Je vous assure que je ne vous prends pas de haut, je vous respecte, et je serais désolé que vous preniez mal mon droit de réponse.
          Bien cordialement.

  4. Le peuple aime les héros … et là on en a trouvé un juste comme il faut !
    Ca occupe la population et ça masque le reste … enfin temporairement.

  5. « Que, comme pour toutes les guerres, chaque camp est persuadé d’avoir raison, mais que la violence est là. Que dans cette violence il y a des règles, notamment que le chef ne se donne jamais à l’ennemi. Même, comme Pétain, en feignant de se sacrifier. »
    Explications?

    1. Lorsque des groupes humains s’affrontent, quelques soient les motifs, les torts ou les raisons, leur représentation symbolique est le chef.
      Ici deux sociétés s’affrontent avec violence. Même si cela se fait à travers une délinquance primaire, ordinaire, c’est un conflit armé.
      Le chef ne doit donc pas être exposé, sa perte est lourde de sens.
      Le chef téméraire ne sert à rien, sa disparition est factuellement un échec pour tout le groupe qu’il dirige.
      C’est tout, rien de plus. Le reste n’est qu’émotions fugitives, même si elles sont insoutenables de souffrance.
      Bien cordialement.

  6. « désespéré pour des raisons que l’on ignore, »
    Quand on à la tête farcie au Coran depuis la petite enfance, élevé dans la haine du mécréant, on est plein d’espoir quand ont meure en « martyr ».
    Ce héro musulman est actuellement au paradis avec ses vierges au grands yeux noirs et il est servi par des jeunes garçons, des pages vêtus de pourpoints verts.
    Il même une vie de rêve dans la sensualité au paradis d’Allah.

    1. Tous les musulmans sont des bombes à retardement. Les modérés sont à 80%, de la limite terroriste, reste à faire 100 en quelques semaines avec un bon imam qui connait bien les textes islamiques.
      Tiens ! Cet homme charmant s’est radicalisé très rapidement.
      Pour des raisons que l’on ignore ?

  7. Décidément, je vous apprécie de plus en plus. Vous êtes à ma connaissance le seul à faire cette analyse que je partage
    Sur le sacrifice, il s’inscrit dans la tradition de Saint-Cyr qui glorifie les promotions qui sont montés à l’assaut en 14 en pantalon rouge contre les mitrailleuses allemandes.Tous morts mais quelle gloire
    Chacun appréciera et mes pensées vont aux quatre morts et aux familles et amis endeuillés. C’est vraiment triste
    Vous parlez de faute professionnelle, tout à fait d’accord, mais j’en vois une autre
    Comment se fait il qu’un fiché S puisse avoir une arme de poing à disposition ?
    Le colonel Beltrane était responsable de la région où vivait ce marocain
    Il était donc de sa responsabilité qu’une telle situation ne se produise pas
    Peu importe les moyens à mettre en œuvre
    Comme disait Clemenceau « je fais la guerre »
    Bien évidemment, il s’est trouvé prisonnier d’un système qui le poussait à plus traquer les automobilistes que les terroristes, mais quand même
    Quel échec masqué par les coups de menton martiaux de nos dirigeants qui pour le coup ont dû s’inspirer de Gamelin
    Bien à vous

  8. c’est pourtant simple : il faut utiliser la méthode du Pacha* (Le Commissaire Joss, Jean Gabin) pour abattre Quinquin (André Pousse).
    * film de Georges Lautner (1968)

  9. Henri, il faut proposer une solution, non ?

    Les individus potentiellement très dangereux à surveiller sont beaucoup trop nombreux, français et européens » et représentent des dizaines de milliers de personnes.

    Disons 20.000 fichés S n’ayant pas tous montré par des actes leur radicalisation.

    Je pense à BOURAIL en NOUVELLE-CALÉDONIE. Voilà un lieu de déportation pour ces 20.000 personnes. Du moins certains d’entr’eux !

    Elles seraient libres de circuler, sauf à monter dans un avion ou un bateau. Elles auraient une mosquée sur place.

    Elles finiraient par s’intégrer aux anciens déportés venus là du temps d’Abdelkader : 1897.

    Ces déportés sont devenus des éleveurs de chevaux, arabes bien entendu, pour garder les troupeaux de vaches et de cerfs des broussards.

    En Nouvelle-Calédonie, les descendants de transportés, déportés ou relégués en provenance du Maghreb sont désignés sous le terme générique d’Arabes.

    Ils sont en grande majorité originaires d’Algérie. De 1887 à 1897, 1200 condamnés, pour la plupart Algériens, sont envoyés en Calédonie.

    Aucune épouse n’étant autorisée à rejoindre son mari, les «arabes» se marient avec des femmes d’origine européenne et ces unions sont à l’origine de la communauté arabe calédonienne.

    C’est l’origine des Algériens de Nouvelle-Calédonie. Voilà un bon endroit de redressement. En effet les descendants de ces arabes les transformeraient.

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