La violence

La violence est à nos portes, la grande violence. Est-ce nouveau ?

Il est clair que non. La violence est la compagne de l’homme depuis toujours, qu’il la crée ou qu’il la subisse. Je crains d’être bien présomptueux en voulant en parler, tant de célébrités intellectuelles l’ont déjà fait. Je commence donc par exiger, violemment, votre tolérance sur ce point….

Cela dit je classerai les violences en trois catégories :

          – 1 – Les violences n’impliquant pas de décision humaine. Les tremblements de terre, les éruptions volcaniques, la plupart des morts, la maladie, le climat, etc… On remarquera que toutes ces causes sont à la foi génératrices de violence mais aussi alternativement de calme, de paix. Cette particularité restera constante à toutes les violences. Le fait de violence n’est ni linéaire ni irréversible.

          – 2 – Les violences impliquant une décision humaine initiale, faites au nom d’un objectif licite ou non.

          – 3 – Les violences en réaction, considérées par leurs auteurs comme une légitime défense.

La première catégorie de violence déchaine la compassion évidemment, mais aussi les pires charlatanismes. La foule de ceux qui prétendent connaitre la solution pour influer sur ces violences est longue comme un jour sans pain. Depuis le sorcier, en passant par l’officiant religieux jusqu’aux scientifiques d’hier et d’aujourd’hui, la liste est impressionnante des prétendants à la maîtrise de ces violences naturelles et à leurs adorateurs. Tous des faussaires, des escrocs. Pas un pour excuser l’autre, il faut les fuir sans réfléchir.

Les deux autres catégories sont moins fédératrices, aussi bien en termes de solutions proposées, que de compassion. Qui plus est, elles ont tendances à s’autoalimenter, une synergie malsaine s’empare très souvent d’elles. La réponse à la question qu’elles posent — « qui a commencé ? »– est rarement unanime, même avec le recul du temps et le secours de l’histoire.

Je propose que nous ayons tout cela en tête chaque fois que nous parlerons de violence, je crois hélas que les occasions ne vont pas nous manquer.

Aujourd’hui, la violence routière

J’entendais hier, sur une quelconque radio au service de l’Etat, Madame Chantal Perrichon, présidente de la ligue contre la violence routière, très sure d’elle, asséner que la cause des accidents routiers est la vitesse, que donc la vitesse serait une violence routière. En conséquence tous ceux qui militeraient pour plus de liberté de choix concernant la vitesse seraient des violents, voire des assassins en puissance. Et subséquemment la réduction de la vitesse règlerait tous les problèmes routiers. Il suffirait de revenir au moyen âge, avec une vitesse moyenne de déplacement de 10 km/h, pour supprimer accidents et violence routière.

Avec un minimum d’objectivité et d’honnêteté, Mme Perrichon pourrait modifier son propos en le ramenant aux seules fois où l’accident est dû à une perte de contrôle du véhicule à cause d’une vitesse excessive. Ce ne serait pas tous les accidents routiers, loin sans faut.

Pendant qu’avec sa théorie elle pourrait aussi soutenir que les dégâts d’un accident d’avion étant liés à la vitesse à laquelle il percute la planète, il suffirait qu’il ralentisse ou qu’il ne décolle pas en roulant à 30 km/h pour qu’il n’y ait plus d’accident d’avion.

Soyons objectifs, il est un point sur lequel Mme Perrichon a raison, la violence s’est emparée de la circulation routière mais pas de la façon dont elle l’assène, imprudemment pour son image intellectuelle.

Plusieurs paramètres s’imbriquent dans la circulation routière, la qualité des routes, des véhicules, la compétence des conducteurs, leur attention, les situations extérieures climatiques ou autres parfois imprévisibles, les règles de circulation, les coutumes, etc…

Dès que tout cela concourt à un accident la vitesse finalise évidemment l’addition, rien ne se passe à l’arrêt.

En définitive c’est une juste harmonie de tous les paramètres ci-dessus qui permettrait une circulation apaisée et une accidentologie nulle.

La violence naît de l’introduction d’un point dur à un niveau quelconque de cette harmonie. La vitesse effectivement peut en être un, mais elle n’est pas le seul possible.

Voici une liste – non exhaustive — de points durs engendrant la violence accidentogène :

          – Les rétrécissements volontaires de chaussées, souvent mal signalés, particulièrement dangereux la nuit ou par temps de pluie et de brouillard.

          – Les dos d’ânes, dont certains ont des hauteurs invraisemblables, qui surprennent et cassent les véhicules.

          – Les STOP inversés qui barrent la voie principale au profit d’une venelle.

          – Les bas-côtés de routes non entretenus

          – Les arbres de bordures qui vont pratiquement jusqu’au milieu de la route.

          – Les routes dont l’étroitesse volontaire et dangereuse générale se perçoit aux traces de pneus laissées sur les bordures de rétrécissement.

          – Les limitations de vitesse injustifiées et ridicules sur certains tronçons de voies.

          – Les passages piétons non ou insuffisamment éclairés.

          – Les flics et leurs radars planqués aux points les plus rentables, pas forcément les plus dangereux.

          – Les îlots directionnels non éclairés et bruts de béton…

Tous ces pièges volontaires, décidés en toute connaissance de cause dans des bureaux de la voirie, dont le but avoué est d’emmerder l’automobiliste pour le faire ralentir, voire le persuader de passer ailleurs, sont de la violence pure et accidentogène.

En ne les évoquant pas Mme Perrichon perd tout son crédit.

Un conducteur est rarement à cent pour cent de concentration, sans quoi ce serait un pilote de rallye. Lui tendre des pièges au risque de surprendre sa vigilance est un acte de violence, il est fomenté par les pouvoirs publics. C’est ce que ne dit pas Mme Perrichon.

Or, ces agressions répétées sont aujourd’hui la principale introduction de la violence routière. Une fois introduite, elle se répand et pourrit la vie de tous en participant à l’accidentologie.

Bien à vous. H. Dumas

PS : Demain « Bercy la violence ultime »

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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