L’affaire Tapie

Quel déballage étrange !!!

Les questions que l’on aimerait voir posées sont les suivantes :

– Oui ou non, Le Crédit Lyonnais a-t-il trahi le mandat donné par Tapie ?

            – Oui ou non, Le Crédit Lyonnais a-t-il réalisé, à l’occasion de l’affaire Adidas, une très grosse plus-value ?

            – Cette plus-value est-elle liée à la trahison du mandat, si elle a eu lieu ?

Il ne doit pas être difficile de rendre public les documents qui répondraient à ces trois questions.

Au lieu de cela, nous sommes abreuvés de foutaises hors du commun. La dernière en date tient au fait que Tapie aurait été enthousiaste à l’idée de récupérer 400 M€ !!!

On le serait à moins.

Que dire des acteurs de l’arbitrage. Que nous importe qu’ils aient ou non connu Tapie.  En quoi cela les aurait empêchés de rendre un arbitrage juste ? Ceux qui alimentent cette boue sont probablement bien plus fautifs qu’eux.

Il y a-t-il des abrutis pour croire que la justice rendue par des magistrats est exempte de combinaison amicale ou corporatiste ? Je leur conseille d’aller voir les jugements rendus par les Tribunaux Administratifs au profit des Services Fiscaux.

Sauf à imaginer que les juges devraient être enfermés dans une tour d’ivoire, il n’est pas raisonnable de croire que leurs jugements sont exempts du poids de leur vécu et de leur vision sociétale.

Cette affaire pose une question essentielle :

Un certain nombre de milliards ont été engloutis dans le Crédit Lyonnais, au profit de personne. Une infime minorité de cette somme est donc rendue à Tapie, aussitôt il remet cette somme dans l’économie réelle, elle va vivre et peut-être prospérer, même et y compris à travers son imbécile bateau.

Le conflit réel est là.

La foule s’excite, elle acclame ceux qui œuvrent pour déposséder l’entrepreneur Tapie.

Quand bien même la preuve serait rapportée que Le Crédit Lyonnais l’aurait effectivement volé, il ne faut pas lui rendre son dû.

Cet argent a été volé au profit du bien public, puisque volé par l’Etat, il n’a pas à être rendu à un particulier. D’autant plus si celui-ci saute de joie à l’idée de récupérer son bien. C’est la pensée commune.

Nous ne sommes pas loin du fond.

Que dire des acteurs de l’arbitrage. Nous a-t-on démontré qu’ils ont agi en scélérats? Ce ne sont pas des voyous. Il n’est pas impossible, il est même objectivement probable, qu’ils aient considéré, en leur âme et conscience, que Tapie avait été volé. Comment peut-on ainsi ruiner leur réputation ? Les trainer dans la boue, sans nous apporter la démonstration que leur arbitrage a été injuste ?

Puisque, quand même, la question posée est bien de savoir si la sentence arbitrale a été juste ou non.

L’avenir

Il est terriblement bouché. L’Etat, où ce qui en fait office, va se porter partie civile. Parfait. Une procédure va donc être engagée en annulation de la sentence arbitrale. Cette procédure ne portera que sur la forme de cette sentence, sur la personnalité des arbitres, non sur le fond de l’arbitrage. En admettant que l’arbitrage soit cassé, la justice va alors inévitablement devoir reprendre le dossier.

Les magistrats qui vont l’instruire seront-ils indépendants ?

Peut-on imaginer qu’ils pourraient, calculs faits, allouer à Tapie la même somme que celle de l’arbitrage, voir plus ? Non, évidemment.

Donc, ils ne seront pas plus libres que les arbitres, voir beaucoup moins.

Mais leur dépendance sera au service de la haine de l’entrepreneur et des sommes dont il doit disposer pour s’engager dans l’économie.

Cette affaire Tapie est donc fondamentale pour les socialistes, pour ceux qui prônent l’économie d’Etat contre l’économie libérale.

C’est le souhait d’en découdre sur le sujet, coûte que coûte, qui ne permet pas à Médiapart, nos impressionnants journalistes d’investigation bien de chez nous, de mettre à notre disposition les deux documents, mandat et plus-value, qui nous permettraient de savoir si Tapie est un volé ou un voleur.

Un entrepreneur, volubile et m’as-tu-vu, la tête sur le billot, quoi de mieux pour distraire les foules de la gabegie de l’Etat socialiste, de son échec économique qui nous entraine tous vers la misère.

Pauvre Tapie, il boira le calice jusqu’à la lie, qu’il ait tort ou qu’il ait raison.

 

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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