Les courbes d’efficience

Evidemment, je ne me fais aucune illusion, il est peu probable que ce que je vais vous exposer déclenche un Nobel en ma faveur, nous allons donc rester entre nous. Ce n’est pas plus mal.

Ci-dessous, les courbes d’efficience que je soumets à votre sagacité

Courbes-d-efficience-d-un-groupe 

Voilà le principe :

– Initialement, lors de la constitution d’un groupe, entreprise, Etat, ou autres, il y a un point de départ zéro.

– De ce point de départ démarrent des personnes compétentes, d’autres incompétentes, sans que chacun puisse définir à quelle catégorie il appartient.

– Le groupe ne peut exister que si, lors de cette phase 1, les compétents prennent le dessus.

– Ainsi, jusqu’au point 2, les compétents vont garder la main, progressant même légèrement. Tout va bien.

– A partir du point 2, les incompétents, qui se multiplient au service des compétents qui les utilisent, acceptent mal la domination des compétents, redressent la tête, deviennent plus actifs.

– Du point 2 au point 3, l’activité des incompétents oblige les compétents à un effort constant et soutenu pour les contenir et garder la maîtrise du groupe.

– Puis, entre le point 3 et le point 4, soudain, les incompétents dominent en nombre et en activité, en masse globale, les compétents. C’est le croisement des deux courbes. C’est le début de l’effondrement du groupe de référence.

A partir de ce croisement des courbes :

– Les incompétents vont prendre le pouvoir. Cette prise de pouvoir sera définitive. Elle est « infini positif ».  Rien ne peut l’enrayer, sauf une fin brutale due à des conséquences extérieures au groupe qui n’est plus intégrable aux règles universelles.

– Les compétents perdent le pouvoir. Certains allant même jusqu’à devoir se mettre au service de l’incompétence, ce qui amplifiera l’incompétence. En effet, assez rapidement, les compétents vont perdre leur compétence qui ne peut pas survive à l’inaction, espace sans retour d’expérience, donc sans arbitrage de compétence. La compétence disparait, elle devient  « infini négatif ».

La France est en phase 3 dépassée, elle s’achemine rapidement vers le croisement fatal des courbes. Elle est un groupe proche de la rupture et du déclin. Pisa 2012 ne fait que refléter cette situation.

Peut-on échapper à la catastrophe ? Probablement, non.

En effet, pour cela, il faudrait que les incompétents prennent conscience de leur incompétence (Il n’y a pas d’exemple historique à ce sujet) et rendent le pouvoir aux compétents. Or, le problème de la compétence et de l’incompétence est que la qualification suit les actions. Le discernement ne peut pas s’anticiper. La compétence ne peut pas se définir avec certitude avant réalisation. Mais il y a plus grave, la compétence en un domaine n’implique pas sa constance dans un autre domaine. De ce fait, c’est uniquement après chaque action que l’on peut mesurer la compétence. C’est le premier problème.

Le second est pire. Une décision, à possibilité de choix multiple, implique que ce qui n’a pas été décidé ne verra pas le jour, ne sera donc pas comparable à ce que la décision aura créé. Ainsi, non seulement il n’est pas possible de déterminer qui, à priori, est compétent, mais le jugement ultérieur est impossible du fait que ce qui est réalisé ne peut pas objectivement être comparé à ce qui ne l’a pas été.

Il n’y a donc pas d’intervention interne possible sur l’inexorable vie de nos courbes d’efficience. Le jugement est extérieur.

Préparez-vous à la disparition du groupe France dans sa composition actuelle.

Espérons qu’un nouveau départ pourra avoir lieu, le plus rapidement possible, dans des conditions acceptables, en un groupe sincère où les compétences pourront assurer un avenir réaliste prolongé, et non sur des bases erronées qui précipiteraient le croisement des deux courbes. Car, attention, un nouveau démarrage peut parfaitement avoir lieu, dès le départ, au croisement fatal. Un groupe qui prend naissance peut voir les incompétents prendre directement le pouvoir et être ainsi immédiatement projeté dans la phase finale de la courbe.

 

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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