Les signes extérieurs

Nous avons tous besoin de signes extérieurs. Ce sont eux qui permettent le contact social. Ils sont un moyen de connaître l’autre, peut-être plus sûr que le langage.

Chaque catégorie sociale a ses codes, ses signes extérieurs qui la différencient. Les intellectuels, les politiques, les hommes d’affaires, les artistes, tous ont leur accoutrement.

C’est si vrai que nombreux sont ceux pour qui le signe extérieur est le premier mensonge. Qui n’a pas rencontré tel artiste, tel intellectuel, tel politicien, tel écolo, qui n’est qu’apparence, qui cache, comme « Tartarin », sa vacuité sous les signes extérieurs de ses phantasmes.

Les signes extérieurs de pouvoir.

Hollande fut bien sot de penser, et de le dire publiquement, qu’il serait un président sans signe extérieur, normal. L’exercice s’est avéré impossible. Bien plus, il cache aujourd’hui sa médiocrité justement derrière les signes extérieurs du pouvoir.

Ces signes sont conséquents, à la hauteur de la France cinquième économie mondiale. Ce que l’on appelle les « ors de la république » est fastueux mais pas critiquable. Peut-on imaginer un président de la république recevant son homologue anglais, allemand, américain, chinois, russe, en bras de chemise dans un bistrot ?

Ce besoin de signes extérieurs de pouvoir s’étend au fur et à mesure que le pouvoir se décentralise. Ainsi, présidents de région, de département, maires, ressentent le besoin de posséder ces signes extérieurs. C’est en cela que l’interdiction des cumuls sera une sottise qui coutera très cher, chaque nouvel élu sera en recherche inévitable de signes extérieurs de pouvoir, que l’on finira par payer d’une façon ou d’une autre. Ainsi s’explique les flopées de voitures de fonction, de conseillers et de cabinets, de frais de communication, incompressibles. La seule façon de diminuer les signes extérieurs de pouvoir est de diminuer le nombre de postes de pouvoir.

Tout cela est entendu, et, finalement, assez peu critiqué sur le fond. Les critiques portent plutôt sur la forme et sur la multiplication inopportune de ces signes extérieurs de pouvoir. La grande majorité peut en comprendre la nécessité, elle en demande seulement la maîtrise. Cela est juste.

Les signes extérieurs de richesse.

Nous rentrons dans le vif du sujet. Les agents économiques ont une absolue nécessité de signes extérieurs de richesse. Comme pour toutes les autres catégories sociales, lorsqu’ils s’observent avant de s’entendre ou de se concurrencer ils le font à partir leurs signes extérieurs, qui, pour eux, sont les signes extérieurs de richesse.

C’est ici que s’installe la plus grande confusion.

Ces signes extérieurs de richesse, bureaux somptueux, voitures, bateaux, ambiance idyllique, etc… passent aux yeux du plus grand nombre pour des plaisirs de consommation. Sauf à être soi-même un agent économique, un homme d’affaires, nul ne peut comprendre à quel point ceux-ci ne tirent aucun profit consumériste de ces signes extérieurs de richesse, qui sont si obligatoires qu’ils en deviennent lourdement pesants.

La confusion est telle qu’il est aisé de stigmatiser le monde économique en dénonçant tout simplement ses signes extérieurs. Il en est donc ainsi. Mission est donnée, par tous sans exception, à la force aveugle, en l’occurrence Bercy, de supprimer tous les signes extérieurs de richesse des entrepreneurs. Ainsi est fait, jour après jour.

Les conséquences

Seules les entreprises capables de protéger leurs signes extérieurs à l’échelle mondiale, où ils sont évidemment reconnus, peuvent encore les mettre en avant.

Pour les autres, c’est la traque. La fiscalisation de ces signes extérieurs de richesse, c’est la castration de l’entrepreneur.

L’entrepreneur moyen avance nu, son apparence, donc une partie de ses atouts, lui est subtilisée. Dans ces conditions il ne faut pas s’étonner qu’il soit en difficulté, qu’il ne puisse plus assumer son rôle de créateur de richesse. C’est très étrange que pour toutes les catégories sociales les signes extérieurs soient parfaitement admis, sauf pour les agents économiques.

C’est dès le départ que l’entrepreneur est dépouillé de son apparence, de son image, de ses outils de communication. Pas plutôt né, il est castré, décapité. Je ne vois pas de signe que cette folie génocidaire pourrait être enrayée, au contraire. L’ensemble du corps social, politiques de tout bord compris, dénonce tous les signes extérieurs de richesse de l’entrepreneur, en demande la taxation, la suppression.

Nous voici donc priés de conquérir le monde économique avec des entrepreneurs qui sont tenus de se présenter avec des signes de misère, de pauvreté. Que peut-on espérer de cette situation ?

Devra-t-on un jour avoir honte de nos porteurs de signes extérieurs de beauté, d’intelligence, de savoir, de pouvoir, comme il nous est sommé d’avoir honte de nos porteurs de signes extérieurs de richesse ?

Ce doit être ça l’effondrement d’une société.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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