Lettre ouverte à mes amis de « Contribuables Associés »

Tout d’abord des remerciements. Lorsqu’en 2010 j’ai ouvert mon blog pour témoigner des abus des contrôles fiscaux, de la zone de non droit qui les entoure, de la complicité de la justice administrative pour faire du contrôlé fiscal un « fraudeur fiscal » automatique et le bouc émissaire de la folie dépensière de l’Etat, j’étais seul, effroyablement seul.

Et pourtant, j’avais déjà derrière moi plus de dix ans de lutte et une quinzaine de contrôles fiscaux personnels au compteur, je savais de quoi je parlais, je savais à quoi je résistais et je savais les risques que je prenais (je n’ai pas été déçu…).

Contribuables associés m’a ouvert ses colonnes, le temps de deux ou trois articles et d’une émission de radio. Qu’ils en soient ici remerciés.

Un peu plus tard, lorsque l’Etat a engagé le chantier de la délation, de la dissimulation de ses carences économiques sur le dos des contribuables en les accusant globalement d’être des « fraudeurs fiscaux », il n’y a pas été avec le dos de la cuillère. La communication a été sévère.

Pour avoir l’air honnête, l’Etat a commencé par donner un des siens, le célèbre Cahuzac. Cela aurait sans doute pu être un autre, mais, pour des raisons que l’on ne connaîtra jamais, ce fut lui.

Puis l’Etat a envoyé au charbon sa presse servile. Celle-ci, cherchant un « fraudeur fiscal » pour l’interviewer et évidemment le « défoncer », pris l’attache de Contribuables Associés.

Ne s’occupant pas des contrôles fiscaux qui ne concernaient que… les « fraudeurs fiscaux », Contribuables Associés a donné mes coordonnées aux journalistes. La démarche était sincère, je les remercie pour cela aussi.

Du fait des contacts qui ont suivi, j’ai dû refuser deux émissions de télé « pièges », j’ai accepté quelques interviews objectifs, le bilan a été modeste mais correct. Il me reste, au passage, un ami journaliste.

La réalité du contrôle fiscal

Neuf fois sur dix, le contrôle fiscal n’est qu’un sur-impôt. Il ne découvre aucune fraude caractérisée, il se contente de réécrire l’histoire de l’entreprise vérifiée et sa comptabilité avec comme priorité la fiscalité la plus lourde possible, sans aucun respect pour la vie de l’entreprise et de l’entrepreneur, sauf si celui-ci a deux ou trois mille employés.

C’est dire que toute la perversion, toute la folie, l’incompétence économique et la gabegie de l’Etat sont condensées dans l’acte symbolique du contrôle fiscal.

C’est à partir de lui que l’Etat doit être jugé.

Certains en prirent conscience, sans pour autant avoir été obligé, comme moi, de passer par la case « tranchées des premières lignes ».

La réaction au contrôle fiscal

C’est ainsi que, dès 2011, le professeur Philippe NEMO lançait, à l’ESCP, un cycle de rencontres avec pour objectif un ouvrage sur l’illégitimité de l’impôt. A ces rencontres, nous étions à peine une dizaine. Je n’ai pas entendu dire que l’ouvrage soit sorti.

Dans le même temps, le professeur Pascal SALIN allait, affirmant sans détour que l’impôt est illégal, que donc le contrôle fiscal l’est lui aussi. Il a concrétisé ses idées dans son dernier livre, « la Tyrannie Fiscale », qui a eu récemment l’honneur du Figaro Magazine.

A cette époque récente, Contribuables Associés ne se mouillait pas avec les « fraudeurs fiscaux ». Son combat, parfaitement légitime, visait la seule dépense publique.

Contribuables Associés est une grosse machine, des centaines de milliers d’adhérents qui paient des centaines de milliers de cotisations. Il découle de cela une macro-stratégie, finalement assez peu différente de celle de l’Etat.

Cette association est entrée dans le moule de la photo économique instantanée et globale, illustrée par toutes sortes de tableaux chiffrés, de courbes, de camemberts statistiques, bien loin des problèmes économiques et fiscaux qui, en réalité, sont tous uniques, individuels. C’est leur somme qui crée l’économie.

Soudain la population renâcle, Contribuables Associés récupère.

Il se trouve que les individus, touchés dans leur vie de tous les jours, devenus les micro-ruines de la macro-économie, se révoltent, ici ou ailleurs, et essaient de se regrouper.

Ne faisant ni une ni deux, Contribuables Associés a ouvert un espace « Contrôles Fiscaux » destiné à récolter les adhésions de tous ces mécontents. C’est de bonne guerre.

De mon côté, j’ai aussi le droit de ne pas apprécier d’avoir été l’initiateur de cette résistance au contrôle fiscal, de l’explication sociale de ces contrôles et de leurs conséquences, d’avoir, en toute confiance, évoqué tout cela avec les responsables de Contribuables Associés et d’être, au moment ou cette association prend enfin la mesure du problème, laissé sur le bas côté.

Je me permets de dire très clairement à Contribuables Associés : « celui qui n’a pas résisté n’a aucun droit à récupérer ».

Cela est d’autant plus dommage que j’ai établi une feuille de route en six points des modifications réglementaires ou législatives qu’il faut défendre pour rendre le contrôle fiscal juste, ce qui, du même coup, obligerait l’Etat à une fiscalité raisonnable dont l’ajustement ne pourrait plus se faire à l’aide du pillage par le contrôle fiscal.

Nous aurions pu ensemble peser pour obtenir ces modifications, que vous pouvez lire dans le tableau des buts de « Témoignagefiscal », à droite en tête du blog. Hélas, non seulement nous restons isolés dans notre résistance, mais elle nous est piratée par des résistants de la dernière heure….

Je n’ai trouvé la fidélité que dans Objectif Eco, dont pourtant le thème principal n’est pas le contrôle fiscal, ni la fiscalité. Il m’est agréable de terminer ce billet, un peu triste, sur la note optimiste qu’évoque cette fidélité de Charles Dereeper.

Bien cordialement. H. Dumas

RAPPEL :  MOBILISONS NOUS.  SIGNEZ LA PETITION.  (colonne à droite)

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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8 réflexions au sujet de « Lettre ouverte à mes amis de « Contribuables Associés » »

  1. Cher Monsieur Dumas,

    Merci pour votre soutien à Contribuables Associés (merci spécial de la part de M. Leon et Mme Taffin !)
    Veuillez nous excuser si vous avez essayé de nous joindre sans retour de notre part. Comme vous le dites très justement, Contribuables Associés est aujourd’hui une « grosse machine » : le nombre de membres ne cesse de grandir et nous en sommes à plus de 350 000 ! Cela nous réjouit car en effet, « l’union fait la force ». Cependant, nos moyens matériels n’ont pas tellement grandi pendant ce temps, car les nouveaux venus ont déjà les poches bien vidées par l’Etat et les dons sont souvent modestes ! C’est pourquoi notre équipe est réduite et nous avons fort à faire…
    Nous serions très heureux de publier vos articles : nous avons même ouvert récemment une rubrique sur notre site internet, spécialement consacrée aux témoignages de contribuables () . Cette rubrique mériterait d’être vraiment étoffée : n’hésitez pas à nous contacter !

    Ce message s’adresse aussi à Rodrigue et « Goufio » dont les témoignages seront également bienvenus.

    Cordialement,

    Marie Villeneuve
    Contribuables Associés

  2. Bonjour Henri.
    moi aussi j’ai envoyer à contribuable associés le récit de mon aventure avec le fisc ,pour un contrôle de TVA que je n’établissait pas moi même .
    en effet il ne comptait pas les compensations gasol , que je prenait chez mes clients transporteurs. tu vois pour un expert comptable commissaire aux comptes.
    Bien entendue ce cabinet refuse sa responsabilité et me met tout sur le dos . pour le fisc c’est du pain bénie car même si ce n’est pas toi c’est quand même toi.!!!
    je que je ne comprend pas c’est que de 22.000 euros 6 mois 2010 et 1 ans de 2011.
    je leur devrait 35.000euros en 2013 et 50.000 euros en 2014 .J’ai été obligé de mettre 2 camions en caution au cas ou je perdrais au TA. POUR 35.000 EUROS.
    et debut fevrier je recoit de nouveau du fisc un avis d’inscription du privièleg du trésor pour le tribunal de commerce 50013 euros.depuis 2010 date de la création de mon entreprise j’ai créer 8 emplois avec 30.000 euros de capital social suite à la vente de mon commerce tenue 12 ans . Je veux que le cabinet comptable qui est responsable de ce désastre soit condanné pour fautes proffesionnels. Je n’ai jamais triché ni fraudé ,et mes salaires et charges sont payés cela avec une conjoncture pour les TPE DU TRANSPORT PLUS QUE TENDUS. Je t’avais raconté le broyage de ma vie et celle de ma famille . le fisc et l’etat s’en fichent ils veulent du fric pour mener grand train puisque pour eux je vais plonger … alors j’attend que comtribuable associés s’occupe de nous et ne voit pas en nous que des fraudeurs …

  3. Bonjour,

    M Dumas je vous lis depuis le début, je crois. Je suis aussi un des « associés contribuables » de la première heure de l’ancêtre de Contribuables Associés : la Ligue des Contribuables. Je partage aussi « ce laisser pour compte », la machine est importante, elle est macro, comme vous le dites, alors que la pression fiscale est vécue personnellement et que l’individu est trop seul, trop petit pour lutter seul et Contribuables Associés à qui j’ai demandé à plusieurs reprises plus de soutien à des cas personnels est resté silencieux, leur objectif étant d’être le plus grand parti de France devant les effectifs des militants politiques. C’est fait, alors il faut maintenant partir à la défense et même à l’attaque de la forteresse fiscale et aussi des « Robespierre-fiscaux » de l’Assemblée nationale comme MM Galut et Eckert qui font faire un mal fou à notre société et sont déterminés à piller des gens qu’ils n’aiment pas comme F Hollande : Les Riches.

    1. Bonjour,
      Oui, il faut se battre spécifiquement sur les contrôles fiscaux. Ils sont la base de tous les excès, puisque la composante d’ajustement et de délation de la folie fiscale.
      Rejoignez-nous. Ecrivez votre expérience. Publiez là sur le blog.
      Lorsque nous serons assez nombreux, nous nous déplacerons pour assister au TA les « fraudeurs fiscaux » poursuivis indignement.
      Cordialement. H. dumas

  4. Quoi Henri, vous regrettez qu’une association forte de plusieurs centaines de milliers d’adhérents qui se bat contre la gabegie fiscale et publique, se moque de vous parce que vous étiez là avant avec vos quelques centaines de lecteurs de blog. Non vous ne pouvez pas être sérieux ou alors la bile fiscale vous est montée à la plume et vous fait perdre de vue votre combat.
    Ne vous trompez pas de camp.
    En quoi Contribuables associés vous a laissé de coté. J’avoue ne pas comprendre.
    Cordialement

    1. Ecoute Duguet, mon pote,
      Relis plusieurs fois mon billet, tu comprendras, c’est pas dur.
      Et tu verras, j’ai été gentil.
      Parce que, Contribuables Associés, je les aime bien. Tout particulièrement ceux que je connais. Taffin c’est une femme bien, Léon aussi il est bien. Ils n’ouvrent plus mes billets, mais c’est pas grave, ils sont biens quand même.
      Mais tu vois Duguet, y a pas que la force dans la vie, pas que la loi du plus grand nombre, il y a aussi l’éthique.
      Bien cordialement. H. Dumas

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