Nul n’est identique

Nul n’est identique, mais nous avons tous les mêmes besoins. A cela nous devons rajouter le fait que, contrairement à l’idée d’éducation largement répandue, nul n’est réellement modifiable, tout au plus légèrement ajustable.

De ces trois équations découlent les limites de l’organisation sociale.

Le but de l’organisation sociale est clair, il s’agit de mutualiser les efforts dans l’optique d’un gain pour tous. Ce gain, in fine, ne pouvant se mesurer qu’individuellement. Dans le cas contraire il y aurait tromperie.

Les deux besoins fondamentaux de l’homme sont de vivre et de se reproduire, tout le reste découlant de ses deux impératifs.

Ceux qui réfléchissent le savaient, les plus imprévoyants le découvrent soudainement, ces deux besoins fondamentaux supposent un préalable incontournable : la sécurité.

Mon jardin plait aux écureuils, j’ai tout loisir de les observer. Leur caractéristique principale est l’inquiétude. Ils ont peur, constamment peur. Au point probablement de n’avoir que très peu de temps pour penser à autre chose, pour devenir autre chose que des écureuils.

Ils partagent ce tourment avec les pies et les palombes qui vivent sur ce même territoire. Et je ne parle pas des couleuvres, des mulots et des hérissons dont la peur est telle qu’on ne les voit jamais, alors qu’ils sont là eux aussi.

Sur les sept milliards d’hommes que nous sommes combien vivent, comme les animaux de mon jardin, dans la peur, ne pouvant penser à autre chose, ne pouvant de ce fait se construire en tant qu’homme tel que nous l’imaginons, nous qui avions cru soumettre la peur, gagner définitivement la sécurité ?

Evidemment, ici, je ne parle pas de la peur fiscale qui tétanise les français actifs apporteurs de richesses, indépendants et entrepreneurs, sur laquelle j’ai déjà écrit de nombreuses pages, qui est la raison d’être de ce blog. Celle-là ne touche hélas pas tout le monde. Ceux qui y échappent ne la trouvent pas grave car il pense que grâce à elle ils accèdent à leur propre sécurité. Vaste fumisterie dont évidemment nous ne cesserons jamais de parler.

Mais, revenons à la peur globale et à l’organisation collective.

Le but de la civilisation, de l’organisation collective, est, et a toujours été, de réguler les peurs individuelles. Non seulement ce but n’a été que rarement atteint, mais c’est souvent son opposé que l’organisation sociale engendre.

La difficulté est liée au tri que suppose la constitution d’un groupe poursuivant tel ou tel objectif, à la façon dont celui-ci va écarter ceux qui, pour une raison ou pour une autre, ne sont pas adaptés aux règles et objectifs que s’est donné le groupe considéré.

Je me résume.

Lorsqu’un groupe humain se constitue, son objectif ne peut être que de protéger la vie ou la reproduire. Pour cela, au-delà des méthodes qu’il va imaginer pour atteindre son but, il devra au préalable assurer à ses membres la sécurité, sans laquelle le statut d’homme, tel que nous l’entendons, n’est pas accessible.

C’est là que le problème auquel les hommes d’aujourd’hui sont confrontés montre son ampleur, les terribles difficultés à venir.

Il fut un temps où l’évidence des frontières, pourtant en concurrence avec les communautés de penser, s’imposa comme unité d’organisation. La notion d’appartenance au territoire, de sacrifice ultime potentiel  à son sujet, servait de base à la loi qui par ailleurs écartait ceux que l’on supposait néfastes au regroupement collectif chargé de maintenir la vie et sa reproduction. Ceux qui étaient écartés pouvaient être des habitants du territoire considérés, pour différentes raisons, comme des obstacles à l’objectif poursuivi, mais évidement et surtout ceux qui n’étaient pas nés ou admis sur celui-ci.

Aujourd’hui, le territoire des hommes est mondial, c’est un fait.

Les frontières ne veulent plus rien dire. Mais, et c’est le pire, le partage en communautés de penser non plus. Les deux sont des accélérateurs de conflit maximum,  donc d’insécurité maximum.

La problématique du groupe, de la mutualisation réfléchie, limitée à son nécessaire, se pose à l’échelle du monde, tout autre échelle est suicidaire pour l’humanité.

La tache est immense.

Elle passe par deux principes incontournables :

            – Définir les points que la collectivité mondiale va mutualiser, ils devront être les plus restreints possibles.

            – Définir les critères de caractères individuels compatibles avec cette mutualisation et les méthodes et graduations pour écarter ceux qui s’éloigneront de ces critères.

Ce n’est pas une mince affaire. Si elle n’est pas solutionnée, à cette nouvelle échelle mondiale, l’homme en tant que tel sera atteint dans sa faculté à vivre et à se reproduire.

Vous pouvez me dire que lancer une telle alerte sans proposer de solution est un peu facile. Je vous répondrai que c’est aux générations à venir d’imaginer les solutions, ce sont elles qui sont concernées.

Tout au plus ceux de ma génération pourront émettre un avis, donner un conseil par-ci, par-là. Mais surtout, lâcher les rênes du pouvoir auquel ils nuisent en s’incrustant avec un profil de pensée qui date presque des dinosaures. (Mais non, je ne pense pas qu’à Juppé, à Trump ou Poutine, etc…).

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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