Propriété privée, progrès et urbanisme

Philippe Nemo et Pascal Salin sont deux intelligences cristallines.

Le premier a commis, entre autre, un livre-essai : « Qu’est-ce que l’Occident ? », stupéfiant de clarté, de simplicité et de savoir. Accessible pour moi, donc pour tous.

Edité une première fois en Octobre 2004, l’ouvrage a été réédité en Juillet 2013, il a fait l’objet d’un nouveau tirage en Mars 2015. Toutes affaires cessantes, allez le commander sur Amazon, ou chez votre libraire préféré qui, probablement, ne l’aura pas en stock. Non seulement ce livre n’a pas pris une ride, mais il a rajeuni avec le temps.

Philippe Nemo prend pour hypothèse que le droit romain, qui a inventé et codifié la propriété privée, a de facto créé la notion d’individu car, pour lui, l’avoir crée l’être. J’adhère à cette hypothèse.

L’individu, ainsi contenu en son avoir, serait une spécificité du monde occidental et expliquerait la formidable machine à progrès que celui-ci a été ces derniers siècles. Machine unique sur la planète. J’adhère aussi à cette deuxième hypothèse.

Je suis effectivement conquis par l’idée, ici historiquement démontrée, que le respect de l’individu et donc de sa propriété sont les clefs du progrès et de la richesse d’une société.

Sous réserve, évidemment, que la liberté accompagne cette posture et fasse en sorte qu’à aucun moment la possession puisse être le résultat de la force et non de la capacité. L’avoir pour définir l’être ne doit pas être issu d’un pillage mais de la compétence.

Soyons honnête, le livre est plus complexe que mon résumé, des considérations sociaux-religieuses sont développées, celles-ci ne me convainquent pas, ou pas totalement, mais peu importe elles ne changent pas, pour moi, la brillance de l’hypothèse de base.

L’urbanisme actuel en France est une application parfaite de cette pensée.

Au sortir de la dernière guerre, l’urbanisme était pratiquement libre. Celui qui possédait un terrain et les fonds nécessaires construisait ce qu’il voulait.

La liberté et la propriété privée étaient en ce domaine respectées. Ce fut les années fastes de l’urbanisme, de la construction.

La contrepartie gênante était une utilisation un peu désordonnée de l’espace qui compliquait les dessertes en tout genre, que les politiques commençaient à promettre, alors que précédemment chacun en faisait son affaire.

Vint un moment, vers les années 1970, où de lumineuses intelligences imaginèrent de contraindre l’acte constructif, donc de limiter le droit de propriété, pour éviter une explosion spatiale qu’ils pensaient ne pas savoir gérer.

Initialement, cette contrainte était disons raisonnable, supportable.

C’était l’époque des plans d’urbanisme portés par les énarques giscardiens.

Laissées encore relativement libres, la propriété privée et les individualités qui la composaient ont porté gaillardement l’économie du bâtiment, au point de voir nos entrepreneurs parmi les numéros mondiaux majeurs de cette activité.

A partir des années 1980, les choses ont commencé à se gâter.

Une inversion s’est opérée. La propriété des sols est devenue un bien pratiquement collectif. Les opérateurs, des sociétés d’économie mixte, étaient entièrement entre les mains de la collectivité. L’individu a été exclu, d’abord du foncier, puis, plus tard, carrément de l’acte constructif. Jusque, aujourd’hui, au choix même du lieu et de la forme de son habitat privé ou professionnel.

En 2016, les PLU (Plan locaux d’Urbanisme) sont une usine à gaz où chaque mètre carré a une fonction définie qui ne correspond à rien dans le présent et à moins que rien pour l’avenir des cités qu’ils écrasent de leur bêtise.

Les architectes conseils sont autant de freins à l’énergie et à l’enthousiasme qui sont les fondements de l’acte constructif.

L’activité de la construction est anéantie, ruinée, sans qu’il puisse paraître un avantage déterminant à ces mortelles contraintes.

Cela engendre une surévaluation de l’existant qui pénalise gravement les jeunes français qui ne peuvent plus, raisonnablement, accéder à la propriété personnelle ou professionnelle, alors même que les progrès techniques permettraient de leur bâtir des choses formidables pour des coûts probablement dérisoires.

L’urbanisme est une victime de la collectivisation.

Il serait aisé de décrire toutes les tares liées à ce constat, connivence, réseaux, passe-droits, corruption, surcoût, erreurs constantes d’objectifs et de résultats, etc…

Conclusion

S’il est un domaine ou l’association de l’être et de l’avoir est la seule solution possible pour engendrer richesses et progrès, sans lesquels il ne peut y avoir d’épanouissement, c’est bien l’urbanisme, tant les sommes en jeu et les responsabilités à assumer ne peuvent être diluées dans un magma collectif sans aboutir à l’échec absolu.

Or nous y sommes. L’urbanisme et la construction se meurent du non respect en ces matières de la propriété privée et de la liberté des individus.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’avenir ne laisse pas prévoir une amélioration à ce sujet. SCOT et PLU font vivre une armée d’andouilles qui ne sont pas prêts de lâcher l’os et une autre armée de politiques qui ne sont pas prêts, eux non plus, à abandonner le pouvoir qu’ils croient posséder à travers ces outils de casse des libertés individuelles.

Et pourtant, les PLU et autres finesses urbanistiques contraignant la propriété privée et les libertés individuelles sont totalement contraires à notre constitution, à la déclaration des droits de l’homme. Mais qui s’en soucie ? Pas les Tribunaux Administratifs en tout cas, qui gèrent, comme pour le reste, mal, la justice en ce domaine.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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6 réflexions au sujet de « Propriété privée, progrès et urbanisme »

  1. S i l’ « Archi » nous brosse un tableau détaillé des mécanismes « technocratiques » et étatiques collectivistes qui cancérisent la gouvernance et ont métastasé dans tous les secteurs économiques (donc sociaux) de ce pauvre pays,
    le médecin que je suis peut se permettre de tracer la même perspective pour le soin humain
    dont la collectivisation de la ressource financière
    (pudiquement rebadgée « mutualisation du risque » par les assureurs et autres bienfaiteurs monopolistes de l’humanité française)
    a complètement annihilé la dimension individuelle, personnelle de l’économie d’un soin, opportunément récupérée par le politique et le médiatique sous l’ineffable étiquette de la « santé publique » ;
    Le philosophe Jean-Luc Nancy rappelait pourtant ces jours-ci dans l’université philosophique d’été à Nantes que la récupération de la pensée de
    Karl Marx par les collectivistes comme-Hun-istes et autres sots-scie-à-listes relève d’une monstrueuse et dévastatrice imposture intellectuelle;
    leur haute trahison a en effet consisté à déformer la « Marxime » d’origine qui énonçait que « la propriété ne devrait être ni privée, ni collective, mais INDIVIDUELLE » !
    Ces nihilistes « sans dieu ni maîtres » que sont les gauchistes , collectivistes, étatistes et autres gauchers des deux mains de la pensée
    ont finalement confisqué à leur profit le rôle du maître que chaque citoyen ne devrait concéder qu’à la pensée
    – de la responsabilité (y compris « pour autrui » si chère à Emmanuel Levinas),
    – de la dignité,
    – du partage et
    – du respect de la personne humaine,
    toutes qualités strictement personnelles du vivre ensemble dont il ne saurait exister aucun ersatz collectif, communautaire ou impersonnel !
    Aucun refuge donc, désormais pour ces planqués de la responsabilité personnelle derrière l’anonymat des foules nombreuses et autres masses populaires si chères à l’inimitable et infect Georges Marchais !
    Le glas du déclin financier de tous ces systèmes européens et extra-européens de gouvernance de la « dépense publique » à coup de « dette » sur le dos des générations montantes va être bientôt sonné par les transfuges et autres agents doubles de ladite gouvernance dûment relookés sous les bannières européennes et du FMI .
    Les crabes de la finance et du « pouvoir » se mangent entre eux !
    quant au soin humain de proximité, nous citoyens responsables de cette nation devrons refonder une solidarité inter-individuelle
    – non pas sur la dilution de la responsabilité individuelle dans un « budget collectif » de « mutualisation des risques » de santé publique EN AVAL de leur survenue,
    – mais sur une mutualisation de la responsabilité économique individuelle de santé
    par la création de comptes-épargne socio-sanitaires INDIVIDUELS dont les plus précaires seront abondés par les plus prospères,
    pour provisionner les moyens des soins EN AMONT de la survenue du « risque social et sanitaire » individuel .
    Pas d’avenir économique sans la restauration d’un périmètre individuel, y compris pour les « risques » sociaux: cela s’appelle une PROPRIETE inaliénable !
    Il nous faudra seulement trouver les moyens de shunter le pouvoir des « assureurs » de tous poils qui nous veulent tant de bien . . . au nom de l’ineffable « intérêt général », lamentablement bafoué en intérêts catégoriels et autres régimes privilégiés par tous les démocrasseux dirigeants politiques et syndicaux de notre « moderne » res-poubellique » .
    Depuis la décapitation de la monarchie, la pensée politique semble avoir perdu la tête !

  2. bonsoir ,

    effectivement petit article bien étayé ( on voie la patte de l’archi) .
    mais en + de la liberté de pouvoir faire son logis a son gout « le pos et le plu étant des outils afin de prévenir une anarchie constructive » ce qui me met un petit peu en pétard c’est qu’en neuf ou en réhabilitation on a tellement de normes constructives a respecter ( ce que n’a pas arrangée la RT 2012 ) que c’est souvent très difficile et demande des moyens financiers que la plupart des gens n’ont pas ….depuis la spéculation foncière faite depuis les années 90.
    Cela dit on n’est pas obligé d’acheter a paris ou près de la riviera mais ca en devient un problème quand les communes et conseils régionaux ont mal géré leur circonscription et que les taxes a l’achat ,a l’usage et a la revente deviennent prohibitive..
    Et la nomenklatura des castes françaises ( notariales, politiques, huissiers , impôts et j’en passe …) ne sont pas prêt d’arrêter leur pressing.
    cela dit , les moyens mis a disposition par le gouvernement pour aider certaines populations a avoir des aides financières et un toit ( je voie parfois certaines municipalité construire et loger certaines population migratoire) dans des habitats récent de bonne facture, parfois gratuitement et avec des aides que j’en vient a les envier moi, qui ne peux prétendre aux mêmes égards … j’ai seulement retenu l’attention de l’administration fiscale 🙂
    j’en viens subitement a envier Diogène et pense a  » m’orthodosxer fonk » via une destination lointaine genre Grèce avec une tva a 50% mais dont je ne déclarerait pas un seul copeck vu que la danaïde et son tonneau d’hollande pourvoiraient a mon bonheur ..
    c’est beau de rêver …tiens c’est quelque chose qu’il ne vous on pas encore piqué,
    comme disait l’autre … »C’est quand on n’a plus d’espoir qu’il ne faut désespérer de rien. »
    —car même l’air ils nous le taxent—- avec le grenelle, les écotaxes et les décrets a la con des écolos et d’hidalgo qui vont interdire 600000 2 roues de + de 15 ans alors que c’est 10% de véhicules en circulation et qui ne créèrent que 2% de pollution et évitent les bouchons …
    Mais c’est vrai , ca va relancer le marche des véhicules , les bobos seront content ils n’auront + de sans dents en circulation venant de banlieue a 6h du mat parce qu’ils n’ont pas d’autres moyens …. seulement un président en scooter livrant des croissants
    ils pourront faire leur tel aviv sur seine toute l’année sur les quais, leur quiétude ne sera seulement troublée que par la désaffection .
    A moins, que ce soit un plan pour que les logements laisses vacants de leur départ effectif vers des meilleurs hospices , fassent revenir les pauvres vers le centre et leur procurent une rente vers le pays de Charlie… mais alors la …
    ( la bas – comme disait Goldmann dans sa chanson ), le stratagème serait super chiadée et vraiment très inventif.
    je comprends maintenant pourquoi jojo n’a pas voté pour son fiston aux dernières présidentielles, il concassait bien l’l’Olybrius et son ancienne bru et a préfère s’installer sur la cote méditerranée..

    je sais … je sais … le discours du début a dévie et je suis passé du « coq a l’Anne  » mais désolé c’est + fort que moi et merci a tous ceux et toutes qui auront eu la force de me lire jusqu’à la fin.

  3. Bonsoir vous me faites un grand plaisir avec ces auteurs car en particulier pascal
    Salin que j ai connu a l universite de la nouvelle économie a Aix en Provence
    Que nous fréquentions avec mon époux. Donc merveilleux souvenir avec des
    Conférenciers et interlocuteurs d excellents niveaux. Il y avait également Mr
    Garerons. Plaisir a lire cet article. Merci cordialement et bonne soirée.

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