Quand l’arbitre triche…

Il y a différentes raisons et manières de créer un groupe humain, une société.

Mais tous ont ceci en commun qu’ils se donnent ou s’imposent des conventions qui les définissent, que chaque membre du groupe est tenu de respecter.

Ces conventions sont en quelque sorte les règles du jeu, elles induisent les comportements présents et à venir des membres de ces groupes, elles façonnent leur personnalité, leur culture.

Pour imager le propos, le football applique des conventions ou règles du jeu qui orientent la vie des joueurs, tant dans leurs compétences physiques que morales, avec lesquelles par exemple ils ne peuvent pas s’intégrer à un groupe jouant au rugby.

La France est un groupe humain qui s’estime une société, dont le motif d’existence est avant tout territorial. Ce groupe s’est donné des conventions, elles sont inscrites dans un document que l’on appelle la constitution.

Ces conventions s’imposent à tous du fait qu’une majorité les a approuvées et qu’elles incluent l’idée que les minorités devront les respecter, au besoin par la force.

La constitution initiale que s’est donné le groupe France, non sans violence, garantit le droit de naître égaux, la liberté individuelle physique et de pensé, la propriété privée, l’accès à la justice hors arbitraire, le devoir de défendre le groupe, la mutualisation des moyens pour maintenir ces objectifs.

Ces conventions simples mais à l’époque révolutionnaires le sont encore rapportées à bien d’autres groupes par le monde.

Ces conventions ont façonné une culture, un type de raisonnement et de comportement.

Pour que tout cela fonctionne il faut évidemment un arbitre. La partie ne peut pas se jouer sans arbitre. La Justice et ses magistrats sont les arbitres.

Jusque-là, ça va.

Evidemment, les conventions que se donne un groupe ne plaisent jamais à tous ses membres, ou encore sont difficiles à mettre en œuvre pour certains. Cette situation génère des laissés-pour-compte.

Surgissent aussi des tricheurs qui essaient de mettre en œuvre d’autres conventions leur paraissant plus confortables pour eux, souvent en abusant les laissés-pour-compte pour faire masse.

La justice sanctionne les tricheurs, de telle sorte que ceux qui appliquent les conventions ne soient pas défavorisés par rapport aux tricheurs.

Je résume

Le français devrait, selon les conventions que le groupe s’est donné, se sentir un homme égal à tous les autres hommes lors de sa naissance. Puis un individu à part entière en devenant adulte, libre de ses actes et de ses pensées. Puis un propriétaire protégé, objectif qui va le conduire à faire les efforts nécessaires pour accéder à la propriété. Il devrait accepter l’idée d’avoir éventuellement à défendre son territoire dont dépendent les conventions qui le lient, ainsi que l’idée de payer l’impôt pour assumer les frais de la charge mutualisée de ces conventions et de l’arbitre qui surveille la partie.

Là, soudain ça ne va plus.

En tout cas pour moi. Si j’ai eu l’impression effectivement de naître égal, j’ai eu plus de peine à exercer ma liberté de penser et d’agir. Enfin, devenu propriétaire j’ai bien compris que j’avais peu de chance de le rester et qu’il s’agit d’un statut fortement déconseillé, faisant l’objet d’un harcèlement constant.

Que s’est-il passé ?

Les tricheurs et les laissés-pour-compte se sont ligués pour imposer d’autres conventions que celles qui sont supposées régir notre groupe.

Ils ont phagocyté l’arbitre qui ne siffle plus la faute depuis fort longtemps, au point que les tricheries sont devenues la convention.

Les footballeurs prennent le ballon à la main et vont dans les buts avec lui, l’arbitre acquiesce.

C’est extrêmement perturbant.

En ce qui me concerne j’ai mis un point d’honneur à appliquer les conventions qui nous gouvernent, en pure perte et bien au-delà.

Je me suis trompé lorsque j’ai pensé que chacun doit être responsable de sa vie, que la réussite doit être récompensée, que nul ne peut exiger un revenu s’il n’a pas généré une richesse en rapport, que l’égalité entre les hommes implique qu’ils ne mentent pas, qu’ils se respectent, que l’arbitre doit être juste et bon, au-dessus des filous, qu’il doit faire respecter nos conventions.

Mais il y a pire, j’ai trompé mes propres enfants en leur inculquant les mêmes croyances que les miennes, qui leur procurent les mêmes douleurs qu’à moi.

Appliquant nos conventions constitutionnelles, je me trouve en décalage complet partout, dans mon travail où le copinage et la connivence, si ce n’est la corruption, sont la règle, devant les tribunaux où ceux qui trahissent nos conventions sont récompensés et où je suis condamné régulièrement.

La faute en est en premier — en fait en totalité — à l’arbitre qui n’a pas su faire appliquer les conventions, qui est passé lui-même du côté des tricheurs.

La justice et les magistrats sont les vrais fossoyeurs de nos conventions, de notre société, de sa culture. Ils en portent la totale responsabilité, qu’ils revendiquent d’ailleurs.

Les conventions des tricheurs qu’ils favorisent seront-elles meilleures que les nôtres qu’ils devraient défendre ? C’est toute la question. Nous verrons.

Bien à vous. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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