« Qui paie perd » ou « qui prend gagne » deux jeux qui tuent.

Bastiat nous explique, très clairement, la réalité de l’échange économique.

Il fait la démonstration que le prix de l’échange (la valeur des choses) est exclusivement porté par le service. Par exemple, ce n’est pas le diamant qui a de la valeur, mais le prix du service pour le trouver, l’extraire, le formater, le monter. Celui qui réalise lui-même ces opérations aura un diamant gratuit. Mais, il devra y passer un temps si long, si complexe, qu’il est préférable qu’il paie, même cher, le service de celui qui le fait pour lui.

C’est donc, pour Bastiat, le service qui valorise la matière et justifie l’économie, lui seul. En fait dit-il, l’économie est exclusivement liée à l’homme, à la valeur des services qu’il rend, non à la matière première. Ces bases affirmées, il croit à la régulation naturelle du prix des services, ce qui l’amène à croire à la liberté et à la propriété comme fondamentaux de l’économie. Sa réflexion est convaincante, franchement imparable.

Le socialisme le gêne. Il l’imagine comme une entrave à l’économie, mais sur ce sujet il est beaucoup moins convaincant. Comment un esprit aussi clair, aussi incisif peut-il être approximatif sur le socialisme ?

J’y vois deux raisons.

La première tient au fait qu’à son époque (1850), le socialisme contemporain cherche encore sa voie, il n’est pas passé globalement à l’acte. Il manque donc à Bastiat l’expérience du socialisme pour assoir son raisonnement pragmatique, comme il peut le faire avec l’économie déjà réelle.

La deuxième, c’est qu’il est lui-même profondément croyant et pratiquant, que donc la notion de solidarité paralyse sa réflexion. La pensée chrétienne s’estime solidaire, en fait socialiste. Cela le met probablement mal à l’aise, en concurrence avec le socialisme moderne. Son observation, outil de ses réflexions, en pâtit.

La solidarité

Cette notion est inhérente à l’homme. Son organisation biologique grégaire induit la solidarité, sans laquelle il ne peut y avoir de groupe. Nul n’échappe à cette émotion, à cette nécessité. Mais, comme pour tout ce qui nous oblige, chacun s’arrange avec à sa façon. Un fait est sûr, nul n’est propriétaire de la solidarité.

Proposition de réflexion

Je crois pouvoir apporter un éclairage sur le socialisme, sur la déviance de la solidarité, telle que Bastiat l’entrevoyait sans l’expérience pour l’analyser. Nous avons l’avantage sur lui de cette expérience, à haute dose.

Nous allons prendre l’exemple suivant : 10 personnes décident de réveillonner ensemble. Mais, l’une d’elles fait part de son impossibilité à payer, les neuf autres la réconfortent et lui proposent de partager entre elles sa dépense. C’est la solidarité.

Maintenant prenons ces dix personnes, toutes peuvent payer.

Le pot commun

Elles décident que la facture globale sera partagée par leur nombre, qu’elle ne sera pas recalculée en fonction des consommations de chacun.  Neuf personnes prennent le menu à 50€. La dixième mange à la carte pour 100€.

Tout le monde payant la même somme, la dixième personne aura été soit un goujat, soit un malin, c’est une appréciation morale.

Tout est là, c’est ici que la solidarité capote, sur le partage et non sur la charité.

Notre société pratique à outrance le « pot commun ». De droite ou de gauche, la règle du « pot commun » est vénérée, aujourd’hui européanisée.

Et, c’est inévitable, les goujats et les tricheurs, qui se prennent pour des malins, viennent prélever dans le « pot commun » sans discernement.

Ainsi, les fonds de la solidarité sont détournés de leur objectif, lequel n’étant évidemment pas atteint suppose d’augmenter le « pot commun ».  Le cercle est vicieux, les conséquences redoutables.

Mais, avec le temps cela va beaucoup plus loin.

Le « pot commun » va augmenter dans des proportions considérables et de véritables professionnels vont être formés pour prélever plus que leur part sur ce « pot commun ».

Chacun de nous a pu voir et entendre son député, son maire, son ministre se vanter de ses capacités à obtenir plus de subventions que son voisin. Il en est de même sur tous les budgets, des hôpitaux, des entreprises, des écoles, etc… c’est à celui qui prélèvera pour lui et ses amis plus que les autres.

Où la chose se rapproche de la folie, c’est que les forces vives du pays, ne sont plus formées à créer le service qui va lui-même créer l’économie et la richesse, mais tout simplement à se faufiler dans les arcanes de la redistribution pour y capter plus que les autres.

Nous sommes aujourd’hui au sommet d’une montagne de goujaterie, nos élites ne cherchent pas à rendre un service, mais à prélever le plus possible dans le « pot commun » (lire Promotion Ubu roi). Tout est inversé, le « pot commun » devient dans l’esprit des populations le départ de l’économie, le service qui l’a créé est perdu de vue, c’est insensé. Le « pot commun » est un monstre assoiffé, aux besoins illimités.

C’est ça le socialisme. Au bout c’est le vide.

Pour l’heure, il faut affronter ses servants, les services fiscaux et les magistrats.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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