REVENONS AUX CHOSES SERIEUSES

Vers 1850, Frédéric BASTIAT écrit ceci :  » Sous le philanthropique prétexte de développer entre les hommes une Solidarité factice, on rend la Responsabilité de plus en plus inerte et inefficace. On altère, par une intervention abusive de la force publique, le rapport du travail à sa récompense, on trouble les lois de l’industrie et de l’échange, on violente le développement naturel de l’instruction, on dévoie les capitaux et les bras, on fausse les idées, on enflamme les prétentions absurdes, on fait briller les yeux aux espérance chimériques, on occasionne une déperdition inouïe de forces humaines, on déplace les centres de population, on frappe d’inefficacité l’expérience même, bref on donne à tous les intérêts des bases factices… »

BASTIAT est un libéral. A cette époque ce n’est pas rien. La révolution n’est pas aboutie, elle a même échoué, l’empire l’a remplacée pour échouer lui aussi, nous sommes en plein doute, le dernier roi Louis Philippe vient de tomber, la république n’existe pas encore, un nouvel empereur s’annonce. Le passé et le présent se mélangent dans les esprits, le futur est énigmatique.

Ces libéraux, d’où viennent-ils ? Ils viennent d’une époque de servage qui a duré presque deux mille ans. D’une époque où Catherine de Russie, interrogée par un voyageur sur l’état de décrépitude de ses paysans, pouvait répondre : « Pourquoi voulez-vous qu’ils prennent soin d’un corps qui ne leur appartient pas ? «  Cette caricature n’est peut être pas toute la vérité, mais les hommes qui, à l’époque de BASTIAT, découvraient la liberté, y compris en économie, venaient de loin.

Nous avons déjà vu que, trois cents ans avant, un jeune homme, Etienne de La Boétie, se demandait pourquoi les hommes acceptaient la tyrannie des gouvernants. Il concluait sa réflexion par l’idée qu’en réalité ils étaient, pour partie, responsables de cette tyrannie, par le biais de ce que Paulo Coelho appelle aujourd’hui « la banque des faveurs ». En fait l’intérêt particulier et ses réseaux, qui font perdre de vue l’intérêt général et accepter l’inacceptable, à ceux qui disposent de la force.

En 1850, ce qui fait peur à BASTIAT c’est le socialisme, plus particulièrement dans ses aspirations économiques. Il défendra avec ardeur l’idée que l’économie ne peut être que libérale, que les intérêts individuels sont inévitablement harmoniques et non antagonistes, que ce sont eux qui équilibrent et développent l’économie.

Les inquiétudes de BASTIAT furent infondées. Pendant un siècle le libéralisme a dominé le monde occidental, pendant ce siècle le monde occidental s’est imposé comme patron de l’économie mondiale. Grace à cela, il a connu un développement scientifique et culturel jamais vu auparavant. Les dogmes ont reculé.

Quand soudain :

Ces écrits de 1850 sonnent comme une sorte d’alarme très actuelle. Les occidentaux seraient-ils prêts pour le servage ? Un dogme, issu d’eux-mêmes ou venu d’ailleurs, pourrait-il les asservir ?

La question peut légitimement être posée, tant les signes incitent à cela.

La liberté que prônait BASTIAT, que nous avons vécue, a un coût. Ce coût est la responsabilité. Ce coût, nombreux sont ceux qui ne veulent pas l’affronter.

Affronter la responsabilité c’est affronter sa condition d’homme, c’est accepter son insignifiance, accepter de regarder son néant en face. C’est dur.

Beaucoup préfèrent rester dans l’enfance, on s’amuse et « Papa et Maman Etat » s’occupe de tout, nous sommes responsables de rien.

Sauf que, « Papa et Maman Etat », c’est comme le Père Noël, une bande de déguisés qui n’ont aucune réalité, qui ne sont là que pour abuser de notre crédulité, le temps d’une photo, payée cash et cher.

BASTIAT disait aussi : « Il ne faut pas perdre de vue que l’Etat agit toujours par l’intermédiaire de la force. Il impose tout à la fois et les services qu’il rend et les services qu’il se fait payer en retour sous le nom de contribution…. La question revient donc à ceci : Quelles sont les choses que les hommes ont le droit de s’imposer les uns aux autres par la force ? « 

Les français feraient bien de réfléchir au fait que le marché libre crée peut-être des différences, mais même injustes elles voient le jour librement. Tandis que le système que certains appellent de leur vœux : l’emploi de la force pour aboutir à l’égalité,  sera, comme toujours, un échec. Mais la force appelée à la rescousse de cette utopie ne partira plus. Le servage est au bout. Il sera plus terrible que l’inégalité naturelle, accompagnée de la liberté.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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