UN DESTIN

J’y ai pensé très jeune. Ai-je un destin, me suis-je dit bien embêté ?

La réponse qui m’est rapidement venue à l’esprit fut : non.

Il m’est tout de suite apparu que les grandes figures de l’humanité dotées d’un destin l’avaient embrassé bien avant leur naissance.

Prenons une star du sujet, Jésus Christ, dont le destin fut de sauver l’humanité. Eh bien, il est né pour ça. Il n’est pas né par hasard. Son père, Dieu lui-même, l’a fait naître (dans des conditions rocambolesques) spécifiquement pour qu’il accomplisse son destin.

J’aurais pu prendre d’autres exemples, tous les « destineux » sont venus sur terre délibérément, dans un but précis, le fameux destin.

Or moi je suis arrivé complètement par hasard.

Rapidement je vous explique. Mon père se fait arrêter par les allemands dès le début de la guerre. Il s’évade du bureau de la Gestapo le jour de son arrestation. Il court se cacher chez son cousin germain en zone libre. Il séduit la femme du dit cousin et là, pas de pot, j’arrive. Sale coup du hasard. Inutile de s’appesantir sur le bordel que ça a foutu dans sa vie, pas dans la mienne.

L’avantage pour moi c’est qu’il m’a été très facile de comprendre que ma naissance, tout comme celles de milliards d’êtres humains, devait plus au hasard qu’à un éventuel futur destin.

Car, évidemment, le destin ne se prend pas en route, le destin vient de loin, toujours(sinon ce n’est pas le destin, c’est l’opportunité).

Mais, rassurez-vous, ne pas être porteur d’un destin n’est pas une tare. Se sentir une simple poussière en suspension dans l’univers est un véritable luxe, qui s’appelle « la liberté », auquel je tiens farouchement.

Si tous les parents prenaient la peine d’expliquer à leur progéniture le rôle du hasard dans leur conception, cela réduirait d’autant le nombre de prétentieux qui se sentent venus sur terre pour accomplir un destin et qui ne cessent de nous gonfler à son sujet.

La liberté, c’est la liberté, chacun en fait ce qu’il veut. Beaucoup n’en font rien, d’autres en abusent.

Si, avec sa liberté sous le bras, on part à la conquête de l’économie, on peut en profiter pour s’affranchir des règles. Mais, outre que c’est « jouer petit bras », il faudra payer la facture. Car tout franchissement des lignes se traduit par une perte de point.

Cette insignifiance qui procure la liberté, je la revendique. C’est à partir d’elle que tous les choix sont possibles. C’est cette insignifiance, quelque soit le rang apparent de la naissance, qui permet à l’homme de se construire librement pour le peu de temps qui lui est imparti pour faire le « caké » sur terre.

Puisque je ne suis rien, je suis le seul juge de ce que je veux être, le seul décideur de ce que je serai.

Encore faut-il avoir bien compris que les autres aussi ne sont rien. C’est là que le bât blesse. Parce que les autres, ils sont persuadés, dans leur grande majorité, d’être quelque chose et quelque chose de très important. Souvent, ils n’en peuvent plus de se croire très importants.

Alors, si vous leur expliquez, ou si tout simplement vous leur faites comprendre qu’eux aussi, tout comme vous, ne sont rien. Ils le prennent très mal.

Pour peu qu’ils soient agents du fisc, magistrats, flics, fonctionnaires dotés de pouvoir, bons pasteurs, scouts, curés, imans, ou autres minus persuadés de leur importance, ils ne vont pas vous lâcher la grappe.

Votre insignifiance, pour eux, n’est pas la porte vers votre liberté, mais au contraire celle de votre servitude, qui leur est due.

Ils sont très cons, ils se trompent énormément, mais c’est vous qui allez payer la facture. Il faut reconnaître que c’est un peu contrariant.

Finalement, alors que vous ne demandiez rien à personne, les « destineux » vous impose la lutte pour la liberté.

Eux ont perdu leur liberté depuis longtemps, ils n’ont même pas envisagé de la conquérir, elle leur fait peur. Pendant que vous, vous pourriez en jouir tranquillement sans emmerder personne, ils vous forcent à entrer dans leur système stupide d’aliénation.

Mais en plus, ils sont mauvais joueurs. Evidemment, comme ils n’ont rien compris à leur statut et aux règles de l’insignifiance tant ils sont imbus de leur importance, immanquablement ils vont rapidement être ridicules. Figurez-vous que c’est à vous qu’ils en voudront. Plus ils seront ridicules, plus ils seront hargneux.

Ne vous découragez pas. La liberté n’a pas de prix, pas de bulle spéculative, pas de limite, quelques crises qui valent la peine d’être surmontées, mais il est impossible de vous la voler, elle est dans votre tête.

Il est possible qu’ils la coupe, c’est le seul risque, mais un rien qui disparait ce n’est rien….

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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