Vol, voleurs, volés : un conte de fin d’année

Evidemment les prénoms de ce conte ont été changés.

François est un petit voleur, depuis peu il s’est essayé au braquage avec une certaine réussite. Il voudrait bien étendre sa petite entreprise au trafic de drogue, mais il n’a pas vraiment les contacts.

Sa bonne fortune lui a permis d’acquérir un coupé Mercédès noir, dont il est très fier. Il promène à longueur de journées amis et relations professionnelles, dont Mohamed,  il attend de lui une ouverture vers le trafic de drogue.

Mohamed est un trafiquant de drogue prospère, pas un géant, mais un demi-grossiste. Il a ses contacts au Maroc. Il aime beaucoup la Mercédès de François.

Tant et si bien qu’il la vole à François, la maquille, la peint en blanc et, tout fier, se promène avec. Il ne manque pas d’amener François, que les promenades dans la voiture de Mohamed rendent nostalgique.

Tracfin, par hasard, en vérifiant la comptabilité d’une épicerie de quartier, est tombé sur le trafic de Mohamed. Ils ne l’ont pas pris en flagrance, mais ils lui ont foutu un contrôle fiscal et ils lui ont pris la Mercédès.

Ils ont vendu tous les biens de Mohamed, dont la Mercédès. Ils ont gardé l’argent de la vente de la voiture, évidemment.

A cette occasion, François a appris, d’un flic infiltré, que la Mercédès blanche de Mohamed était la sienne. Il a fait descendre Mohamed d’un coup de Kalachnikov. Il n’y aura pas d’enquête, c’est une affaire entre voyous. Mais la famille de Mohamed l’a mal pris. On ne tue pas quelqu’un pour une Mercédès, tout le monde sait ça. Ils ont fait égorger François. Conclusion : Tracfin, c’est efficace.

Mais, au fait, l’argent récupéré lors de la vente de la Mercédès, à qui est-il ?

Pas aux héritiers de Mohamed, puisqu’il a volé la voiture à François. Pas à ceux de François puisqu’il l’a acquise avec le produit de vols. Evidemment pas non plus à l’Etat qui n’est que le troisième recéleur. Cet argent est aux personnes volées par François, sous réserve qu’elles mêmes n’aient pas volé ce dont François les a dépossédé.

La fin du conte :

Personne ne rendra quoique ce soit à ces pauvres gens. A partir des vols initiaux, l’argent est devenu sale. Le seul à pouvoir le blanchir : c’est l’Etat. L’Etat, à travers sa laverie géante Bercy, est la plus sure et la plus grande laverie d’argent sale qui soit.

La morale :

Ne comptez pas sur l’Etat pour ça. La morale est que la chaine infinie des transactions économiques, appelé globalement « l’économie », doit tout à l’honnêteté de chaque transaction.  L’introduction à un point quelconque de la chaine d’un délit, d’une malversation, d’une indélicatesse, déstabilise toute la chaine.

L’Etat devrait être l’arbitre impartial, incorruptible et omniprésent qui surveille toutes les transactions pour en chasser l’inacceptable.

Les magistrats devraient être des spécialistes économiques pouvant être saisis rapidement, et dire immédiatement, en temps réel, le droit économique pour éviter toute rupture de la chaine de l’intégrité économique.

Les jeunes gens de ce pays devraient être informés de ces règles lors de leur éducation, de telle sorte que tous en soient conscients et ne puissent les enfreindre accidentellement.

Ce n’est qu’ainsi que ce pays pourrait sortir de la corruption où il est englué, prospérer et améliorer régulièrement le niveau de vie de ses ressortissants.

Rien de tout cela n’existe, au contraire.

La réalité :

L’Etat manque à ses obligations délibérément, par intérêt personnel.

D’une part il préfère se vautrer dans l’à-peu-près cela lui évite la nécessité d’être lui-même exemplaire, d’autre part la corruption économique favorise ses propres larcins.

C’est ainsi que l’Etat français est, petit à petit, devenu le plus gros blanchisseur d’argent sale du pays. L’argent n’est sale qu’entre français, le même argent devient parfaitement propre dès que l’Etat le met dans sa bourse.

Plus la délinquance croît, plus l’Etat s’enrichit, plus il peut faire croire que c’est sa lutte contre la délinquance qui justifie ses actions. Alors que c’est exactement l’inverse, c’est la nécessité de justifier ses actions qui l’amène à favoriser la délinquance.

Bercy est un accélérateur de délinquance, qui vit moralement et matériellement sur la boue de cette délinquance dont il se sert pour justifier ses propres turpitudes.

Tout cela est bien triste, il est peu probable que 2014 amène un changement à cette situation. Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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