Ce nouveau monde qui s’annonce …

Pour l’instant, la France est en vacances mais le pouvoir redoute un déferlement de mécontentement à la rentrée lorsque l’immensité du désastre va se révéler au grand jour ; avec la disparition de beaucoup d’entreprises malgré les promesses du gouvernement et les garanties de l’Etat à travers le PGE (prêt garanti par l’Etat qui n’est pas si facile à obtenir d’ailleurs) avec un cortège de plans sociaux et de licenciements que le système du chômage partiel ne pourra pas endiguer très longtemps !

Car, on ne peut pas bloquer toute l’économie d’un pays pendant des mois … sans qu’il y ait quelques dégâts collatéraux plus ou moins contrôlables à la clé !

Or, il ne faut jamais oublier que le pouvoir, quel qu’il soit, est toujours dans le calcul et dans la préméditation et il redoute que la population, mécontente, en arrive à des extrémités à côté desquels les manifestations des gilets jaunes pourraient n’être qu’un simple amusement !

Et quoi de mieux pour éviter la révolte que de contraindre cette population, par la peur et les menaces, à rester chez elle et à éviter les contacts tandis qu’on nous parle sans arrêt de deuxième vague ; à tel point que beaucoup sont d’ores et déjà persuadés qu’il s’agit essentiellement de l’utilisation par l’Etat fonctionnaire de l’épidémie à des fins de contrôle de la population.

Le monde semble évoluer vers une société 3.0 dans laquelle il n’y a plus de contacts personnels, plus de réunions, plus de fêtes, où la méfiance généralisée, de tout et de tout le monde, et la peur deviennent la règle de conduite.

Au Japon, pays où il y a l’un des plus forts taux de suicides au monde, une partie de la population vit d’ores et déjà cloitrée chez elle coupée du monde. L’isolement et la peur ont fini par y créer des inadaptés sociaux, agoraphobes qui se réfugient dans un monde artificiel avec des dégâts irrémédiables !

Est-ce vraiment cela que nous voulons ?

Il faut dire que l’administration s’en donne à cœur joie, avec des règlementations tous azimuts dans tous les domaines, des règles absurdes mais obligatoires et des amendes ; tout en agitant sans cesse le risque de la deuxième vague à travers l’utilisation médiatique des « nouveaux cas » en faisant d’ailleurs un peu facilement un amalgame ou une confusion entre cas et décès.

L’hypothèse selon laquelle l’épidémie poursuivrait en fait son expansion mondiale et que l’administration n’y peut rien ou presque ne semble pas envisagée …

En fait, le fonctionnaire confond édiction de normes et efficacité et, dans ce cadre d’action, il va édicter un trop plein de normes par peur de ne pas avoir été efficace ; la sur-normalisation étant assimilée dans son esprit à l’efficacité avec un effet obtenu finalement exactement l’inverse de celui recherché car soit la population accepte cette tutelle lénifiante et déresponsabilisante et devient une masse apathique qui attend tout de l’Etat soit la population en vient à contester plus ou moins violemment ces règles.

Le port du masque, dont il a été dit au départ par les autorités qu’il était totalement inutile et devenu par la magie de la communication politique absolument obligatoire en est l’emblème le plus évident !

Et, comme le fonctionnaire agit toujours dans le même cadre de pensée, il fait la même chose en matière économique ; Bruno Le Maire, devenu le ministre de la relance, qui multiplie les annonces spectaculaires en est devenu l’exemple essentiel jusqu’à la caricature !

Seulement, en y regardant de plus près on s’aperçoit que cette « stratégie » présente un certain nombre d’insuffisances :

– asséner des milliards € de subventions dans tous les sens sans but réel autre que de faire croire à une action décisive de l’Etat fonctionnaire n’aura pas d’autre effet que d’épuiser les ressources du pays sans effet notable sur l’économie,

– habituer les agents économiques à l’argent gratuit constitue un engrenage dont il est difficile, pour ne pas dire impossible, ensuite de sortir, il n’est qu’à observer ce qui se passe en matière d’aides sociales …

– prêter en masse de l’argent à des entreprises aboutit essentiellement à créer … des dettes car, à la différence des Etats, les entreprises devront rembourser ces prêts tandis que l’émission monétaire de la BCE est immobilisée dans les comptes de cette dernière et ses créances à l’encontre des Etat gelées. Clairement, les emprunts souscrits ne sont pas du chiffre d’affaires ou du bénéfice ; ce sont des dettes !

-distribuer en abondance de l’argent qu’on n’a pas, aboutit essentiellement à fausser le marché et à maintenir ou même développer des entreprises zombies c’est à dire des entreprises qui ne survivent que grâce à l’argent gratuit et à la connivence avec les services de l’Etat ; mais vous me direz il faut bien quand même en sauver quelques-unes pour sauver l’emploi !

-l’Etat fonctionnaire ne remet à aucun moment en question la structure administrative et fiscale si pesante qui a fait tant de mal même s’il annonce un légère diminution des impôts sur la production (taxes diverses sur le Chiffre d’affaires qui ne sont pas en corrélation avec le bénéfice) ; bien au contraire, il augmente les contraintes !

D’une manière plus générale, ce nouveau monde 3.0 constitue une évolution inquiétante des précédentes expériences qui ont mené aux taux bas négatifs complètement manipulés, à une épargne massacrée et pouvant être saisie à tout instant pour renflouer des finances publiques qui n’ont de finances que le nom, à une théorie monétaire moderne qui prétend que la dette n’est plus un problème, à des banques centrales qui fixent, au-delà de toute logique économique, les prix des actions et obligations.

Et nous voici désormais avec l’immixtion de l’Etat fonctionnaire dans le dernier carré de l’économie réelle dans le cadre de la nationalisation des échanges commerciaux dans le but de maintenir l’illusion d’une économie de marché …

Car, selon la nouvelle doctrine, l’Etat peut tout faire, aucun secteur n’est plus hors d’atteinte de son contrôle qui va aussi de pair avec un développement … des atteintes aux libertés publiques.

Certains parlent de néo-libéralisme, je serais plutôt enclin à parler de nouvel étatisme (on parle de rétablir l’ancien commissariat au plan qui n’a jamais servi à rien puisque toutes ses prévisions s’étant avérées erronées sauf à permettre, déjà, l’immixtion de fonctionnaires dans l’économie de marché) ou de néo soviétisme car de libéralisme dans toutes mesures, il n’y en a absolument aucun !

Seulement, pensez-vous sérieusement que l’administration soit la mieux placée pour diriger un pays notamment du point de vue de l’économie ; cette administration dont les membres n’ont pas travaillé pendant les 3 mois de confinement sans subir aucune perte de salaire ; qui vivent dans un monde artificiel fait du financement de leurs revenus par les impôts des autres, qui ne prennent jamais de risque (surtout pas),

Si le néo libéralisme c’est le contrôle total de la société et de l’économie par l’Etat administratif alors il s’agit essentiellement d’une perversion linguistique et mentale destinée à tromper la population sur la réalité d’un phénomène qui prend une ampleur inquiétante et pas qu’en France !

Il faut donc rappeler quelques vérités désagréables :

-Bercy (ministère des finances) est la citadelle opaque de collecte de l’impôt ; il n’est aucunement le centre économique du pays comme tend à vouloir le faire croire l’Etat fonctionnaire. C’est un centre d’oppression et de non droit qui abuse de pouvoirs exorbitants à l’encontre du contribuable pour obtenir la collecte d’un impôt nullement consenti ; ce n’est en aucun cas facteur de liberté et de développement !

-Le fonctionnaire, quel que soit son niveau hiérarchique, ne produit rien de tangible, il n’a aucune connaissance des circuits économiques ; au mieux il raisonne en termes macro-économiques et ne sait rien de ce qui se passe au niveau des entreprises ; il est donc le plus mal placé pour parler d’économie,

-La vision du monde du fonctionnaire, c’est normes en tous genres, interdictions, relance, pression fiscale et, accessoirement, une vision marxiste. Le marché, le client, les investissements, la rentabilité, le capital productif, il ne connait pas !

-le développement fantastique des dettes par le biais de l’émission monétaire amène même la banque Natixis à se poser la question du sort de la monnaie car tout le monde sait que trop de monnaie finit par tuer la monnaie et que restera-t-il après une fois qu’on aura anéanti la monnaie et l’économie du pays ?

Nous sombrons insidieusement dans la dictature administrative comme au « bon vieux temps » de l’Union Soviétique dont on sait qu’elle a mal fini ; mais on y va quand même parce que c’est la solution de facilité et parce que l’homme est ainsi fait qu’il pense qu’il pourra toujours échapper à son destin même s’il continue à reproduire les mêmes erreurs … surtout s’il pense que, de toute façon, ce seront les autres qui en paieront les conséquences !

Ce nouveau monde qui se profile est complètement délirant et déconnecté des réalités !

Ne nous leurrons pas nous allons à la catastrophe car bien peu semblent conscients que cet état de grâce monétaire et budgétaire va fatalement avoir une fin, peut-être plus proche qu’on ne le croit, et que ce jour-là, ça risque d’être la « gueule de bois » et l’incompréhension généralisée avant la révolte !

Car la question qui n’est pas évoquée est combien de temps cela va pouvoir durer cette mauvaise farce sans que cela ne se termine par une déflagration générale ?

Bien cordialement à tous !

Απο την Ελλαδα ! (De la Grèce) – Leros

Licence de publication : la reproduction du présent article n’est autorisée qu’à la condition de le reprendre en totalité, d’un rappeler l’auteur et le site originel de publication.

Dominique Philos

A propos Dominique Philos

Navigateur, né en 1958, après un DEA de droit commercial de l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, je suis devenu Conseil Juridique, spécialisé en droit des affaires et fiscalité. L'Etat ayant décidé l'absorption des Conseils juridiques par les avocats, j'ai poursuivi mon activité en tant qu'avocat en droit fiscal et droit des sociétés spécialisé ... en divorces ; jusqu'à ce que je sois excèdé par les difficultés mises à l'exercice de mon activité professionnelle. J'ai démissionné du Barreau en 1998 et partage désormais ma vie entre la France et la Grèce. Européen convaincu, persuadé que le libéralisme est la seule option possible en matière économique, soucieux du respect des libertés individuelles, je suis un libertarien qui déteste l'Etat et son administration tentaculaire.

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2 réflexions au sujet de « Ce nouveau monde qui s’annonce … »

  1. Une grosse majorité de français ( ceux qui ont voté Macron et les fonctionnaires de gauche + quelques idiots) croit que d’imprimer des billets permet de boucler ses fins de mois ou rembourser ses dettes. Pourquoi alors n’achètent-ils pas une bonne laser couleur pour imprimer des billets sur tout le PQ qu’ils ont stocké avant le confinement?
    Tous milliardaires ils seront quand tous les magasins seront vides comme à la belle époque de l’Union soviétique!
    CPEF/ Fuyons!

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