Deux mille ans d’esclavagisme… et on remet ça.

L’église catholique nous a modélisé, nous sommes soumis depuis si longtemps, deux mille ans de confessionnal, ça laisse des traces.

Tout ça pour finir sur SODOMA, le livre de Frédéric Martel.

Comment des hommes et des femmes ont-ils pu aliéner pendant si longtemps leur dignité d’être humain et aller se confesser, c’est-à-dire se dénoncer eux-mêmes de conduites personnelles, la plupart naturelles, ordinaires, dont on avait réussi à les convaincre qu’ils devaient en demander pardon, qu’elles représentaient le mal. Pardon même pas à Dieu, mais à un intermédiaire, hautement soupçonnable.

Et la pantomime recommence. Si nous travaillons, si nous gagnons notre vie, si nous prenons du plaisir à vivre, nous devons nous excuser, demander pardon publiquement et reverser, encore à des intermédiaires, tout ce qui nous rend heureux, au motif que d’autres ne le seraient pas.

Comment fonctionne cet enfer, par quel mécanisme cela est possible, alors que lorsque l’on y réfléchit ce ne devrait pas l’être, c’est de la folie.

Il y a d’abord un dogme, une croyance.

Dans le cas de l’église c’est Dieu. C’est une abstraction qui porte toutes les puissances qui nous terrifient, nous culpabilisent. Terreurs qui nous paraissent mériter une soumission, si elle doit suffire pour nous permettre de leur échapper.

Comment ces terreurs sont installées ?

Retenez bien ceci : Il y a deux types de tortionnaires.

Les premiers sont les officiants, eux-mêmes croyants, dans le cas de l’église les curés de base.

Les deuxièmes sont les dignitaires de la croyance, qui sont bien placés pour ne pas y croire évidemment, puisque c’est en partie pour cela qu’ils sont cooptés. Mais, et c’est là que c’est très grave, ils sont persuadés que sans eux la population serait désorganisée, en déshérence complète, tant ils la croient ignare, stupide, grossière, incompétente. Ils prennent les autres, tous les autres, pour des cons. Et, évidemment, ils se prennent pour la cuisse de Jupiter.

C’est cet attelage, des simplets croyants et des élites cyniques, qui a terrorisé, humilié, possédé, la population pendant deux mille ans.

On a beaucoup de peine à le croire, et pourtant c’est l’exacte réalité, illimitée, sans frein, qui a pu torturer physiquement et moralement, imposer des restrictions intellectuelles qui rendaient la vie monstrueuse, dont bien des âmes sensibles et bien faites ont souffert intensément.

Et, pas de bilan, au contraire une certaine reconnaissance et encore des adeptes.

Nous avons cru être débarrassé de cette chape de plomb. Oui, peut-être, mais pour la changer en pire, sur le même principe.

Nous n’allons plus confesser nos pensées, nous confessons nos revenus.

Nos confesseurs sont à la base des croyants en l’égalitarisme, simples fonctionnaires ayant remplacé les curés de village.

Leur élite, les technocrates, ne croit pas à l’égalitarisme, c’est pourquoi elle est cooptée, mais elle ne se prend pas pour rien et nous considère comme pas grand-chose. Elle revendique, avec notre accord, le droit de nous dicter notre conduite dans ses moindres détails. Tout dérapage de notre part doit être confessé et fait l’objet d’une amende financière plus ou moins lourde.

Sauf pour les jeux du cirque, nos revenus doivent être limités à ce que l’élite considère comme raisonnable, le reste pour eux est du vol et doit être rendu, après confession à Bercy.

L’absolu non-sens d’une telle situation ne saute aux yeux de personne.

En faut-il de la jalousie, de la haine de son prochain et de soi-même, pour arriver à se persuader que la souffrance visible, induite par cette organisation, nous apporterait pendant qu’elle casserait uniquement les autres.

Plus je réfléchis à cela, moins je comprends, plus je suis sidéré, plus je crois que c’est insoluble.

Bien à vous. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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6 réflexions au sujet de « Deux mille ans d’esclavagisme… et on remet ça. »

  1. ‘Confessez vos revenus’, mdr ! c’est tout à fait cela.

    Depuis l’époque de l’inquisition et des autodafés (cf. Candide de Voltaire), c’est le même refrain, seul le décor et les acteurs ont été changés

  2. le président actuel :

    C’est l’homme qui voulait reconstruire ‘Notre Dame’ en 5 ans et qui n’a pas été fichu de fournir à la population des masques en 4 mois.

  3. En effet certains citoyens privilégiés ont critiqué souvent la religion, jusqu’à séparer en 1905 la religion de l’ETAT. En fait c’est comme l’histoire du loup et l’agneau, c’est pour mieux en manger. Ces citoyens devenus religieusement politiques l’utilisent et se prennent pour Jésus, mais n’assument pas le risque, la responsabilité d’aller être crucifié sur la croix.
    Non sans humours “La perfection n’existe pas sur terre. Mais alors d’où je viens ?”

  4. Je trouve que ce parallèle entre l’église d’hier et le pouvoir moralisateur de notre administration est tout – à fait judicieux. Autant les hommes de l’église d’hier ont fait preuve de peu de compassion pour le peuple, autant Bercy et la grande majorité de ses sbires mettent peu d’humanité dans leurs rapports avec les citoyens, brandissant facilement leurs lois pour mieux les asservir et les punir. Pour une grande majorité d’eux, profiter des fruits de son travail ou de ses rentes est suspicion à malversation.

    1. La normalité pour les uns devient de la malversation pour les autres. L’enarchie pourra – t-elle s’extraire elle-même de sa folie. On peut en douter.

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