KARL MARX : une erreur aux conséquences dramatiques

Depuis que les mathématiciens ont mis l’économie en équation il parait que c’est une science. Il est possible que ce soit vrai, j’en doute.

Par contre, une chose est sure, apprendre la théorie économique est difficilement compatible avec les contraintes de sa pratique.

Il y a déjà quelques siècles que les érudits se penchent sur la théorie. Lire ce qu’ils ont écrit, toutes tendances confondues, est une occupation à plein-temps. Je ne parle même pas de le comprendre. Or, comment prétendre connaître la théorie économique, en parler, donner son avis, sans au préalable avoir au moins lu sinon compris l’intégralité de ce qui en a été dit ?

Inversement, pratiquer l’économie est une activité si prenante qu’elle laisse bien peu de temps pour la lecture, donc pour l’étude théorique du sujet.

D’un naturel optimiste, j’ai cru, jusqu’à une date récente, pouvoir faire les deux. Imbécile que j’étais.

Je vous rassure, cette idée m’a totalement abandonné. Je m’en trouve libéré. La vérité, je m’en fous, la science économique et ses théories aussi.

Du coup, sur ce sujet, je ne vois plus d’inconvénient majeur à dire ce que je pense, qui découle de mon expérience pratique, d’un peu de théorie et surtout, je l’espère, d’une bonne dose de bon sens.

En premier lieu, je suis arrivé à la conclusion que l’économie est à la base de tout, que toute organisation sociale qui ne la privilégie pas est vouée à l’échec.

Je prendrai pour imager mon propos Claude Levi-Strauss, ethnologue et philosophe réputé. Il entendait bâtir des hypothèses sociétales d’ethnologie, dites structurelles, dont le ciment serait la parenté, l’organisation spatiale, la symbolique, le langage, le totem, évidemment la nature, etc… tout sauf l’économie.

Il se plaisait à dire que sa première passion fut Marx.

Or, dans “Tristes tropiques” il avoue, sans y trouver malice, qu’une expédition au fin fond du Brésil, au contact de tribus inconnues, se prépare rue de Réaumur à Paris dans les boutiques de verroterie, de perles et de tissus chamarrés.

C’est l’économie qu’il choisit pour établir le contact avec ces tribus.

Bien pire, il se présente en marchand véreux, en tricheur du marché. En effet, il va échanger ces objets de pacotille contre des biens qui touchent l’âme de ces sociétés, qui sont leur capital depuis la nuit des temps, avec lesquels il s’offrira une tranche de célébrité en les exposant à son retour. Effectivement il échange sur un marché, mais biaisé par lui faute d’informations données à ses “clients brésiliens”.

Un marxiste pur sucre, faux-cul, qui finira dans le 16°arrondissement.

En second lieu, je suis arrivé à la conclusion que le capital est le socle de tout, particulièrement des progrès de l’humanité.

Ma définition du capital est simple : le capital est le fruit à l’instant “t” de l’accumulation.

Toute accumulation devient un capital, sans préjuger de son intérêt ou de son usage bénéfique ou maléfique, quelle que soit sa qualification.

L’accumulation (ou capital) est indépendante de celui qui l’accumule, transmissible, variable constamment en plus ou en moins. Elle peut être matérielle, biens et monnaie, mais aussi intellectuelle, bibliothèque et savoir. Ou encore spirituelle, politique ou scientifique, etc…

Son existence est indispensable à l’humanité, quelque soit celui qui la possède.

Cette accumulation est la marque de l’homme, lui seul en est capable, c’est ce qui le différencie de l’animal.

C’est sur l’accumulation du passé que se construisent le présent et sa projection le futur dont le succès se traduira en augmentation de l’accumulation, l’échec en diminution.

Une fois d’accord sur la définition, précisons que le capital (accumulation) est le résultat, il ne peut être en aucun cas confondu avec les moyens.

Les moyens sont, d’abord la matière première, puis les outils matériels ou humains, usines ou travailleurs, terre ou paysans, laboratoires ou chercheurs, religions ou prêtres, Etats ou hommes de l’Etat, etc… ce sont eux qui augmentent ou diminuent le capital en fonction des résultats de leur activité, mais ils ne sont pas le capital.

Donc, en introduisant l’idée du capital travail Marx a commis une erreur monumentale, qui a foutu et fout encore un bordel pareillement monumental.

Le travail et les travailleurs ne sont qu’un moyen, qui évidemment par son activité va influer sur l’augmentation ou la diminution du capital, mais pour partie uniquement.

Ceci posé, il me parait que l’on peut affirmer que l’augmentation du capital est bénéfique pour tous, ce doit être le but poursuivi par tous. Sa diminution est dangereuse, régressive.

En donnant du capital une définition erronée, qui plus est susceptible de nuire à sa pérennité, la pensée de Marx ne pouvait qu’enfanter des organisations vouées à la dégradation du capital, donc à leur propre mort.

Il n’est pas douteux que la pensée de Marx a introduit dans nos sociétés une haine irrationnelle du capital économique.

Cela tient au fait que la masse de ceux à qui l’on a fait croire qu’ils sont ce capital, alors qu’ils ne le sont pas, imaginent qu’en les privilégiant on assurerait la pérennité du capital.

Ils se voient donc en concurrence avec le véritable capital (l’accumulation) et pensent en le réduisant servir dans le même temps leur intérêt et celui de la collectivité. Erreur fatale.

C’est l’exact contraire qui se passe. En affaiblissant le capital ils affaiblissent la société à laquelle ils appartiennent, qui aura donc plus de peine à mettre en œuvre les moyens d’accumulation dont ils font partie, et à augmenter le capital global dont ils profitent.

La complication actuelle, conjoncturelle.

C’est internet et sa capacité à provoquer de l’accumulation, donc du capital, en tout domaine, économique, intellectuel, artistique, scientifique, politique, tout en diminuant massivement le moyen humain. 

C’est une très grande complication qui ne sera pas réglée par les imbéciles qui défilent ou veillent pour la destruction du capital.

Ceux qui poursuivent le capital pour le taxer, l’affaiblir, voire le détruire, rêveurs incultes ou politiciens cupides, en le qualifiant, en le stigmatisant, ou en désignant nommément ses détenteurs apparents alors qu’il est ubiquité et masse globale non différentiable, creusent leur propre tombe, préparent leur misère.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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10 réflexions au sujet de « KARL MARX : une erreur aux conséquences dramatiques »

  1. Une contradiction semble poindre au sein de votre raisonnement.

    Vous définissez le capital comme “le fruit à l’instant “t” de l’accumulation”.

    Puis vous avancer (sans le démontrer) que “le capital ne peut être en aucun cas confondu avec les moyens.”

    Or, un outil et tout à la fois un capital (en tant qu’il constitue une certaine accumulation), qu’un moyen de produire d’autre capital (une nouvelle accumulation).
    Cela est encore plus frappant chez l’humain. Il constitue un capital. Il est la résultante d’une multitude d’accumulations (biologiques, culturelles…). Et, il est lui même capable de produire du capital.

    1. Une contradiction semble poindre au sein de votre raisonnement.

      Vous définissez le capital comme “le fruit à l’instant “t” de l’accumulation”.

      Puis vous avancez (sans le démontrer) que “le capital ne peut être en aucun cas confondu avec les moyens.”

      Or, un outil et tout à la fois un capital (en tant qu’il constitue une certaine accumulation), qu’un moyen de produire d’autre capital (une nouvelle accumulation).
      Cela est encore plus frappant chez l’humain. Il constitue un capital. Il est la résultante d’une multitude d’accumulations (biologiques, culturelles…). Et, il est lui même capable de produire du capital.

    2. Bonjour,
      Je trouve votre remarque pertinente à l’intérieur de mon modeste raisonnement.
      Bien sûr le moyen demande du capital pour être mis en œuvre et il produira lui-même du capital.
      Mais il n’est pas le capital.
      L’homme que vous prenez pour exemple représenterait un capital génétique dans sa finitude pas dans un de ses morceaux membre ou cellule. Pas plus que dans ses finitudes passées (homme préhistorique)
      Son capital humain actuel peut progresser ou régresser selon la gestion de ses moyens.
      Je ne sais pas si je me fais bien comprendre.
      Mais pour moi la compréhension de cette dimension du capital est essentielle.
      Cordialement.

    3. Exemple
      Pour obtenir une cerise il faut de la terre, un cultivateur, du matériel, un cerisier etc… Ce sont les moyens.
      Le capital c’est la cerise. Elle est à la fois le fruit et le noyau.
      Elle doit être protégée et respectée. Si l’un des moyens se prend pour la cerise, tout s’écroule.

  2. Bonjour Henri,

    Toujours pas d’allusion ni aux économistes qui ont défini le capital depuis bien plus longtemps que toi, ni aux astucieux comme TAPIE qui lui a bien profité des confusions entretenues par les agents de l’ETAT entre les deux capitaux fixe et circulant afin de maintenir leurs contraintes.

    Définition selon les cours de e-marketing : le capital intellectuel (ou capital cognitif) est l’ensemble des actifs intangibles et immatériels détenus par une organisation.

    Soit une entreprise et c’est alors un capital mis en œuvre par des brevets tenus secrets par les employés ce qui change la production et le bénéfice de l’entreprise qui se modifie sous nos yeux.

    Soit une bibliothèque et c’est alors un capital fixe, une richesse qui peut, certes, aider le chercheur à écrire un brevet, mais ce dernier ne changera pas la structure de la bibliothèque qui reste inchangée à moins de la subventionner.

    Au lieu de tenter de se battre contre le monstre de BERCY qui est impitoyable, il faut parvenir à le tuer par une réforme fiscale devenant improbable les spoliés comme toi ne voulant pas faire de l’imposition une science qui change les choses ou par une révolte comme il s’en produit tous les deux siècles.

    Amical souvenir J Doremieux

  3. Henri, l’économie n’est bien entendu pas uns science puisque l’objet de son étude, qui est l’être humain en action, est d’une part imprévisible, et d’autre part bien équipe pour modifier son comportement de façon a toujours mieux résister à ceux qui voudraient que ses actions soient prévisibles. or ce sont précisément ses actions les moins prévisibles qui apportent les grands changements.
    S’il était une molécule de gaz ou à la rigueur une bactérie, ce serait autre chose.
    On peut dire que l’économie est une discipline, qui utilise des outils agréés. Ainsi quand Gribeauval utilisait le concept de phlogistique pour concevoir son canon, il utilisait un modèle erroné fondé sur l’hypothèse que le feu est un élément naturel, ce qui est faux. Mais le canon de Gribeauval était quand même le meilleur de son temps.

  4. Revenons sur le capital depuis longtemps défini.

    Le capital peut être fixe ou circulant, passer d’une variété à une autre.

    Cependant sous sa forme fixe, il n’a pas la fonction économique que possède le capital variable.

    Permettez de lancer une discussion sur le capital.

    C’est ADAMS SMITH le premier qui a séparé les capitaux fixe et circulant.

    Il a le premier défini le capital fixe. Voici : tout ce dont le caractère distinctif est de rapporter un revenu ou un profit sans changer de maître.

    Le capital fixe consistait, pour cet auteur, dans quatre articles :

    -Toutes les machines utiles et instruments d’industrie qui facilitent et abrègent le travail.

    -Tous les bâtiments qui ne sont pas des habitations et qui sont des espèces d’instruments d’industrie tels que boutiques, magasins, ateliers, fermes, étables, granges etc…,

    -Les améliorations du sol profitables : défricher, dessécher, irriguer, clôturer, marner, fumer, bref labourage et pâturage, les deux mamelles de Sully.

    -Tous les talents utiles dont l’acquisition a engagé une dépense par celui qui les acquiert en éducation, en apprentissage, en étude, en dextérité, bref, le capital humain.

    Par contre pour le capital circulant c’est l’industriel du chocolat, JUSTIN MENIER, qui a le mieux défini, le capital circulant.

    Celui-ci comprend l’argent qui circule, les monnaies, les stocks de vivres des commerçants, les matières brutes encore dans les mains des producteurs, les ouvrages encore dans les mains du manufacturier ou du marchand.

    Le capital circulant a pour caractéristique de changer de nature à chaque opération économique.

    Le capital circulant ne peut produire de l’utilité qu’en se transformant : matières premières dont les aliments, marchandises dans le commerce, monnaies. Le capital fixe ne peut produire de l’utilité qu’en se transformant en capital circulant.

    Le capital fixe produit également de l’utilité mais, lui le fait sans se transformer, ni sans perdre son identité : sol, mines, constructions, machines, outillages, navires, voitures, ustensiles, animaux servant à l’exploitation, meubles, objets d’art.

    Celui qui de nos jours a bien compris cette différence entre le capital fixe et le capital circulant, c’est BERNARD TAPIE qui s’est enrichi principalement en achetant, pour un euro, une entreprise en déficit, du capital circulant en cédant le patrimoine des biens de l’entreprise, le capital fixe que chacun avait oublié dans la direction de l’entreprise défaillante.

    Au lieu de tenter de se battre contre le monstre de BERCY qui est impitoyable, il faut parvenir à le tuer par une réforme fiscale.

    1. Bonjour,
      Merci de votre fidélité malgré notre désaccord profond.
      Une comparaison pour expliciter ma position : le capital intellectuel s’appuie sur le contenu des bibliothèques. C’est ainsi qu’il se transmet, qu’il augmente la connaissance à laquelle seuls quelques’uns accèdent, mais qui bénéfice à tout le monde in fine.
      Peux-t-on prétendre que ce capital intellectuel se diviserait en capital actif (livres lus régulièrement) et capital dormant (livres lus rarement). Non, le capital intellectuel c’est toute la bibliothèque.
      Il en est de même pour le capital économique. Il n’y a pas de différence à faire entre capital immédiatement utilisé ou capital non immédiatement utilisé, l’ensemble est le capital global, en affaiblir une partie est affaiblir l’ensemble.
      Cordialement. H. Dumas

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