Maréchal, les revoilà.

Nul ne peut prendre à l’homme plus que sa vie, hélas nombreuses sont les théories fumeuses ou les croyances vermoulues qui le tentent, voire l’exigent.

Pour moi cela reste le plus grand de tout les mystères. Quelle pensée peut justifier une telle finalité ? Comment ceux qui l’envisagent peuvent-ils imaginer y échapper eux-mêmes ?

Et pourtant, autour de nous, ce ne sont que sentences de mort pour un oui ou pour un non, décrétées à l’emporte-pièce, comme si la mort des autres était quantité négligeable.

Enfermer, ruiner et in fine tuer, ils n’ont que ça à la bouche. Tous les motifs sont bons.

Touche pas à mon fric, mon pétrole, mes femmes, mon air, mon eau, sinon t’es mort. Pense comme moi, crois comme moi, donne ton fric, ta bagnole, ta maison, sinon t’es mort. Trie tes déchets, mange et pète bio, te chauffe plus, t’éclaire plus, régresse, n’aie plus ou pas d’ambition, retourne à la campagne, mange pas de viande, sinon t’es mort. Casse ta bagnole, marche à pied, prends le bus, sinon t’es mort. Sors ton drapeau, défile, pleure, rie, chante quand on te le dit, sinon t’es mort. M’emmerde pas et donne moi tes affaires, sinon t’es mort. Ferme la, sinon t’es mort. Et surtout, te casse pas, sinon t’es mort.

Où est le trou de souris où sont massés ceux qui envisagent de résister ? Donnez-moi l’adresse, ça urge.

Ce matin le ciel était bleu, la mer plate comme ma main, pas de vent, pas froid, un miracle quoi. Sur mon vélo je pensais au Maréchal.

Je me disais, voilà un mec qui a expédié des milliers d’autres mecs se faire trouer la peau à Verdun, peut-être ça l’a marqué. Alors, en 1940, il signe la paix. Mais en réalité, la vie des autres, il continue à s’en foutre. C’est les juifs qu’il expédie maintenant ad patres, il a juste changé de cible. Mais attention, c’était un démocrate, il a agi avec l’accord de la majorité du pays. Trop fort. Y en a qui l’aiment encore. Les revoilà.

Ce goût pour le sang des autres me débecte.

Aussitôt une question s’impose : peut-on résister sans tuer à son tour ? C’est difficile à affirmer et sans doute encore plus difficile à mettre en œuvre.

Clausewitz pensait que la guerre ne peut avoir pour finalité que l’élimination totale de l’adversaire. Je suppose qu’il parlait de toutes les guerres, militaires évidemment, mais aussi économiques, philosophiques, religieuses, politiques. Sacré programme.

En fait l’idée de guerre, le mot même guerre, devraient être bannis de l’humanité. Pas facile.

Une chose importante.

Pour qu’il y ait une guerre, il faut être au moins deux. En dehors des schizophrènes, qui ont justement à affronter une guerre interne entre leurs multi-personnalités, les hommes se font rarement la guerre à eux-mêmes.

Nous avons là un début de piste.

Si l’un des combattants refuse le combat, plus de guerre possible. Oui mais, celui-là ne gagnera que sa disparition sans combattre, car que peut-il face à celui qui l’agresse ?

Y a un mec, isolé au départ, qui a dit : “tends l’autre joue”.

C’était pas con, mais il y a laissé la peau. Pour lui, pas grave il est ressuscité, mais pour nous rien n’est moins sûr.

Le problème reste donc entier.

Quand le ton monte, quand les clairons s’entrainent, quand les tribuns se la pètent, quand les drapeaux sortent, la guerre n’est pas loin.

Quand la guerre éclate, il s’agit avant tout d’une énorme coupure collective d’imagination.

Car, entendons-nous bien, il n’y a que la mort des autres qui indiffère, chacun par ailleurs est très attentif à la sienne, prêt à tout pour épargner sa propre vie.

Donc, il faut à un moment que l’imagination collective arrive à se convaincre qu’elle pourra tuer les autres sans qu’elle-même soit susceptible de passer de vie à trépas, alors que l’histoire prouve que cette hallucination est irréaliste, que la guerre tue aveuglément des deux côtés. Nous avons bien là une imagination en panne totale.

Il y a donc une piste

Il s’agit d’éviter la panne collective d’imagination. Il faut donc éradiquer les drogues qui portent atteinte à l’intégrité de l’imagination, ou qui ralentissent son fonctionnement.

La principale, évidemment, est la propagande et le déficit d’immunité — qui lui permet de se répandre telle une épidémie mortelle — que provoquent la naïveté et la confiance.

L’urgence est donc de promulguer une loi anti-propagande.

Mais oui, mais oui, c’est possible. Je ne sais pas trop comment, mais en y réfléchissant on trouvera la solution.

Il n’y a pas de guerre sans que préalablement la propagande ait motivé les belligérants. Je ne crois pas à la violence naturelle des hommes, mais je crois à la possibilité d’attiser cette violence par le mensonge et la propagande, jusqu’à son stade ultime qui est la guerre.

Une société de paix serait une société qui interdirait et sanctionnerait la propagande fauteuse de guerre.

Par exemple :

Affirmer à un auditoire ignare de la question que des sauvages tuent et assassinent sans raison, mais que ce n’est pas grave, que l’on va s’en débarrasser juste en les bombardant, qu’ils seront morts et nous RAS : c’est de la propagande.

C’est l’engrenage de la guerre.

Dans ma société, où la propagande serait interdite, ceux qui rependraient cette propagande seraient gravement punis.

Vous dites ? Ce n’est pas demain la veille. Ouais, peut-être.

Bien cordialement. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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