Pourvou que ça doure !

C’est ce que disait Letizia Buonaparte lors du couronnement de son cher fils Napoléon ; bien consciente que celui-ci poussait les choses vraiment très loin dans un pays qui venait, après une sanglante révolution, d’assassiner toute l’ancienne classe dirigeante.

Et c’est bien ce que se disent E Macron et les membres de son gouvernement !

Pour l’instant l’argent coule à flot, les digues budgétaires ont sauté, la règle des 3% maximum de déficit budgétaire rapporté au PIB a été jetée aux oubliettes puisque tous les pays se sont plus ou moins endettés pour faire face aux conséquences de  l’épidémie de Covid.

Ce dont il faut être conscient c’est que le gouvernement,  en faisant sauter toutes les limites, agit consciemment, de manière délibérée.

Cela veut dire qu’il sait ce qu’il fait, quand il le fait, en partant du principe que ce qui est pris n’est plus à prendre.

Mais, bien entendu, il ne connait pas la fin de l’histoire car il ne sait pas comment cela va finir.

Rien qu’au premier semestre 2020, plus de 700.000 emplois ont été détruits et face au spectre du chômage de masse, avec un retour à une croissance plus hypothétique, les questions d’inflation, d’hyper inflation, d’annulation de la dette, apparaissent totalement secondaires. L’heure n’est pas à mégoter sur des conséquences que, de toute façon, le gouvernement  n’aura pas à assumer …

Evidemment, la démarche est cynique mais c’est celle en vigueur dans le milieu politique français depuis 1974.

L’épidémie de Covid représente en fait une véritable aubaine pour le gouvernement car il peut dépenser sans compter en avantageant qui il veut, et surtout ses clients, et il peut adopter une politique de contrôle social, avec toutes ses interdictions, afin de contenir, autant que faire se peut, une contestation qui reste bien présente dans une part importante de la population.

Il se place d’ailleurs dans la posture du sauveur du pays grâce à son plan de relance de 100 Md€ et à la prétention de pouvoir créer 240.000 emplois …

En fait, au-delà de la lâcheté classique des hommes politiques dont la seule ambition narcissique se résume à leur propre carrière personnelle, il s’avère que l’administration, dont le gouvernement n’est que l’émanation, est désormais en roue libre et que personne ne la contrôle plus.

Elle règlemente à tout va et dans tous les sens !

De plus, cette administration a tellement peur d’être prise en défaut de décision qu’elle cherche instinctivement à se protéger et empile les mesures autoritaires et contradictoires sans aucune cohérence.

Pour l’instant la solvabilité budgétaire de la France (comme celle de l’Italie) est assurée par la BCE mais il faut se rappeler que la zone € est une zone commune et que tout le monde doit respecter les mêmes règles.

Or, cela fait déjà un certain temps que la France s’est affranchie des règles européennes et qu’elle trainait les pieds devant les réformes à faire, notamment en matière de gestion publique.

L’épidémie a permis à E Macron de forcer la main de Bruxelles pour occulter les dérives françaises.

Seulement, cette épidémie ne va durer éternellement et il va bien falloir un jour revenir à la normalité ; notamment pour que la dette française n’aboutisse à une situation « à la grecque » qui compromettrait non seulement la zone € mais aussi l’Union Européenne !

On sait que certains pays vont s’en sortir plus vite et mieux que d’autres et à ce moment-là, se posera inéluctablement la question de la poursuite de cette pratique monétaire (monétisation de la dette) non prévue par les statuts de la BCE !

Et dans ce cas de figure, il n’est pas sûr que les mauvais élèves puissent encore forcer la main des autres …

En outre, il faut être conscient que la confiance est une nécessité de fonctionnement ; confiance en l’Etat et ses dirigeants, confiance en la monnaie, en la situation générale de l’économie …

Et tout indique qu’on n’en prend pas le chemin car la crainte de l’avenir entraine déjà un mécanisme de fuite devant la monnaie qui provoque des bulles de prix sur certains actifs (actions, immobiliers, or, crypto-monnaies) sans que l’on puisse être sûr que cette stratégie sera payante à terme.

Comme en 2010, les banques et les compagnies d’assurance concentrent les risques en achetant massivement les dettes souveraines de leurs pays respectifs mais, gavées de cette dette publique irrécouvrable, cela ne peut aboutir à terme qu’à leur faillite et à leur future nationalisation.

Cela pose la question du bien-fondé des investissements des particuliers dans des produits dont l’Etat est le principal emprunteur, surtout lorsque cet Etat est insolvable et incapable de rembourser ses dettes.

L’argent de l’assurance vie (1.700 Md€ tout de même) investie en dette d’Etat n’existe plus, il a disparu dans le tonneau des danaïdes de la dette publique. Ne reste plus que la Loi Sapin II qui permettra de bloquer les rachats d’investisseurs trop crédules et imprudents pour éviter à la fois la débâcle et la révélation d’une situation totalement obérée depuis déjà un certain temps.

Il n’est même pas sûr que l’immobilier puisse être une planche de salut car il est une cible trop facile pour un Etat aux abois ; sans compter que le refuge dans l’immobilier va faire monter les prix au-delà de toute raison avec pour conséquence d’empêcher les jeunes d’accéder à la propriété ou même seulement au logement.

Il faut comprendre qu’il suffit d’une étincelle pour déclencher un climat anxiogène qui pourrait se transformer en début de panique bancaire puis en tsunami financier qui ressemblerait à une débâcle ; et quand on voit les dégâts occasionnés par une simple épidémie … on peut imaginer le pire.

Les dangers d’une dette excessive ne vont pas manquer de se révéler car on a fini par en arriver au stade de non-retour. Il n’y aura jamais de croissance pour éponger un tel monceau de dettes !

La dette publique, lorsqu’elle atteint un niveau excessif, devient une bombe à retardement dont la mèche est déjà allumée et c’est le gouvernement qui l’a allumée … et évidemment, l’important c’est que l’explosion finale intervienne le plus tard possible !

Car, tout cela ne peut finir que par une crise de la dette publique lorsque les investisseurs ne voudront plus des emprunts français.

Il faut être conscient que les mesures de protection de l’épargne sont quasi inexistantes et personne ne peut prétendre savoir ce qu’il va se passer au-delà de 2022 !

Par contre, ce que l’on sait, c’est qu’il faut éviter d’avoir de l‘épargne bloquée à long terme (dans des contrats d’assurance vie ou des obligations d’Etat type OAT via des produits de placement bancaires dit dérivés ou OPCVM) car il sera impossible de récupérer son argent !

Il convient donc de se montrer très méfiant vis-à-vis des propositions de placement qui peuvent être faites car les banques et compagnies d’assurance ne vont pas hésiter à refourguer, histoire de s’alléger, leurs mauvaises créances sur l’Etat …

En fait, tout ce qui tourne autour de la dette étatique a vocation à ne pas être remboursé car il faut être conscient que l’Etat, mauvais débiteur, n’hésitera pas à fausser les règles du jeu à son profit lorsque le besoin s’en fera sentir.

Et il faudrait être vraiment très naïf pour croire le contraire !

E Macron cherche actuellement à endormir les français en leur cachant une sombre réalité à seule fin d’être réélu, mais, comme on dit en mathématiques : l’éventualité d’une crise sur la dette française après 2022 est non nulle.

Il faut être certain qu’un jour la question de la capacité de la France à rembourser ses dettes se posera et plus les dettes seront importantes … plus le problème sera aigu et plus les conséquences en seront graves !

Bien cordialement à tous !

Απο την Ελλαδα ! (De la Grèce) – Sifnos

Licence de publication : la reproduction du présent article n’est autorisée qu’à la condition de le reprendre en totalité, d’un rappeler l’auteur et le site originel de publication.

 

 

 

Dominique Philos

A propos Dominique Philos

Navigateur, né en 1958, après un DEA de droit commercial de l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, je suis devenu Conseil Juridique, spécialisé en droit des affaires et fiscalité. L'Etat ayant décidé l'absorption des Conseils juridiques par les avocats, j'ai poursuivi mon activité en tant qu'avocat en droit fiscal et droit des sociétés spécialisé ... en divorces ; jusqu'à ce que je sois excèdé par les difficultés mises à l'exercice de mon activité professionnelle. J'ai démissionné du Barreau en 1998 et partage désormais ma vie entre la France et la Grèce. Européen convaincu, persuadé que le libéralisme est la seule option possible en matière économique, soucieux du respect des libertés individuelles, je suis un libertarien qui déteste l'Etat et son administration tentaculaire.

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4 réflexions au sujet de « Pourvou que ça doure ! »

  1. Dans peu de temps les multinationales pharmaceutiques proposeront des vaccins (peu importe leur efficacité et la dangerosité du coronavirus) et ce sera la fin de la récréation pour E. Macron.

  2. Ce qui est rigolo dans l’assurance vie avec le fonds euro composé essentiellement d’emprunts de l’état français avec l’épargne des français, c’est que ces derniers attendent des intérêts garantis pas l’état, alors que se sont eux qui à travers les impôts se paient les fameux intérêts garantis

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